Le 19 janvier 2012 j’aurai 30 ans.
Un jour, quand j’avais 10 ans, j’ai pris un stylo et un cahier de brouillon et je me suis dit: “je vais écrire un livre”.
Je n’ai pas reposé ce stylo depuis 20 ans.
Mon écriture a pris maintes et maintes formes depuis cette première fois. Elle a évolué, elle a donné naissance à des nouvelles innombrables, à 5 ou 6 romans terminés et 3 ou 4 romans inachevés, un mémoire de philo, un nombre considérable de dissertations philosophiques, à des articles de magazine, à des articles de blog, à des scénarios, des bibles, des synopsis, des pitchs, des cours. Je n’ai pas regretté une seule fois de m’être acharné pour réussir à “vivre de l’écriture”.
Ce n’est pas un chemin que je conseillerais à tout le monde, parce que c’est long, laborieux, douloureux, éreintant. Pas à cause de l’écriture elle-même (l’écriture a globalement été joyeuse, lumineuse et relativement facile) mais à cause de tout ce qui l’entoure quand on veut en faire un business, un mode de vie. Je ne suis pas sûr que tout le monde ait envie de ça. Envie d’avoir les épaules pour aller au bout de cette folie furieuse.
Mais pour ceux qui le veulent, c’est un chemin plein de récompenses, de plaisir, d’opportunités de se surprendre et d’apprendre.
Même si je suis aujourd’hui à un tournant de ma vie professionnelle, où j’ai envie d’essayer d’autres choses, d’aller vers d’autres horizons, je n’abandonne pas l’écriture. Je ne pense pas que je pourrai arrêter un jour d’écrire, pour moi ou pour de l’argent, ou pour les deux. On ne passe pas vingt ans à pratiquer une activité sans qu’elle commence à faire partie de soi, à rentrer dans la définition que l’on fait de soi-même. Et c’est bien. J’aime être un “écrivain”. Je ne me considère pas tout à fait comme un auteur, à cause de tout le bagage que se trimballe ce mot, mais je crée du sens et des émotions avec des mots. Je raconte des histoires, je transmets des informations. Et je transforme ces mots en un toit et en nourriture pour ma famille.
Je suis un homme heureux.
J’ai 30 ans et j’ai réalisé mon rêve d’enfance. Je pourrais retourner vers le gamin insouciant que j’étais à 10 ans dans sa chambre lyonnaise, et lui dire “merci” et “je ne t’ai pas trahi, ce livre que tu voulais écrire, je l’ai transformé en une myriade d’autres textes et d’autres histoires, j’en ai fait mon premier métier”.
Je me souviens encore de cette histoire, celle d’un astronaute envoyé en mission secrète explorer un trou noir. De l’autre côté, il retrouve la Terre, mais au Moyen-Âge. Et petit à petit il découvre qu’il n’est pas le seul voyageur du futur à être là. C’était une bonne histoire. Je ne l’ai pas terminée et j’ignore si je recommencerai à l’écrire un jour. J’ai perdu le cahier et je ne suis pas sûr d’avoir envie de la raconter à nouveau. Mais je la garde en bonne place dans la liste des histoires qui ont changé ma vie. Après tout, sans elle, je ne serais pas le même aujourd’hui.
Aujourd’hui, à sept jour de mes 30 ans, je me lance de nouveaux défis, de nouveaux objectifs, très très très éloignés de l’écriture. J’ai besoin d’apprendre de nouvelles choses. Sinon je me sentirais mort.
Pour ceux d’entre vous qui débutez, pour ceux qui commencez tout juste à vous dire: “tiens, si j’écrivais un livre”, continuez. C’est une des plus belles aventures que vous puissiez vivre.
Je serai là pour vous accompagner.
En attendant, je donne une nouvelle direction professionnelle à ma vie, plus entrepreunariale, parce que j’ai adoré apprendre l’autonomie et la responsabilité d’une carrière d’auteur indépendant. Je veux pousser ça plus loin. Je lancerai sûrement un nouveau blog sur mes explorations de ces nouveaux horizons pour ceux que cela intéressera.
Mais pour l’instant, j’ai une bible à terminer et un déménagement à préparer. 2012 marque le début d’une nouvelle nouvelle vie ! J’espère que vous serez là pour la partager avec moi.

