20 ans d’écriture

13 janvier 2012

Le 19 janvier 2012 j’aurai 30 ans.

Un jour, quand j’avais 10 ans, j’ai pris un stylo et un cahier de brouillon et je me suis dit: “je vais écrire un livre”.

Je n’ai pas reposé ce stylo depuis 20 ans.

Mon écriture a pris maintes et maintes formes depuis cette première fois. Elle a évolué, elle a donné naissance à des nouvelles innombrables, à 5 ou 6 romans terminés et 3 ou 4 romans inachevés, un mémoire de philo, un nombre considérable de dissertations philosophiques, à des articles de magazine, à des articles de blog, à des scénarios, des bibles, des synopsis, des pitchs, des cours. Je n’ai pas regretté une seule fois de m’être acharné pour réussir à “vivre de l’écriture”.

Ce n’est pas un chemin que je conseillerais à tout le monde, parce que c’est long, laborieux, douloureux, éreintant. Pas à cause de l’écriture elle-même (l’écriture a globalement été joyeuse, lumineuse et relativement facile) mais à cause de tout ce qui l’entoure quand on veut en faire un business, un mode de vie. Je ne suis pas sûr que tout le monde ait envie de ça. Envie d’avoir les épaules pour aller au bout de cette folie furieuse.

Mais pour ceux qui le veulent, c’est un chemin plein de récompenses, de plaisir, d’opportunités de se surprendre et d’apprendre.

Même si je suis aujourd’hui à un tournant de ma vie professionnelle, où j’ai envie d’essayer d’autres choses, d’aller vers d’autres horizons, je n’abandonne pas l’écriture. Je ne pense pas que je pourrai arrêter un jour d’écrire, pour moi ou pour de l’argent, ou pour les deux. On ne passe pas vingt ans à pratiquer une activité sans qu’elle commence à faire partie de soi, à rentrer dans la définition que l’on fait de soi-même. Et c’est bien. J’aime être un “écrivain”. Je ne me considère pas tout à fait comme un auteur, à cause de tout le bagage que se trimballe ce mot, mais je crée du sens et des émotions avec des mots. Je raconte des histoires, je transmets des informations. Et je transforme ces mots en un toit et en nourriture pour ma famille.

Je suis un homme heureux.

J’ai 30 ans et j’ai réalisé mon rêve d’enfance. Je pourrais retourner vers le gamin insouciant que j’étais à 10 ans dans sa chambre lyonnaise, et lui dire “merci” et “je ne t’ai pas trahi, ce livre que tu voulais écrire, je l’ai transformé en une myriade d’autres textes et d’autres histoires, j’en ai fait mon premier métier”.

Je me souviens encore de cette histoire, celle d’un astronaute envoyé en mission secrète explorer un trou noir. De l’autre côté, il retrouve la Terre, mais au Moyen-Âge. Et petit à petit il découvre qu’il n’est pas le seul voyageur du futur à être là. C’était une bonne histoire. Je ne l’ai pas terminée et j’ignore si je recommencerai à l’écrire un jour. J’ai perdu le cahier et je ne suis pas sûr d’avoir envie de la raconter à nouveau. Mais je la garde en bonne place dans la liste des histoires qui ont changé ma vie. Après tout, sans elle, je ne serais pas le même aujourd’hui.

Aujourd’hui, à sept jour de mes 30 ans, je me lance de nouveaux défis, de nouveaux objectifs, très très très éloignés de l’écriture. J’ai besoin d’apprendre de nouvelles choses. Sinon je me sentirais mort.

Pour ceux d’entre vous qui débutez, pour ceux qui commencez tout juste à vous dire: “tiens, si j’écrivais un livre”, continuez. C’est une des plus belles aventures que vous puissiez vivre.

Je serai là pour vous accompagner.

En attendant, je donne une nouvelle direction professionnelle à ma vie, plus entrepreunariale, parce que j’ai adoré apprendre l’autonomie et la responsabilité d’une carrière d’auteur indépendant. Je veux pousser ça plus loin. Je lancerai sûrement un nouveau blog sur mes explorations de ces nouveaux horizons pour ceux que cela intéressera.

Mais pour l’instant, j’ai une bible à terminer et un déménagement à préparer. 2012 marque le début d’une nouvelle nouvelle vie ! J’espère que vous serez là pour la partager avec moi.

Trust the Process

13 décembre 2011

A quoi ressemble la relation auteur-producteur/diffuseur. Priceless.

Un clip animé

30 novembre 2011

Clip Tyrant Out

Un premier clip, réalisé par une étudiante à moi.

Vivre pour créer / Créer pour vivre

27 novembre 2011

Je regarde les interviews de Jean Leloup, probablement le plus grand artiste de mon panthéon d’artistes.

Il me rappelle les bases qu’il ne faut jamais oublier:

créer n’est pas un métier, c’est une vocation. Si tu en fais un métier, tu tues la création en toi et tu ne peux plus être fier de toi-même, tu perds ton intégrité.

l’argent n’a pas d’importance. Plutôt vivre pauvre que de sacrifier sa création. Ce n’est pas forcément antinomique mais si l’argent pervertit ton art, brûle-le. L’argent apporte des choses dans ta vie. L’art apporte du sens.

Créer c’est tripper. Si tu ne trippes pas, ne crée pas. Si tu ne trippes pas, c’est que tu ne fais pas ce que tu devrais.

Créer ce n’est pas dur, ce qui est dur c’est de faire quelque chose à partir de ta création. Ça demande du travail, de s’investir soi, à fond. Tu dois rester intègre. Tu dois faire du bon travail, être fier de ce que tu partages avec le public. C’est pas dur, ça prend juste du temps.

Créer ne répond à aucune autre règle que celles que tu choisis de t’imposer.

Plus qu’un mois à trimer et je pourrai me rouler sans interruption ni parasites  pendant 8 mois dans la création à l’état pur. Visqueuse, sanglante, vibrante création.

Putain, j’ai hâte!

Ne jamais arrêter

16 novembre 2011

Some part of you dies when you stop making art.

Je ne sais pas où j’ai entendu ou lu ça. Ni même si je l’ai vraiment lu (et pas rêvé!).

Hier je parlais avec un de mes amis producteur et il m’a gentiment vanné sur mes projets de roman au point mort. Avec le recul, je suis même pas sûr qu’il m’ait vraiment vanné mais je sais jamais trop avec lui. S’il fallait incarner l’expression “pince sans rire”, ce serait lui.

(note à part, j’ai revu Wall Street hier, quelque chose que je voulais faire depuis 1 an et il y a son sosie dans le film)(à propos des sosies, ça m’a fait bizarre mais j’ai croisé un mec qui me ressemblait atrocement avant-hier, même blouson en cuir que celui que j’ai à la maison, même dégaine, ça m’a fait bizarre dans un sens creepy, pas cool, je me demande si lui aussi s’est vu en moi)

Sa remarque m’a frappé. “Touché” aurait dit un ricain.

Je suis assez fort pour me trouver des excuses, pour me dire qu’il me faut plus de ci, moins de ça, que demain ou dans trois mois, les étoiles seront mieux alignées.

Je crois pas l’avoir raconté ici mais il y a quelques années, un mec est venu me voir dans un rêve et m’a demandé de but en blanc pourquoi je n’avais toujours pas écrit de roman. Sans doute mon inconscient, lassé de m’envoyer des messages symboliques et que je ne réagisse pas, qui a décidé d’envoyer les gros bras pour me remuer.

En vain?

Pas sûr. J’ai avancé sur des choses. Je n’ai juste rien terminé. Mais c’est ce qui fait la différence entre les romanciers et les autres, non? Les romanciers, eux, finissent leurs romans.

Et puis c’est mois de novembre, le mois du Nano. Il y a quatre ans j’ai participé et fini un premier jet en 30 jours. Je l’ai jeté (symboliquement) depuis, parce  que les 70 dernières pages demandaient une refonte totale et que j’avais la flemme.

Mais depuis quatre ans, je n’ai pas été à sec, loin de là. J’ai eu au moins une idée assez solide pour faire un roman chaque année. Alors quoi?

Des excuses: des problèmes d’argent, l’arrivée d’un bébé, un déménagement, l’acclimatation à une nouvelle vie, des boulots de commande. Des excuses.

J’ai le temps. J’ai les moyens. J’ai l’esprit libre. (Tout ça en grande partie parce que je suis parti de Paris, qui, malgré tout l’amour que je lui porte, m’étouffait).

Alors hier, le déclic.

Il a raison, qu’est-ce que je fais là à ne pas écrire mes romans?

Je me suis remis dessus, “Interdit d’aller te coucher sans avoir avancer, ne serait-ce qu’un peu!”. J’étais fatigué alors ce n’est pas spectaculaire mais j’ai écrit à peu près 600 mots. C’est plus que je n’en ai écrit depuis juillet.

Et qu’est-ce que ça me manquait!!!!

J’avais la trouille de m’y remettre, de me rendre compte que j’avais tout oublié, tout perdu. Mais non, ça va, je me débrouille encore. J’ai envie d’essayer de rattraper le Nano. Il faudrait que je fasse 3300 mots par jour jusque fin novembre pour y arriver. Je ne pense pas que je le ferai, pour plein de raisons, mais j’ai envie d’essayer. Ecrire au moins 500 mots par jour sur ce projet là, qui comporte des sorcières, du sexe, de la comédie. Un projet très ado, vaguement adulte, que je porte depuis trèèèèès longtemps.

Ce que je voulais dire avec ce post, c’est surtout, de ne pas perdre de vue ce pour quoi vous êtes là.

C’est ok de prendre le chemin des écoliers, de tenter des trucs de temps en temps, de céder au chant des sirènes ici ou là sur la route. Simplement, revenez à votre motivation première, à votre envie de départ. C’est elle que vous devez nourrir et entretenir et chérir et cajoler. Le reste n’est que de la poudre aux yeux.

Je m’en suis rendu compte quand, malgré ma réussite en tant que scénariste, j’ai ressenti l’ennui, la lassitude et la frustration. J’ai trouvé différentes causes à tout ça mais au fond il n’y en avait qu’une: je ne faisais pas ce que je devais faire. Je n’étais pas où je devais être. Je ne peux pas savoir à votre place que vous devez écrire. Souvent c’est ce que nous remettons toujours au lendemain, ce qui nous effraie le plus, parce qu’il y a trop d’implication personnelle derrière ce projet. Je ne veux pas me laisser avoir par le confort de l’enseignement ou par les paillettes du métier de scénariste. C’est bien pour vivre, pour construire le cadre qui me permettra d’être romancier, mais c’est tout.

Ne cessez jamais de faire de l’art, de créer.

Martin Sheen dit quelque chose comme ça à son fils, dans Wall Street: “crée quelque chose, plutôt que de profiter des fruits du labeur de gens qui triment” (je paraphrase). J’y ai vu plus qu’un propos sur les pratiques des traders, j’y ai vu la conviction d’artiste d’Oliver Stone.

Narration

6 novembre 2011

Réfléchir à une fenêtre

25 octobre 2011

Mon père, dont c’est un peu le métier, m’a acheté le nom domaine Anael Verdier point com depuis plusieurs années. Je n’ai jamais su trop quoi en faire. Ça lui faisait plaisir. Ça rentrait dans ses représentations du monde. Je me disais obscurément que je m’en servirais un jour sans trop savoir comment. J’y ai installé un blog mais je n’avais pas grand chose à y dire de plus qu’ici. Et ici je suis bien, j’ai mes repères, mes habitudes. Mais avec les cours que je donne, de plus en plus de gens me cherchent sur Google (une cinquantaine par mois à en croire le moteur de recherche (je suis le premier surpris!)).

Il faut que je prenne le contrôle de ma persona virtuelle. (Non, parce que j’en ai marre que mon passé de gamer me définisse aux yeux du net).

Mais pour en faire quoi?

Je trouve inutile et idiot de mettre mon CV en ligne.

Avec mes nouveaux projets, je sais que je dois commencer à me représenter en temps que romancier. Sans doute suffit-il que je sois moi mais être soi quand il faut construire un site web, ça ne veut rien dire. Qu’est-ce que je montre? Comment?

Pour l’instant, aucune idée. Je vais laisser le blog faire son travail. J’ai installé une redirection qui fait que quand on arrive sur la racine du site, c’est le blog qui s’affiche. J’ai fait ça par paresse et par l’absence totale d’idées sur ce que je peux faire d’autre. Excusez, je vous en prie, le thème wordpress générique que je n’ai pas encore pris la peine de modifier.

Ce site prendra tout son sens plus tard. Quand j’aurai mis en oeuvre mon plan. En attendant, je peux expérimenter mais pas trop puisque c’est quand même une fenêtre sur moi.

Vous qui me lisez, qu’est-ce que vous auriez envie d’y voir? Si c’était vous, vous feriez quoi? Vous mettriez quoi en avant?

Sur un autre registre je suis en train d’expérimenter sur une méthode pour boucler des nouvelles en une semaine, pas forcément la nouvelle complète mais au moins le premier jet. Si ça vous intéresse, je vous le ferai passer. Mais juste à vous, parce que je vous aime.


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