The Big Bang Theory
31 juillet 2007Pour l’instant, ma comédie de la rentrée ce serait ça.
Pour l’instant, ma comédie de la rentrée ce serait ça.
Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir à nouveau les mains dans le cambouis mais je remarque beaucoup le travail des scénaristes derrière les films que je regarde en ce moment. Surtout les plants et les payoffs, qui m’apparaissent avec de gros signaux rouges clignotants.
Je suis allé voir dimanche Les Simpsons le film et j’en ai trouvé partout. Je ne veux pas spoiler alors je n’en dirai pas plus mais allez voir le film (qui est très bien) et essayez de repérer tous les gags qui marchent (mieux) parce qu’une information a été plantée en amont. Quand elle ressort au moment du gag, rit-on parce qu’on la reconnaît et qu’elle est décontextualisée? Repérez aussi l’écart entre le plant et le payoff. J’ai repéré un plant au tout début du film qui ne paye qu’à la toute fin, et j’ai repéré un plant qui paye moins à peine deux minutes plus tard. Et que penser de la résolution du climax, qui n’existe que grâce à une information plantée de manière relativement anodine en amont?
Peut-être que c’était grossier ou peut-être que mon regard s’est affiné. Peut-être que je suis simplement très demandeur d’enseignements en ce moment et que, du coup, je suis davantage en mode “analyse”. Peu importe.
L’important c’est cette notion de plant and payoff, qui est très difficile à domestiquer, ou en tous cas, qui demande énormément de travail mais qui paye si elle est bien employée. C’est une technique souvent utilisée en comédie, mais qui est finalement à la base de toute dramaturgie, puisque la dramaturgie, principalement, consiste à savoir organiser l’information. Il faut dire les bonnes choses au bon moment, ni trop tôt, ni trop tard. Et pour ne pas que nos histoires soient cousues de fil blanc, mieux vaut distiller les informations qui serviront à sa résolution dès le début du film. C’est comme de maladroitement montrer au premier acte le revolver qui est dans le tiroir pour le ressortir au moment du climax (c’est maladroit et c’est devenu un tel cliché que c’est presque un cliché aussi de montrer un revolver au premier acte et de NE PAS s’en servir de tout le film (ce qui est en plus gratuit et une perte de temps)).
Et cet art délicat ne se réussit qu’à force de réécritures, parce qu’on ne peut pas toujours deviner l’idée géniale que l’on va trouver pour la résolution et que c’est elle qui exige d’être préparée parce que c’est sur elle que se construit l’appréciation première du spectateur pour le film (ou du lecteur pour le livre, ça vaut aussi pour la littérature).
La construction d’un scénario, c’est deux mouvements qui alternent et se répondent continuellement, un mouvement chronologique, qui voit se construire le récit en passant de A à B à C, et un mouvement totalement non-linéaire, qui passe de C à A puis à C puis à B, en fonction des besoins que génèrent chaque scène d’être préparée à l’avance. Avec cette difficulté supplémentaire qu’il faut distiller les préparations dans tout le premier acte, sinon, le spectateur risque une overdose d’informations.
Le lien du jour, c’est quelque chose que j’aurais dû poster depuis longtemps. C’est davantage orienté BD au premier abord, mais tout étant lié, ça ne pose pas de problème et chacun y trouvera son compte.
Scott Mccloud est un mec absolument génial qui a écrit le non moins génial Understanding Comics (L’art Invisible).
McCloud est un genre d’inventeur fou qui cherche toujours de nouvelles manières de raconter des histoires en utilisant la BD. Promenez-vous sur son site, et plus particulièrement sur la page des inventions et laissez votre esprit se familiariser avec ces nouvelles idées.
Parce qu’une blague récurrente au conservatoire, quand on nous demandait comment on comptait faire passer une information pas visuelle, c’était de répondre: “on le marque sur un t-shirt”, aussi parce que c’est vachement bien fait et aussi parce qu’un beau jour, il faudra bien que je le fasse, mon film t-shirt, et enfin parce que ça fait pas de mal, un petit clip.
Aujourd’hui, petite leçon sur l’art de raconter des histoires sans en dire trop.
La première chose qu’on nous apprend, c’est de raconter des histoires avec des scènes muettes, en passant par le visuel.
HBO a mis une petite animation intitulée HBO Voyeur sur son site, qui montre très précisément comment faire ça.
Ça y est, les networks ont commencé à annoncer les nouvelles séries de la rentrée.
ABC
FOX
CBS
Mon coup de coeur c’est ça: Pushing Daisy, par Bryan Fuller (Dead Like Me) et Barry Sonnenfeld (The Adams Family). C’est poétique, c’est beau et c’est mignon comme tout!
La vidéo était sur youtube, pour les paresseux.
Blake Snyder expose l’attitude gagnante et nous rappelle de ne jamais arrêter d’y croire et de ne jamais baisser les bras. Bon, ça m’a requinqué pour mon long-métrage, cette histoire!
Allez, au boulot!