Archives pour septembre 2007

De la peur que Pushing Daisies ne réussisse pas son pari

30 septembre 2007

Je vous ai parlé de Pushing Daisies il y a quelques temps déjà, en disant à quel point ça allait être génial, et beau, et différent, et agréable, et tendre, et merveilleux (au sens d’émerveiller).
D’ailleurs, à mesure que le show’s premiere approche, plein de gens en parlent et tous sont d’accord pour dire que c’est le pilote le plus réussi de la saison. (Beau, travaillé, innovant, tout)
Mais tout le monde est aussi assez sceptique (et triste) sur la capacité de la série à tenir son pari. Est-ce que la prémisse va tenir, est-ce que le mélange rom-com post-mortem–procedural ne va pas se casser la figure, et si la série va trouver un public suffisant pour rester à l’antenne.

Variety a publié vendredi une review intéressante, surtout pour son chapo qui résume tout très bien.

Standing head and shoulders above this fall’s other seedlings, “Pushing Daisies” is whimsical, romantic, funny and visually distinctive — such a delicate mix of ingredients, frankly, you fear for its longevity in the cold, cruel world of primetime. The producers are seeking to offset that fragility by incorporating a procedural element into this tale of love and death, but that only invites skepticism the souffle will collapse by episode four or five. Such commercial considerations, however, shouldn’t detract from this beguiling pilot, and credit ABC with taking the season’s boldest leap in hoping that love conquers all.

Scénaristes en Séries - le Ras-le-bol!

25 septembre 2007

(Je ne fais que transmettre l’info)
Scenaristes_en_serie_logo

Scénaristes en Séries est né d’un ras le bol d’entendre tout le monde critiquer tout le monde, ça ne fait rien avancer. Scénaristes, producteurs réalisateurs, diffuseurs, acteurs, nous sommes tous responsables de l’état de la fiction française. Alors parlons-en !
Pour préparer ce débat, nous vous proposons de remplir le questionnaire ci-joint. Il restera anonyme. Vous concernant, la seule indication que nous vous demandons d’inscrire est votre profession. L’idée, en analysant les réponses issues de nos différentes professions, est de relever les consensus, mais aussi de mettre à jour les disfonctionnements, de cerner les domaines que nous devons explorer ensemble afin de voir émerger des pistes concrètes, d’en débattre, de confronter nos idées et nos expériences, de remettre en cause nos propres certitudes pour trouver des solutions.

Pour faciliter le traitement de ces informations et pour plus de célérité, nous vous proposons de nous répondre par mail (gardé confidentiel) ou par fax avant le 8 octobre.
Merci de rédiger vos réponses dans les cadres prédéfinis. Si vos réponses dépassent la taille du cadre, ils s’agrandiront d’eux-mêmes.
N’hésitez pas à transmettre ce
formulaire autour de vous.

Rendez-vous à Aix les Bains, du 18 au 21 octobre pour notre 2e édition.

Questionnaire

Les membres de Scénaristes en Séries
Tel : 01 48 03 18 25
Fax : 01 48 03 83 70
13 rue Yves Toudic
75010 Paris
www.scenaristesenseries.com
contact@scenaristesenseries.com

Diffusion des savoirs

25 septembre 2007

L’ENS met en ligne les conférences qu’elle organise, c’est en téléchargement libre et ça touche une bonne partie des sciences et des sciences humaines. Il y a même tout un cycle de réflexion sur la SF, pour ceux que ça intéresse.

J’ai testé pour vous Heroes S02E01 - le service de VOD de TF1 (en tout cas, j’aurais bien voulu)

25 septembre 2007

Tout content d’avoir une option légale pour voir les épisodes de la nouvelle saison de Heroes sans avoir à attendre 1 an leur diffusion hertzienne, un peu moins content du prix (mais bon, tu comprends, c’est le confort de la légalité qu’ils te font payer), je me suis dit que ça ferait une bonne excuse pour poster sur mon blog.
J’avais déjà préparé tout un discours dans ma tête comme quoi, quand même, 3€ pour une location de 48h d’un épisode de 45′ c’est un peu limite et ça peut difficilement faire concurrence à l’offre gratuite (certes illicite) qui te permet de garder ton épisode, de le graver, de t’en faire une collection, etc. (même si moi, la collection, je m’en tape un peu).Heroes2-jaquette
Mais pour tester, j’étais prêt à les débourser et donc, tout guilleret ce matin (ok, il était 13h00) en sortant de ma douche, carte bleue en main, je me jette sur le site de tf1 , je choisis l’option “télécharger sur mon PC - Vous avez 30 jours pour voir la vidéo durant 48h et à volonté” en me disant “hé, les gars, j’ai un mac, mais je vous pardonne, 75% de votre clientèle doit avoir un ordi générique” mais là, test de compatibilité qui “peut prendre quelques secondes, soyez patient”, en 1/10e de secondes, j’ai droit à une grosse croix rouge à “système d’exploitation”. Ben oui, faut avoir Windows XP (tant pis pour toi, utilisateur de Linux, et pour toi qui n’as pas upgradé depuis Win ME/2000, et peut-être pour toi qui es passé à Vista, mais il faut vérifier).

Rah!! Bon, qu’à cela ne tienne, le streaming doit marcher, je vois pas pourquoi ça marcherait pas. En plus, hier, j’ai cliqué sur leur lien pour tester la qualité de l’image et la B.A. de Virgin Suicides a marché sans problème!
Bon, là, 3€ pour du streaming que j’ai le droit de regarder autant que je veux en 48h mais à partir de maintenant, là, tout de suite, ça commence à sentir le sacrifice pour informer le public.
Donc rebelotte, heureusement, je n’ai pas à redonner mon adresse mail, mon nom, mon adresse physique, mon numéro de téléphone, mon numéro de sécurité sociale et le nom de mon cochon d’inde mort il y a 20 ans, puisque le site s’en souvient! Je confirme que mon débit est bien supérieur à 2Mb/sec (avec une pensée émue pour tous ces spectateurs qui vont se dire “2Mquoi? divisé par quoi?”) et j’attends le verdict. 1/10e de seconde plus tard, mon système d’exploitation (et non, je suis pas passé sous Windows depuis) est rejeté.
TF1 vision

Bon, je sais ce qu’il me reste à faire.

Mais j’ai l’habitude, nous, les Macs, nous sommes les outsiders du parc informatique. Même Linux devient plus populaire que nous ces derniers temps. Donc je retourne à mes cliques et mes claques, vous n’aurez pas de critique dithyrambique de “ô combien c’est agréable de ne pas frémir à chaque pas qui passe dans le couloir, à chaque sonnerie de téléphone, à chaque mail, de ne pas se dire alors: ‘ça y est, ils m’ont retrouvé!’”. Oui, la paranoïa de l’Internaute couplée à celle du lecteur de SF et à celle du scénariste, fait des ravages sur ma tranquilité domestique.
Vous n’aurez pas d’éloge de TF1 qui offre enfin la possibilité à ses clients de ne plus être en retard sur les diff américaines pour voir les séries US, et moi j’ai gagné une inscription à la newsletter d’un site que je ne pourrai jamais utiliser à moins de vendre mon âme à Bill G.

Super Héros

24 septembre 2007

Jill Golick propose sur son blog une réflexion commune sur l’écriture de fictions avec des super-héros dedans. Ça se passe ici et ça promet d’être passionnant!

Mad Men

24 septembre 2007

Après 9 épisodes et près de 2 mois de visionnement, l’impatience, chaque semaine, de voir le nouvel épisode, je me décide à dire quelques mots de Mad Men, une série qui fera parler d’elle tant elle est aboutie, merveilleusement écrite, porteuse d’aussi formidables et complexes personnages, si constante dans sa qualité!

Mad Men Titre

Oublié le spectaculaire, oublié le mystère entretenu artificiellement à mesure des épisodes, oubliés les cliffhangers et les acts breaks de fou. Et pourtant ça marche, ça marche même bien mieux que toutes ces autres séries qui font appel à des artifices pour retenir le spectateur, parce qu’elles sont conscientes que derrière, sous la surface, il n’y a rien. Aucune série ne m’a jamais fait ressentir une telle sérénité à la fin des épisodes et aucune ne m’a tenu en haleine avec autant de force. Ce n’est pas que je meurs de connaître la résolution d’une Grosse Intrigue, c’est que j’aime à retrouver ces personnages, semaine après semaine, les voir évoluer, suivre leur progression, voir avec quelle maîtrise ils sont gérés par les scénaristes, quelle constance ils ont, et quelle sobriété aussi. Parce que ces personnages sont vrais, ils sont comme des gens réels, pas de simples archétypes, ils ont la qualité des personnages que l’on retrouve dans les bons films.

Si je devais définir la série, j’emploierai ce mot-là: sobre. Don DraperTout y est subtil, délicat, patiemment ouvragé, rien n’est imposé à l’esprit à renforts de grosses ficelles ou d’énormes effets spéciaux, tout est admirable de justesse et de qualité. Alors que je commence à me lasser de Californication parce qu’elle ne tient pas ses promesses, je reste accroc à Mad Men parce qu’elle met la barre toujours plus haut et qu’elle reste à la hauteur. Ce n’est pas un hasard si le créateur de cette série est Matt Weiner, un ancien des Sopranos.

Les informations ne sont pas assénées au spectateur, elles passent subtilement, par le sous-texte et par le visuel. Si vous voulez une vraie leçon d’écriture de scènes, c’est LA série à regarder. Alors que Heroes me laissait à me demander ce que je venais de voir, laissait transparaître sa totale absence de fond seulement deux heures après visionnage, chaque semaine me voit penser à Mad Men, réfléchir à la densité de la série, revisionner certains passages comme des cours de dramaturgie appliquée. Et la dernière scène de l’épisode 9, pas un mot et une telle charge de sens. Et les acteurs! Les acteurs sont formidables.

Guys in bar

(Mad Men sur Allocine, AMC et Wikipedia, l’analyse du pilote de Jill Golick)

“Vous êtes ce que vous regardez”

24 septembre 2007

Un excellent article du NY Times aujourd’hui sur la place qu’a prise la télé dans la culture américaine – et internationale grâce au rayonnement de la fiction US, ne l’oublions pas. Tout l’article est intéressant mais je reprends ici les extraits les plus parlants.

What do you watch?”

It is no longer a lazy way to redirect a boring conversation. Questions about viewing preferences have become fraught; the topic is as intimate, revealing and potentially off-putting as discussing how much money you make.

It’s a rich television age and a demanding one. The selection is now so plentiful and fragmented and good. And deciding among hundreds of channels, on-demand options, DVR, Internet streaming and iPhones requires so much research, planning and commitment that viewers have become proprietary about their choices. Alliances are formed, and so are antipathies. Snobbery takes root. Preferences turn totemic. The mass audience splintered long ago; now viewers are divided into tribes with their own rituals and rites of passage.

[...]

A favorite show is a tip-off to personality, taste and sophistication the way music was before it became virtually free.

[...]

Before the Internet, iPhones and flash drives, people jousted over who was into the Pixies when they were still a garage band or who could most lengthily argue the merits of Oasis versus Blur. Now, for all but hardcore rock aficionados, one-upmanship is more likely to center around a television series — like metaphysical clues buried in “Lost,” whether the current “Battlestar Galactica” is an affront to the 1978 original (some bloggers sneeringly refer to the current incarnation as Gino, short for “Galactica in name only” ) or who discovered “Flight of the Conchords” when it was a comedy team performing in concerts, not an HBO series.

Television used to be dismissed by elitists as the idiot box, a sea of mediocrity that drowns thought and intelligent debate. Now people who ignore its pools and eddies of excellence do so at their own peril. They are missing out on the main topic of conversation at their own table.

via Denis McGrath.