Archives pour octobre 2007

NaNoWriMo, c’est ce soir!

31 octobre 2007

Nano_bigA minuit une ce soir je m’installe devant ma fenêtre et j’observe. Dès que je trouve, je me mets à écrire et je ne décolle pas de mon ordi. J’ai dormi, petit coup de barre de 16h qui devait se changer en sieste de 10 minutes et qui s’est transformé en sommeil de deux heures! Du coup, je vais être super en forme cette nuit. Un peu de café et je devrais exploser la limite des 3000 mots!
C’est peu quand on sait qu’un défi court entre participants francophones du NaNo et que le premier à arriver à 10.000 avant dimanche gagne un café et un muffin. C’est le genre de défi con et marrant qui fait que j’adore ce type d’événements.
Pour ceux qui n’auraient pas suivi, le NaNoWriMo c’est un rassemblement de fous furieux qui ont envie d’écrire un roman en un mois (j’allais écrire “en un mot”, docteur Freud). Il y a tout à gagner dans le fait de lâcher ses réticences et de se livrer à la pression du timelock pour terminer un premier jet que l’on pourra retravailler ensuite. Pour moi qui voulais revenir à l’écriture littéraire après deux ans de conservatoire, c’est une super opportunité!

Le timelock, vous savez, c’est cette bombe sous la table avec une aiguille qui se rapproche dangereusement de la zone rouge marquée “BOOM”. C’est ce moyen de mettre la pression au spectateur et/ou au personnage de votre film, une manière d’apporter du conflit qui peut sembler artificielle mais qui peut aussi être au coeur de la dramaturgie d’une histoire (cf. Hitchcock, Nick of Time. C’est toujours un petit outil sympa dont il faut se souvenir quand on veut dynamiser une histoire, ou une scène. Mélangé à l’ironie dramatique, il fait des malheurs!
(J’ai lu récemment, je ne sais plus où, la notion d’Option Lock – ou était-ce un autre terme? – l’idée que le héros épuise petit à petit ses options disponibles. Je vais essayer de vous retrouver la référence. [edit: c'est dans Dramatica, merci Marc!])

C’est fou ce que la contrainte du temps peut nous faire accomplir, en tant qu’êtres humains, alors imaginez des personnages de fiction. Pendant l’atelier d’écriture que j’ai animé samedi dernier, tous les jeux que j’ai proposés reposaient sur l’idée que quelque chose qui paraîtrait Hopperinsurmontable si on avait tout le temps du monde pour l’accomplir est entièrement réalisable quand on n’a que 4 minutes.
Par exemple: prenez le personnage qui accompagne ce paragraphe et faites-en un portrait en 4 minutes, pas une de plus, le texte que vous ferez doit donner son nom, sa profession et son plus grand désir. Vous n’avez pas le droit d’utiliser la voix interne, vous avez droit au dialogue. Ne réfléchissez pas, observez, écrivez. essayez autant que possible de mettre les informations en scène.

Vous verrez qu’il ne faut pas plus de temps pour créer un personnage. Jetez-moi la pierre s’il ne vous est jamais arriver de vous retrouver bloquer face à une page blanche en vous demandant par où commencer, quoi dire, et c’est quoi son passé? et sa famille? et le 4e jour de la troisième semaine de son année de CP, il lui est arrivé quoi? On s’en fout. Allez à l’essentiel. La contrainte de temps peut vous y aider.
Tout le monde connaît le Pouvoir Réalisateur de la Deadline, ce repère magique qui permet à des millions d’étudiants dans le monde de finir leurs études, à des journalistes de nous tenir au courant de l’actualité, et à des scénaristes de finir leurs films! C’est tout le principe du NaNoWriMo et si vous êtes tentés par l’expérience, il est encore temps de vous inscrire.

L’inspiration

31 octobre 2007

“J’ai pas d’inspiration”

Cette ineptie est répétée par tous les aspirants auteurs du monde. Chose amusante, aucun auteur professionnel ne vous parlera jamais d’inspiration. Paradoxe révélateur: la notion d’inspiration est une autre des nombreuses excuses trouvée par ceux qui n’osent pas pour ne pas faire ce qu’ils rêvent d’accomplir.

Parce que l’inspiration, c’est un fantasme, c’est la mésinterprétation d’un phénomène accidentel, c’est croire que les idées nous tombent dessus alors qu’elles sont là en permanence et c’est croire que l’auteur est en connection secrète avec des muses qui ne seraient réservées qu’à certains ou qu’on ne pourrait joindre qu’à certains moments.
S’il est vrai qu’il y a des moments plus propices que d’autres à l’écriture (mais aussi au visionnage de films, à la cuisine, à la lecture, à manger des clémentines), il est faux de croire qu’on ne peut écrire que dans ces moments-là. Et encore moins de croire que l’on ne peut écrire que dans les moments extrêmement privilégiés où les histoires vous chatouillent le bout des doigts avec une insistance qui frôle l’impertinence.

Il est bien évidemment plus dur d’écrire quand ce n’est pas magique, mais il y a un certain nombre d’exercices d’échauffement qui peuvent vous mettre dans le bon état d’esprit. Le livre de Viki King en est blindé, celui d’Élisabeth Vonarburg aussi. Et je vais vous en proposer un certain nombre dans une nouvelle rubrique intitulée: “chatouiller l’inspiration”.

Le premier: pendant 8 minutes, toutes affaires cessantes, écrivez sur votre environnement immédiat. Tout ce qui vous passe par la tête, n’importe quoi. Décrivez votre bureau, laissez votre imagination vagabonder dans les nuages que vous voyez par la fenêtre, ne vous mettez aucune pression, ce n’est pas la qualité qui compte, c’est le fait d’écrire. Vous verrez qu’avec la contrainte du temps, vous la trouverez, l’inspiration.

Tim Burton

31 octobre 2007

Vu que c’est Halloween, ceux qui ne l’ont pas vue pourront se réjouir de la bande annonce du prochain Burton.

Pourquoi je blogge

30 octobre 2007

A l’origine de ce blog il y a le désir de ne surtout pas tomber dans le nombrilisme aigü et dans la tendance mavie.com.
Je comprends en partie les demandes de J.-C., c’est un truc qu’on m’a fait remarquer tout le temps que j’ai passé au conservatoire: je reste trop en retrait de ce que j’écris. Je suis trop pudique. Écrire ça doit ne pas être pudique, on ne doit pas craindre le regard de l’autre, on doit s’assumer et s’imposer au monde. Même en fiction, c’est le paradoxe.

Ce blog c’était aussi un moyen de relâcher la pression à un moment où elle était trop forte au conservatoire. Et il est né d’une volonté de palier à une carence en ressources dramaturgiques sur le web francophone. Il est aussi là pour m’obliger à théoriser et mettre à plat et préciser et transmettre les connaissances dramaturgiques que j’ai acquises à force d’écriture, de plantages, de réussites et de confrontation au regard aguerri des scénaristes établis qui enseignent au conservatoire. Quelque chose de cool, d’enrichissant, qui m’a beaucoup fait progresser.

Mais ok, je vais essayer de mettre des trucs persos, même si je le fais quand même un peu dans mes critiques de manuels, dans les vidéos que je mets en avant, et les liens que je donne, et les choses que je regarde, que je lis.
Moins pudique? Je vais essayer que ça reste pertinent.

J’adore la technologie

30 octobre 2007

Je viens de taper 1000+ mots pour répondre aux interrogations de JChrist sur qui se cache derrière ce blog, avec liens hypertexte pour rendre le truc dynamique, et une fausse manip m’a fait tout perdre.

Je kiffe ça, vous imaginez pas. Passer deux heures de ma vie à taper un texte pour le perdre tout de suite derrière… J’adooore.

Qu’il vous suffise donc de savoir que mes initiales ne sont pas F. K. et que je ne fais pas dans l’altruisme. C’est tout ce qu’il me reste d’un message où je donnais un aperçu de mes goûts musicaux, de mes lectures fétiches, de mes ambitions.
J’imagine qu’on pourrait le prendre comme le signe qu’il ne fallait pas que je tombe dans l’intime. Je le prends surtout comme un témoignage de ma bêtise.

A suivre, donc.

Le Thème

30 octobre 2007

Ahh, le thème, source d’intarissables délires pseudo-intellectualisants. Le thème, excuse récurrente pour ne pas entrer dans le vif du sujet et pourtant élément indispensable dans la réflexion sur l’histoire.
Le thème ce n’est pas ce que l’histoire raconte (cf. Le Sujet), c’est ce dont l’histoire parle. Je sais, la différence semble rhétorique mais elle ne l’est pas. Je raconte l’histoire d’un justicier solitaire qui traque une bande de bandits sanguinaires, c’est mon sujet. Mais l’histoire parle d’un rebelle qui cherche à s’intégrer à la société. C’est mon thème.
Un moyen simple de les reconnaître c’est, quand vous pitchez votre histoire à vos amis, à votre co-auteur, à votre miroir, voire à votre bouilloire, si on vous demande: “mais comment tu nous racontes ça?” (le plus souvent, on vous regardera avec des yeux de merlan frit en hochant la tête, on vous dira “ouioui, c’est très bien” histoire de ne pas vous froisser mais ne vous y trompez pas, ce que votre bouilloire cherche à vous dire, c’est que l’eau est chaude).

Si je vous dis “C’est l’histoire d’un cowboy, il parcourt l’Ouest Sauvage pour débusquer la bande de bandits sanguinaires dont la tête est mise à prix”, vous avez des images précises en tête. Vous avez les grandes plaines, le cheval, les colts, le climax où le héros affronte les hors-la-loi, la jolie pépé un peu naïve qu’il abandonnera à la fin, peut-être un sidekick ; et même si ce n’est pas exactement comme ça que je vois le film, vous avez une idée claire de l’histoire que je veux raconter. Celle d’un mec qui en pourchasse d’autres.
Si je vous dis: “C’est l’histoire d’un rebelle qui cherche à s’intégrer à la société”, vous séchez. Ou plutôt, vous avez tellement d’images en tête que vous saturez et vous ne savez surtout pas sur lesquelles vous arrêter. En fait, vous n’avez aucune idée de ce que je vais raconter, vous avez juste la notion abstraite que je veux traiter (la rébellion, ou plus précisément, la révolte sociale).

C’est toute la différence entre le sujet et le thème et il est important de savoir identifier ces deux pans de votre travail quand vous vous lancez dans la conception d’une histoire. Si vous n’avez que le thème, vous allez très vite bloquer, peut-être avant même de commencer la rédaction. Vous n’avez rien à raconter, vous avez juste quelque chose à dire ou à montrer.
A l’inverse, si vous n’avez pas de thème (exemple: vous voulez raconter une énième ressucée de Die Hard), votre film sera peut-être parfait d’un point de vue technique mais absolument inepte et rejoindra ses pairs dans la longue liste des films dont le monde aurait pu se passer.
Il arrive souvent, paradoxalement, que l’on commence par une idée de thème plutôt que par un sujet mais ce thème est rarement clair dans l’esprit de l’auteur. Il est intéressant de synthétiser au maximum, de faire tenir le thème en une phrase qui clarifie ce que l’on veut montrer. C’est “l’histoire d’un rebelle qui rêve de s’intégrer à la société et tente de le faire en adoptant ses codes de justice”. Dans votre tête ça aura donné quelque chose comme:

  • Je veux parler de la rébellion
  • La rébellion c’est par rapport à une société établie, avec ses codes culturels, sa notion de bien et de mal, ses idées sur la justice… je pourrais parler de justice, peut-être que mon rebelle est en désaccord avec une certaine idée de la justice?
  • Et comment il se sent par rapport à la société? Pourquoi est-il en rébellion? Peut-être qu’il n’y trouve pas sa place… et qu’il en souffre!
  • Il cherche peut-être à s’intégrer à la société, il veut être reconnu alors il adopte certains des codes de cette société mais sans arriver à y entrer tout de suite, pourquoi pas les codes de la justice, justement?

C’est un condensé de ce à quoi peut ressembler une séance de brainstorm, de clarification du thème. Une fois que vous avez déterminé ce que vous voulez montrer (un mec qui cherche à s’intégrer), vous pouvez réfléchir à comment le montrer. Qui sera votre rebelle et quelle sera la société? Sans doute qu’en réfléchissant, ou même avant, vous aviez des images et des idées, des envies d’univers, de personnages. C’est le moment de voir s’ils peuvent incarner votre thème. S’ils ne peuvent pas, trouvez en d’autres, ou modifiez-les. L’important c’est que quand vous avez un thème, il devient plus facile de choisir l’histoire que vous voulez raconter.

Encore une fois, l’écriture n’est pas un processus linéaire. Vous aurez peut-être écrit un premier jet avant de vous pencher sur la question du thème, vous aurez peut-être écrit des dizaines de pages sur les différents personnages que vous voulez traiter. Dans cette matière première, vous allez creuser, miner pour extraire le noyau thématique de votre histoire.
L’important c’est que vous parveniez à cerner UNE idée, une notion principale que vous voulez aborder. Vous risquez moins de vous égarer en cours de route. Je sais qu’il est dur de choisir mais dites-vous bien que vous ne raconterez pas qu’une histoire dans votre vie alors, tous ces thèmes secondaires, mettez-les de côté pour plus tard, pour d’autres textes où vous les exploiterez une fois qu’ils auront eu le temps de mûrir.

La règle stricte à laquelle vous devez vous tenir c’est celle d’un thème par histoire. De toutes manières, vous vous emporterez et vous dépasserez cette limite, alors autant limiter les dégâts.

La prochaine fois: Bien choisir son personnage

(encore) Une autre approche de la création d’histoires

28 octobre 2007

Dramatica a développé un système très complet de construction des histoires et une bonne partie de ce système est téléchargeable gratuitement sur leur site

Il y a même une BD qui synthétise le tout.