Archives pour novembre 2007

NaNo: c’est fini

29 novembre 2007

Voilà, en 26 jours j’ai fini un récit complet. Parti de rien, bien décidé à me laisser porter par “l’inspiration” du moment, ayant choisi de démarrer le 1er novembre en décrivant ce que je voyais par ma fenêtre, je suis allé de surprise en surprise, véritablement guidé par mes personnages (ce n’est pas une image), et j’ai atteint la fin de mon récit.

C’est ce que je craignais le plus: ne pas finir l’histoire. Les 50.000 mots ne m’ont à aucun moment fait peur, question d’habitude j’imagine. Le fait d’écrire tous les jours, ça donne une idée de ses capacités en termes de productivité.Je n’ai pas tout à fait terminé, d’ailleurs, mais je ne m’en fais pas. Il me reste à peine plus de 3.000 mots à l’heure où j’écris ces lignes et j’ai largement de quoi faire, avec les personnages et les intrigues secondaires qui ont besoin d’être étoffés. J’aurai fini dans les temps, ce n’est pas un souci.L’expérience est passionnante, elle réclame une ouverture énorme, pour pouvoir aligner la quantité, il ne faut pas se laisser guider par les a priori que l’on peut avoir sur l’histoire, il faut avoir confiance et se dire que les choses prendront sens à un moment donné. Le fait de relâcher la pression au niveau de la structure, etc. a été formidable, j’avais besoin de cette liberté. En même temps, ça m’a permis de vérifier que j’avais intégré un certain nombre de notions essentielles.

Le Nano, c’est aussi l’occasion de rencontrer d’autres auteurs et de découvrir que l’écriture, même individuelle (i.e. sans co-auteur) n’a pas à être solitaire. Les longues nuits passées sur le chat en compagnie d’une collègue au rythme tout autant décalé que le mien ont été l’occasion de plus d’une séance d’émulation mutuelle, de soutien, de motivation l’un de l’autre. Écrire avec… est une expérience enrichissante, à la fois pour soi et pour l’écriture.

Le NaNo ça a aussi été pour moi l’occasion de me rappeler à quel point mon émotion je la prends dans la production, dans la création pure, pas dans le retravail pour rendre l’ensemble présentable. Ça ne fait rien, j’aime aussi le moment du polissage, même si j’y prends un plaisir infiniment moindre.

Je suis heureux d’avoir écrit ce roman. Je ne sais pas s’il sera publié un jour, ce n’est pas vraiment la question que j’ai envie de me poser. Je vais le reprendre, le faire aboutir à une forme cohérente, élaguer certaines parties, en renforcer d’autres, déplacer certaines informations, en préparer d’autres plus en amont. Je verrai pour le reste en temps et lieu et si c’est le désir de ce livre que d’être publié, il me le dira comme il m’a raconté son histoire.

C’est amusant, cette manière de percevoir le métier d’auteur, le fait que l’on ne soit qu’un canal pour les histoires, c’est quelque chose sur quoi je n’ai pas envie de vraiment débattre, parce que ça relève du rapport intime à l’histoire. Et toutes les histoires ne sont pas comme ça, seulement les meilleures. Je sais qu’il m’arrive souvent, en scénario, d’être beaucoup trop interventionniste dans mes récits, de trop décider pour les personnages. Beaucoup moins en littérature, question d’aisance. Je me sens plus libre et apte avec les formes littéraires.

En tous cas, une chose est sûre, l’an prochain, je recommence, ça a été un pied trop énorme, même si du coup tout le reste en a pâti: ma vie sociale est tombée à presque 0, mes autres projets sont passés entre parenthèse, je n’ai plus beaucoup dormi, je n’ai pas suivi les infos. Est-ce vraiment plus mal? En tous cas, ça en valait la peine!

[edit:] Et voilà, les 50.000 mots sont atteints! Le 29 novembre à 21h30.

Journée de soutien à la WGA: c’est mercredi!

26 novembre 2007

Chers amis,

Comme l’a annoncé Vincent Solignac lors de la conférence de presse du 21 novembre dernier au cinéma des Cinéastes, l’UGS, après son action de soutien à la grève des scénaristes américains, lance un rassemblement de tous nos métiers le Mercredi 28 novembre à 16 heures précises, sur l’esplanade du Trocadéro. Devant la menace d’une dérégulation qui serait fatale à la création d’oeuvres originales françaises, il est indispensable d’unifier nos efforts. Pour montrer notre vitalité, notre diversité et notre solidarité, nous vous proposons de faire la photo de famille de tous les créateurs de l’audiovisuel français.

 

Nous vous invitons à vous joindre à cette action et à diffuser ce message le plus largement possible.

 

Nous comptons sur vous. C’est tous ensemble que nous avons une chance de nous faire entendre et de contrecarrer les projets du gouvernement.

 

Le conseil de l’Union-Guilde des Scénaristes

Si vous voulez être dans le bus qui fera le tour de Paris, de 13h30 à 15h30, que vous soyez acteur de l’audiovisuel ou journaliste, envoyez un mail à contact@ugs-online.org
Le rendez-vous est à 13h aux colonnes de Buren, place du Palais Royal.

Lettre parue dans Libération le 21 Novembre

26 novembre 2007

LES SCENARISTES VERSION FRANÇAISE

La grève des scénaristes américains, mondialement médiatisée, met en lumière l’importance d’un métier dont dépend toute une industrie. Pendant ce temps, de ce côté de l’Atlantique, nous subissons une campagne de dénigrement savamment orchestrée qui voudrait faire croire que la fiction française est en crise et que les scénaristes français sont des incapables. Pourquoi ces bruits imbéciles ?

La réponse est simple. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Le but ? Faire baisser les obligations des chaînes privées et détruire le système de quotas d’oeuvres originales en langue française auquel elles sont soumises. Car cette campagne de dénigrement, qui dure depuis plusieurs mois, est aujourd’hui suivie d’une offensive des chaînes privées contre leurs obligations. Cette offensive, soutenue par le gouvernement, a fait bondir leurs actions de 20%. Produire français coûte plus cher que d’acheter à bas prix des séries américaines déjà amorties sur leur territoire. Il s’agit donc de détruire tout un secteur de notre industrie pour le profit immédiat et à court terme de quelques actionnaires. C’est cela la vérité, il est important de la dire. Est-ce cela la réalisation des promesses du gouvernement ?

Un peu d’histoire : l’état a privatisé des chaînes, et leur a concédé gratuitement l’utilisation de canaux de diffusion, à condition qu’un pourcentage de leur chiffre d’affaires (16% pour TF1) soit investi dans la création et la production d’oeuvres originales. Des canaux bonus sur la TNT ont été attribués récemment et gratuitement aux mêmes chaînes, auxquels s’ajoute l’ouverture de secteurs jusque là interdits à la publicité, comme la grande distribution. En 7 ans TF1 a vu son chiffre d’affaires augmenter de 43%, M6 de 104% ! On pourrait logiquement penser que le gouvernement renforcerait leurs obligations en proportion des avantages concédés. Il n’en est rien. Il faut dire que certains décideurs de l’audiovisuel sont des amis de longue date (sic) du président de la République. Il est permis de s’inquiéter de ces liens amicaux dans les circonstances actuelles.

La pseudo « crise » de la fiction française se cristallise autour de quelques séries aux audimats décevants. On évite soigneusement de parler des succès. Prenons le programme de cette dernière semaine: le Lien, Le Pendu, Guerre et Paix ont connu des audiences magnifiques. Quant aux séries, qui n’a pas vu Clara Sheller, Avocats et Associés, Plus Belle la Vie, Kaamelott, les Bleus ? Il faut poser les vraies questions avant de désigner des coupables. Clouer les scénaristes français au pilori pour casser la réglementation est facile.

Ni salariés ni intermittents du spectacle, leur profession est mal connue et peu défendue. Ils n’ont pas d’amis dans les instances qui gouvernent, ni de places dans celles qui décident de la fiction, qui la commandent et qui la programment. Ils ne sont que rarement cités dans les programmes qui annoncent les films qu’ils ont écrits. L’attaque dont ils sont aujourd’hui la cible n’est qu’un écran de fumée qui masque ce qui se trame en coulisses…

Sur la scène internationale, la France défend depuis des années la diversité culturelle, la circulation des oeuvres, le droit de chaque pays à avoir une expression propre, et donc une production propre. Si nos élus baissent les quotas et les obligations de production, cela signifierait la mort de tout un tissu industriel et de tout un pan de notre culture vivante.Face à ces manipulations grossières, il s’agit de défendre notre culture et le respect de l’identité des spectateurs à travers les fictions. En un mot il s’agit d’exister.

L’Union Guilde des Scénaristes.

http://www.ugs-online.org/

Histoires très courtes

22 novembre 2007

J’ai toujours un train de retard.
Je découvre aujourd’hui que depuis cinq ans, un monsieur propose des histoires très courtes par mail, trois fois par mois, en échange de 10 malheureux dollars annuels.
Il s’appelle Bruce Holland Rogers et son site est là, avec quelques exemples des textes en question.
C’est une démarche super intéressante, il a 700 abonnés répartis dans le monde entier.

Encore un visionnaire qui a réfléchi à comment utiliser le net intelligemment.

E-book

21 novembre 2007

Depuis des années, on nous parle d’ebooks, on nous fait miroiter tout un tas d’innovations technologiques qui pourraient remplacer ou compléter le livre.

Amazon vient de lancer son Kindle, dont la présentation est fort intéressante et mérite qu’un coup d’oeil y soit jeté.

Conférence de Presse

20 novembre 2007

Je viens de recevoir cette info:

Je rappelle qu’il y a une conférence de presse demain au Cinéma des Cinéastes (11 h 30). Elle réunit toutes les professions de l’AV (depuis les comédiens, techniciens, jusqu’aux auteurs, réal, prod).

“De l’exception culturelle à l’exécution culturelle ?”

Il est important d’être nombreux. Le bras de fer qui s’engage avec les pouvoirs publics (pardon avec l’Elysée puisque le ministère de la culture est désormais quasi inexistant) risque d’être chaud. Les enjeux sont énormes pour toutes nos professions.

N’hésitez pas à confirmer votre présence sur le mail
invitation_at_sacd.fr

Journée de soutien à la WGA

19 novembre 2007

Je vous transmets ici le message d’Eric Verat:

Bon, quelque chose se précise pour le mercredi 28. L’UGS a décidé de marquer le coup. On ferait des zigzag en bus dans Paris avec des T-Shirts et des banderoles aux couleurs de la WGA. Photos devant tous les bons monuments de Paris. L’idée de l’UGS et de répondre comme d’autres organisations de par le monde à la demande de soutien de la WGA (exprimée la semaine passée) et en plus de rebondir sur la situation alarmante de l’écriture télé en France (baisse des quotas à l’horizon, sous-financement du développement, sous-développement de l’écriture, patin couffin…). Plus on est, mieux c’est. L’idée est aussi de lancer une campagne virale de petits films (faux reportage, délire enfantin, message humanitaire, …) pour attirer l’attention les gens sur l’importance de l’écriture dans le processus créatif. Si vous avez des idées…

Venir ne coûte pas grand chose et en plus, vous allez étoffer votre carnet d’adresse.

Faites tourner l’info et si vous avez des idées de slogans, de vidéos, etc., écrivez-moi (pensez à enlever la mention “NOSPAM” de l’adresse) et je transmettrai.

Les infos suivront à mesure qu’elles me parviendront pour l’organisation.

En espérant vous retrouver nombreux.