Archives pour septembre 2008

Le Branding ou l’art de s’auto-étiqueter

30 septembre 2008

J’ai déjà pointé vers un article de Denis McGrath concernant l’importance pour les chaînes de définir leur marque avec précision et de s’y tenir. C’est aujourd’hui Blake Snyder qui s’y colle en demandant aux lecteurs de son blog où ils se situent sur le marché, dans quelle niche et s’ils sont capables d’établir une marque claire qui réunisse un public précisément ciblé comme un film de Tarantino ou une comédie de Veber peuvent le faire.
Hier, j’y ai pensé en tombant sur Neuf Mois et je suis sûr d’avoir déjà abordé la question. A l’heure de Youtube et à la veille de la disparition de l’hertzien, il me semble important de se poser une question: où est-ce que je me situe dans tout ça?
A l’heure où j’écris ces lignes, je regarde les clips et me dis que les producteurs de musique l’ont déjà bien compris, en créant des produits homogènes, entièrement tournés vers leur cible. Amusez-vous, un matin, à regarder un top entier, et à noter paroles, mise en scène, traitement de l’image, musique… Tout vous semblera peut-être identique à l’oreille mais les différences sont signifiantes. Peut-être que j’en ferai une analyse plus poussée un jour.
Il me semble d’autant plus important de se poser ces questions que nos choix nous définissent aussi en tant qu’auteur. Quel sujet je choisis de traiter et comment? Ils orientent nos décisions d’accepter ou non une commande, permettent de se spécialiser dans un domaine et d’y devenir excellent plutôt que de tout essayer, de papillonner, et de n’être vraiment bon dans rien.

Alors, comment vous définissez-vous?

Fringe

29 septembre 2008

Je profite d’une grippe pour rattraper mon retard sur les nouvelles séries de la saison et je viens de regarder le pilote de Fringe. Boooooooooooring.
Mauvais retournements de situation, mauvais rythme, pas un super jeu. Des pseudos-mystères à la pelle, mais rien d’original ni de bandant.

Je regarde True Blood (nouvelle série d’Alan Ball) maintenant et ça, franchement, ça promet!

Je vous parlerai de Breaking Bad bientôt.

Pourquoi le pommier fait-il des pommes?

27 septembre 2008

Marcello Mastroianni was once asked how many films he had been in. The great actor thought a moment and said, “I’m not sure– over a hundred.” The interviewer then asked “How many of those films were any good?” Mastroianni said, “A few– ten maybe.” “But why would you spend years making bad films? Why not wait till a good script comes along and then make one that’s worthy?” Smiling and unaffected by the insult, Mastroianni asked the journalist, “Do you like what you do? Do you like writing?” The journalist said yes. “Well, I like acting. I would rather act than not act. Why should I sit around waiting for a good script when in the meantime I can be doing what I like now? Do you wait until only good article assignments come before you write? I doubt it. If you like to write then you write the best way you know how about everything. Some of it is good and some of it is bad. But all of it is what you want to do with your life.”

(source: http://jonathancarroll.com/blog/index.php)

De la persistance

25 septembre 2008

“Nothing in the world can take the place of
persistence. Talent will not: Nothing is more
common than unrewarded talent. Education
alone will not: The world is full of educated
failures. Persistence alone is omnipotent”
Calvin Coolidge

“Rien au monde ne peut prendre la place de la persistance. Le talent ne le peut: rien n’est plus commun que le talent non-récompensé. L’éducation, seule, ne le peut: le monde est rempli de ratés éduqués. La persistance seule est omnipotente”.

Souvenez-vous la prochaine fois que vous recevrez une lettre de refus. Savoir pourquoi vous écrivez et avoir des objectifs précis peut vous aider à tenir le cap et à garder l’énergie d’avancer malgré les obstacles. Écrivez ces motivations et ces objectifs sur une feuille de papier, afin que votre corps soit aussi engagé que votre mental dans votre décision, qu’elle concerne votre avenir d’écrivant professionnel ou votre engagement de terminer un projet d’écriture personnel et amateur.

Définir les besoins de son projet (HTTS semaine 5)

23 septembre 2008

Première semaine du deuxième mois, on entre en phase de développement du projet. Encore quatre leçons et l’écriture proprement dite pourra démarrer.

Dans cette leçon, Holly Lisle nous donne des conseils en ce qui concerne le degré de préparation auquel un auteur doit/peut se livrer avant de commencer l’écriture. Elle part du constat que de nombreux auteurs bloquent sur ce point, en péchant soit par manque de préparation soit par excès. Mais comment savoir jusqu’où aller? Comment déterminer les besoins d’un projet?

Comme dans tous ses cours, Holly la pragmatique nous propose de nouveaux outils, ici, le Point et la Ligne.

Le Point
Le Point est un concept, une métaphore qui vise à attirer l’attention de l’auteur seulement sur ce qui est important dans son développement. Le Point, c’est le “vous êtes ici” d’un plan, c’est la date en gras dans une chronologie, le point qui indique la position du corps dans un appartement, Le Point dit à votre Muse: STOP. Arrête-toi ICI, il s’y passe des choses intéressantes.
Sur une carte, il vous interrogera sur ce qu’une région peut renfermer de singulier ; sur la silhouette d’un corps, il vous interrogera sur ce qu’un organe ou un membre peut avoir de particulier ; bref, quelque soit le contexte où il se situe, Le Point interroge l’auteur sur les raisons de sa présence. Et nous le savons, ce qui compte dans ce métier, c’est de se poser des questions et de trouver des réponses.
Le Point a aussi une fonction plus “métaphysique” et peut vous interroger sur les spécificités non-physiques de votre univers. Votre protagoniste? Quel est son Point? Votre conflit, il a un Point, quel est-il? etc. On pourrait aussi parler de ligne directrice ou de coeur, mais le Point a cet avantage d’être visuel et d’être immédiatement compréhensible (pensez au “Vous êtes ici”, ça me semble le plus parlant).

De lintérêt du Point

De l'intérêt du Point


L’avantage du Point c’est qu’il promet de nombreuses choses (comme l’indication d’une ville sur une carte routière sous-entend que la ville contient commerces, quartiers, rues, chacun renfermant ses propres richesses spécifiques), qu’il ne prend pas beaucoup de place, vous obligeant à la synthèse, et attire votre attention sur les éléments les plus intéressants de votre histoire. Quelques-uns de ces Points vous donneront les éléments essentiels de votre histoire et il ne vous restera qu’à les relier pour faire apparaître l’histoire en elle-même.

La Ligne
Le rôle de la ligne est de tirer des frontières, de distinguer entre ce qui est d’un côté de la Ligne et ce qui est de l’autre côté. La Ligne véhicule du sens en traçant des limites. Sur une carte géographique, la ligne peut représenter la côte: ce qui est d’un côté de la côte, c’est la mer, ce qui est de l’autre côté, c’est la terre; sur un portrait, la ligne sépare le contour d’un visage de l’air qui l’entoure, elle sépare les cheveux du front, le nez des joues, les yeux des paupières,… ; la Ligne sépare l’Est de l’Ouest, deux lignes parallèles séparent leur “parallélité” de la “non-parallélité” de tout le reste.

Là où le Point attirait l’attention sur lui en disant “explorez ce que je représente”, la Ligne attire l’attention sur ce qui diffère entre ses deux côtés. La Ligne indique le changement: pourquoi tracer une frontière à cet endroit? Qu’est-ce qu’elle désigne? Qu’est-ce qu’elle signifie?
Allons plus loin. La Ligne peut séparer des espaces. Ce qui nous intéresse, en tant que créateurs d’histoires, c’est ce que ces espaces portent comme potentiel d’actions. En réfléchissant aux spécificités des espaces que la Ligne délimite, l’esprit peut vagabonder et trouver ce qui serait anormal/surprenant dans ces espaces, ou ce qui, dans leur normalité, peut générer d’intéressants rebondissements. Une forêt n’est qu’un amas d’arbres, mais si elle est trop dense, elle peut devenir un labyrinthe mortel, des animaux peuvent y vivre qui ne vivent que là, que se passe-t-il, la nuit, au plus profond de la forêt, là où l’espace devient plus dense? Au contraire, quels rituels anciens ont lieu au coeur de la clairière qui s’ouvre soudainement au coeur de la forêt?

Comme pour le Point, la Ligne peut devenir abstraite: qu’est-ce qui diffère entre deux personnages? Entre deux motivations? Pensez à ces listes que nous faisons tous pour orienter nos décisions sur des questions importantes, séparées d’une ligne: un côté représente les points positifs, un côté les points négatifs de chaque option.

Application
Le Point pose la question: Qu’est-ce qu’il se passe ICI qui soit EXTRAORDINAIRE ? Définissez Ici, définissez Extraordinaire. Réitérez pour votre protagoniste, votre antagoniste, votre décor, votre conflit, votre twist.

La Ligne pose la question: Quelle chose EXTRAORDINAIRE CHANGE d’un côté à l’autre de la Ligne?

En résumé, le Point crée des détails individuels et la Ligne crée du conflit. Les outils sont là, à vous de les utiliser.

Pour en revenir au sujet du post et à ce que le Point et la Ligne nous apprenne des besoins de notre histoire: ne prenez pas la peine de développer trop tôt les détails de la normalité de votre monde, mais réfléchissez à l’extraordinaire, c’est lui qui conduira votre histoire et la rendra unique. Et par extraordinaire, je n’entends pas fantastique ou superhéroïque. Un professeur de chimie de cinquante ans qui découvre qu’il a un cancer des poumons en phase terminale sans avoir jamais fumé, c’est extraordinaire. Le fait qu’il réagisse en se lançant dans la fabrication de métamphétamine pour laisser de l’argent à sa famille après sa mort, c’est extraordinaire. Et ça donne Breaking Bad, certainement la meilleure série dramatique depuis très longtemps.

De la bonne gestion des personnages

23 septembre 2008

“As I’ve said elsewhere, good dialog is when the character only says stuff that character would say; great dialog is when the character says stuff only that character would say.

This is the same thing on the scene level. Good scene craft has the characters doing and saying only things those characters would do. Great scene craft has the characters doing things that only those characters would do.” (Alex Epstein)

De l’utilité des synopsis

18 septembre 2008

“If a script is a blueprint for a finished TV show, then what the mighty F is an outline? A napkin?”Denis McGrath

Demain: suite de mon reviewing de Holly Lisle.