Archives pour janvier 2009

Un séminaire en ligne gratuit

30 janvier 2009

Le producteur Marvin Acuna met en ligne son séminaire sur les “7 habitudes des scénaristes les plus à succès” (pourquoi n’y a-t-il pas d’équivalent de succesful en français? si vous en connaissez un, je suis preneur!)

Ca se passe ici: http://www.screenwriterssuccess.com/

Je l’ai regardé et il y a quelques passages intéressants, surtout sur des sujets tabous en France comme: “vous êtes des entrepreneurs alors pensez marketting: comment allez-vous vous vendre?”.
Et j’ai bien aimé le dicton: “Vous commencez par former des habitudes puis ce sont vos habitudes qui vous forment” pour appuyer l’importance de s’obliger à écrire à heures fixes. Bon, les heures fixes, c’est une méthode, il y en a d’autres, l’important à retenir, c’est de savoir que l’habitude fait le scénariste.
Au début on a du mal à écrire, puis de moins en moins, puis il devient douloureux de casser l’habitude d’écrire.

Les 10 règles de l’écriture de film, par Ed Zwick

29 janvier 2009

Piqué chez Epstein, qui l’a lui même piqué sur MovieMaker magazine. Désolé, je traduis pas, je suis à la bourre sur plein de trucs. Mais je suis impressionné (et heureusement surpris) de voir que mon dernier post ne date que de 8 jours!

“There are 10 simple rules to great moviemaking. Unfortunately, I never learned them. These are the best I could come up with on short notice…

1. Remember to breathe. You’ve probably worked for two years to get to this moment, and there’s no guarantee you’ll ever get to do it again. You might as well enjoy it.

2. The camera is a Buddha. It sees the world as it is. It doesn’t photograph your expectations or your fantasies. Try to see as the camera sees.

3. No plan survives contact with the enemy. [Note: Field-Marshall von Moltke.] Over-prepare and then be ready to throw it all away when the actor feels his character wouldn’t do it that way.

4. A good idea can come from anywhere. You might as well listen to what others have to say because you’re going to get the credit (and blame) anyway. The key grip has made six times as many movies as you have.

5. Life is messy. It doesn’t stop while you’re talking on the telephone. If it feels too comfortable, it’s probably wrong; if it feels right it’s probably too slow.

6. No movie can ever be funny enough. Surgeons, cops and priests need to laugh, too.

7. An audience’s attention span is even shorter than yours. Fill every moment, stick to the story and try not to shoot the parts you’re going to cut.

8. The actors move the camera, the camera doesn’t move the actors. Unless you have a style, don’t act as if you do.

9. Make your movie for one person at a time. Imagine your fourth grade teacher sitting alone in the dark.

10. Where there is no solution there is no problem. At some point in every production, the director loses faith in the movie and the crew loses faith in the director. Somehow it all works out.”

Histoire = personnage

20 janvier 2009

Avant, quand j’inventais une histoire, je planchais sur l’univers et sur le concept autour de l’histoire.
Mais aujourd’hui, à force de m’entendre dire que je ne suis pas assez concret, trop conceptuel, que je ne donne pas assez d’informations sur les possibilités d’exploitation dramatique de mes idées, j’ai réfléchi.
Un univers, c’est bien, ça donne des franchises qu’on peut exploiter pour en faire des histoires.
Mais, vous l’aurez compris, un univers ne fait pas une histoire, il donne juste un cadre, une ambiance, un environnement où vos personnages vont pouvoir s’exprimer.

Parce qu’une histoire c’est simplement le cheminement d’un personnage à la poursuite d’un objectif. Et quand on y pense, c’est vachement plus simple de finir un texte, du coup: l’histoire est terminée quand le personnage a atteint son objectif ou que son objectif est clairement et indiscutablement devenu impossible à atteindre.
Par conséquent, quand j’invente des histoires, maintenant, je m’interroge sur les personnages et leurs motivations. Je laisse les idées thématiques et les flashes mentaux d’ambiance, je les garde de côté et je m’interroge sur qui sont mes personnages et ce qu’ils veulent.

Tout de suite, les choses deviennent plus claires et plus simples. Surtout quand c’est pour créer une série. Parce que paradoxalement, si une série est surtout définie par l’univers qu’elle met en place et qu’elle exploite (les pompes funèbres, la mafia du New Jersey, le monde de la pub dans les années 50, les joies de la collocation à New York dans les années 90…), ce sont ses personnages qui nous font revenir semaine après semaine.

Des personnages qui naissent de l’univers et qui permettent de le mettre en lumière, certes, mais des personnages quand même, définis non par l’insondable profondeur de leur backstory mais par leurs motivations et leurs objectifs au moment où la série commence.

L’ironie dramatique

11 janvier 2009

J’ai eu l’occasion récemment de replancher sur l’ironie dramatique.
Pour ceux qui ignorent de quoi il s’agit: l’ironie dramatique est un procédé narratif qui est, notamment, à la base du quiproquo, du suspense, du tragique, de certains double-sens dans les dialogues, et de plein d’autres choses encore.
Sa définition: le spectateur sait quelque chose que l’un des personnages de la scène ignore. Cette avance d’information du spectateur est source d’émotion.

Oui, parce qu’un bon scénario est avant tout un jeu avec le spectateur, pas juste une histoire qu’on lui impose en le laissant à l’écart, on joue avec lui et c’est ce qui lui fait prendre son pied.

Pour revenir à l’ironie dramatique, elle repose sur une habile gestion de la préparation et de l’exploitation. La difficulté pour le scénariste est d’arriver à mettre en place une scène où l’information déficitaire du personnage est centrale, où tout l’humour, l’appréhension, la tristesse, … naît de cette information que le spectateur possède et le personnage ne possède pas.

Exemple. Dans Roméo et Juliette, à la fin. Juliette feint la mort. Nous le savons, pas Roméo. L’exploitation: Roméo prépare son propre suicide, Roméo mésinterprète les signes du réveil de Juliette, Roméo se donne la mort sur la tombe de Juliette, Juliette se tue. Tout cela naît d’une information manquante: Roméo ignore le stratagème de Juliette. Il y a ironie dramatique.

Technique
L’ironie dramatique se construit en trois temps: préparation, exploitation, résolution.
La préparation, c’est la scène où l’auteur transmet au spectateur une information. Dans notre exemple, c’est la scène où le prêtre explique à Juliette le fonctionnement du poison qu’il lui donne.
Option: une scène peut expliciter le manque d’information de la victime de l’ironie dramatique: ici, la scène où Roméo ne reçoit pas la missive du prêtre.

L’exploitation c’est la ou les scènes qui se construisent autour du déficit d’information de la victime et créent quiproquo (exple: dans Le Placard, nous savons que Pignon n’est pas gai, pourtant son patron l’envoie à la gaypride prendre place sur le char de la boîte => comédie), tragique, etc.

La résolution c’est la scène où la (ou les) victime(s) de l’ironie dramatique découvre ce qu’elle ignorait et réagit en conséquence. Il en découle d’autres réactions car, dans tout bon scénario chaque action est la conséquence directe de celles qui précèdent.

Distinction
Il existe néanmoins deux types d’ironies dramatiques: celle que j’appellerais l’ironie dramatique logique, qui est dictée par la cohérence du récit mais ne donne pas lieu à une réelle exploitation. Le simple fait que deux personnages n’aient pas le même niveau d’information ne suffit pas à ce qu’il y ait ironie dramatique au sens narratologique du terme. Si le manque d’information n’est pas au coeur d’un malentendu entre les personnages, alors on a affaire à une ironie dramatique logique.

L’Ironie Dramatique dramaturgique, au contraire, est un véritable outil narratif et doit servir de pivot au récit. Il faut traiter l’information manquante comme un objet de conflit et/ou un obstacle, en tous cas la mettre au coeur d’une ou plusieurs scènes dont elle sera l’objet.

Il ne suffit donc pas de décaler la transmission d’une information à un personnage pour pouvoir parler d’Ironie Dramatique et pour justifier de mettre en branle toute la machine à construire derrière l’outil.

2009

6 janvier 2009

Salut à tous,

non, ce n’est pas un post de résolutions, même si je vous présente mes meilleurs voeux pour la nouvelle année.
Je voulais juste vous dire que je vais revenir sur le blog après avoir songé arrêter. Prendre de la distance m’a fait du bien et m’a permis de réaliser pourquoi je l’alimentais et comment je voulais qu’il vive.
Rien ne changera, je reviendrai à la forme des débuts: plus de réflexion technique, moins de blabla. Je veux offrir aux apprentis scénaristes francophones du web une source de théorie dramaturgique qui fait trop défaut.

Et non, je ne vais toujours pas raconter ma vie.

Bonne année à vous tous!
L’Apprenti

2009

6 janvier 2009

Salut à tous,

non, ce n’est pas un post de résolutions, même si je vous présente mes meilleurs voeux pour la nouvelle année.
Je voulais juste vous dire que je vais revenir sur le blog après avoir songé arrêter. Prendre de la distance m’a fait du bien et m’a permis de réaliser pourquoi je l’alimentais et comment je voulais qu’il vive.
Rien ne changera, je reviendrai à la forme des débuts: plus de réflexion technique, moins de blabla. Je veux offrir aux apprentis scénaristes francophones du web une source de théorie dramaturgique qui fait trop défaut.

Et non, je ne vais toujours pas raconter ma vie.

Bonne année à vous tous!
L’Apprenti