Archives pour février 2009

A propos des oscars

26 février 2009

J’ai lu ici ou là, avant la cérémonie, que ces oscars-ci allaient être ceux des outsiders, avec des nominations inattendues (et bienvenues). Les résultats sont, pour le moins décevants… et attendus. Aucune grande surprise, rien de nouveau sous le soleil et c’est là qu’on se dit avec le Globe que la télé est quand même plus innovante et plus satisfaisante, narrativement parlant.

Dans le registre des nouvelles, j’ai commencé à regarder 30 Rock et à part pour le personnage d’Alec Baldwin et la frustration de voir les conditions de travail des scénaristes américains, j’ai du mal à accrocher. Je vais lui donner sa chance sur la première saison mais c’est mal parti. Depuis que j’ai découvert Two and a Half Men, mon goût en matière de sitcom s’est vachement défini. Avant Chuck Lorre, je souriais, maintenant je rigole franchement. D’ailleurs, il faudrait que je me penche sur Dharma & Greg.

Pas de coup de coeur récent sur les séries dramatiques mais je reconnais une certaine lassitude pour les formats plus longs que 26′.

Restez branchés pour de nouvelles news, un possible revirement de carrière, et une série de posts sur… la sitcom, mon nouveau genre fétiche!

Mais tout de suite, deadline journalistique à rattraper…

Le Plaisir du Travail

23 février 2009

Une des joies de ce travail, en-dehors d’être complètement défoncé à la fatigue à la fin de 15 heures de brainstorm, c’est de travailler dans ce genre d’environnement.

La table de travail

Et de pouvoir dire des choses comme “une alliance autant contre nature qu’un dragon avec un poulpe”

Never try anything

8 février 2009

Je vous copie tel quel un texte en anglais parce que c’est vraiment très très très juste et que je n’ai pas le temps de le traduire:

“”Try” is a garbage word. “Try” is a word with the excuse for
failure already built in.

“But I triiiiiied!” That means “I half-assed it, I put up a show
of getting the writing done, of sending it out, but having
assuaged my conscience by doing a little work, so I can quit,
knowing that I didn’t throw my heart and soul into it… I didn’t
hurt myself. So I didn’t REALLY fail. I just … tried.”

Screw that.

If you want to be a writer, you don’t “try” to be a writer. You
just write. You write like your life depended on it. You write
with everything you have in you, understanding that only the
very best you have in you even has a chance of giving you the
life and the dreams you want.

You become your own candle, lighting your own way through the
darkness of your effort, burning the fuel that dreams and hunger
and passion and desire and will give you in inexhaustible supply
if you actually USE THEM. You push yourself, you learn everything
you can, you eat, sleep, and breathe writing.

And you fail, because failure—big, loud, embarrassing, messy
failure—is the price of admission for eventual success. When
you fail, you get up, and you write some more.

You learn from every skinned knee, from every chipped tooth, from
every bump on your head and bruise on your butt, just like you
did when you were a kid.

You get the crap beat out of you by life, and you keep going.

You get tougher, you get smarter, you get BETTER. Eventually,
you get good enough, you earn your success, and you fly.

Nobody flies by trying to fly. You can’t “try” to jump off
that cliff. You either stand there shivering and let your
life and your dreams pass you by, or you commit. You jump.

It is only in the jumping that you make your little dreams into
big truths.

If you just want to TRY to write, quit now. Either have the
guts to do it, or admit to yourself that you don’t want it
enough, and spend you passion on something that you DO want
enough.”

(Holly Lisle)

L’importance du réseau

4 février 2009

Il est indéniable qu’avoir un bon “réseau” est primordial dans ce métier. Mais ça l’est aussi dans la vie. Combien de copains vous ont dépannés pour telle ou telle tâche pour laquelle vous étiez moins compétent qu’eux?

Le séminaire vers lequel j’ai récemment fait un lien parle de ça d’une manière très pertinente, alors regardez le.
Mais je vais apporter ma propre expérience du réseau. J’entends souvent dire: “je suis pas bon pour ça”, “je sais pas utiliser les gens”, et je ne sais quelle absurdité de ce genre. Si vous savez dire bonjour à quelqu’un et vous intéresser à vos confrères humains, vous savez bâtir un réseau. Regardez autour de vous: vos amis, ceux que vous invitez à vos soirées, vos collègues de travail avec qui vous allez prendre un pot après le boulot, votre famille, ce sont déjà des réseaux.
Nous sommes des animaux sociaux, nous sommes naturellement portés vers les autres. Construire un réseau, c’est se laisser porter par ce penchant naturel.
Rencontrez les gens, entretenez les contacts en leur rappelant régulièrement que vous existez, proposez-leur vos services, gratuitement, sans contrepartie, simplement parce que vous avez du temps à tuer et que vous voulez le tuer de manière constructive pour votre carrière.

Et c’est tout. Soyez généreux avec votre temps libre: plutôt que de le passer à glander, ayez un geste pour vos contacts, un petit mail, un coup de téléphone. Mais ne leur faites pas perdre leur temps: n’appelez que si vous avez quelque chose de pertinent à dire. Ce n’est pas parce que vous avez du temps libre qu’ils en ont. Soyez respectueux des autres et n’attendez rien en retour de ce que vous donnez. Soyez généreux et sincères.

Des relations humaines vont se créer et les liens professionnels s’en ressentiront. N’essayez pas à tout prix d’être amis avec les membres de votre réseau: ce n’est pas la peine d’inviter à votre anniversaire un producteur avec qui vous avez échangé 3 emails et un coup de téléphone. Sachez garder des limites claires pour que, le jour venu, les relations professionnelles ne soient pas parasitées. L’amitié naîtra peut-être mais comme toute amitié, ce sera une longue route et le fruit d’épreuves vécues en commun qui en seront la fondation.

Créer un réseau, ce n’est pas être avide, ce n’est pas “faire la pute” pour avoir du travail, c’est simplement aller à la rencontre des gens et faire savoir qu’on existe et qu’on a des intérêts en commun avec eux. Plaire est important mais on plaît surtout par son professionnalisme, par les promesses tenues, par son efficacité et par sa pertinence.

Et ne négligez personne: le gros producteur d’aujourd’hui sera le producteur retraité de demain, remplacé par le jeune stagiaire ou la secrétaire à qui vous avez à peine adressé un regard. Allez à la rencontre de l’humain, pas de la fonction. C’est ce qui fera toute la différence.

L’importance du pitch

3 février 2009

Encore chez Epstein, il y avait hier un post sur le pitch et l’importance de bien le cerner. Je le paraphrase, mais décrire des personnages, leurs relations, la backstory, tout ça, c’est facile, c’est amusant, on sait tous le faire et c’est ce qui nous a amenés à ce métier en premier lieu.

Mais savoir cerner un concept, savoir transmettre en une phrase de quoi ça parle et comment ça fonctionne, cela relève de la prise de tête impossible à éviter. Vous n’avez pas de projet tant que vous ne savez pas résumer ce qu’il raconte et deux mots. Vous n’avez pas de projet de série tant que vous ne savez pas sur quoi va reposer la mécanique des épisodes: qui est le protagoniste, que veut-il et comment ça se résout, dans chaque épisode, déclinable à l’infini par une infinité d’auteurs. Parce que je vous souhaite de faire des séries qui dureront plus longtemps que 6 misérables épisodes mais pour y parvenir, il faut apprendre à déléguer et laisser d’autres scénaristes s’approprier votre bébé et jouer avec lui.

Mais pour ça, il faut une bible plus claire encore que l’eau de roche, et surtout une bible qui donne une structure d’épisode évidente et reproductible. C’est ce qu’écriront vos confrères mais c’est aussi ce que viendra chercher le public quand il allumera sa télé tous les soirs pour regarder vivre ses personnages préférés. Que ça feuilletonne ou pas.

Et pour les plus pressés, voilà le post original :

“Lisa and I are working on a written pitch. The two things we’re working hardest on are:

  • Making sure the first page grabs the reader; and
  • Making sure it’s clear what the show is.
  • It’s easy enough describing the characters, the world, the backstory. What’s tougher is crystallizing what the show is going to be. What’s the template? What’s the franchise? What happens every week? “

    Et pour ceux qui aiment la technique:
    Commencez par définir qui est votre protagoniste,
    Définissez son objectif, qu’il n’atteindra jamais,
    Définissez pourquoi il ne l’atteindra jamais,
    Définissez le type d’objectifs locaux qu’il peut poursuivre (i.e. les moyens qu’il utilise pour atteindre son objectif global).

    Normalement, vous avez déjà quelques pistes pour définir le contenu des épisodes de votre série.