Prochainement sur vos écrans, le blog nouveau. Encore plus de dramaturgie, d’apprentissage et de théorie, des débats animés en commentaire, de la BD, de l’animation et l’écriture d’un long métrage.
Si ça c’est pas du teaser !
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Si ça c’est pas du teaser !
En ce moment à Genève, le groupe en charge des lois sur les lois du copyright tente de mettre en place un texte qui protègerait non seulement les détenteurs de copyright mais également leurs utilisateurs. Le texte favoriserait notamment l’accès à la lecture de toutes les personnes dont le handicap pourrait constituer un obstacle à cette activité. MAIS les États-Unis, le Canada et l’Europe (la France étant apparemment la plus fervente opposante au texte)
Je vous laisse lire l’article de Boing Boing et relayer l’info.
ABC announces fall schedule – Entertainment News, TV News, Media – Variety.
Je me contente de transmettre le lien pour l’instant. Notez le paquet de nouvelles comédies.
Faut que je retrouve le lien, mais il y a quelque part des extraits de la nouvelle version de V et ça donne bien envie.
Et si l’audiovisuel français (et sans doute mondial) était mû par des intérêts qui ne sont pas ceux du spectateur?
Et si les acteurs du milieu n’avaient pas à coeur de créer toujours plus de qualité, toujours plus de sens, mais simplement de remplir des cases horaires par habitude?
Et si l’argent n’était pas le problème mais simplement la paresse et l’incompétence des uns et des autres?
Et si les auteurs n’avaient pas envie de prendre le pouvoir, par peur des responsabilités que cela implique?
Et si le scénariste nouveau né n’en pouvait plus de l’inertie, des coups bas, de la malhonnêteté d’un milieu qui a bien souvent plus de déceptions à offrir que de satisfactions ?
Et si l’écriture dramaturgique, qu’il adore par-dessus tout, ne pouvait pas s’accomplir dans la réalité du milieu qui la monopolise et la maltraite?
Et s’il fallait trouver d’autres manières de faire, d’autres médias, d’autres lieux pour exercer? Prendre ses responsabilités, devenir son propre producteur, peut-être même son propre diffuseur, avec l’impossibilité que cela revêt? Et si l’impossible des uns était le quotidien des autres?
Et si ce métier, dans ces conditions, était une menace à la santé physique et mentale?
Et si tout ça n’était qu’un simple passage à vide comme il y en a tant?
A suivre…
J’ai eu l’occasion récemment de replancher sur l’ironie dramatique.
Pour ceux qui ignorent de quoi il s’agit: l’ironie dramatique est un procédé narratif qui est, notamment, à la base du quiproquo, du suspense, du tragique, de certains double-sens dans les dialogues, et de plein d’autres choses encore.
Sa définition: le spectateur sait quelque chose que l’un des personnages de la scène ignore. Cette avance d’information du spectateur est source d’émotion.
Oui, parce qu’un bon scénario est avant tout un jeu avec le spectateur, pas juste une histoire qu’on lui impose en le laissant à l’écart, on joue avec lui et c’est ce qui lui fait prendre son pied.
Pour revenir à l’ironie dramatique, elle repose sur une habile gestion de la préparation et de l’exploitation. La difficulté pour le scénariste est d’arriver à mettre en place une scène où l’information déficitaire du personnage est centrale, où tout l’humour, l’appréhension, la tristesse, … naît de cette information que le spectateur possède et le personnage ne possède pas.
Exemple. Dans Roméo et Juliette, à la fin. Juliette feint la mort. Nous le savons, pas Roméo. L’exploitation: Roméo prépare son propre suicide, Roméo mésinterprète les signes du réveil de Juliette, Roméo se donne la mort sur la tombe de Juliette, Juliette se tue. Tout cela naît d’une information manquante: Roméo ignore le stratagème de Juliette. Il y a ironie dramatique.
Technique
L’ironie dramatique se construit en trois temps: préparation, exploitation, résolution.
La préparation, c’est la scène où l’auteur transmet au spectateur une information. Dans notre exemple, c’est la scène où le prêtre explique à Juliette le fonctionnement du poison qu’il lui donne.
Option: une scène peut expliciter le manque d’information de la victime de l’ironie dramatique: ici, la scène où Roméo ne reçoit pas la missive du prêtre.
L’exploitation c’est la ou les scènes qui se construisent autour du déficit d’information de la victime et créent quiproquo (exple: dans Le Placard, nous savons que Pignon n’est pas gai, pourtant son patron l’envoie à la gaypride prendre place sur le char de la boîte => comédie), tragique, etc.
La résolution c’est la scène où la (ou les) victime(s) de l’ironie dramatique découvre ce qu’elle ignorait et réagit en conséquence. Il en découle d’autres réactions car, dans tout bon scénario chaque action est la conséquence directe de celles qui précèdent.
Distinction
Il existe néanmoins deux types d’ironies dramatiques: celle que j’appellerais l’ironie dramatique logique, qui est dictée par la cohérence du récit mais ne donne pas lieu à une réelle exploitation. Le simple fait que deux personnages n’aient pas le même niveau d’information ne suffit pas à ce qu’il y ait ironie dramatique au sens narratologique du terme. Si le manque d’information n’est pas au coeur d’un malentendu entre les personnages, alors on a affaire à une ironie dramatique logique.
L’Ironie Dramatique dramaturgique, au contraire, est un véritable outil narratif et doit servir de pivot au récit. Il faut traiter l’information manquante comme un objet de conflit et/ou un obstacle, en tous cas la mettre au coeur d’une ou plusieurs scènes dont elle sera l’objet.
Il ne suffit donc pas de décaler la transmission d’une information à un personnage pour pouvoir parler d’Ironie Dramatique et pour justifier de mettre en branle toute la machine à construire derrière l’outil.
Salut à tous,
non, ce n’est pas un post de résolutions, même si je vous présente mes meilleurs voeux pour la nouvelle année.
Je voulais juste vous dire que je vais revenir sur le blog après avoir songé arrêter. Prendre de la distance m’a fait du bien et m’a permis de réaliser pourquoi je l’alimentais et comment je voulais qu’il vive.
Rien ne changera, je reviendrai à la forme des débuts: plus de réflexion technique, moins de blabla. Je veux offrir aux apprentis scénaristes francophones du web une source de théorie dramaturgique qui fait trop défaut.
Et non, je ne vais toujours pas raconter ma vie.
Bonne année à vous tous!
L’Apprenti