Ca va commencer!!!
15 juillet 2008La saison 2 de Mad Men commence le 27 juillet. On est en 1962, un an et demi après la fin de la saison un et il va se placer plein de trucs géniaux, j’en suis sûr.
Haha, plus que 12 jours, Hahaha!
La saison 2 de Mad Men commence le 27 juillet. On est en 1962, un an et demi après la fin de la saison un et il va se placer plein de trucs géniaux, j’en suis sûr.
Haha, plus que 12 jours, Hahaha!
Denis McGrath relaie la fuite d’un mémo interne d’ABC qui conseille, tenez-vous, de bien réfléchir avant de faire l’acquisition de concepts étrangers, parce que bien souvent ces concepts reposent sur une fine prémisse qui est trop vague pour que quiconque puisse prétendre à sa paternité. Autrement dit, si vous lisez entre les lignes: pourquoi nous emmerder à payer des droits aux auteurs de Yo Soy Betty quand on pourrait faire une série sur le même principe mais suffisamment différente pour se récupérer toutes les thunes?
Conclusion intéressante de McGrath: l’industrie télé canadienne (mais appliquez ça à l’Europe, l’Amérique latine, tout ce qui est hors-US) a tout intérêt à développer des concepts propres à sa culture et qui ne sont pas a priori susceptibles d’intéresser les américains. Dans le pire des cas, on se fera piquer les concepts sans contrepartie et dans le meilleur, nos programmes trouveront une identité forte.
Question subsidiaire: Comment s’inspirer intelligemment des séries américaines? Plutôt que de piquer les sujets et les concepts aveuglément, se demander ce qui fait qu’on aime, qu’on accroche, que ça peut être n’importe quoi: des histoires de flics, de croque-morts, de colocataires trentenaires, de mafieux, de femmes au foyer ou de naufragés, on accroche. Pourquoi? Est-on assez aveugle pour croire que c’est son sujet, son concept, qui fait le succès d’une série? Où est la constante? Dans l’écriture en pool? Dans le traitement de l’écriture? Dans le respect des auteurs? Dans le système économique? Si on se posait 5 minutes pour faire un peu de reverse engineering, mais tous ensemble, producteurs, diffuseurs, réal, annonceurs, scénaristes, qu’on réfléchisse et qu’on dire des conclusions plutôt que de courir comme des petits chiens faméliques après le premier os venu en se disant: ça marche, copions-le!
Parce qu’aucune copie n’a jamais égalé un original. Bref, lisez et soyez mortifiés.
Après le summer of Love l’an dernier, c’est le summer of 70’s qui est programmé cette année par Arte, du 8 juillet au 28 août.
Ouvrons les paris: été 2009 -> les 80’s, été 2010 -> les 90’s et été 2011 -> les années 2000 avec l’avènement de la Tecktonik en fond musical?
LES FILMS
Love Story, le 8 juillet à 21h00
Slogan, le 8 juillet à 00h10
Pat Garrett & Billy the kid, le 15 juillet à 21h00
Shaft, le 22 juillet à 21h00
Sweet sweetback baadassss song, le 22 juillet à 00h30
L’épouvantail, le 29 juillet 21h00
Les Valseuses, le 5 août à 21h00
Emmanuelle, le 5 août à 00h25
Scopitone, le 5 août à 01h55
Le péril jeune, le 12 août à 21h00
What a Flash, le 12 août à 00h20
Emmanuelle 2, le 19 août à 00h10
L’Homme qui venait d’ailleurs, le 26 août à 21h00
LES CONCERTS
Top of the pops, du 7 juillet au 29 août à 18h30
Bob Marley - Live at the Rainbow, le 18 juillet à 23h30
James Brown – Body Heat, le 22 juillet à 23h40
Hommage à Leonard Cohen, le 29 juillet à 00h20
Pink Floyd at Pompeii, le 5 août à 22h50
Concert for Bangladesh, le 12 août à 22h40
Ziggy Stardust and the spiders from Mars, le 26 août à 00h05
LES DOCUMENTAIRES
Keppel Road - The Bee Gees, le 8 juillet à 22h40
No direction home, le 15 juillet à 23h00
Mr. Brown, le 22 juillet à 22h35
Breaking the rules - Sur la route avec Jack Kerouac, le 29 juillet à 22h45
Following Sean, le 1er août à 22h30
Sauvage Seventies, du 4 au 8 août à 20h15
ABBA – Super Troupers, le 19 août à 21h00
La révolution Disco, le 19 août 23h05
Les Seventies : le clash des styles (1&2), le 19 août à 22h10 et le 26 août à 23h15
Komische Musik ou les voyages au bout du rock, le 28 août à 22h25
Peut-on confondre fiction et personnages ?
Marc fait remarquer que ce qui compte, ce n’est pas le côté transgressif ou spectaculaire de la fiction mais le côté humain des personnages ou de ce qu’ils vivent. J’ai envie de répondre que c’est le minimum syndical, pour un auteur, que de mettre en scène des personnages “humains”, ou, comme je préfère le dire (mais j’emprunte l’expression, même si je ne sais plus à qui), vraisemblables.
Oui, mettre en scène des personnages qui ont des sentiments “humains”, des aspirations, des rêves, des sentiments, des peurs que nous pouvons comprendre est primordial pour faire une bonne fiction, mais ce n’est pas suffisant. Combien de films avec des personnages “humains” sont-ils d’indigestes bouillies (allez, je ne résiste pas: L’Enfant, par exemple) et combien de films mémorables mettent-ils en scène des personnages invraisemblables (Candy, Barbarella) ?
Mais en vérité, je ne crois pas au personnage “inhumain”, pour la simple raison que ce sont des humains qui racontent les histoires et qu’ils y transmettent leur propre expérience du monde et des relations humaines, avec plus ou moins de justesse, de finesse, d’adresse, mais on ne peut pas raconter d’autres histoires que des histoires humaines. N’importe quel film avec des animaux, des créatures imaginaires, ou même avec des jouets, raconte des histoires humaines. Et même si l’intention de l’auteur n’est pas d’anthropomorphiser le monde, la majorité des spectateur le feront à sa place. Parce que nous avons besoin de tout rapporter à notre propre expérience du monde pour comprendre ce à quoi nous assistons.
J’étais au jardin d’acclimatation la semaine dernière et je suis le premier à avoir traduit les comportements des animaux en termes humains (”ils se font des câlins”, “ils boudent”, “ils sont jaloux”) et en tendant l’oreille je me suis rendu compte que tout le monde faisait pareil. C’est normal, c’est notre seule grille de lecture de la réalité.
Même les transhumanistes admettent qu’ils sont incapables de savoir ce que sera la pensée des posthumains. Parce que nous sommes intrinsèquement limités par notre expérience du monde. J’en déduis que ce n’est pas dans “l’humanité” des situations ou des personnages qu’il faut chercher le déterminant d’une bonne fiction, c’est ailleurs. Peut-être bien, justement, dans la capacité qu’a cette fiction de remettre en question notre expérience du monde et pas en ressassant encore et encore les mêmes thèmes, les mêmes points de vue, et les mêmes idées.
Après, il y a dans la fiction une grande part de style et une grande part émotionnelle. Et peut-être que la bonne fiction est aussi celle qui arrive à manipuler le spectateur (ou le lecteur, je suis pas sectaire) de manière à lui faire vivre un chaos émotionnel pendant son déroulement. Peut-être que plus qu’humain, un bon film est émouvant, profondément touchant, encore une fois, dérangeant parce qu’il meut notre centre d’équilibre émotionnel.
Ou peut-être que c’est l’aspect artistique qu’il faut prendre en compte, la qualité de la réalisation, la bonne utilisation du média. Je suis un énorme fan de Wong Kar Wai et Mike Figgis, chez qui il ne se passe généralement pas grand chose mais qui ont, à mon sens, une aptitude géniale à utiliser l’image. On est loin des plans fixes et des travellings. Le jeu se fait sur les lumières, les couleurs, le cadrage, et tout est porteur de sens. Mais là on ne parle plus de fiction, en tous cas plus du point de vue du scénariste, on parle de réalisation et c’est autre chose (même si le film est un ensemble, je sais, pas la peine de lancer un débat là-dessus).
Ou alors c’est dans cette nécessité de ne rien laisser au hasard qu’est la qualité de la fiction. Mais non, tout auteur est censé travailler chaque détail de son texte, celui qui ne le fait pas s’expose à l’échec bien plus que celui qui travaille le détail, ou peut-être pas, je laisse la question ouverte. Le hasard est générateur de bonnes surprises que le travail peut récupérer et enrichir. Le calcul seul se prive de ces surprises. La vérité se trouve sûrement dans l’équilibre entre les deux.
Pour en revenir aux personnages, n’importe lequel d’entre nous sait qu’ils ne suffit pas d’avoir de formidables personnages pour avoir une bonne histoire. Certes les conflits naissent des personnages, les situations découlent de leurs caractérisations, mais il en découle aussi tout un tas de situations inintéressantes et c’est dans le choix de ces situations que se situe le gros du travail du scénariste. Et dans la pertinence des dialogues. Parce que les personnages parlent souvent pour ne rien dire et qu’une bonne fiction est une fiction qui sait où couper un dialogue et de quelles situations se passer.
Et je reste sur mon idée qu’une bonne fiction doit questionner le monde du spectateur. Je n’ai rien contre une bonne biographie, je suis fan du The Doors d’Oliver Stone. J’ai aimé Persépolis, au-delà du phénomène de mode. Pourquoi ? Parce que chacun à sa manière, ces films ont dérangé mon monde.
Mais, me direz-vous, certains films dérangent notre monde sans être “bons”. Pourquoi ? Parce que ça ne suffit pas, bien sûr, parce qu’il y a des phénomènes complexes à l’oeuvre dans l’appréciation d’une fiction, parce qu’il est question de nos peurs, de nos rêves, de nos limitations. Et j’ai aussi aimé des films qui n’ont rien questionné du tout (principalement des comédies). J’ai trouvé des films émotionnellement fort inintéressants, et des films qui m’ont laissé de marbre passionnants. Nous sommes des petites bêtes complexes et tout ce qu’on peut arriver à faire c’est se donner de grandes lignes de pensée. Au fond, si je pose la question: qu’est-ce que la fiction, ce n’est pas tant pour avoir une grille d’évaluation de la fiction des autres que pour diriger mon propre travail, pour me donner des objectifs. Parce qu’il est beaucoup plus simple d’arriver quelque part si l’on sait où l’on veut aller.
Et bien sûr en cours de route on s’égare, on essaye de nouvelles choses, on remet en question ce qu’on s’était donné pour acquis, et au final, qu’est-ce qu’il reste ? Une poignée de bonnes surprises et un bon paquet de mauvaises. Et toujours la même incertitude et la bonne vieille incapacité à faire que ça marche à tous les coups.
Plusieurs organismes, américains pour la plupart, proposent des cours de dramaturgie, sur différents sujets, en ligne.
Il y a bien sûr le programme de UCLA Extension (dans le menu déroulant des programmes, regarder “Writer’s Program”), mais aussi les cours de quatre semaine du Writer’s Store. J’ai hâte que l’écriture créative se développe dans les cursus français, même si j’y crois assez peu. En ce moment je suis dans une phase: les choses sont immuables. Ça me passera, c’est à cause d’un rêve où je protestais véhémentement contre les gens qui me disaient de ne pas me satisfaire de l’état des lieux de la fiction TV française. En gros: “arrêtez de me dire qu’on peut changer quoi que ce soit, parce que c’est faux. Ça marche tel quel, il n’y a pas de raison de changer sous prétexte que ça déplaît à quelques auteurs nourris d’écriture à l’américaine”.
Je sais, pour l’instant je raconte rien, mais je termine une nouvelle pour dans quelques heures, j’ai des fiches de lecture à rendre à M6 hier et un petit article mal documenté sur la Gencon du week-end dernier. Je m’arrache déjà assez les cheveux comme ça. Je reviens après avoir fini ça et dormi.
Ah, sinon, vous pouvez cliquer ici et sourire.