« It’s vital that research enhances the story, not detracts from it. » Jeffrey Deaver

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S’il est essentiel d’être bien documenté quand on veut raconter une histoire, c’est toujours le récit qui doit être priviligié.

Trop souvent, les recherches vont prendre le pas sur la dramaturgie, l’auteur va être tenté de mettre tout ce qu’il a appris ou découvert sur son sujet, sur ses personnages et leur univers. Mais dites-vous bien que le travail du scénariste, c’est comme un iceberg: la majorité est invisible.

Le scénariste travaille dans l’ombre, son travail est invisible, c’est comme un ninja. Il n’y a que le résultat qui doit être vu et ce résultat doit être aussi parfait que possible, peu importe le nombre d’heures que vous y passerez.

Ne soyez pas avares de recherches parce qu’elle enrichiront forcément votre travail.

Maintenant, qu’est-ce qu’une recherche efficace:

* C’est d’abord se questionner sur le sujet de son histoire, lister au maximum les thèmes qu’il est possible d’aborder avec ce sujet et cerner ceux qui vous intéressent.

* C’est ensuite s’interroger sur les personnages: qui sont-ils? que veulent-ils? quels sont leurs objectifs? leurs motivations? Pas la peine d’en faire des tartines, quelques lignes suffisent. Non aux backstories interminables et imbuvables sur les petits traumatismes de l’enfance de votre personnage. On s’en fout, vous aussi, vous cherchez juste à gagner du temps pour ne pas rentrer tout de suite dans votre histoire. Quelques lignes pour commencer et vous y reviendrez quand ça deviendra nécessaire parce que l’histoire vous y pousse.

* C’est en même temps vous documenter sur votre sujet, quel qu’il soit ! Même si vous parlez de la vie de votre quartier, renseignez-vous sur les gens, sur leurs habitudes. L’important ici n’est pas de collecter des informations que vous ressortirez telles quelles dans votre scénario mais bien de vous imprégner d’une atmosphère, de sentiments, de l’aspect humain de votre sujet.

* Travaillez vos décors comme des personnages, c’est un point trop souvent négligé. Demandez-vous ce qui rend vos décors uniques, quelle est leur histoire, s’ils ont des secrets, les émotions qu’ils génèrent. Vous devriez être capable de visualiser chaque ruelle de votre récit et de vous sentir comme si vous y étiez. C’est un élément crucial, jamais abordé dans les livres ou en formation, mais qui apportera un vrai plus à votre histoire. Pensez à l’importance des lieux de votre histoire personnelle et vous verrez ce que je veux dire.

* Si vous travaillez sur un univers imaginaire, c’est à vous de créer votre propre documentation et comme vous êtes le seul à connaître ce monde, vous devez fournir un travail encore plus précis.

Maintenant que vous connaissez toutes les étapes du travail de recherche, oubliez-les. N’allez pas écrire des rapports de 30 pages sur votre sujet, vos personnages, vos décors. Concentrez-vous sur l’histoire et revenez à la documentation quand vous bloquez sur un point précis. La documentation doit toujours rester secondaire. Il y a tellement de choses passionnantes dans ce monde qu’il est facile de se laisser porter par les sujets que l’on aborde, de se laisser fasciner par la doc et de vouloir tout ingurgiter avant de commencer à écrire.

C’est une grande erreur. C’est très bien pour votre enrichissement personnel mais c’est ce qu’il y a de pire pour votre histoire. Votre histoire doit se concentrer sur les personnages, les objectifs, les obstacles, le conflit. Pas sur le background.

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