Savoir utiliser le net

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En attendant l’article que je prépare sur la création de personnages de fiction, je vous laisse méditer sur ces quelques réflexions autour de comment l’Internet et la diffusion gratuite d’oeuvres peuvent servir de promotion pour les oeuvres elles-mêmes:

Le réalisateur brésilien José Padilha organise le piratage de son film Tropa de Elite et fait salle comble au cinéma,

Cory Doctorow, un jeune auteur de SF américain, diffuse ses romans sous forme électronique et analyse les retombées positives qu’a sa démarche sur ses ventes,

Pour rappel, en juillet dernier, Prince distribuait son dernier album gratuitement dans le Mail on Sunday et décidait de le distribuer gratuitement à l’entrée de ses concerts londoniens. (une source parmi d’autres)

Quant à Manu Chao, invité par Courrier International pour un dossier sur la question, il a distribué au compte-goutte les morceaux de son dernier album sur son site web.

La question de la place de l’Internet et de la gratuité dans la diffusion des oeuvres culturelles est une question qu’il faut se poser. La théorie selon laquelle l’impact de la gratutité ne peut qu’être positif se tient. Après tout, c’est le principe des échantillons utilisé dans plein d’autres domaines (cosmétiques, alimentation, livres (je trouve de plus en plus de petits fascicules en librairie avec le premier chapitre de romans), …). iTunes le fait dans une moindre mesure, avec son « single de la semaine » et c’est ce qui m’a permis de découvrir plusieurs artistes intéressants.
Et puis il y a la question du rapport à l’oeuvre. C’est toujours plus sympa de voir un film sur grand écran que sur son ipod, de lire un livre bien installé dans un fauteuil que face à son ordi. La question de la musique est différente, et on peut se demander si ce rapport à l’oeuvre n’est pas surtout une question d’éducation et d’habitude. Est-ce que les nouvelles générations, habituées à leur écran d’ordinateur garderont l’attrait pour la salle de cinéma et le livre qui sont les nôtres?
Est-ce que l’argument du respect de l’oeuvre et de l’auteur sont recevables du point de vue d’un spectateur pour qui l’oeuvre n’est finalement qu’un fichier informatique dépersonnalisé? Y avait-il une distance respectueuse induite par le fait que l’on ne pouvait voir le film qu’en faisant la démarche de se déplacer? Je n’ai pas de véritable réponse, que des espoirs.
Mais l’industrie, elle, en a peu. On cherche à repenser la spécificité de la salle de cinéma en développant en masse la vision stéréoscopique et à donner des bonus aux acheteurs de CDs via le contenu Opendisc, les chaînes de télé mettent en téléchargement leurs émissions après diffusion (avec encore le problème de la régionalisation qui empêche un internaute français, par exemple, de regarder le contenu des sites de networks américains), les DVDs jouent à fond la carte des bonus.

Les pratiques commerciales doivent s’adapter aux nouveaux codes de la consommation mais comment ? Court-circuiter le piratage en offrant soi-même du contenu gratuit est peut-être un début de réponse.

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