Et voilà, c’est la grève!

by

C’est ce qui arrive à chaque fois. J’entre en mode 150% écriture, avec le NaNo et tout, et alors que j’attendais avec impatience de voir ce qui allait se passer, voilà que les scénaristes américains entrent en grève lundi, alors que je ne lis plus les blogs/journaux et autres sources d’informations.

Pour moi qui suis tout neuf dans le milieu, la grève américaine soulève plusieurs questions:
– Est-ce que les scénaristes français ont le pouvoir de faire grève pour faire avancer leurs intérêts? Ça implique de se demander si les productions souffriraient assez d’un arrêt de travail des scénaristes.
Mais aussi de savoir si nous sommes suffisamment solidaires pour faire front.
Je sais où je me situe. Quand je suis prêt à signer un contrat et que mon co-auteur préfère le faire lire à son agent avant de prendre une décision, même si j’ai besoin de ce contrat, que j’ai envie de ce contrat, même quand ça prend un mois d’allers-retours entre la prod et l’agent en question pour qu’au final, comme c’était prévisible, rien ne change dans le contrat, même si je crève d’envie d’envoyer promener tout le monde et signer le bout de papier. Et bien j’attends. Même si j’apprécie la productrice en face et que mon co-auteur me gonfle, j’attends. Je fais front commun avec lui. Parce qu’on est dans le même camp. Et ce serait mon pire ennemi, je ferais front commun quand même. Parce que même si ce n’est pas une bataille, nos intérêts, entre producteurs et auteurs, sont divergents et que le jour où il faudra vraiment négocier des avancées sociales importantes, c’est dans l’union des camps que se trouvera la force.
Et si je trouve que mon voisin n’a pas fait sa part du travail, si je trouve qu’il a bâclé son scénar, je ne le dis pas à la prod. Je le prends, lui, entre 4 yeux et je lui dit ce que j’en pense. Mais je ne vais pas le poignarder dans le dos en plein meeting.
Ça veut aussi dire qu’être scénariste implique d’avoir un minimum de conscience sociale. C’est trop facile, dans ce métier, de se croire seul au monde, enfermé dans son appartement, face à son ordi, on ne pense pas aux autres, on n’est même pas forcément au courant qu’il y a des syndicats de scénaristes ici aussi, avec des gens qui ont fait en sorte que les scénaristes disposent d’une vraie couverture sociale, de fonds de retraites, de mutuelles.

Enfin, puisque c’est un des points nodaux des négociations de cette grève:
Sommes-nous couverts sur les droits de diffusion internet, à une époque où de plus en plus de contenu est disponible chez nous aussi? Il faudrait penser à le préciser dans les contrats, ce qui implique de regarder ce qui va se passer outre-Atlantique. C’est toujours difficile de comparer la situation ici et là-bas, mais nous pouvons sans peine tirer profit de l’expérience de nos pairs. Et se dire que si les choses démarrent plus lentement chez nous, c’est tant mieux puisque nous aurons un modèle sur lequel baser nos propres revendications le moment venu.

Vous trouverez sans peine des infos sur la grève. Pour des détails pratiques, en français, nidinfo est un bon point de départ.

Étiquettes :

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :