Une histoire c’est comme une rencontre

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D’abord on tâtonne, on s’effleure, on ne sait pas ce que l’autre a en réserve alors on reste sur ses gardes. On ne sait pas trop par quel angle aborder l’autre, tout est encore possible, on ne sait pas si l’on s’entendra, si l’histoire qu’on va vivre ensemble sera joyeuse et légère ou douloureuse, s’il faudra se battre en permanence pour que les choses aillent jusqu’à leur terme ou si tout glissera.
Et puis on se jette à l’eau, une première approche, qui révèle les grandes lignes de l’histoire et la relation à venir. Il arrive que l’on soit déçu: les choses ne se passent pas comme on les imaginait, ça ne part pas dans les bonnes directions, on sent que ça ne donnera rien de bon et on fait marche arrière. Mais la plupart du temps, on continue d’avancer.

Après les choses s’accélèrent, on a un départ enthousiasmant, le premier acte se déroule comme sur un petit nuage, les choses se mettent en place, c’est magique et ça fait du bien. On entre dans le 2e acte sur cette lancée et rapidement il faut se poser la question de l’engagement. Les premiers pas étaient amusants mais maintenant il faut rentrer dans le coeur du problème, une certaine routine commence déjà à s’installer, le quotidien s’invite dans l’hisotire avec les problèmes que cela pose. Le petit nuage du début se heurte à la réalité, on découvre des failles dans l’histoire, des personnages secondaires s’invitent dans le couple et commencent à s’installer de manière impertinente. C’est tout le bagage de l’autre, ses histoires passées qui s’invitent dans l’histoire présente. C’est toute la backstory qui s’étale.
Il y a pas mal de questionnements, doit-on continuer? Doit-on reprendre ses billes et aller jouer dans d’autres cours? On commence à souffrir et personne n’aime souffrir. Mais on sait, parce que ce n’est pas la première fois, qu’en dépassant cette souffrance, de belles choses vont arriver, on va devenir une meilleure personne, en tous cas l’histoire va devenir une meilleure histoire. Alors on continue. On travaille la matière, on fait des projets, on fait de petits gestes.
Et petit à petit on arrive à un point où il y a un geste à faire, qui va nous engager vraiment dans cette aventure. Passé ce point, on ne pourra plus faire marche arrière, on ne pourra plus abandonner l’histoire, il faudra aller jusqu’au bout parce qu’on aura trop mis de soi et qu’on voudra voir où cela va nous mener. Mais on n’est pas au bout de ses peines.

Il reste toute une moitié d’histoire à vivre.

Quand on a posé ce geste, qui peut être tout petit mais qu’on sait chargé de sens, parce qu’il fait suite à tout un passé commun, on est plein d’une énergie toute neuve, l’histoire repart sur un nouveau souffle, c’est une nouvelle pente douce sur laquelle on glisse sans difficulté.
Mais toutes les histoires sont vouées à se terminer. Une histoire sans fin, c’est là le véritable échec, n’importe quel auteur vous le dira. Reste à finir en beauté.
Personne ne veut d’une histoire qui se finit en queue de poisson, en brouillon, personne ne veut d’une fin retardée ou d’une fin précipitée. Il faut aller au bout de l’histoire et c’est dans ce dernier tiers qu’on apprend peut-être les plus belles choses, c’est là que l’on prend le temps d’un peu de recul pour digérer les enseignements, pour conscientiser le changement qui s’est fait en nous. Parce qu’une rencontre, comme une histoire, nous change, et ce qui précipite la fin c’est la prise de conscience de ce changement.
L’autre est parti dans une autre direction, elle/il a changé aussi et vos aspirations ne sont plus parallèles, elles ne sont même plus liées. Les mains se détachent, les doigts, lentement, se dénouent et s’éloignent. On profite des dernières sensations de bien-être, de cette dernière caresse, qui a le potentiel d’être la plus douce de toutes. On ne se raconte des histoires que pour en connaître l’aboutissement. Le regard du spectateur c’est celui qui demande: « et alors? ». On ne demande pas « et alors » pour quelque chose que l’on ne connaît pas. On veut savoir « Comment ça se finit? ». Tout le plaisir de l’histoire est contenu dans ses derniers instants.

C’est sa fin qui fait la qualité d’une histoire.

Il y a toujours cette hésitation avant de se séparer, une hésitation qui permet de faire un dernier point et de mieux repartir vers l’avenir, vers d’autres histoires, une fausse fin qui donne le temps d’une dernière inspiration, d’un dernier regard porté sur le passé, pour engranger le plus de souvenirs possibles, les bons de préférence. Les mauvais cinéastes font un montage, les bons laissent l’occasion au spectateur de revenir de lui-même sur le film.
Puis on ouvre, on termine en beauté, avec plein d’effets spectaculaires, des feux d’artifice, des explosions, des choses qui marquent le coup, qui bloquent toute possibilité de retour.

C’est Roméo qui boit la fiole de poison.

La résolution c’est le moment de récupérer les dernières affaires qui traînent, pour effacer toute trace de l’histoire commune. Libre à chacun de voler un objet-totem que l’autre ne reprendra pas, que l’on gardera comme un souvenir tangible dans lequel sera contenue toute l’histoire, des premiers pas à l’aboutissement.
On écrit trop peu de film sur l’aboutissement, sur les histoires qui se terminent. Des comédies-romantiques sur des fins de couples, voilà qui éviterait aux jeunes filles de rêver au Prince Charmant et de se laisser mourir par amour. C’est tellement dépassé.

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15 Réponses to “Une histoire c’est comme une rencontre”

  1. Val Says:

    Merci pour cette exposition, malheureusement naïve…
    Ton regard aborde le côté plastique de la relation (la matière) comme quelque chose qui t’apaprtient à toi seul et c’est là que les désillusions arrivent : à force de contrôler ce qui s’offre comme une pile de docs, on fait un dossier mais on n’est plus dans l’émotionnel de la relation… on est devenu spectateur. On ne peut pas ne faire que nourrir un nourrisson ou un petit enfant sans prendre le risque de le gaver, juste sous prétexte d’être rempli de bonnes intentions : qui dans ce cas va l’emmener au jardin d’enfants, à la piscine, à la bibliothèque,… aux toilettes;
    L’hygiène d’une relation s’acceuille car il y a : elle, lui et la relation sinon il y a forcément un perdant, un perdu dans la relation fantasmé, un éperdu d’une relation perdue : et c’est dangereux car ça ramène au fusionnel de sa propre enfance avec la … mère.
    Dans l’histoire de la mère et de son enfant, le père est le tiers dit séparateur et dans ce que tu dis, tu t’attribue le rôle du père sauf que tu ne sépare pas ce qu’il faut c’est-à-dire « le magique », ce reliquat de nous qui veut rester avec maman, comme avant… en fait tu t’es trompé, tu étais avec une femme mais quelque part, le père (trop complaisant,) en toi te dis que c’est mieux avec « maman ». Il est temps de dtacher cet opercule de naïveté qui voile ton regard : une vraie histoire d’amour ce n’est pas du clé en mains…
    Tu le dis toi-même qu’elle est vraie (« Puis on ouvre, on termine en beauté, avec plein d’effets spectaculaires, des feux d’artifice, des explosions, des choses qui marquent le coup ») mais ce n’est que le début, c’est ça la vraie histoire! Les prémisses d’avant c’étaient les désillusions qu’il fallait nécessairement cesser de contrôler pour être ENFIN dans le vif, le dépuoillé, le vrai, le sensible.
    Ton histoire commence.. de grâce,… rattrape-la! 😉

  2. Val Says:

    Etre responsable « de », c’est être acteur « de ». Regarde l’éthymologie de responsable, tu verras!

  3. J_christ Says:

    Pour suivre Val, je dirais qu’une histoire n’est jamais que le postulat incarné dune éphémère prise de conscience, mise en abime par toutes les incertitudes qu’elles engendre à travers la vérité toujours relative d’un écho encore lointain.

    Mais ça n’engage que moi.

  4. Cedric Says:

    Je ne déteste pas le côté SM qui commence à s’installer ici petit à petit…

  5. Val Says:

    Parfois les histoires ont un cerveau homo mais leur coeur s’abîme quand ce cerveau découvre et vit, une libido hétéro… d’où les décalages, les fausses fuites en avant pseudo-révolutionnaires.
    Si l’histoire se nourrit sur du morbide, les protagonistes ont un costume trop grand et ne sont pas à l’aise. Si l’on retire l’étiquette du costard(comportements acquis par liens filiaux et adapations au milieu), on s’autorise à retailler le costume et justement à le customiser vraiment. La reprogrammation du cerveau de l’histoire est plus légère dès qu’on libère son coeur des richesses obsolètes qui la dévitalisent. On agit sur son passé, on libère son présent et on maîtrise son futur. Le temps qu’on donne à une histoire est la participation implicite d’un auteur qui a muri, il donne sa vraie valeur à la sagesse de l’effort. Ainsi l’auteur donne ses couleurs uniques à son écriture, sans souffle l’histoire n’est rien qu’un fantasme tout-puissant infantile. « Le corps de l’histoire » n’est pas une formule c’est le reflet d’une écriture adulte,… bien que l’adulescente soit surexposée (médiatiquement parlant)… très piègeux tout ça dès qu’on veut réellement écrire! Raconter des mots… c’est peut-être utre chose, c’est montrer qu’on est là, que l’histoire est capable de souffrir, qu’on se rassure avec une humanité embarassante… Quand notre humanité ne nous embarasse plus en termes de mots, alors on est capable de mourir à l’histoire, parce qu’on sait que sait que c’est adulte d’être silencieux aussi. Accepter de mûrir en écriture c’est savoir donner faim à l’autre de son histoire, ainsi le dernier qu’on s’attache à modeler est bien celui de la fin 😉

  6. Cedric Says:

    Ca y est, je bande.
    C’est malin ! 😉

  7. Val Says:

    Cédric :
    Nimoc??? Elle a l’adresse de ce blog??? 😉
    Je voudrais savoir si de te voir aussi oiseux dans tes réparties, ça lui fout pas un peu les boules, à elle… : toute une éducation partie en petits bois de chauffage. L’hiver sera rude… ma grotte m’attend déjà,…c’est quand la sortie d’hibernation?
    Au fait… : vive « l’écriture globale » !

  8. L'Apprenti Says:

    8-o

    Vous m’avez complètement largué. Je sais pas si c’est l’effet journée passée dans des transports pourris ou juste que vous avez trop fumé mais je n’arrive plus à suivre! Un comble sur mon propre blog!

    Et dire que j’ai écrit ce post à moitié dans les vapes juste avant de dormir, histoire de reprendre les bonnes habitudes d’un update quotidien… je pensais pas que ça prendrait de telles proportions!

    Note: les 3/4 des histoires auxquelles j’ai pu penser en écrivant cette note racontent des ouvertures sur… alors que la vie est aussi faite de fermetures. On raconte des débuts, que ce soient les comédies romantiques, les films initiatiques, ou autres. C’est systématiquement une découverte, l’acquisition d’un nouveau pouvoir, un changement. J’avais envie de questionner ça.
    Maintenant, sûrement qu’en réfléchissant vraiment, je trouverais des contre-exemples.

    Note 2: j’ai souvent le sentiment de ne pas aller au fond des choses dans les billets que je mets sur le blog, de juste effleurer la surface. Ça vient aussi du (peu de) temps que j’y consacre. Je précise donc que je ne prétends pas à l’exhaustivité, en particulier pas en ce qui concerne les relations.

    Note 3: c’était un petit jeu rhétorique pour voir si je pouvais raconter la structure d’une histoire – sa structure pure et dure, pas son contenu émotionnel – à travers cette métaphore de la rencontre. Apparemment pas, il y a, socialement, une trop grosse charge émotionnelle liée au concept de « relation ».

    Note 4: Faire le haut des Champs-le XIXe à pied, aller-retour, ça tue. Une petite sieste me fera le plus grand bien!

  9. L'Apprenti Says:

    Maintenant que je suis reposé, je peux répondre plus sérieusement à vos commentaires, en particulier à ceux de Val. En fait, c’est ce que j’avais l’intention de faire, mais même reposé, je me perds dans ton écriture cryptique, Val, et je ne sais pas par quel bout commencer.

    Faut-il que je développe sur la question du couple? Sur la question de l’adulte?

    J’ai envie de revenir sur la question de l’ouverture en écriture: peut-on raconter des histoires qui closent, des histoires de fin ou y a-t-il quelque chose comme un ADN de l’histoire qui contraint les récit à être tendus vers l’avant?
    Que la vie soit en permanence lancée vers…, que le mouvement de la vie soit l’évolution, c’est une chose. Mais en fiction, là où l’on peut contrôler ce qui arrive, est-il possible de stopper le mouvement? Quel type d’objet cela peut-il donner? Peut-on raconter de manière dramatiquement intéressante l’histoire d’un arrêt ou sommes-nous prisonniers de l’incident déclencheur, de la « self revelation », et de la transformation du héros?

    ***

    Je ne comprends pas ce que tu me dis sur le nourrisson, sur l’idéal, je n’ai jamais dit autre chose. Bien sûr qu’il faut sortir de l’idéalisation de l’autre, qu’il faut se frotter à sa réalité et ne pas se contenter de l’image de lui que l’on a.
    Amusant: Being at home with Claude, dont je parlais hier, raconte justement ça, l’histoire d’un mec qui n’accepte pas que son amant doive supporter à la fois « la Beauté et la marde », ce qu’il reconnaît comme étant la vie, bien sûr, alors il le tue. C’est très beau en même temps que tragique. J’ai la pièce si vous voulez, c’est en québécois parlé alors ça peut être dur à suivre si vous ne connaissez pas la langue mais…

    ***

    Toujours est-il que je n’ai rien dit sur l’idéalisation, je n’ai même pas prétendu parler de relations, juste de rencontre, et juste pour un parallèle avec la structure narrative. Structure dans laquelle il faut insuffler de la vie, c’est entendu.

    ***

    J’espère mal comprendre ta réflexion sur « si l’histoire se nourrit de morbide », parce que justement, je cherche à redonner de la vie à l’achèvement. Ça peut être très positif de mettre fin à une histoire/une rencontre/une relation mais il y a cette image sociale absolument infondée (mais qui, du point de vue de la société, qui est hostile dans sa nature à la transformation/au changement/à la liberté des individus, se comprend), que fin = échec.
    On quitte un travail, c’est un échec. On met fin à un couple, c’est un échec. On arrête des études, c’est un échec. Au contraire, savoir reconnaître que l’on s’est trompé, savoir faire marche arrière, c’est peut-être là qu’est la véritable responsabilité, le véritable « être acteur de » sa vie. Notre société survalorise la persévérance au point que l’on en arrive à confondre abnégation et acharnement. C’est comme d’essayer de sauver absolument une personne en train de mourir, c’est de l’acharnement. Il faut aussi accepter de laisser aller, de lâcher-prise. Parce que justement, on ne contrôle pas tout, on n’est pas dans un monde idéal où le prince charmant a son château et la princesse s’occupe des enfants en déléguant à la nourrice les tâches ingrates.

    Parce qu’on est imparfaits on a le droit à l’erreur mais l’erreur n’est pas l’échec, l’erreur n’est pas morbide. Elle est un tremplin vers un apprentissage plus profond de la vie (et je ne défends pas l’idée qu’on n’apprend que par l’erreur, seulement celle que l’on apprend aussi par l’erreur). La prochaine fois, fort de cet enseignement, on ne se trompera pas. Accepter de finir avant que les choses ne deviennent morbides, justement, là est la sagesse. Terminer l’histoire avant de la diluer dans une trop longue résolution, c’est ça être un conteur adulte. Ça et accepter de « tuer ses chéries » pour reprendre King, couper les digressions, reconnaître le coeur de l’histoire et le mettre sur un plateau d’argent avec le velours et les trompettes, les projecteurs, l’attention toute entière concentrée dessus.

    Ne pas se disperser. Ne pas mélanger les histoires, ne pas confondre fiction et réalité. 🙂

  10. Val Says:

    Je te dépose le colis en vrac (pas de nounou pour le repassage, ni pour sortir le « ouaf », donc …):
    « Faut-il que je développe sur la question du couple? »
    Psychiquement, l’écriture est gestée par notre part féminine. Elle et dans le ventre de notre mer intérieure (cripto : mère, ce que je nomme le « plastique » de l’histoire, car modelable à l’infini). La plume qui part à la conquête du papier c’est le « père » de l’histoire, il veut le papier pour lui, il est prêt à répéter les assauts pour ça.
    L’enfant est la forme globale (d’où mon : vive « l’écriture globale ») que prendra le tout…, l’enfant tient toujours debout, puisqu’il a père et mère (soit repères et nourriture).
    Ce dialogue là est très conscient (« passionant ») chez moi… moins déjà, …d’ailleurs… (peut-être signe de maturation). Ce que je comprends juste, c’est que tout ça m’est très personnel tout en étant universel.
    « L’enfant » (histoire issue de la belle rencontre) s’amuse de ce plaisir induit par le jeu, les enjeux et les multiples niveaux d’interaction du pôle père-mère. Ce qui est important pour moi (au moment où je lâche mon écriture) c’est que cet enfant (l’histoire, donc) aime son père et sa mère comme un tout auquel il accorde toute-PUISSANCE. Concrètement c’est important que je sois consciente d’autoriser mes deux hémisphères cérébraux à donner son avis pour la suite (de cette histoire-là, même si certains « motifs » reviennent)… et ça… c’est un grand avantage (même plusieurs)
    – je peux me lâcher
    – je peux contourner le piège de la dualité où mes habituels détracteurs « s’émerveillent » (pas autant que moi, je te rassure ^^) de s’étendre et tentent de m’humilier (en tant qu’auteur, je suis forcément jugée et c’est évident que ce n’est pas ce que j’attend… mais bien sûr, ils n’envisagent même pas de s’en douter… le chemin est long pour tous, ça me rassure !!! 😉 )
    – en vérifiant qu’après mon travail (j’ai donc accouché de certains mots par ces étapes), une embellie se crée dans mon humeur, je sens que j’ai réussi à exprimer ce j’étais quelque part (avant que je me jette à l’eau) et rien que le fait que ce soit, fait que ce soit dit, écrit, sorti, …je suis dans le détachement et je respire… sans « plus » rien autour (émotionnellement parlant, en exorcisant mes ressentis)
    – ainsi, je sens qu’écrire me grandit. Un sacerdoce ? Plus un moyen pratique d’être moi-même !
    – J’applique ça à toutes mes activités et donc cela m’évite largement de croupir en écriture : donc entend par là, je me révèle autrement, je joue le jeu de la vie (tout en sachant que quelque part l’histoire commencée accumule des idées, des sonorités…)
    – Puis de nouveau , je relâche et le cycle redémarre… (bla-bla… pas crypto 😉 )
    « J’ai envie de revenir sur la question de l’ouverture en écriture: peut-on raconter des histoires qui closent, des histoires de fin ou y a-t-il quelque chose comme un ADN de l’histoire qui contraint les récit à être tendus vers l’avant?
    Que la vie soit en permanence lancée vers…, que le mouvement de la vie soit l’évolution, c’est une chose. Mais en fiction, là où l’on peut contrôler ce qui arrive, est-il possible de stopper le mouvement? Quel type d’objet cela peut-il donner? Peut-on raconter de manière dramatiquement intéressante l’histoire d’un arrêt ou sommes-nous prisonniers de l’incident déclencheur, de la “self-revelation”, et de la transformation du héros? »

    http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=52688.html par exemple ?
    Je sais que tu n’as rien dit sur l’idéalisation mais (voir plus haut), je souligne pour moi qu’elle soit nécessaire pour le couple matière-extracteur. Sinon le travail d’idéation est là (outils froids –heuristique). Idéation et idéalisation sont complémentaires et source d’oxygène pour moi. Moi, je parle relations, pour mes histoires d’écriture… derrière, je sens bien que c’est moi que je redécouvre à chaque fois, différente et « même »… ; mais toujours confiante dans ma vérité d’expression… quand , j’aurais le temps je peindrais aussi… moins bien…, certes… de la même manière que je coud ou tricote (sans doute 🙂 ).
    Je sais au fond de moi que toutes ces activités ne sont là que pour m’équilibrer. Ma conscience sait qu’un déséquilibre permanent opère silencieusement et face à ça, créer (tous genres confondus) c’est donner du sens à sa souffrance d’humain. Ce qu’il y a de merveilleux là dedans n’est évidemment pas la souffrance, mais bien le fait de nommer (par le biais de l’écriture) de la matière « sensible » donc de toucher à plusieurs sens… dont le coeur…, qui symbolise l’âme et ses circonvolutions.
    Ok !!!
    « On ne tue pas ses chéries « (Stephen King), on change juste la matrice de l’histoire…, j’ai travaillé quelque temps dans un atelier d’injection plastique (pour illustrer ma vision des choses…)

  11. Val Says:

    Grosso-modo, c’est ma réalite/fiction.

  12. L'Apprenti Says:

    Je trouve tout ça super passionant!

    Précision, juste parce que je l’ai sous les yeux, quand il parle de « tuer ses chéries », King parle surtout de couper dans le premier jet ce qui n’appartient pas à l’histoire en cours, même si ce sont des scènes, des passages très satisfaisants pour l’auteur. Ça c’est quand on passe justement du niveau « extracteur » de l’écriture (« j’écris pour sortir ce qui en moi pousse et exige de voir le jour ») au niveau professionnel, où le côté presque mathématique, pragmatique de l’écriture est obligé de prendre des proportions considérables.
    Je trouve ça passionant, ce rapport entre le surgissement de l’écriture, ces moments de vie et d’émotion pure qui révèlent tant de chose et le côté constructeur, très conscient, très calculateur de la structuration du récit.

    De plus en plus, la structure de base est instinctive chez moi et je peux réellement m’amuser avec, jouer à me poser des questions qui vont au-delà de « où est-ce que je mets mon incident déclencheur? Est-ce que j’ai bien résolu toutes les questions posées? ». Il me semble essentiel, quand on veut raconter des histoires, de maîtriser ces bases formelles, de les conscientiser pour pouvoir les réintégrer à une pratique inconsciente mais maîtrisée.

    C’est agréable de pouvoir jouer avec les deux niveaux de lecture/écriture, le féminin et le masculin, l’émotionnel et le structurel, l’idéal et l’idéel.

    Pour moi c’est un moyen de concilier deux mouvements parallèles, la quête de rêve et la quête de sens. Le littéraire et le philosophique. Je crois que c’est un peu le cas pour la plupart des visiteurs de ce blog et ça me fait plaisir.

    Je te rejoins entièrement sur le rapport à la souffrance et au fait de nommer le sensible. Trouver les mots les plus approchants, à défaut de trouver la justesse, pour nommer l’angoisse existentielle (heiddeggerienne) c’est, je crois, le but de tout acte conscient de langage.

    A fortiori de l’écriture.

    Et là je ne peux m’empêcher de poser la question de l’écriture de divertissement. L’écriture « Bruce Willis » questionne-t-elle le vivant ou cherche-t-elle à fuir le questionnement? L’une vaut-elle l’autre? Pourquoi le spectacle, à quoi bon?

    Des images surgissent, celles de la scène du théâtre dans Mulholland Drive.

  13. L'Apprenti Says:

    Je suis heureux de vous avoir rencontrés, tous. Par qui vous êtes, vous donnez sens à ce blog.
    Merci.

  14. Val Says:

    Un petit test qui n’engage à rien : http://www.vakpnl.com/
    Le dvd de « Mulholland drive »,… « Père noël », « Père Noël » … « revient! », « j’ai pas fini ma liste!!!! »
    Bientôt mp sur le sujet du billet. Bon week-end : « nano writer »…, moi je n’ai pas eu de réponse pour le concours « moi je » de canal+…, je reste la seule à apprécier mon texte,… heureusement d’autres choses sont dans la pépinière^^

  15. South by southwest Says:

    bonjour à tous et longue vie à ce blog. voilà bien un débat qui touche à l’essentiel de l’acte d’écrire il me semble. Pour moi la quête de rêve est un besoin qui s’exprime dans un cadre universel, quasi éternel (mythes, inconscient collectif). La quête de sens elle se vit à un niveau individuel avec les outils de la consience. Elle est la souffrance existentielle du petit homme face à la vie, qui veut calmer ses émotions par une mise en sens cohérente dans laquelle se projeter. Mais au fond, c’est dans la sphére globale du rêve que la quête de sens peut vraiment se satisfaire, car elle fait vibrer chez l’individu unique des cordes universelles. De ce point de vue, il n’y a que des histoires qui font s’immerger chacun dans une universalité (des histoires – réponses ) et des histoires qui ne posent pas cet ambition (des histoires – vous avez raison de vous poser ces questions) – Personnellement, je range Bruce Willis (en tout cas Piége de Cristal) avec Shakespeare dans la 1ére. Vaste sujet…

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