40 year-old virgin

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Je l’avais raté à sa sortie, puis oublié, puis on m’en a dit du bien, beaucoup, et puis je suis client des comédies débiles à l’américaine, de préférence quand ça parle de cul parce que c’est toujours tellement poussé à l’extrême et tellement irréel que c’en devient consternant mais en général il y a de bons moments de franche poilade. Et la semaine dernière Steve Carell était sur le Daily show pour Get Smart, et ça commençait à me titiller alors hier je me suis décidé à le regarder, ce fameux 40 year-old virgin (scénario: Steve Carell & Judd Apatow).

Et c’était bon!!!

Et surtout, le film est superbement écrit.

La gestion des personnages est excellente et devrait être donnée en exemple à tout apprenti scénariste. L’ouverture se fait sur un archétype archi-lisible, ou plutôt une série d’archétypes puisque les personnages secondaires bénéficient du même excellent traitement. Puis petit à petit, en douceur, il gagne en subtilité, en humanité, en profondeur. C’est exactement comme dans la vie: vous rencontrez quelqu’un BAM! vous en avez une idée. Et puis vous côtoyez la personne, vous la confrontez à d’autres situations, et vous découvrez ses nuances. Pourquoi ferait-on les choses autrement? C’est tellement plus lisible, tellement plus clair, tellement plus doux pour le spectateur.

Le traitement de la crise centrale est une merveille de métaphore. Pas trop évident, pas trop subtil, mais surtout, absolument vrai du point de vue des personnages. Le spectateur peut s’extraire du film et analyser la métaphore mais les personnages sont chacun dans leur univers, dans leur vérité, chacun avec leur interprétation de la situation et il n’y a que nous qui puissions comprendre de quoi il s’agit vraiment dans cette discussion. Pour ceux qui ne l’ont pas vu: Andy (Steve Carell), le puceau de 40 ans du titre, a peur de coucher pour la première fois avec Trish (Catherine Keener), dont il est amoureux. Il craint que toute leur histoire ne tombe en miettes avec cette pitoyable première expérience. Du coup, quand elle se jette sur lui (je vais pas vous faire tout le film, sachez juste que c’est amplement justifié), il saisit le premier prétexte possible pour s’échapper: ses action figures empilées sur le lit (Trish est en train de les vendre pour lui sur eBay) tombent et il les ramasse avec un grand discours sur l’importance du fait que leur emballage reste intact. A partir de là, nous savons qu’il ne parle plus du tôt de ses figurines, mais Trish n’en sait rien, elle se pose des millions de questions, elle est dépassée par une situation sur laquelle elle n’a plus aucune emprise ni compréhension et c’est juste bien fait. Alors non, ce n’est pas subtil, ce n’est pas du super intellectualisme, mais c’est lisible et surtout, je sais que je me répète mais c’est le plus important, c’est vrai pour les personnages!

Et puis le final est juste excellent. Les personnage secondaires sont géniaux, tous avec leur humanité. Ce film est une vraie belle leçon de scénario. En plus, c’est vraiment drôle.

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