Prendre du plaisir à écrire (HTTS semaine 2)

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Ce que vous envisagez de faire comme profession est un choix important. Si être un auteur est dans votre ligne de mire, il faut en connaitre toutes les particularités, bonnes mais surtout mauvaises et être régit par sa passion, en vouloir et donner, proposer encore et toujours. 

Le métier d’écrivain est exigeant, solitaire, incertain, éreintant, ingrat, c’est l’un des pires métiers que l’on puisse choisir à bien des niveaux. Alors pour ne pas finir suicidé ou à l’asile comme la moitié des auteurs, il faut veiller à y prendre du plaisir. C’est du moins ce que suggère Holly Lisle dans son deuxième cours du programme How to Think Sideways (Comment penser par les chemins de traverse).

Ce qui est amusant à ce stade, si vous suivez le blog, c’est qu’elle utilise le mind mapping, jeu de l’esprit dont je vous parlais il n’y a pas si longtemps de manière absolument pas préméditée. Ce que propose Holly, en semaine 2, c’est de dessiner sa « Sweet spot map », une cartographie des zones érogènes de votre imaginaire en quelque sorte.
L’exercice est simple et son objectif est tellement brillant qu’on se demande pourquoi on n’y a pas pensé plus tôt. Mind mappez votre imaginaire en élaborant des cartes de ce que vous aimez, ce qui vous attire, ce que vous détestez, ce qui vous fait peur, etc. Ces éléments sont les thèmes qui vous parlent, les domaines sur lesquels vous cherchez des réponses, les points d’interrogations ontologiques qui dirigent votre existence.
Ces mots et ces concepts que vous allez poser sur le papier sont les choses que vous aimez côtoyer, que vous aimez trouver dans la vie et dans la fiction des autres, et que vous allez mettre dans la votre.

Parce qu’on n’écrit bien que ce que l’on aime et qu’il faut être masochiste pour essayer d’écrire ce qui ne nous parle pas, la cartographie des zones érogènes de votre imaginaire va vous permettre d’économiser du temps de recherche. Plutôt que de tourner autour d’un sujet parce que vous ne trouvez pas le bon angle d’attaque, vous allez consulter votre carte et laisser votre subconscient y piocher des éléments (ou choisir consciemment mais le subconscient occupe une place importante dans la méthodologie d’Holly) pour construire des histoires qui soient un reflet de vous, de vos préoccupations et des univers dans lesquels vous aurez plaisir à vous plonger.

Cette carte est un des éléments clefs de la méthodologie enseignée par Holly Lisle, un point auquel elle revient régulièrement. La leçon est construite autour d’exemples tirés de l’expérience récente de l’auteur puisqu’elle vient de recevoir une commande pour une nouvelle au moment où elle rédige les leçons et qu’elle se sert de son travail sur ce texte pour illustrer sa théorie.

L’objectif sous-jacent de ce cours, je le rappelle, est de transmettre une méthodologie claire, répétable, fiable, qui permette à l’auteur qui la suit de créer selon ses besoins, de s’adapter à la réalité de son métier sans se fier uniquement à l’inspiration, bref, de l’aider à adopter une démarche réellement professionnelle de l’écriture.

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8 Réponses to “Prendre du plaisir à écrire (HTTS semaine 2)”

  1. dulle Says:

    C’est marrant, je suis en train d’expérimenter la méthode de John Truby sur un projet de pièce. Par curiosité au début, et je trouve ça vachement bien. La phase 1 ressemble beaucoup, beaucoup, au « Sweet Spot map ».

  2. Marc Herpoux Says:

    Ce jeu d’association d’idées proposé au tout début du processus d’écriture par Holly Lisle ou John Truby sont très important pour moi.
    Ce processus évite de structurer trop tôt, d’enfermer son histoire dans un rapport de cause à effet narratif artificiel et dénué d’émotion.
    Il oblige d’une part à explorer ses envies personnelles (comme Anael le dit dans l’article), mais à développer l’histoire de manière organique et non mécanique (une chose que Truby défend fermement dans sa méthologie, en opposition au système hiérarchique traditionnel: beat, scène, séquence, acte, etc. qui ne devraient intervenir que tard dans le processus créatif, seulement pour mettre de l’ordre dans ses idées et non pour en générer…)

  3. dulle Says:

    Je suis assez convaincue de l’importance de cette phase 1 également.En plus, elle est vraiment réjouissante. JC carrière dit: »Explorez et ecrivez le plus tard possible », et je me souviens de Modiano disant; « Je rêve mes livres pendant 3 ou 4 semaines avant de m’y mettre ». Moi je cherche humblement à éviter de me dire dans quelques semaines, merde, finalement cette histoire ne me parle pas, je ne sais même plus ce que je veux dire,je bloque et je m’ennuie!

  4. JC Says:

    Hello,

    Ton blog est de plus en plus intéressant Anaël. Ça donne la pêche et on en apprend des choses !
    En plus il y a des interventions d’auteurs prestigieux comme Marc Herpoux et Dulle, la classe !😉

  5. dulle Says:

    :-))) Pauvre con JC!

  6. dulle Says:

    Mais finalement, on est comme M Jourdain non? On fait tous du Truby et Lisle sans le savoir forcément…

  7. Anaël Says:

    Plus ou moins, parce que Lisle va progressivement entrer davantage dans les détails d’une méthodologie applicable consciemment. On commence juste par une théorie qui, elle, repose de toute façon sur l’universel de l’origine des histoires et de leur structure.
    On attend tous une fin quand quelqu’un nous raconte quelque chose. Essayez de raconter une anecdote sans chute ou de poser une question un peu précise sans rebondir sur la réponse et vous verrez nos automatismes en termes d’attente narrative. Et on est tous captivés par le conflit, curieux de savoir comment d’autres s’en sont sortis et de comment nous on s’en serait sortis.

    Ce que Lisle enseigne c’est, au-delà de la théorie, comment être constant dans la qualité de ce qu’on raconte, comment tenir une deadline, comment être capable de proposer une histoire sur commande, comment s’adapter à un marché, comment faire passer une histoire d’un genre à un autre genre…

    Ce que je trouve dans ses cours et qui manquent dans la grande majorité des bouquins de dramaturgie ou d’écriture, c’est une méthodologie concrète et pragmatique. Mais pour la théorie, oui, on l’utilise tous sans le savoir. C’est comment déjà, le proverbe, « science sans conscience »…

  8. L’univers d’une série « Dramaturgie et scénario Says:

    […] quelques heures chaque mois pour mettre à jour la carte des zones érogènes de votre esprit, prenez quelques minutes chaque jour pour décharger vos pensées parasites avant de commencer à […]

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