Et si?

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Et si l’audiovisuel français (et sans doute mondial) était mû par des intérêts qui ne sont pas ceux du spectateur?

Et si les acteurs du milieu n’avaient pas à coeur de créer toujours plus de qualité, toujours plus de sens, mais simplement de remplir des cases horaires par habitude?

Et si l’argent n’était pas le problème mais simplement la paresse et l’incompétence des uns et des autres?

Et si les auteurs n’avaient pas envie de prendre le pouvoir, par peur des responsabilités que cela implique?

Et si le scénariste nouveau né n’en pouvait plus de l’inertie, des coups bas, de la malhonnêteté d’un milieu qui a bien souvent plus de déceptions à offrir que de satisfactions ?

Et si l’écriture dramaturgique, qu’il adore par-dessus tout, ne pouvait pas s’accomplir dans la réalité du milieu qui la monopolise et la maltraite?

Et s’il fallait trouver d’autres manières de faire, d’autres médias, d’autres lieux pour exercer? Prendre ses responsabilités, devenir son propre producteur, peut-être même son propre diffuseur, avec l’impossibilité que cela revêt? Et si l’impossible des uns était le quotidien des autres?

Et si ce métier, dans ces conditions, était une menace à la santé physique et mentale?

Et si tout ça n’était qu’un simple passage à vide comme il y en a tant?

A suivre…

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5 Réponses to “Et si?”

  1. Marc Herpoux Says:

    Et si la création (l’art?), c’était peu à peu transformé en marchandise? Une marchandise comme une autre! Du Ajax WC qu’on aimerait nous recaser pour nettoyer les chiottes?

    Et si la question du sens… Comment dire… Ce qu’on appelait autrfois le « contenue » d’une oeuvre – certains allaient même jusqu’à parler de « sublimation »- et ben… si tout ça, là, on en n’avait plus rien à foutre? Disons… parce que flatter les bas instincts, les pulsions primitives et vulgaires, ça rapport plus… en gros: plus c’est con, plus c’est bon, hein (voir le succès des Real TV)?

    Et si le déclin de l’audivisiuelle, n’était tout simplement que le reflet de notre décadence. La décadence de notre vieille culture occidentale qui se casse la gueule! Qui n’a plus rien à proposer d’autre que des « produits » abrutis. Abrutis par la nécessité de gagner toujours plus de fric!

    Et si le capitalisme était tout simplement en train de nous tuer, nous, les artistes?!

    Est-ce que ça n’expliquerait pas les nombreuses bouses projetées sur nos petits et grands écrans durant toutes ces années?
    N’est-ce pas « du temps de cerveau disponible pour Coca Cola » qu’on « vend » chaque jour pour gagner sa croûte? Peut-on encore parler de « culture » quand on regarde certaines chaînes. Je ne parlerais même pas de la gueule des blockbusters français ou américain de ces derniers mois.

    Regardez Internet. Alors que ce nouvel outil offre une alternative progressivement créatrice. Quelle est leur réaction? On perd du blé, vite, HADOPI!

    C’est une lutte qui s’engage mes amis. Une lutte pour défendre la valeur esprit contre la valeur argent. Et cette lutte ne fait que commencer… et disons le franchement: elle n’est pas gagnée!

  2. dulle Says:

    C’est vrai qu’en ce moment tout ça nous saute au visage! Mais quelle médiocrité ambiante! Quel nivellement par le bas! il paraît que les classiques de la littérature ne se sont jamais aussi bien vendus; ça ne m’étonne pas. Je crois que beaucoup ont besoin d’air, en revisitant les valeurs sûres on échappe un instant à cette modernité si creuse. Je ne sais pas ce qu’on peut faire… Moi j’ai déjà commencé par virer ma télé. Collectivement ça a peu de sens, mais personnellement ça fait du bien!
    Bon courage Anaël.

  3. Yap Says:

    (En attente de certain résultat, ce n’est pas le moment de me décourager, non mais.)

    Le déclin de l’audiovisuel (de l’art) comme reflet de notre décadence… certainement. C’est un peu tout qui suit le même mouvement, non ? Et les poches de « résistance » doivent trouver/créer les lieux où s’exprimer. Le Net, peut-être. Mais avec quel modèle économique (non parce que faut bien vivre un pitit peu, quand même) ?
    Côté édition, plein de petites maisons se créent, il est devenu facile et moins cher d’imprimer des bouquins grâce à l’imprimerie numérique. (Bon, la viabilité reste à déterminer.) Quel est le pendant audiovisuel ?

    • Anaël Says:

      Non mais sinon on fait comme tout le monde, on écrit de la merde sous pseudo pour manger et on fait nos trucs à nous qui font du bien sans moyen à côté, pendant les temps libres.
      Quand est-ce qu’on vit? Dans une prochaine incarnation sans doute.
      Moi j’ai choisi mon camp et je cherche ailleurs des moyens de subsister en me faisant plaisir, en souffrant moins en tous cas. La transition je l’espère rapide mais en attendant, je continue à écrire pour la télé des choses qui seront peut-être, un jour diffusées. Je trouve ça usant aussi la lenteur avec laquelle les choses se font dans ce métier. Pas toujours légitimement en plus puisqu’on ne donne pas le temps aux scénaristes de bien développer leurs idées. Il faut toujours aller plus vite… pour au final attendre des retours qui ne viennent pas.

  4. Freddy Says:

    Bonjour,
    en commentaire au post « Et si? » d’Anaël, je me permets de retranscrire ici la conclusion du cours « Advanced scriptwriting », de John Truby.
    J’ai retranscrit moi-même, à la main et à l’oreille, alors j’espère ne pas avoir fait d’erreur!

    Je trouve les paroles de Truby revigorantes (même si elles ne donnent pas à manger, j’en conviens).

    Adoncques:

    « What we have covered today is, for the most part, the architecture of advanced screenwriting. And I think you’ll agree that it is a beautiful edifice. When you write an advanced script, I believe you are doing the highest achievement possible. My respect for someone who attempt to make such a script is immense. They actually succed at it? My hat is off!

    When someone succeeds at writing an advanced script, they’re not just masters, although whe all like to get that far. You really have reached the level of artist.

    I think one of the greatest errors of criticism in this century, is to think that the screen play is a blue print. And the screenwriter is a hack. My opinion? That is completely absurd! I think scriptwriting is really the hight of dramatic art. It is a real synthetic art, and you are pulling together a number of art forms in creating a symphony. And that means that you, as a screenwriter, are potentially a master artist, if you choose to be so.

    Just because in the current system that we work in, screenwriters don’t have the power or the respect that they should have, that doesn’t have anything to do whether that you are an artist or not. Fact is: it’s up to you!

    By writing screenplays of this kind, it’s not just personnaly satisfying, it also allows you to break on to the scene. And the work that you do in this area as to be noticed. It is that far above what anyone else is doing. And it will catch the eyes of a lot of people.

    The exciting thing, though, I believe, about all of this, is that the golden age of movies hasn’t arrived yet. Yes, 1939 was a healthy year. But the golden age hasn’t arrived yet. Because work by writers who are admired as master artists hasn’t come yet.

    You can be the people who create that age. I plan I’m trying to be there. I hope you plan « I’m trying to be there », maybe together whe can make it happen. »

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