La crise

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Ok, donc c’est la crise. Le milieu va mal, je sais pas quoi, y a plus d’argent, les prods sont mal organisés (c’est nouveau, ça?), je me retrouve sans taf depuis fin février et je n’en cherche pas dans l’audiovisuel, pourquoi?

Parce que je suis en crise. Crise de confiance, crise identitaire, crise de foi. Ai-je vraiment envie de me battre pour être scénariste ?

C’est une vraie et importante question. Au bout d’un moment, le milieu m’agace, les contraintes débiles de la télé me sortent par les yeux, et la littérature me démange les doigts, le jeu vidéo, la BD. Mais la télé? Bof… Alors voilà, je profite de ce moment de calme forcé pour visiter de nouveaux horizons. Je n’en peux plus d’attendre des réponses pour les différents postes auxquels j’ai postulés et qui, s’ils se concrétisent, me rapprocheront de mes vraies aspirations. Je chamboule ma vie, comme à peu près tous les 2 ans, en envoyant promener un milieu qui, vous vous en souvenez, m’a toujours donné de l’urticaire.

Je me demande si je ne me suis pas menti à moi-même enme disant qu’en fait le scénario c’était cool, mais en fait non, c’était vraiment sincère. Tout comme est sincère ma trouille sans fond de me lancer dans la littérature pour de vrai parce que là, c’est vraiment un truc auquel je tiens et que me planter me tuerait. Alors je repousse. Je tapote timidement quelques textes, je commence un nouveau roman qui me trotte dans la tête depuis bientôt 4 ans et je reprends de vieux textes oubliés, abandonnés dans un coin de mon disque dur « pour plus tard ». Advienne que pourra, j’en ai marre de glander dans des formes d’écriture qui ne sont pas celles qui me font vibrer.

Mais les pieds sur terre, je prends aussi le taf qui se présente. J’écris des films en-dehors du circuit, pour faire entrer un peu d’argent parce qu’il faut bien, quand même et que je vais pas cracher dans la soupe ni mettre à la poubelle deux ans de formation et trois ans de bataille pour me frayer un passage dans le paysage audiovisuel. Mes priorités changent, voilà tout. Ou plutôt, elles se redéfinissent plus en accord avec ce que je suis. J’ai toujours préféré un bon bouquin à un bon film, la SF à la littérature blanche, un jeu à une série télé. Alors allons-y, pas la peine de rejoindre les rangs des frustrés, des aigris, de toute la clique de ceux qui abandonnent leurs rêves en cours de route. Je veux mourir comblé. Je veux que mon fils puisse dire à ses potes « mon père, il est romancier ». Je veux pouvoir le regarder en face et être un modèle quand je lui dirai qu’on peut vivre ses rêves et que c’est la seule voie souhaitable. Mais pour ça, il convient de bien définir lesdits rêves. Mon père avait raison de me pousser à être plus précis quand je lui disais que je voulais « vivre de l’écriture ». Parce qu’au final, écrire des scénarii, ça m’ennuie. C’est triste à dire et à constater, mais voilà, quoi. C’est la réalité vraie qui me saute au nez quand je prends la peine de soulever le voile.

Franchement, donnez-moi une deuxième vie, je recommencerais bien à zéro, y a plein de trucs que je changerais. Alors autant le faire maintenant, quitte à galérer un peu un peu plus longtemps. 2010 est une bonne année pour un nouveau départ. So, let’s jump. Je vous retrouve de l’autre côté de l’arc-en-ciel.

Et voilà comment ce blog se transforma en chrysalide après avoir été une chenille bien arrogante.

[post. en v.1 méritant relecture et réécriture]

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Une Réponse to “La crise”

  1. Mitra Basteth Says:

    « écrire des scénarii, ça m’ennuie. », oui, moi aussi; surtout la rime.
    J’ai la réponse à ma question posée ailleurs. Charmant et délicieux, hein ?

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