Énergie et écriture

by

Être auteur professionnel, c’est être indépendant, travailler en freelance, autrement dit être responsable de la gestion de son planning.

Si un jour de flemme vous choisissez de blogger toute la journée plutôt que de travailler sur la commande en cours dont la date limite arrive à grands pas, c’est vous qui en paierez les pots cassés (à savoir devoir travailler plus le lendemain, ou devoir faire autant en moins de temps).

J’ai découvert qu’une grande partie de ce qui fait que le boulot d’indépendant fonctionne, c’est la conscience de son propre rythme. Dans ma vision ultrasimplifiée des rythmes biologiques je fais le constat simple qu’à certaines heures de la journée mon corps est plus apte à certaines activités qu’à d’autres.

Organiser sa journée autour de ce constat permet d’atteindre une meilleure efficacité dans le travail. Par exemple, constatant que je suis plus créatif dans le calme du matin, plus agité l’après-midi, plus passif le soir. Je décide de me couper du monde le matin (je laisse mon téléphone éteint et je coupe l’internet sur mon ordi) et de ne pas décrocher de mon bureau tant que je n’ai pas exploité au maximum ma concentration matinale. Selon l’heure à laquelle je me lève et la qualité de mon petit déjeuner, cela me donne entre 3 et 5 heures de travail efficace. Je sais qu’après le déjeuner j’ai tendance à l’hypotension et à avoir besoin de dormir un peu. Je sais aussi qu’après cette pause, c’est quasiment impossible pour moi de rester assis sur ma chaise. J’ai besoin de sortir, de bouger, de me dépenser. Résultat: je prends mes rendez-vous à partir de 17h, heure à partir de laquelle je sais que de toutes façons c’est mort, je n’écrirai plus. Selon mon état de fatigue ou la qualité de mon travail du matin, je peux me remettre à écrire passé 20h, quand mon excitation de l’après-midi retombe.

Cela peut sembler évident mais ça a été long et laborieux pour que je l’accepte. J’ai longtemps lutté, espérant imposer à mon corps le rythme que mon cerveau voulait suivre. Je me suis longtemps acharné à essayer d’écrire en vain pendant l’après-midi. Accepter de suivre le rythme naturel de mon corps, de m’adapter à ses changements (j’ai longtemps écrit tard la nuit avec beaucoup de succès), m’aide à être plus régulier dans mon travail, dans sa qualité, à être moins frustré de ne pas atteindre mes objectifs quotidiens (en temps ou en quantité d’écriture), à faire la paix avec moi-même et à ne plus culpabiliser en me disant que là, je devrais être en train de bosser au lieu de courir dans tous les sens. Être à l’écoute de son corps et de soi-même est à mon sens essentiel à la poursuite d’une vie épanouie. Mais lorsqu’il s’agit du travail en indépendant, avoir conscience de ses rythmes m’apparaît comme une nécessité salvatrice capable de rendre le labeur moins douloureux, plus fluide et surtout plus efficace en évitant de passer trois heures sur une tâche qui pourrait être accomplie en une seule heure à un autre moment de la journée.

Une Réponse to “Énergie et écriture”

  1. Dramaturgie et scénario Says:

    […] Toute ma méthode vise à optimiser le temps que je passe à écrire. Dans mon expérience, si j’écris au mauvais moment, je peux y passer des heures laborieuses, souffrir en écrivant pour, au final, jeter tout ce que j’ai écrit durant ce temps. C’est d’autant plus bête qu’en choisissant le bon moment j’écris sans grande difficulté et le résultat est bon. Pour écrire mieux (plus vite et de meilleure qualité), suivez votre rythme interne. […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :