L’art de la persistance

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La compétence la plus importante qu’un aspirant scénariste se doit non seulement d’avoir mais de renforcer, d’affirmer, de chérir, c’est la persistance, la persévérance, l’abnégation (si je le dis trois fois, ça vous restera dans la tête).

Ce métier est ingrat. Ce métier est précaire. On vous rappellera un jour. Peut-être demain, peut-être dans trois ans. On vous demandera de travailler et on vous paiera. Peut-être demain, peut-être aux calendes grecques. Vous pouvez chercher à vous en prémunir, vous blinder, vous serez par moments submergés par le doute, la haine, la colère, vous serez sur le point d’abandonner, vous regarderez les offres d’emploi pour n’importe quoi, le concours de la police ou de la DGSE, la légion étrangère, le concours de la Nouvelle Star, n’importe quoi.
Mais vous reviendrez à l’écriture. Parce qu’il le faut. Parce que si vous ne le faites pas, vous avez perdu et l’entropie marque un nouveau point. Parce que c’est la seule manière de pouvoir dire un jour « je suis scénariste ».

La persévérance c’est s’assoir chaque jour à la table de travail, envie ou pas, inspiration ou pas, et de couper l’internet, et de lancer son traitement de texte, et de foncer tête baissée, comme une brute, comme un taureau dans une arène, de ne pas réfléchir parce que réfléchir ce n’est pas écrire. C’est gagner chaque jour une petite bataille. C’est produire. C’est remettre sur le métier son ouvrage. C’est devenir meilleur, pas seulement techniquement ou stylistiquement, mais devenir meilleur au jeu du « on dirait que je serais scénariste » parce qu’à force de faire comme si (non pas en rêvassant ou en donnant des interviews imaginaires (les scénaristes ne sont pas interviewés) mais en écrivant) vous finirez par l’être vraiment.

Persévérer, c’est frapper chaque jour à la porte des producteurs, des réalisateurs, des potes scénaristes, et demander du travail, et réclamer du travail. Parce qu’à force de vous voir, ils vous en donneront. Le jour où ils auront besoin de quelqu’un pour un boulot dont personne ne veut, si vous avez suffisamment traîné dans le coin, c’est à vous qu’ils penseront et ce sera votre chance de briller, votre pied dans la porte. Alors faites-le!

Persévérez. Insistez. Soyez impitoyable avec vous-même. Vous vous le devez.

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2 Réponses to “L’art de la persistance”

  1. nico Says:

    yeah merci j’avais besoin de lire ça, en ce moment! ça va me requinquer pendant quelques semaines!

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