C’est pas ma faute c’est celle de…

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Un auteur c’est un combattant, écrire est son moyen d’exister mais ce n’est pas toujours aisé de le démontrer à autrui…

D’habitude je me contente de partager les articles de Seth Godin via twitter mais celui d’aujourd’hui m’a donné envie de m’étendre davantage parce que c’est l’un des aspects les plus récurrents de la lutte pour devenir auteur. La lutte non pas contre les autres mais contre soi-même. La lutte qui, quand elle échoue, fait que l’on reste sur le plancher des vaches, dans des boulots temporaires qui s’éternisent, à empiler les romans et les scénarios inachevés dans un tiroir du bureau.
L’article de Seth dit (je paraphrase) : « quand on se surprend à chercher des excuses, c’est le symptôme que le projet va mal ». Autrement dit, plutôt que de se prendre en main et de se lancer dans son projet, de surmonter un obstacle, de s’adapter à une situation inattendue, l’aspirant scénariste, l’aspirant romancier, l’aspirant entrepreneur, cherche quelqu’un ou quelque chose à rendre responsable pour son échec (avéré ou à venir). « Ce n’est pas de ma faute si mon scénario ne se vend pas, c’est parce que le producteur ne sait pas ce qu’il veut » (ma préférée). « Ce n’est pas de ma faute si je n’ai pas de contact dans le milieu, c’est parce que le milieu est fermé aux nouveaux venus ». « Ce n’est pas de ma faute si mon texte est en retard, c’est parce que j’ai eu la grippe ».

Et si, dit Seth, plutôt que de chercher des excuses pour tout, nous nous obligions à ne pas chercher d’excuses. Si nous prenions la responsabilité de nos réussites et de nos échecs? Est-ce que ce n’est pas la route vers le succès?

Plus concrètement. De mon point de vue c’est de notre faute si nous ne vendons pas, si nous n’avons pas de contacts dans le milieu et si nous sommes en retard. Les autres, ceux qui réussissent, ne sont pas des miraculés de la vie qui ne tombent jamais malades ou qui tombent toujours sur des producteurs super organisés. Ce sont simplement des gens qui font ce qu’il faut pour y arriver, qui endossent la responsabilité de leurs actes.
Quand j’ai débuté dans le milieu de l’animation je ne connaissais personne. Le CEEA ne m’a pas ouvert de porte. En fait ça a même été le contraire. Quand j’ai demandé des contacts, on m’a dit de me débrouiller et c’est la meilleure chose qui pouvait m’arriver. Ce que j’ai fait pour trouver des contacts c’est aller là où ils sont: le festival d’Annecy. D’autres festivals existent pour la fiction, le documentaire, la littérature, la BD. L’essentiel est de trouver un endroit où les gens viennent de manière à la fois professionnelle et détendue, un endroit qui est une sorte de vacance travaillée. Le rapport est plus humain, moins crispé. Le cadre facilite la prise de contacts. J’avais avec moi des projets, de petites bibles de 5 pages, agrafées à la va-vite et mal découpées, qu’une amie illustratrice avait eu la bienveillance d’illustrer. En mêlant séduction humaine et séduction du projet, j’ai décroché mes premiers contacts.
A côté de ça, mon cousin, un jeune illustrateur avide de travailler dans le milieu, se faisait dessus. Il n’osait pas y aller. Il trouvait des excuses: il n’avait pas besoin d’un stage cette année – « c’est juste une prise de contact, montrer que tu existes, sortir de la masse anonyme » – imprimer son book coûterait trop cher – « je te le paye » Il y avait trop de monde, il ne savait pas par où commencer – « le premier c’est le plus dur, prends n’importe lequel ». Finalement il n’y est pas allé. Il a essayé mais n’a pas osé. Peut-être que ça n’aurait rien changé à sa vie. Pour moi, ça a débouché sur mes premières commandes et sur une collaboration qui dure encore.

Sûr, on se fait tous dessus quand il s’agit de mettre en oeuvre les actions qui ont un vrai sens dans notre chemin de vie. Les raisons d’avoir peur sont innombrables et la plus pernicieuse est la peur de réussir, du vide derrière, du « et si ça ne me convenait pas »? Il faut faire abstraction de cette peur et s’en servir de boussole. Pas de frein mais d’accélérateur. Ce truc qui nous effraie jusqu’à nous paralyser, c’est celui qui a le plus d’importance dans notre vie, qui nous rapprochera le plus de celui que nous devons devenir. Alors il faut foncer. L’option la plus flippante est aussi la plus sensée.
La différence entre ceux qui réussissent et les autres c’est que les premiers surmontent leur peur plutôt que de la masquer par des excuses bidon.

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