Roller coasters

by

La semaine qui vient de s’écouler a été formidable en termes d’observation des processus internes liés à ce métier de chien qu’est l’écriture. Elle a été atroce à vivre. Mais maintenant que je suis de l’autre côté, je suis reconnaissant de l’avoir vécue.

Le contrecoup du retour d’Annecy s’est fait sentir mercredi, bien après que j’ai cru y avoir échappé. Fatigue nerveuse qui te ferme les yeux dès que tu t’assoies et qui te hurle le doute dans le fond du crâne, là où ça résonne le mieux. Le doute de toi, de ta compétence, de ton mérite, de ta valeur, de ton endurance. A quoi bon continuer, je ne suis qu’une loque. Bla bla bla.
J’avais ce texte à rendre. Sur lequel j’étais déjà en retard. Un syno de 26′ qui demandait une refonte majeure de la structure. Seul à la maison avec un bébé de 11 mois, difficile de se concentrer. Là encore, du carburant pour ce que Pressfield appelle la Résistance: « de toute façon avec le temps et la capacité de concentration dont tu disposes, c’est peine perdue. Tu vas échouer, passer pour un bouffon, ta carrière est finie alors qu’elle démarrait tout juste. J’espère que t’as un plan de secours, loser. »
C’est fou ce qu’on peut être violent avec soi-même. Ça demande une sacrée dose de foi et de volonté pour continuer. Mais il faut continuer, parce qu’on n’a que ça, parce qu’on s’est déjà trop investi, parce qu’on ne sait rien faire d’autre, parce que, même si on s’en défend, on a trop à prouver à trop de monde.

Cette semaine, j’étais comme un funambule. Au moindre faux pas, c’était la mort. Ne pas abandonner. Ne pas penser à l’issue de la semaine. Juste faire. Même si cela semble impossible à réaliser.
Et le vendredi à 20h, mettre le point final, lutter contre l’incompatibilité logicielle, refaire la mise en page pendant une heure. Finalement livrer le texte. En retard mais finalement pas si mauvais. Je crois. Surtout, ressentir le lendemain ce poids enlevé de mes épaules, la fierté d’avoir été au bout, d’avoir vaincu le doute et peu importe le résultat ce week end sera lumineux.

Pourquoi je vous raconte ça? Parce que cette semaine est le reflet de toute la vie d’un auteur. Les montagnes russes, c’est pour ça que vous signez alors si vous avez le coeur sensible, si vous cherchez le confort d’une vie tranquille, passez votre chemin, ce n’est pas ici que vous le trouverez. Ce n’est pas agréable à vivre, il faut accepter de troquer des plaisirs immédiats pour des satisfactions plus profondes, à plus long terme. La satisfaction d’avoir été au-delà de soi, d’avoir vaincu la faignasse en soi, d’avoir ri à la face de ses peurs, d’avoir flingué les remises en causes.
C’est un métier de foi. La foi en soi, en ses muses, et dans les lois de la physique qui font que même à l’envers le wagon va rester sur les rails.

Bon courage!

PS: pardon pour la masse de clichés!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :