Ne jamais arrêter

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Digne d’un hymne de guerre :  ne lâchez jamais rien, restez toujours actif dans votre intérêt !

Some part of you dies when you stop making art.

Je ne sais pas où j’ai entendu ou lu ça. Ni même si je l’ai vraiment lu (et pas rêvé!).

Hier je parlais avec un de mes amis producteur et il m’a gentiment vanné sur mes projets de roman au point mort. Avec le recul, je suis même pas sûr qu’il m’ait vraiment vanné mais je sais jamais trop avec lui. S’il fallait incarner l’expression “pince sans rire », ce serait lui.

(note à part, j’ai revu Wall Street hier, quelque chose que je voulais faire depuis 1 an et il y a son sosie dans le film)(à propos des sosies, ça m’a fait bizarre mais j’ai croisé un mec qui me ressemblait atrocement avant-hier, même blouson en cuir que celui que j’ai à la maison, même dégaine, ça m’a fait bizarre dans un sens creepy, pas cool, je me demande si lui aussi s’est vu en moi)

Sa remarque m’a frappé. « Touché » aurait dit un ricain.

Je suis assez fort pour me trouver des excuses, pour me dire qu’il me faut plus de ci, moins de ça, que demain ou dans trois mois, les étoiles seront mieux alignées.

Je crois pas l’avoir raconté ici mais il y a quelques années, un mec est venu me voir dans un rêve et m’a demandé de but en blanc pourquoi je n’avais toujours pas écrit de roman. Sans doute mon inconscient, lassé de m’envoyer des messages symboliques et que je ne réagisse pas, qui a décidé d’envoyer les gros bras pour me remuer.

En vain?

Pas sûr. J’ai avancé sur des choses. Je n’ai juste rien terminé. Mais c’est ce qui fait la différence entre les romanciers et les autres, non? Les romanciers, eux, finissent leurs romans.

Et puis c’est mois de novembre, le mois du Nano. Il y a quatre ans j’ai participé et fini un premier jet en 30 jours. Je l’ai jeté (symboliquement) depuis, parce  que les 70 dernières pages demandaient une refonte totale et que j’avais la flemme.

Mais depuis quatre ans, je n’ai pas été à sec, loin de là. J’ai eu au moins une idée assez solide pour faire un roman chaque année. Alors quoi?

Des excuses: des problèmes d’argent, l’arrivée d’un bébé, un déménagement, l’acclimatation à une nouvelle vie, des boulots de commande. Des excuses.

J’ai le temps. J’ai les moyens. J’ai l’esprit libre. (Tout ça en grande partie parce que je suis parti de Paris, qui, malgré tout l’amour que je lui porte, m’étouffait).

Alors hier, le déclic.

Il a raison, qu’est-ce que je fais là à ne pas écrire mes romans?

Je me suis remis dessus, « Interdit d’aller te coucher sans avoir avancer, ne serait-ce qu’un peu! ». J’étais fatigué alors ce n’est pas spectaculaire mais j’ai écrit à peu près 600 mots. C’est plus que je n’en ai écrit depuis juillet.

Et qu’est-ce que ça me manquait!!!!

J’avais la trouille de m’y remettre, de me rendre compte que j’avais tout oublié, tout perdu. Mais non, ça va, je me débrouille encore. J’ai envie d’essayer de rattraper le Nano. Il faudrait que je fasse 3300 mots par jour jusque fin novembre pour y arriver. Je ne pense pas que je le ferai, pour plein de raisons, mais j’ai envie d’essayer. Ecrire au moins 500 mots par jour sur ce projet là, qui comporte des sorcières, du sexe, de la comédie. Un projet très ado, vaguement adulte, que je porte depuis trèèèèès longtemps.

Ce que je voulais dire avec ce post, c’est surtout, de ne pas perdre de vue ce pour quoi vous êtes là.

C’est ok de prendre le chemin des écoliers, de tenter des trucs de temps en temps, de céder au chant des sirènes ici ou là sur la route. Simplement, revenez à votre motivation première, à votre envie de départ. C’est elle que vous devez nourrir et entretenir et chérir et cajoler. Le reste n’est que de la poudre aux yeux.

Je m’en suis rendu compte quand, malgré ma réussite en tant que scénariste, j’ai ressenti l’ennui, la lassitude et la frustration. J’ai trouvé différentes causes à tout ça mais au fond il n’y en avait qu’une: je ne faisais pas ce que je devais faire. Je n’étais pas où je devais être. Je ne peux pas savoir à votre place que vous devez écrire. Souvent c’est ce que nous remettons toujours au lendemain, ce qui nous effraie le plus, parce qu’il y a trop d’implication personnelle derrière ce projet. Je ne veux pas me laisser avoir par le confort de l’enseignement ou par les paillettes du métier de scénariste. C’est bien pour vivre, pour construire le cadre qui me permettra d’être romancier, mais c’est tout.

Ne cessez jamais de faire de l’art, de créer.

Martin Sheen dit quelque chose comme ça à son fils, dans Wall Street: « crée quelque chose, plutôt que de profiter des fruits du labeur de gens qui triment » (je paraphrase). J’y ai vu plus qu’un propos sur les pratiques des traders, j’y ai vu la conviction d’artiste d’Oliver Stone.

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