Archives d’un auteur

Ecriture projet scenario

22 juin 2012

Jeudi 21 Juin

Une amie m’a proposé de lui écrire la première partie de son scénario. Souvent les premières notes d’une composition mettent toujours du temps à noircir correctement le papier. Comment ai-je pris sa proposition? Comment vous dire….j’étais tout simplement…heureuse !!!! Heureuse qu’elle ait pensé à moi, qu’elle me fasse confiance et qu’elle me confie son projet. C’est pour moi une opportunité qui tombe à pic car je me trouve depuis plusieurs mois dans une dynamique d’écriture qui me permet de composer beaucoup. De plus, en ayant lu et chroniqué sur de nombreux auteurs : écrivains, théoriciens, scénaristes… je me surprends à me référer à certaines de leurs pensées, leurs méthodes…

Il est évident que je vais m’investir à bien dans ce projet; non pas parce qu’il s’agit de celui d’une amie; mais parce que c’est UN projet d’écriture. Ce n’est pas le mien et c’est ce qui peut me faire un peu appréhender la chose. Mais j’ai plutôt l’impression de ressentir un côté adrénaline – le fait de ne pas forcément contrôler l’appréciation du projet. Je me dis que se confronter aux exigences d’autrui, c’est un bon exercice car je vais devoir répondre à un besoin ce qui implique une écoute attentive, une compréhension de l’objet souhaité et ne surtout pas vouloir à tout prix mettre son touch / sa patte. C’est ce que j’ai pu observer dans le travail de tout auteur. La question du style se pose c’est une évidence et même en collaboration, comme il est question dans ce projet, il faut que l’écriture de l’unité du scénario soit homogène, cohérente.

Voyons comment je compte m’y prendre.

ETAPE 1 : Discerner le ou les personnages principaux

Dans l’élaboration de tout scénario, comme dans n’importe quelle autre activité, il existe un certain nombre d’outils à maîtriser et à respecter. Tout récit commence par une présentation des personnages. Roland Barthes disait dans son « Introduction à l’analyse structurale du Récit » :

« On peut bien dire qu’il n’existe pas un seul récit au monde sans « personnages » ».

Dans un scénario, le ou les personnages jouent l’essentiel de la transaction spectatorielle. Autant vous dire que c’est l’élément principal du projet. Pas d’histoire sans personnages. Il va donc falloir que je dresse un portrait très précis, concis et étoffé des personnages. Le début d’un scénario commence par leur exposition. Il est donc indispensable de bien cerner quelle est leur place, leur rôle, leur importance, leur fréquence, leur principaux atouts comme failles, leurs affinités, leurs objectifs… Je vais donc mener mon enquête. C’est une affaire d’introspection dans l’histoire. Plus on en sait, plus on peut manipuler sans trop d’extravagance et sans gros danger leur évolution au fil de l’histoire.

Le personnage est très important parce que c’est le premier individu, l’entité semblable à nous qui est soumis à l’oeil du spectateur ou du lecteur en premier. Ce dernier va chercher à s’identifier à lui, s’opère alors un transfert d’identité du spectateur au personnage qui lui est présenté.

C’est le vecteur de l’histoire. Le personnage est celui qui va se retrouver au centre de la dramaturgie (2nd élément qui va manipuler avec une grande perversité ou pas le personnage, je rappelle ici qu’il s’agit de fiction :), on est d’accord ). Il va subir, réagir, se découvrir…Il va être au milieu d’une tornade évènementielle pour le plus grand plaisir des spectateurs.

Il va falloir identifier dans un premier temps pour ce personnage sa mission, son but, son objectif. Ainsi, et en fonction de son tempérament, de ses traits de caractère et de tout ce qui le constitue, on pourra le soumettre à certaines difficultés afin que sa mission ne soit pas aisée si elle finit par aboutir. C’est l’art de la dramaturgie dans le but de satisfaire « la propension masochiste » du spectateur…

Le conflit dramatique

26 avril 2012

Un élément de la dramaturgie : le conflit du héros illustré ici par Dexter.

Le conflit est la phase où le héros n’est plus tranquille dans sa petite vie. Un évènement survient ou autre déclencheur de toute nature qu’il soit, altère le quotidien du héros. Il subsiste de nombreux conflits de tout genres qui font progresser l’histoire. En voici un exemple parmi tant d’autres : Dans la série de Showtime Dexter, le héros est confronté à lui-même dans une toute première mesure. Il persiste un conflit d’ordre moral dans lequel Dexter lutte et crée sa justice, devenant lui-même immoral. Il suit un code d’honneur pour lequel il est très attaché, car c’est le seul lien secret qu’il partage avec son père adoptif défunt. Sa nature de « maître serial killer » des serial killers l’isole de la société et sa vie tourne autour de la mort comme l’illustre son métier d’expert scientifique. C’est un serial killer qui, pourtant, travaille au sein du Miami Metro Police Department. C’est un conflit moral qui s’opère en lui : il met à disposition ses connaissances scientifiques afin de faire progresser les enquêtes mais s’arrange toujours pour résoudre l’affaire, selon son code, en premier.

Acte 1 : Exposition de la situation initiale

19 avril 2012

Un élément de la dramaturgie : la situation initiale illustrée via Gran Torino de Clint Eastwood.

La situation initiale d’une histoire expose les personnages (en grande partie le personnage principal) mais aussi les lieux et les objets ou choses dépassant le cadre de l’individu. Tout ce qui peut se dérouler avant l’incident déclencheur, c’est le cadre du début de l’histoire. Il n’est question que d’observation et pas encore d’interrogation quant à la suite des évènements.

Pour illustrer cet acte premier de toute histoire, prenons le film Gran Torino de Clint Eastwood. Ce film démarre avec tout ce qu’il y a de plus gai : une cérémonie funéraire.

Walt Kowalski, le personnage principal du film est un ancien vétéran de la guerre de Corée. Il a perdu sa femme et vit désormais seul dans un quartier où les conflits entre gangs sont nombreux. Rappelons que tous les éléments présentés dès les premiers instants d’une histoire jouent un rôle important dans la suite. Tout se justifie, le travail de l’image est associé à celui de la moelle narrative dans le but d’amener le spectateur à une mouvance progressive d’une intrigue qui va se complexifier et devenir plus palpitante (normalement).

L’acte 1 de ce film nous dévoile des personnes entourant Walt. On y découvre sa famille, malgré l’indifférence de ses fils qui semblent pressés de toucher l’héritage familial. Il y a aussi le père Jonavitch qui est soucieux de la santé usée et du devenir du vieil homme mais aussi ses voisins, la famille hmong Vang Lor, qui va sensiblement chambouler le quotidien de notre héros.

La situation initiale s’achève dès lors que le conflit dramaturgique s’introduit dans l’histoire. La question dramatique est supposée, le développement de l’histoire débute et l’exposition déroulée depuis le début va prendre un nouveau virage.

La tentative de vol de la Gran Torino (titre officiel du film) va déclencher les hostilités entre tout ce petit monde. Thao, le petit dernier de la famille hmong va se soumettre aux demandes de son cousin, membre d’un gang. En allant à l’encontre de son fond intérieur, il échouera se faisant surprendre par Walt. L’ancien vétéran de guerre est particulièrement malveillant envers les immigrants hmongs. Cet évènement sera jugé comme une offensive à laquelle Walt rétorquera. Un nouvel acte débute…

Au coeur de la dramaturgie: tension dramatique, noeuds dramatique et question dramatique

14 avril 2012

Plusieurs éléments importants dans la construction d’une histoire sont à prendre en compte : les noeuds, la tension et la question dramatiques. Il suffit de lier parfaitement ces composants et vous obtiendrez une histoire avec une structure dramatique qui fonctionne.

Les nœuds dramatiques sont comme les aléas de la vie auxquels nous sommes confrontés. Dans une histoire, ce sont les problèmes qui surviennent dans la vie du héros qui obligent ce dernier à faire des choix.

Ils sont liés à la question dramatique, question posée par l’opposition de l’objectif du protagoniste aux obstacles qu’il rencontre, soit venant du monde – obstacles externes –, soit venant de lui – obstacles internes. Les obstacles auxquels est confronté le héros sont soit d’ordre matériels ou humains soit intellectuel ou touchant l’affect et le psychisme personnel. Il peut être confronté à des ennemis physiques autre que lui comme c’est le cas dans Spiderman par exemple. Mais il peut également devenir son propre ennemi comme Bridget Jones qui se rend elle-même responsable de ses malheurs. La question dramatique peut se formuler simplement :

le protagoniste atteindra-t-il son objectif ou non ?

Cette interrogation est au cœur de tout récit. Sans elle, pas d’histoire. Bien sûr la réponse est dévoilée à la fin. Il y a un début, une question et une fin, donc une réponse à cette question. Entre tout cela, des évènements s’opèrent et c’est tout un artifice de sentiments, d’actions, d’émotions, de conflits, de remises en question que le héros devra surmonter.

On appelle cette opération : la tension dramatique. Elle est développée davantage dans l’acte deux de la construction d’une histoire. Elle maintient l’intérêt du spectateur pour une histoire. Souvent confondue avec le suspense ou la mise en danger du protagoniste, la tension dramatique repose en réalité sur l’incertitude de la réponse à la question dramatique. En définissant bien l’objectif du personnage et en mettant en place de bons obstacles (de préférence internes), l’auteur s’assure une bonne tension dramatique. Toute scène qui n’est pas porteuse de tension est à bannir du récit : elle est génératrice d’ennui.

Personnages

3 avril 2012

Eléments indispensables à une histoire. Il existe plusieurs sortes de personnages relatifs à la dramaturgie qui, comme dans la définition d’Yves Lavandier :  » la dramaturgie est l’imitation et la représentation d’une action humaine […]« , reflète avec l’imaginaire qu’on lui attribue, la vie et ses controverses.

a) Nous avons donc le ou les héros. C’est le personnage qui fera parti intégrante de l’histoire. Son profil sera détaillé et le lecteur ou le spectateur se sentira proche de lui de par l’abondance de détails confiés tout au long de l’intrigue. Il est clairement mis en évidence dès les premiers instants de l’histoire.

La plupart des sagas Marvel illustre bien la place du héros dans une histoire : Spiderman, Batman, Thor…

b) Il existe ensuite l’entourage du héros qui se divise en deux ; pour schématiser simplement : les bons d’un côté et les mauvais de l’autre. On les appelle aussi respectivement les personnages adjuvants ou opposants.

Dans l’extrait de Spiderman ci-dessus, l’entourage de Peter Parker est dévoilé : on y trouve Mary Jane Watson et Harry Osborn, qui s’inscrivent considérablement dans l’espace du héros. Les relations ne sont encore pas développées, elles sont au stade de rencontre. Dans la 1ère exposition d’une histoire, seul le héros compte et en aucun cas les personnages annexes ou secondaires ne doivent être exposés davantage.