Archive for the ‘2. Auteurs’ Category

Le secret d’une motivation en béton

22 février 2012

Les aptitudes sont ce que vous pouvez faire. La motivation détermine ce que vous faites. Votre attitude détermine votre degré de réussite.

Quand on cherche à devenir écrivain, le plus dur c’est souvent de garder sa motivation intacte. Il y a deux clefs pour ça: les mentors et mettre son cul dans la chaise. Le billet rapide d’aujourd’hui combine ces deux éléments.

Marie Forleo est une femme admirable, elle a commencé sa carrière de danseuse hiphop à 25 ans passés (l’âge de la retraite pour la plupart des danseurs) et elle a construit une série d’entreprises à succès avant de se lancer dans le coaching entrepreneurial. Tous les mardi, elle poste sur son blog (http://www.marieforleo.com) une vidéo pour répondre à la question d’un de ses lecteurs. Je suis au rendez-vous toutes les semaines pour regonfler mon énergie.

Aujourd’hui, je suis tombé sur cette phrase, qui me semble tout à fait appropriée : « Losers wait for motivation, Winners just get sh*t done » (« Les perdants attendent la motivation, les gagnant se contentent de faire les trucs »)

Marie Forleo sur la Motivation

Ce qui m’amène à mon deuxième point: quelque soit votre degré de motivation, le secret pour devenir écrivain (scénariste, romancier, essayiste, peu importe ce que vous choisissez), c’est de vous mettre au travail, de coller vos fesses sur votre chaise et de noircir des pages. Très vite, quand vous avez pris cette habitude, la question de la motivation disparaît d’elle-même.

Cette idée, cruciale, du passage à l’acte, vaut pour tous les niveaux de votre carrière : l’écriture, le développement, mais aussi la construction de votre réseau. Arrêtez de vous prendre la tête avec de fausses excuses, faites les choses. Ecrivez, concevez, envoyez vos projets à des producteurs, rencontrez des gens.

Si vous avez besoin de pistes pour constituer votre réseau, lisez « Never Eat Alone », de Keith Ferrazzi, vous y découvrirez l’art de nouer des liens sous un jour nouveau :

Lisez-le MAINTENANT

La vidéo, en bonus:

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Harlan Ellison – « Pay the Writer! »

18 septembre 2011

Le statut des auteurs mériterait un peu plus d’intérêt selon Harlan Ellison…

Harlan Ellison s’énerve sur l’absence de considération que reçoivent les auteurs.

C’est en anglais et je suis désolé pour ceux d’entre vous qui ne comprendront pas. Pour les autres, faites tourner.

A tous les nouveaux arrivants sur le marché de l’écriture professionnelle, par pitié, ne faites rien pour rien. Faites-vous payer pour tout ce que l’on vous demande. S’ils ne veulent pas vous payer, ils ne valent pas la peine que vous perdiez votre temps avec eux. Il est temps de faire passer le message.

via Steven Pressfield, si vous ne connaissez pas ce romancier et essayiste, jetez un oeil sur son blog, sur sa biographie (cet homme est l’incarnation de la persévérance) et sur son essai: La Guerre de l’Art (The War of Art, incroyablement difficile à trouver en français)

Les 10 règles de l’écriture de film, par Ed Zwick

29 janvier 2009

Piqué chez Epstein, qui l’a lui même piqué sur MovieMaker magazine. Désolé, je traduis pas, je suis à la bourre sur plein de trucs. Mais je suis impressionné (et heureusement surpris) de voir que mon dernier post ne date que de 8 jours!

« There are 10 simple rules to great moviemaking. Unfortunately, I never learned them. These are the best I could come up with on short notice…

1. Remember to breathe. You’ve probably worked for two years to get to this moment, and there’s no guarantee you’ll ever get to do it again. You might as well enjoy it.

2. The camera is a Buddha. It sees the world as it is. It doesn’t photograph your expectations or your fantasies. Try to see as the camera sees.

3. No plan survives contact with the enemy. [Note: Field-Marshall von Moltke.] Over-prepare and then be ready to throw it all away when the actor feels his character wouldn’t do it that way.

4. A good idea can come from anywhere. You might as well listen to what others have to say because you’re going to get the credit (and blame) anyway. The key grip has made six times as many movies as you have.

5. Life is messy. It doesn’t stop while you’re talking on the telephone. If it feels too comfortable, it’s probably wrong; if it feels right it’s probably too slow.

6. No movie can ever be funny enough. Surgeons, cops and priests need to laugh, too.

7. An audience’s attention span is even shorter than yours. Fill every moment, stick to the story and try not to shoot the parts you’re going to cut.

8. The actors move the camera, the camera doesn’t move the actors. Unless you have a style, don’t act as if you do.

9. Make your movie for one person at a time. Imagine your fourth grade teacher sitting alone in the dark.

10. Where there is no solution there is no problem. At some point in every production, the director loses faith in the movie and the crew loses faith in the director. Somehow it all works out. »

Le Branding ou l’art de s’auto-étiqueter

30 septembre 2008

J’ai déjà pointé vers un article de Denis McGrath concernant l’importance pour les chaînes de définir leur marque avec précision et de s’y tenir. C’est aujourd’hui Blake Snyder qui s’y colle en demandant aux lecteurs de son blog où ils se situent sur le marché, dans quelle niche et s’ils sont capables d’établir une marque claire qui réunisse un public précisément ciblé comme un film de Tarantino ou une comédie de Veber peuvent le faire.
Hier, j’y ai pensé en tombant sur Neuf Mois et je suis sûr d’avoir déjà abordé la question. A l’heure de Youtube et à la veille de la disparition de l’hertzien, il me semble important de se poser une question: où est-ce que je me situe dans tout ça?
A l’heure où j’écris ces lignes, je regarde les clips et me dis que les producteurs de musique l’ont déjà bien compris, en créant des produits homogènes, entièrement tournés vers leur cible. Amusez-vous, un matin, à regarder un top entier, et à noter paroles, mise en scène, traitement de l’image, musique… Tout vous semblera peut-être identique à l’oreille mais les différences sont signifiantes. Peut-être que j’en ferai une analyse plus poussée un jour.
Il me semble d’autant plus important de se poser ces questions que nos choix nous définissent aussi en tant qu’auteur. Quel sujet je choisis de traiter et comment? Ils orientent nos décisions d’accepter ou non une commande, permettent de se spécialiser dans un domaine et d’y devenir excellent plutôt que de tout essayer, de papillonner, et de n’être vraiment bon dans rien.

Alors, comment vous définissez-vous?

Prendre du plaisir à écrire (HTTS semaine 2)

3 septembre 2008

Ce que vous envisagez de faire comme profession est un choix important. Si être un auteur est dans votre ligne de mire, il faut en connaitre toutes les particularités, bonnes mais surtout mauvaises et être régit par sa passion, en vouloir et donner, proposer encore et toujours. 

Le métier d’écrivain est exigeant, solitaire, incertain, éreintant, ingrat, c’est l’un des pires métiers que l’on puisse choisir à bien des niveaux. Alors pour ne pas finir suicidé ou à l’asile comme la moitié des auteurs, il faut veiller à y prendre du plaisir. C’est du moins ce que suggère Holly Lisle dans son deuxième cours du programme How to Think Sideways (Comment penser par les chemins de traverse).

Ce qui est amusant à ce stade, si vous suivez le blog, c’est qu’elle utilise le mind mapping, jeu de l’esprit dont je vous parlais il n’y a pas si longtemps de manière absolument pas préméditée. Ce que propose Holly, en semaine 2, c’est de dessiner sa « Sweet spot map », une cartographie des zones érogènes de votre imaginaire en quelque sorte.
L’exercice est simple et son objectif est tellement brillant qu’on se demande pourquoi on n’y a pas pensé plus tôt. Mind mappez votre imaginaire en élaborant des cartes de ce que vous aimez, ce qui vous attire, ce que vous détestez, ce qui vous fait peur, etc. Ces éléments sont les thèmes qui vous parlent, les domaines sur lesquels vous cherchez des réponses, les points d’interrogations ontologiques qui dirigent votre existence.
Ces mots et ces concepts que vous allez poser sur le papier sont les choses que vous aimez côtoyer, que vous aimez trouver dans la vie et dans la fiction des autres, et que vous allez mettre dans la votre.

Parce qu’on n’écrit bien que ce que l’on aime et qu’il faut être masochiste pour essayer d’écrire ce qui ne nous parle pas, la cartographie des zones érogènes de votre imaginaire va vous permettre d’économiser du temps de recherche. Plutôt que de tourner autour d’un sujet parce que vous ne trouvez pas le bon angle d’attaque, vous allez consulter votre carte et laisser votre subconscient y piocher des éléments (ou choisir consciemment mais le subconscient occupe une place importante dans la méthodologie d’Holly) pour construire des histoires qui soient un reflet de vous, de vos préoccupations et des univers dans lesquels vous aurez plaisir à vous plonger.

Cette carte est un des éléments clefs de la méthodologie enseignée par Holly Lisle, un point auquel elle revient régulièrement. La leçon est construite autour d’exemples tirés de l’expérience récente de l’auteur puisqu’elle vient de recevoir une commande pour une nouvelle au moment où elle rédige les leçons et qu’elle se sert de son travail sur ce texte pour illustrer sa théorie.

L’objectif sous-jacent de ce cours, je le rappelle, est de transmettre une méthodologie claire, répétable, fiable, qui permette à l’auteur qui la suit de créer selon ses besoins, de s’adapter à la réalité de son métier sans se fier uniquement à l’inspiration, bref, de l’aider à adopter une démarche réellement professionnelle de l’écriture.

Vaincre ses peurs pour devenir un auteur professionnel (HTTS Semaine 1)

1 septembre 2008

Ou les conseils d’Holly Lisle, semaine 1.

Le cours de la première semaine semble poser des bases que les semaines suivantes nuanceront: le cours s’adresse à des auteurs amateurs qui ont envie de se lancer dans l’écriture professionnelle. Holly nous demande de nous pencher sur les quatre barrières mentales qui ont pu nous bloquer jusque là et qui se mettront régulièrement en travers de notre route jusqu’à ce que la mort nous sépare. Ce sont les peurs mises en avant par tout programme de prise de confiance, de mise en action, de changement, bref les peurs essentielles qui nous habite tous, qui sont peut-être très utiles dans certains contextes mais qui, quand il s’agit d’aller accomplir ses rêves, sont des fouteuses de merde pas possible. Combien de vocations sacrifiées sur l’autel de la peur de la médiocrité ?

Ces quatre peurs sont:
– la peur de ne pas être prêt. On repousse toujours à plus tard en se disant que le moment n’est pas venu, qu’il nous reste tel ou tel cours à suivre, telle ou telle somme d’argent à mettre de côté, tel renseignement vital à prendre. Bref, on se trouve des excuses pour ne pas se frotter au risque d’être déçu, de se tromper de voie, on préfère ne rien faire plutôt qu’agir et accomplir son destin.

– la peur de l’imperfection, à l’inverse, est celle qui nous empêche de finir les choses. On veut que le roman/scénario qu’on écrit soit sans la moindre faille, on a peur d’un jugement négatif, d’être médiocre, de ne pas être à la hauteur, c’est une belle salope parce que la perfection n’est pas de ce monde.

– la peur d’être seul. Holly parle d’attitude de victime. C’est celle qui consiste à toujours se plaindre, à toujours saisir le moindre événement négatif pour se justifier de ne pas agir, se morfondre dans une contemplation morbide du fait que la vie c’est dur plutôt que de réagir pour se la faciliter, la vie. C’est ce qu’on fait quand on se plaint de la frilosité des diffuseurs mais qu’on se plie quand même à leurs desiderata plutôt que de proposer de nouvelles choses tout en s’assurant qu’elles vont passer les barrières mentales de nos interlocuteurs. Tout ça pourquoi? Parce qu’on a peur d’être seul si on réussit ce qu’on tente. Après tout, les gens aiment nous plaindre et nous consoler, ça leur donne l’impression d’être importants. Si on réussit ce qu’on entreprend, ils seront obligés de constater nos réussites et ne pourront plus nous infantiliser.

– La peur de changer. Autrement dite peur de penser. C’est l’attitude de l’auteur qui croit qu’être créatif c’est ressentir les choses sans réfléchir, y aller à l’instinct et à l’inspiration, qui sont les pires ennemis de la création. La réflexion est nécessaire, tout comme la conscientisation de l’acte créatif. Réfléchir, c’est porter sur le monde un regard éclairé, mais c’est aussi sortir de sa zone de confort où les choses rentrent dans des catégories claires, où les choses qui brillent sont bonnes et rassurantes même si sous leur couche dorée elles cachent des substances toxiques. Ressentir c’est accepter d’être un jouet de la pub et de la désinformation, c’est se laisser bercer d’illusions et rester ce gamin béat devant le spectacle de prestidigitation. C’est confortable mais pour un auteur c’est s’empêcher de pouvoir tenir un vrai discours.

Holly nous donne quelques outils pour dépasser ces barrières mentales et nous dit « à la semaine prochaine » en nous promettant que les semaines suivantes seront plus denses. Elle tient ses promesses et on en arrive vite à lui être reconnaissant d’avoir commencé en douceur. Le rythme des leçons est super soutenu et leur richesse est bien réelle. Plus là-dessus dans les jours qui viennent.

Négociations: always be ready to go away

6 août 2008

Sur son blog, Alex Epstein (Bon Cop Bad Cop) aborde une question intéressante, celle de la négociation avec un producteur. Ses affirmations portent sur le système canadien mais un bon nombre sont valables en France.

La première chose à faire, pour avoir l’esprit tranquille et ne pas risquer de froisser un producteur à coups de négociations, c’est de prendre un agent. Si l’agent fait monter l’offre de 10%, il ne coûte rien à l’auteur mais lui apporte l’assurance d’un contrat libéré de ses chausses-trappes.
Néanmoins, ajoute-t-il, faire appel à un agent ne doit pas empêcher l’auteur de prendre les décisions. Autrement dit, il ne s’agit pas de dire à l’agent: négocie pour moi, et de se tourner les pouces. Il faut lire soi-même le contrat, se faire expliquer les avenants, les subtilités légales, les implications de chaque clause. Il faut, surtout, faire passer clairement à l’agent ce que l’on veut obtenir et ce sur quoi on est prêt à lâcher du lest, histoire de lui donner les outils pour négocier un contrat qui nous convienne réellement.

Comprendre son contrat

Comprendre son contrat

Mais surtout, il ne faut pas avoir peur de fermer la porte à un producteur qui ne cédera pas sur ce qui nous est essentiel. Parce qu’on ne peut pas négocier si l’on n’a aucune fermeté sur les points qui nous semblent cruciaux. Ne pas savoir dire non, c’est s’empêcher d’avoir un poids réel en face d’un producteur, c’est donner le message: « ne vous fatiguez pas à négocier, au final j’accepterai vos conditions même si elles ne me conviennent pas ». Vous ne serez que plus respecté si vous êtes fermes sur votre conception de votre valeur et vous ne gagnerez que du mépris à brader votre travail. Et rien n’empêchera le producteur à qui vous aurez dit « non » de vous rappeler plus tard, en connaissant vos règles du jeu. N’oubliez pas que le premier mot qu’on apprend pour s’individualiser, enfant, c’est « non ».
L’un de mes camarades de conservatoire avait l’habitude de dire: nous sommes des entreprises à nous tous seuls, nous proposons un produit (notre compétence) qu’il faut mettre en valeur et vendre avec autant d’efficacité que n’importe quel produit. Et quel entrepreneur sain d’esprit irait brader sa marchandise ? Nous ne voulons pas faire faillite, nous ne voulons pas être obligés de faire des ventes en gros pour sauver les meubles. Alors nous devons savoir sur quoi nous serons inflexibles et nous y tenir.

Le Deal

Le Deal

Et en contrepartie, quand on accepte un deal, on remplit sa part du marché en allant au-delà de ses capacités, en donnant le maximum et plus encore, en étant le meilleur du marché. Pour que le producteur se dise qu’il a bien fait de signer avec nous et qu’il nous rappelle la prochaine fois. Ca veut dire ne pas rechigner à réécrire, ne pas rechigner à faire des heures supp’, rendre une copie impeccable, bref faire un travail de professionnel pour être considéré comme tel.
Et cela indépendant du deal accepté. Ce n’est pas parce que vous avez signé une proposition qui ne vous satisfait pas que vous avez le droit de bâcler le boulot. Même alimentaire, un job est un job et mérite toute notre attention.

Je raconte ça parce que j’ai récemment refusé une offre qui ne répondait pas à mes critères d’une proposition décente et que quand j’en parle autour de moi, à part pour les gens qui ont appris à respecter leur propre travail, on me regarde comme si je descendais de Saturne. Mais c’est moi qui ne comprends pas. Tout contrat ne se vaut pas et je ne vois rien qui justifie de sous-valoriser mon travail juste parce qu’on m’offre l’opportunité de travailler. Surtout, je regrette que tant de scénaristes ne tiennent pas compte de l’aspect commercial de notre boulot. Oui, être scénariste c’est écrire des histories pour l’image. Mais être scénariste professionnel c’est vendre ces histoires, et ça implique une démarche commerciale comme celle de n’importe quelle entreprise. Certains, dont je fais partie, aiment ça, d’autres non, mais il faut faire avec sous peine de ne plus voir notre profession prise au sérieux. À condition que ce soit déjà le cas.