Archive for the ‘2j. Holly Lisle’ Category

Prendre du plaisir à écrire (HTTS semaine 2)

3 septembre 2008

Ce que vous envisagez de faire comme profession est un choix important. Si être un auteur est dans votre ligne de mire, il faut en connaitre toutes les particularités, bonnes mais surtout mauvaises et être régit par sa passion, en vouloir et donner, proposer encore et toujours. 

Le métier d’écrivain est exigeant, solitaire, incertain, éreintant, ingrat, c’est l’un des pires métiers que l’on puisse choisir à bien des niveaux. Alors pour ne pas finir suicidé ou à l’asile comme la moitié des auteurs, il faut veiller à y prendre du plaisir. C’est du moins ce que suggère Holly Lisle dans son deuxième cours du programme How to Think Sideways (Comment penser par les chemins de traverse).

Ce qui est amusant à ce stade, si vous suivez le blog, c’est qu’elle utilise le mind mapping, jeu de l’esprit dont je vous parlais il n’y a pas si longtemps de manière absolument pas préméditée. Ce que propose Holly, en semaine 2, c’est de dessiner sa « Sweet spot map », une cartographie des zones érogènes de votre imaginaire en quelque sorte.
L’exercice est simple et son objectif est tellement brillant qu’on se demande pourquoi on n’y a pas pensé plus tôt. Mind mappez votre imaginaire en élaborant des cartes de ce que vous aimez, ce qui vous attire, ce que vous détestez, ce qui vous fait peur, etc. Ces éléments sont les thèmes qui vous parlent, les domaines sur lesquels vous cherchez des réponses, les points d’interrogations ontologiques qui dirigent votre existence.
Ces mots et ces concepts que vous allez poser sur le papier sont les choses que vous aimez côtoyer, que vous aimez trouver dans la vie et dans la fiction des autres, et que vous allez mettre dans la votre.

Parce qu’on n’écrit bien que ce que l’on aime et qu’il faut être masochiste pour essayer d’écrire ce qui ne nous parle pas, la cartographie des zones érogènes de votre imaginaire va vous permettre d’économiser du temps de recherche. Plutôt que de tourner autour d’un sujet parce que vous ne trouvez pas le bon angle d’attaque, vous allez consulter votre carte et laisser votre subconscient y piocher des éléments (ou choisir consciemment mais le subconscient occupe une place importante dans la méthodologie d’Holly) pour construire des histoires qui soient un reflet de vous, de vos préoccupations et des univers dans lesquels vous aurez plaisir à vous plonger.

Cette carte est un des éléments clefs de la méthodologie enseignée par Holly Lisle, un point auquel elle revient régulièrement. La leçon est construite autour d’exemples tirés de l’expérience récente de l’auteur puisqu’elle vient de recevoir une commande pour une nouvelle au moment où elle rédige les leçons et qu’elle se sert de son travail sur ce texte pour illustrer sa théorie.

L’objectif sous-jacent de ce cours, je le rappelle, est de transmettre une méthodologie claire, répétable, fiable, qui permette à l’auteur qui la suit de créer selon ses besoins, de s’adapter à la réalité de son métier sans se fier uniquement à l’inspiration, bref, de l’aider à adopter une démarche réellement professionnelle de l’écriture.

Publicités

Vaincre ses peurs pour devenir un auteur professionnel (HTTS Semaine 1)

1 septembre 2008

Ou les conseils d’Holly Lisle, semaine 1.

Le cours de la première semaine semble poser des bases que les semaines suivantes nuanceront: le cours s’adresse à des auteurs amateurs qui ont envie de se lancer dans l’écriture professionnelle. Holly nous demande de nous pencher sur les quatre barrières mentales qui ont pu nous bloquer jusque là et qui se mettront régulièrement en travers de notre route jusqu’à ce que la mort nous sépare. Ce sont les peurs mises en avant par tout programme de prise de confiance, de mise en action, de changement, bref les peurs essentielles qui nous habite tous, qui sont peut-être très utiles dans certains contextes mais qui, quand il s’agit d’aller accomplir ses rêves, sont des fouteuses de merde pas possible. Combien de vocations sacrifiées sur l’autel de la peur de la médiocrité ?

Ces quatre peurs sont:
– la peur de ne pas être prêt. On repousse toujours à plus tard en se disant que le moment n’est pas venu, qu’il nous reste tel ou tel cours à suivre, telle ou telle somme d’argent à mettre de côté, tel renseignement vital à prendre. Bref, on se trouve des excuses pour ne pas se frotter au risque d’être déçu, de se tromper de voie, on préfère ne rien faire plutôt qu’agir et accomplir son destin.

– la peur de l’imperfection, à l’inverse, est celle qui nous empêche de finir les choses. On veut que le roman/scénario qu’on écrit soit sans la moindre faille, on a peur d’un jugement négatif, d’être médiocre, de ne pas être à la hauteur, c’est une belle salope parce que la perfection n’est pas de ce monde.

– la peur d’être seul. Holly parle d’attitude de victime. C’est celle qui consiste à toujours se plaindre, à toujours saisir le moindre événement négatif pour se justifier de ne pas agir, se morfondre dans une contemplation morbide du fait que la vie c’est dur plutôt que de réagir pour se la faciliter, la vie. C’est ce qu’on fait quand on se plaint de la frilosité des diffuseurs mais qu’on se plie quand même à leurs desiderata plutôt que de proposer de nouvelles choses tout en s’assurant qu’elles vont passer les barrières mentales de nos interlocuteurs. Tout ça pourquoi? Parce qu’on a peur d’être seul si on réussit ce qu’on tente. Après tout, les gens aiment nous plaindre et nous consoler, ça leur donne l’impression d’être importants. Si on réussit ce qu’on entreprend, ils seront obligés de constater nos réussites et ne pourront plus nous infantiliser.

– La peur de changer. Autrement dite peur de penser. C’est l’attitude de l’auteur qui croit qu’être créatif c’est ressentir les choses sans réfléchir, y aller à l’instinct et à l’inspiration, qui sont les pires ennemis de la création. La réflexion est nécessaire, tout comme la conscientisation de l’acte créatif. Réfléchir, c’est porter sur le monde un regard éclairé, mais c’est aussi sortir de sa zone de confort où les choses rentrent dans des catégories claires, où les choses qui brillent sont bonnes et rassurantes même si sous leur couche dorée elles cachent des substances toxiques. Ressentir c’est accepter d’être un jouet de la pub et de la désinformation, c’est se laisser bercer d’illusions et rester ce gamin béat devant le spectacle de prestidigitation. C’est confortable mais pour un auteur c’est s’empêcher de pouvoir tenir un vrai discours.

Holly nous donne quelques outils pour dépasser ces barrières mentales et nous dit « à la semaine prochaine » en nous promettant que les semaines suivantes seront plus denses. Elle tient ses promesses et on en arrive vite à lui être reconnaissant d’avoir commencé en douceur. Le rythme des leçons est super soutenu et leur richesse est bien réelle. Plus là-dessus dans les jours qui viennent.