Archive for the ‘2. Auteurs’ Category

Sauver le chat… encore

6 août 2008

Pour ceux qui ont lu Save the Cat!, dont j’ai déjà dit tout le bien que j’en pensais, Blake Snyder explore d’autres options pour cette fameuse scène qui, en fin de premier acte, rend le protagoniste aimable (« likeable »).

Je vous laisse lire.

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Alan Moore, une interview

29 juillet 2008

Une interview d’Alan Moore. Extrait:

« The first thing is: think about what you are doing, think about every aspect of it. Bryan Eno was somebody whose thinking really influenced me when I was starting out. Now he was a musician and I was moving into comics, but his thinking was generalised enough that it applied to a whole variety of fields. One of the things that he said was that some creative people seem to be governed by a kind of superstitious fear about examining their own creative processes – its almost like riding a bicycle, where if they stop to think about how they’re doing it, they’ll fall off.

Whereas my attitude is, if you’re going to be making your living out of this stuff, it’s like if you’re making your living as a driver, you’d at least want to know what happens if the car grinds to a halt, what all that stuff under the hood actually does and is… actually understand your own creative process…think about everything…think about what you’re doing.

If you’re talking about comics writing, then many of the same things apply as with writing in general, but there is a whole couple of other layers to the possibilities because you’ve got an image track as well, and a kind of ‘over grammar’, as I think I once heard it described as, where you’ve got the interaction, neither words nor pictures but the interaction of both of them. »

[…]

« To me, the basic technology is the word, I mean that’s not technology, that is a fruit of technology. The clue with technology is the ‘logy’ bit – technology means writing about a body of knowledge. The word is the mother technology, all technologies are based upon the word, the word is the primal technology. Dealing with language, dealing with being a writer, you’re gonna be dealing with language. If it’s comics, then that will involve a pictorial element, but a lot of the basic things are the same. If you want to learn how to write, be analytical, and that probably means when you’re starting, be reductionist. It’s too big a problem to grasp the whole thing at once, at least at the start of your career. Break it down. Start thinking about the different components of a story. »

(c’est moi qui souligne)

Scénarisation et professionnalisme

17 juillet 2008

Denis McGrath nous fait part d’une discussion ouverte au Canada, sur la nécessité ou non de réserver des « places » pour des auteurs freelance sur une série. Au-delà de la spécificité canadienne de cette question, il partage une réflexion sur la possibilité ou non de vivre de son écriture qui me semble avoir des échos pour nous, en France.

Grosso modo, ce qu’il dit c’est qu’il faut d’abord assurer la possibilité pour les scénaristes qui cherchent à se professionnaliser, la possibilité de vraiment vivre de leur écriture avant de se poser d’autres questions. Une profession qui offre une vraie opportunité de carrière (autrement dit, qui permette de vivre de son travail, ce qui est la base, sans se soucier de sources de revenus alternatives) permet à ses membres de transmettre leur savoir aux nouveaux arrivants et permet à leur créativité de rester au top.

Chaque séminaire où interviennent des scénaristes, chaque discussion que vous avez avec un scénariste, à part une ou deux exceptions, la précarité de ce métier vous saute aux yeux. Ce n’est pas parce que vous faites partie du staff d’une série ou que vous avez vendu un unitaire à une chaîne ce mois-ci que dans 6 mois, un an, vous toucherez encore un revenu de votre écriture. Nous courons tous après une place de choix dans un staff, être dans les bons papiers d’un producteur, prier pour que nos scénars donnent de bons films qui fassent de bons résultats pour qu’on nous rappelle la prochaine fois. On est tous là à être déchirés entre la nécessité d’écrire des choses qui ne nous plaisent pas pour vivre et de développer nos propres projets… pour vivre aussi.

Mais il y a deux acceptions à cette idée de vivre grâce à son travail et je crois que dans les métiers de passion, la deuxième est la plus importante. Bien sûr il faut payer un loyer et manger, mais à quel prix? Il y a des dizaines de métiers moins éreintants, moins éprouvants pour les nerfs que l’écriture, qui peuvent apporter le gîte et la pitance, plus quelques loisirs. On est en pleine bulle 2.0 de l’Internet, n’importe qui peut apprendre la programmation et lancer un commerce florissant, il y a des niches qui s’ouvrent, des opportunités énormes à saisir. Sinon, il y a toujours des boulots accessibles, certainement plein de qualités et qui apportent un revenu fixe pour peu de consentir le minimum requis d’efforts nécessaire à leur accomplissement.
Alors pourquoi l’écriture?
Pourquoi le vertige qui nous saisit à l’approche d’un nouveau projet? Pourquoi l’insoutenable attente quand on envoie un texte à un producteur et qu’il ne rappelle pas? Pourquoi la contrainte de travailler sur les projets des autres et la douleur de devoir réécrire sous les conseils de gens qui ont en tête d’auteurs préoccupations que la qualité de l’histoire? L’écriture est un métier difficile, épuisant, déroutant, précaire et peu rémunérateur. Alors pourquoi écrire?

Je le disais, et ça a suscité débat, je me refuse à écrire n’importe quoi. Si j’ai choisi ce métier c’est parce que j’ai besoin d’écrire pour vivre. Pas pour manger, pas pour avoir un toit. N’importe quel job peut m’apporter ça. Mais parce que créer des histoires me fait vibrer plus que n’importe quoi, parce que j’ai des histoires à raconter, parce que je me sens aller de l’avant quand je progresse dans ce métier, parce que c’est la seule activité qui me fasse défaut si je ne la pratique pas pendant plus de trois jours consécutifs. Si je n’écris pas, je déprime et à terme mes émotions meurent, je meurs.

Mais n’importe quelle écriture ne peut pas m’apporter ça et devoir accepter de pisser n’importe quelle copie juste pour manger, ce n’est pas ça que j’appelle vivre de l’écriture. Par pisser de la copie, j’entends le fait que sous la pression économique, les auteurs sont contraints à accepter n’importe quel deal, souvent plusieurs en même temps, ce qui les empêche de donner le meilleur de leur compétence dans chacune de leurs assignations. Un système qui offre aux auteurs la possibilité d’être de vrais professionnels doit permettre à ces auteurs de donner le meilleur d’eux-mêmes dans les travaux qu’il leur impose. Le salariat « à l’Américaine » (que TF1 essaye d’implémenter doucement) est peut-être une solution.
Si les auteurs ont un poste, un salaire et qu’au sein de ce poste ils peuvent se concentrer sur un type de contenu (des histoires pour tel univers de fiction), alors ne deviennent-ils pas de vrais professionnels de l’écriture et plus les mercenaires qu’ils sont actuellement, obligés de se vendre au plus offrant, de courir plusieurs lièvres à la fois et de consciemment laisser leur travail être bradé et méprisé, juste parce qu’ils doivent manger?

Un producteur m’a dit un jour une chose très intéressante, quoiqu’édifiante. En gros c’était ça: si tu veux développer tes propres contenus, ne t’adresse pas à la télé ou tu vas y aller en mendiant. La télé ne bosse qu’avec de grosses boîtes qui ont le pouvoir politique de leur imposer leurs contenus ou avec des licences qui ont déjà fait leurs preuves. Va voir du côté de l’édition traditionnelle et reviens vers les chaînes. Sinon, tu vas te faire réduire en pâtée.

Le syndrome du premier jet

19 octobre 2007

Tous les textes sont sujets au syndrome du premier jet.

Anne Lamott, dans Bird by Bird insiste fortement sur le fait que le premier jet est toujours merdique et qu’il faut se déculpabilisr de ne pas y arriver du premier coup. Personne ne peut sortir un texte abouti (publiable, vendable, lisible, ce que vous voulez) sur un premier jet, pour une raison bien précise c’est que le premier jet est celui où sortent pour la première fois les idées que vous aviez en tête.
L’écriture est un phénomène un peu magique qui fait que lorsque vous commencez à écrire, les scènes qui étaient claires et limpides dans votre tête perdent quelque chose mais gagnent autre chose. C’est sans doute l’effet du passage de la partie « imagination & visualisation » du cerveau à la partie « intellectualisation & alphabétisation » qui est responsable de ces transformations, mais très pragmatiquement, ça se traduit par: ce qui est sur le papier n’a plus rien à voir avec ce que j’avais en tête et ce n’est pas une SI mauvaise chose que ça.

L’autre phénomène c’est qu’à partir du moment où une chose est posée sur du papier, elle prend une valeur très différente, aux yeux de notre cerveau, elle existe. Avant, ce n’était qu’une masse de potentialités, tout pouvait encore lui arriver, ce n’était que du vent, des images dans votre tête, rien de tangible pour le cerveau qui analyse.
Mais dès l’instant où une phrase existe, c’est décorticage et compagnie. Les questions que vous vous posiez vaguement par rapport à votre idée (est-ce que c’est vraiment la bonne? comment vais-je la développer?) se précisent, font surgir de nouvelles questions qui, parce qu’elles reposent sur des éléments tangibles, vous permettent d’avancer dans votre développement de l’idée.

Le premier jet doit sortir le plus rapidement possible, histoire de libérer l’auteur et d’éviter au cerveau analytique de trop s’en mêler. Le premier jet c’est un moment de liberté totale, où toutes les sensations et les images qui vous traversent la tête doivent être mises sur papier, peu importe qu’elles correspondent à l’idée (forcément étriquée) que vous vous faisiez de votre histoire. Tout doit sortir et vite, d’un seul jet autant que possible, sans pause. Tous les jours bossez comme un(e) dingue pour sortir ce texte sans laisser la place une seule seconde à l’analyse. Comme dirait Viki King, c’est votre coeur qui écrit cette version, pas votre tête. Le premier jet vient du ventre.
Le premier jet, c’est cette version chaotique du texte où se bousculent incertitudes, bonnes et mauvaises surprises, thématique brouillonne, digressions en tout genre, tâtonnements stylistiques, bref toute une matière première brute qui n’est en aucun cas une histoire, qui n’est en aucun cas un texte que l’on peut montrer. Le premier jet est un matériau de départ à partir duquel l’auteur peut réellement travailler.

Demain: la réécriture.

Écrire en équipe

12 octobre 2007

Blake Snyder a une belle approche de la question sur son blog, aujourd’hui.

La transformation du héros

10 octobre 2007

Blake Snyder publie un article sur le site du writer’s shop sur le moment de clarté qui survient au cours la transformation du héros. Son analyse est que ce moment est préparé par l’annonce du thème, au début du film, annonce faite par un personnage qui semble n’avoir rien avoir avec l’intrigue et dont les propos sont difficiles à saisir/porteurs d’un double sens à ce stade du récit. Ce personnage est souvent lié à l’intrigue B, l’intrigue de l’aidant, celui qui accompagnera le héros dans sa transformation et à travers qui il parviendra au moment de clarté.

Une histoire n’a pas besoin d’être parfaite

22 septembre 2007

Démonstration (c’est un bien grand mot, mais allons-y pour « démonstration ») par Denis McGrath.