Archive for the ‘_Anael Verdier’ Category

How much must a writer write? – Mes Angoisses

19 avril 2012

 

Les auteurs songent-ils à quantifier leurs écrits? Etre écrivain signifie t’il écrire tout le temps? Réflexion sur la considération et la légitimité d’un auteur par Anael Verdier.

C’est une question que je me pose souvent: est-ce que j’écris assez ? Est-ce qu’en écrivant aussi peu que je le fais je mérite vraiment de me qualifier d’auteur ? Est-ce que le fait de vouloir aussi enseigner, d’y consacrer du temps (du temps que je ne passe pas à écrire!) ne fait pas de moi un fraudeur ?

Combien un auteur doit-il écrire pour être un auteur ?

Assez pour vivre ? Assez pour remplir des annuaires de ses textes ? Assez pour m’occuper tous les jours ?

Et tout ce qui n’est pas publié/produit/acheté, est-ce que cela fait de moi un amateur ?

Le soir tombe, la nuit avance, la fatigue de la journée m’écrase et la ronde des doutes recommence. J’ai beau avoir fait mes preuves, avoir été diffusé dans le monde entier, vivre de mes textes, ce n’est jamais assez pour moi. Je ne me trouve jamais assez bon, jamais assez productif, jamais assez légitime. Je crois que même le jour où j’aurai publié mon bestseller, je croirai que les gens se sont trompés en achetant mon roman. Je crois que même le jour où mon blockbuster sera salué, je considérerai que j’ai juste su tromper le public.

Pourtant je ne travaille pas moins sérieusement qu’un autre. Je fais tout ce qu’il faut et même plus.

Combien faudrait-il que j’écrive de textes pour que l’angoisse qu’un jour tout s’arrête, cette vie de rêve où je suis payé pour inventer des histoires, pour que cette angoisse disparaisse ?

Faut-il que je meure à la tâche ?

Cette insatisfaction chronique, cette intransigeance vis-à-vis de moi-même me pousse à toujours rester sur le fil, vigilant, à apprendre toujours plus, à me renouveler, à me lancer de nouveaux défis. C’est bien, en un sens. C’est comme un mécanisme d’auto-bottée-de-cul (pardonnez le néologisme, le substantif de « botter » m’échappe).

L’angoisse me réveille souvent la nuit, elle me serre les tripes et me dit d’écrire mais comment écrire quand le grand Censeur se dresse par-dessus votre épaule ? C’est impossible. Alors je sombre encore plus.

Et j’aime ça

Parce qu’une fois la crise d’angoisse passée, il me reste cette sensation délectable d’être plus présent au monde que jamais, d’être à l’écoute de mes besoins. Je suis ouvert, l’âme déversée sur la table dans toute sa vulnérabilité, toute sa nudité. La censure se tait, les parasites s’éteignent, il n’y a plus que moi et mon essence, en face à face intense. C’est là que j’écris mes meilleurs textes, dans la transe qui s’en suit, qui vient en général la nuit mais parfois aussi le matin très tôt, quand l’insomnie me réveille à l’aube et que je trouve le courage de descendre me mettre à la page.

La crise d’angoisse est comme un cap, une frontière à franchir pour atteindre ce monde de pureté et de clairvoyance. Quand j’entre dans cet état tout devient moins réfléchi, plus intense, plus tripal. Une grande partie de mon apprentissage de romancier a été de provoquer cet état à la demande. J’ai beaucoup appris du chamanisme en matière de provocation de transes. Musiques assourdissantes et répétitives, boissons apaisantes (tisane de coquelicots en tête) ou à l’inverse excitantes (en alternance: café corsé et thé) pour renforcer ma concentration. La difficulté est de ne pas briser la transe. C’est pourquoi je préfère écrire quand la maisonnée dort. Mieux, quand la ville dort. Tard la nuit ou vraiment tôt, entre 5h et 8h, quand mes idées sont les plus claires. La transe est fragile, une interruption et tout est perdu. Je peux dire adieu à mes éclats de génie.

C'est à peu près ça, les bois en moins

Les deux nouvelles que j’ai publiées sur Kindle ont émergé de ces états-là.

Bizarrement, les scénarios que j’écris tirent rarement quelque chose de cette transe. Peut-être parce qu’ils répondent à des contraintes différentes, peut-être parce que j’ai trop en tête les producteurs quand je les écris. Peut-être simplement parce que j’intellectualise encore trop mon écriture scénaristique par rapport à mon écriture littéraire.

Qu’en est-il pour vous ?

Connaissez-vous ces attaques d’angoisse ? J’ai l’impression que mes confrères n’en parlent pas à cause de l’aveu de faiblesse que cela représente. Je crois que c’est important pour les aspirants auteurs d’entendre ça. L’écriture est un métier profondément intime et terriblement incertain. En publiant (peu importe la forme: scénario montré à un producteur, billet de blog ou roman livré aux masses), l’auteur se met en porte-à-faux et se livre au jugement de ses lecteurs. C’est souvent excitant mais c’est aussi régulièrement douloureux (si personne ne réagit c’est douloureux, si les gens réagissent mal c’est douloureux).

Connaissez-vous l’état de transe dont je parle ? Le provoquez-vous ? En avez-vous besoin pour bien écrire ? Partagez vos expériences dans les commentaires!

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Comment mes mentors m’ont aidé à devenir écrivain

16 avril 2012

Un aspirant écrivain se crée son entourage; il s’inspire de l’expérience d’autres avant lui qui deviennent ses mentors. La lecture de leurs ouvrages est formatrice, elle vous pousse et améliore votre écriture. Peut être connaissez vous déjà Marie Forleo, Tony Robbins ou encore Tim Ferris?

Quand vous décidez de devenir écrivain, il est important de bien vous entourer. L’impact des autres peut être décisif dans le succès ou l’échec de votre projet.  Si vous avez comme moi la chance de trouver des mentors bienveillants, vous mettez toutes les chances de votre côté de devenir l’écrivain que vous rêvez d’être. Un bon mentor vous permettra de conserver votre motivation intacte, il vous aidera à acquérir les bons outils, les habitudes qui feront de vous le meilleur des écrivains possibles. C’est grâce à la rencontre des bons mentors que j’ai réussi à construire ma propre carrière et que je peux continuer à progresser et devenir meilleur, plus autonome et plus riche, émotionnellement et financièrement. Je vais vous raconter comment j’ai rencontré mes mentors et l’impact qu’ils ont eu sur moi.

Le premier mentor de ma carrière a été Yves Simon. J’ai écrit à Yves Simon de but en blanc un matin, à Montréal, après avoir trouvé son adresse mail sur son site internet. Sa littérature m’avait déjà touché et avait renforcé mon envie d’écrire et de devenir un écrivain professionnel. Quand j’ai vu que je pouvais entrer en relation directe avec lui, j’ai sauté sur l’occasion. Je l’ai noyé sous les questions. J’avais 15 ans, peut-être 16, je n’avais aucune limite (je n’en ai d’ailleurs toujours pas). Il m’a donné mon premier aperçu sur du métier de romancier. Je lisais son blog avec assiduité et dans nos échanges, il me confiait que oui, cela pouvait être difficile mais qu’il fallait persister. De cette correspondance, je garde le souvenir de sa générosité, de la simplicité avec laquelle il répondait à mes questions souvent naïves. C’est cette attitude d’ouverture et de partage que je m’efforce de conserver aujourd’hui dans mes échanges avec mes propres lecteurs.

Mon second mentor a été Christian Biegalski. Notre relation a été très différente. Il était le directeur du CEEA à l’époque de ma formation et son caractère impossible, sa difficulté à communiquer, le rendaient peu accessible. Il était dur, exigeant, souvent cassant. Je ne lui ai jamais dit l’estime que j’avais de lui mais je puisais dans sa présence l’énergie d’aller plus loin. Je voulais lui prouver que j’étais digne de son école et de son enseignement et recevoir sa validation. La  conversation que l’on a eue quand j’ai envisagé arrêter le conservatoire pour me consacrer à nouveau à l’écriture de romans a été l’une des plus importantes de ma vie. Le respect dont il m’a fait part, sa bienveillance, ont été déterminants dans mon choix de rester au conservatoire mais surtout dans ma représentation de moi-même en tant qu’auteur. C’est la première fois que je sentais que j’étais un auteur légitime, que j’étais reconnu par un pair et encouragé à faire ce qui me semblait le mieux pour moi et ma carrière. Même maintenant qu’il n’est plus là, son souvenir m’habite et il me suffit de me le remémorer pour retrouver le sentiment qui m’habitait à cette époque.

Les mentors suivants ne sont pas des mentors d’écriture mais des mentors de business et de développement personnel. Cela peut sembler paradoxal mais c’est quelque chose dont on ne parle pas assez : la nécessité pour un auteur de savoir entrer en relation avec son public et avec lui-même. Il y a peu d’ouvrages sur la question dans la littérature spécialisée en écriture. On y parle de pitch, un peu de la relation avec les producteurs, mais tout cela reste très anecdotique, alors que c’est essentiel pour construire une carrière. J’ai donc dû chercher ailleurs et tout apprendre par moi-même. Ces mentors, je ne les ai jamais rencontrés, je n’ai même jamais communiqué avec eux. Je lis leurs livres, leurs blogs, je regarde leurs vidéos et je m’approprie leurs idées. J’en tire des connaissances mais surtout de l’inspiration, une énergie qui me pousse à créer et à produire. Vous pouvez vous inspirer d’eux, vous aussi : Marie Forleo, Jonathan Fields, Tim Ferris, Tony Robbins sont parmi les plus importants.

Bradbury sur l'écriture: un livre mentor

Bradbury sur l'écriture: un livre mentor

Sans ces mentors, je ne serais pas le quart de l’auteur que je suis devenu. Leurs idées, leur démarche, leur attitude, leurs encouragements, m’ont permis de persévérer et de m’améliorer. Ils ont été des soutiens dans les périodes de doute et des guides dans la construction de mon identité d’écrivain. Vos mentors n’ont pas besoin de savoir qu’ils le sont, vous n’avez pas besoin d’entrer en contact direct avec eux mais ils doivent vous motiver et vous aider à avancer. Choisissez-les parmi les individus qui vous inspirent le plus dans leurs idées, leur attitude, leur philosophie. Mieux vous vous entourerez plus loin vous irez. Et quand vous serez prêt, devenez vous-même un mentor pour ceux qui vous suivent. Partagez avec nous vos propres histoires dans les commentaires. Quels sont les mentors qui vous ont aidé ou vous aident encore à construire votre carrière ? Que vous ont-ils apporté ?

Pour aller plus loin:

Comment les bonnes rencontres m’ont aidé à reprendre du poil de la bête

Qu’est-ce qu’un mentor

Être un mentor (en anglais)

La Renaissance de Dramaturgie et Scénario – Le Phoenix reprend son essor

15 avril 2012

Par où commencer ?

Plusieurs changements vont apparaître sur ce blog dans les semaines qui viennent. Certains ont commencé à se mettre en place, d’autres sont en préparation. Ils viendront peu à peu, par petites touches discrètes. Ils naissent de mon désir de donner plus de place au partage dans ma vie. Je veux donner davantage, partager mon expérience.

Quand j’ai commencé à publier sur ces pages, j’étais encore au CEEA, ignorant tout de l’avenir que me réservait ma carrière de scénariste. Hé! J’ignorais même si je finirais par vraiment devenir scénariste! Je n’avais aucune idée de par quel bout prendre les choses, je cachais ma peur panique de l’avenir derrière beaucoup de certitudes et un brin d’arrogance mal placée.

Le chemin a été étonnamment facile puisque deux ans à peine après ma sortie de l’école, je gagnais ma vie entièrement grâce à l’écriture. Une partie de mes revenus venait du scénario d’animation et une autre de mes piges dans un magazine spécialisé dans le jeu de société (sic). Ma vie personnelle, pendant ces deux ans, a été bien chamboulée elle aussi puisque, comme à mon habitude, je lançai tous les chantiers en même temps, démarrant à zéro ma vie professionnelle et ma vie de couple (une histoire pas simple qui mériterait que je la raconte un jour).

Je crois qu’à cette époque, je blogais beaucoup. Je n’étais pas à l’aise en tant que scénariste, puisque j’apprenais sur le tas la réalité du métier (c’est une chose que d’acquérir les compétences dans le sanctuaire d’une école, c’en est une autre que de les appliquer sur le terrain) mais j’avais des choses à dire, j’étais en plein dans le vif du sujet.

Pourtant, il ne m’a pas fallu longtemps pour être confronté à l’impensable : après avoir (enfin) réalisé mon rêve de vivre de l’écriture, un ennui profond s’est installé. Ca s’est littéralement passé comme ça. Un matin, en attendant les retours d’un directeur d’écriture sur un texte, j’ai réalisé que je m’ennuyais. Je n’avais jamais ressenti ça, un ennui aussi intense, pur, profond. L’angoisse!

3 ans de crise s’en suivent

Aussitôt, ce fut la remise en question: « Faut-il que je continue ou que je me convertisse ? Est-il temps de revenir au roman même si  toute forme d’écriture m’ennuie ? Devrais-je devenir jardinier ? Au moins je travaillerais en plein air. » Pour ne rien arranger (mais est-ce un hasard ?), j’enchaînai les plans foireux, producteurs qui ne payaient pas, productions qui stoppaient net et développements qui s’éternisaient je me retrouvai financièrement à sec, obligé d’écrire un court-métrage de commande pour une association agricole. J’avais honte. Je me cachais. Je ne parlais plus à personne. Je ne sortais plus, trop embarrassé pour demander de l’aide. Je ne bloguais plus. J’avais envie de disparaître. J’étais au plus mal.

Je découvris Tim Ferris. Je changeai mes paradigmes. Je revins sur des convictions ancrées. J’acceptai que le travail pût être autre chose que l’exercice de ma passion ou que celui-ci pût prendre d’autres formes que la seule écriture. Je compris aussi que l’écriture pour la télévision n’était pas l’accomplissement total de ma vocation et que j’avais perdu de vue mon premier objectif : être romancier.

Je réalisai alors avec effroi que je n’avais pas écrit un roman depuis 2004, l’année qui avait précédé mon entrée au CEEA (je ne compte pas le NanoWrimo de 2007 qui demanderait une réécriture considérable pour faire partie du lot). Pire, je n’écrivais plus de nouvelles. Pire, j’avais arrêté de développer des concepts on spec.

C’est là que la vérité m’a frappé: J’avais baissé les bras, j’étais devenu indifférent, je ne croyais plus à l’écriture comme un travail d’auteur, j’étais devenu persuadé que l’écriture n’était qu’un artisanat de mercenaire enchaînant les contrats de commande. J’étais désabusé. Je pratiquais la loi du moindre effort, me contentant de travailler pour les autres, sur les projets des autres, négociant les honoraires les plus élevés possibles grâce à l’expertise que j’avais acquise comme développeur de projets d’animation… ceux des autres. J’enchaînais les bibles mais au fond je ne croyais plus à ce que je faisais. Je savais que je le faisais bien mais sans coeur et sans âme.

Quand j’étais seul (80% du temps) et que j’ouvrais mes sens à ce que je vivais, je me sentais perdu au milieu d’un tunnel profond. Aucune lumière ne venait jusqu’à moi. J’avançais à tâtons et par habitude, pas parce que je croyais que le tunnel avait une fin. Je me disais que j’aurais pu m’assoir et attendre, ç’eût été pareil. Quelque part, c’est un peu ce que je faisais en arrêtant de développer mes projets: j’abandonnais.

Un sursaut de lucidité me poussa à convaincre F. de quitter Paris. Ailleurs, n’importe où, repartir à zéro. J’avais déjà pratiqué ça, la fuite en avant. On dira ce qu’on voudra, ça marche. Et ça demande plus de courage que de simplement rendre les armes. Tout reconstruire, miser le peu qu’il nous restait sur un acte de foi: ça ne pourrait pas être pire ailleurs.

J’enseignais déjà quelques heures dans une école de graphistes à Bordeaux. Pas grand chose, un poste que j’avais brigué par curiosité, par envie de transmettre, et simplement parce que l’opportunité s’est présentée. Je m’accrochais à ça et je cherchai d’autres écoles. Tout plutôt que de risquer de tout perdre à nouveau à cause d’un enchaînement de mauvaises circonstances. Je décidai de faire ce que tout les experts conseillent: arrêter de mettre tous mes oeufs dans le même panier. Scénariste c’est un métier précaire, ne croyez pas ceux qui vous disent le contraire. Le statut d’auteur n’offre aucune protection contre les coups du sort et ils sont courants.

Ce Que J’ai Compris sur Moi

Je ne vais pas détailler les deux ans qui ont suivi mais qu’il me suffise de dire que ça a été les deux années les plus riches de ma vie d’adulte. J’ai exploré ma psyché, j’ai plongé au plus profond de moi pour comprendre ce qui me manquait, ce que je voulais, ce que je devais faire pour avoir le sentiment de vivre une vie palpitante. Je me suis confronté au monde d’une manière inédite pour moi. J’ai lu énormément, pas de la fiction, mais des livres de développement personnel, de marketing, des livres sur ce qui fait une vie digne d’être vécue, des livres sur l’écriture mais pas des manuels cette fois, plutôt des livres d’auteurs, souvent des essayistes, parfois des romanciers. J’ai lu sur le travail, sur la productivité, sur l’entrepreneuriat, sur le dépassement de soi. J’ai noirci des centaines de pages d’introspection, j’ai fait des listes de ce que je voulais, de qui je voulais être. J’en ai déchiré des dizaines, je les ai recommencées encore et encore jusqu’à avoir une idée claire de la vie que je voulais construire désormais.

J’ai réalisé qu’il ne suffit pas de devenir écrivain pour maîtriser sa vie et qu’en devenant scénariste, j’avais oublié ma première règle de conduite: être aux commandes de mon existence. En me concentrant sur des contrats de commande, en cherchant à tout prix à devenir l’un d’eux, à faire partie du milieu, j’avais oublié que le milieu n’est pas la priorité.

J’ai aussi compris que j’avais besoin de défis impossibles pour me faire avancer dans la vie. Que maintenant que j’avais réussi à gagner ma vie en écrivant, cela ne m’intéressait plus. J’avais besoin d’autre chose. D’un nouveau défi. Comme celui d’enseigner l’écriture de scénario. Ou de devenir un romancier à succès. Ou d’accompagner de jeunes aspirants auteurs vers la construction de leur carrière. Ou de partager avec autres auteurs sur la notion d’autonomie.

J’ai souvent été surpris de constater que bon nombre de scénaristes n’étaient pas plus heureux de leur sort que nombre de banquiers ou d’ingénieurs. Je me suis toujours demandé comment on pouvait devenir scénariste sans que ce soit un choix conscient de tout instant. Je vois bien comment on peut devenir ingénieur ou banquier sans jamais se poser la question. Il suffit de suivre les rails. Bon au lycée, une grande école, un premier boulot et la vie s’enchaîne. Mais scénariste ? J’ai réalisé que la plupart des gens ne voulaient pas vraiment prendre de risque dans leur vie, que l’attrait du confort nous gagne tous à un moment ou à un autre. J’ai aussi compris que ça ne m’intéressait pas. Que je me sentais mort quand je vivais dans le confort et que j’avais besoin de toujours marcher au bord de l’abîme. J’ai besoin de me lancer des défis impossibles parce que cela m’oblige à grandir, à devenir meilleur et à vivre pleinement. Tant pis pour les angoisses nocturnes. Si l’alternative est l’ennui mortel que j’ai vécu pendant 3 ans, je les choisis avec bonheur !

J’ai envie d’écrire là-dessus, d’expérimenter avec ça, de partager cette conviction que nos vies peuvent être extraordinaires et que tout est possible. Je crois que c’est ça que mon coeur exige.

Fast Forward Jusqu’à Aujourd’hui

J’ai partagé les deux dernières années entre l’écriture et son enseignement. J’ai trouvé la sortie du tunnel et aujourd’hui je lutte pour reconstruire ma foi, je m’accroche à l’impératif moral et esthétique qui me force à écrire mes projets. Je me suis donné comme règle de limiter les projets de commande que j’accepte et de les sélectionner avec attention. Je me suis donné pour impératif de ne plus devoir écrire pour vivre. Parce que cela ne me suffit pas. Il y a un certain confort à travailler pour les autres, la prise de risque est moins grande. Mais le sens aussi est moindre. Je me suis laissé prendre au chant de sirènes des chèques faciles, du travail quasi mécanique de la commande et  je veux maintenant me donner la chance de construire une oeuvre qui me soit propre et dont je puisse être fier, dont mon fils puisse être fier. C’est risqué. Ça me fait peur. Putain que ça me fait peur ! Mais ça en vaut la peine.

Et je veux partager cette construction avec vous, qui êtes là depuis des années, à me faire confiance. Je veux continuer à vous accompagner dans votre apprentissage du métier d’auteur et maintenant que le tunnel est derrière moi, maintenant que les nuages qui encombraient l’horizon se sont dissipés, je peux recommencer à le faire sérieusement.

Je ne le ferai pas seul. J’ai pris sous mon aile une apprentie scénariste, Mélissa. Elle publiera ici des billets, dans lesquels elle vous apportera un regard neuf, un point de vue de découvreuse de l’écriture, de ses règles et du milieu dans lequel les auteurs gravitent. Je lui ai aussi demandé de lire des manuels d’écriture et de les chroniquer sur le blog à raison d’un ou deux par mois.

De mon côté, je publierai chaque semaine un nouveau billet. Cela pourra être un billet d’humeur parlant succinctement d’un aspect de l’écriture, ou un billet plus technique.

Je me suis aussi lancé le défi de formaliser mes méthodes d’écriture, mes convictions d’auteur et mes systèmes de travail dans de courts manuels. Deux ans d’enseignement m’ont contraint à réfléchir à ces questions et j’ai envie d’écrire un livre sur le fruit de ces réflexions. L’envie d’écrire des choses qui me sont propres revient de plus en plus régulièrement et elle est de plus en plus insistante. Je retrouve des sensations endormies. J’espère n’être pas trop engourdi.

J’ai aussi envie d’écrire un manifeste, qui développera ce que je viens de raconter ici, le chemin qui m’a mené du rêve au désespoir, de la passion à l’indifférence. Et surtout les outils qui m’ont permis de réentendre la voix de mon âme. Je voudrais servir d’exemple pour rappeler qu’il ne faut pas sacrifier sa voix au charme de l’argent. Si votre passion c’est d’écrire de la commande, faites-le et brillez là-dedans, mais si vous voulez être auteur avant tout, je ne suis pas sûr que le sacrifice en vaille la peine. Marc Herpoux m’avait pourtant prévenu. Je suis presque prêt pour ce livre. J’étudie des manifestes, pour en comprendre la structure et les codes.

J’écris un roman que je vais autopublier, mais ça, vous le saviez déjà.

J’ai des dizaines d’autres projets, dont je vous parlerai ici. Revenez régulièrement, ou mieux, inscrivez-vous à ma newsletter: http://www.anaelverdier.com/newsletter/, je vous enverrai un mail quand je publierai un nouveau billet.

Dans tous les cas, restez connectés au blog, les choses vont sérieusement se remettre à bouger!

Anaël

Je m’apprête à faire un truc de fou, vous en êtes?

1 mars 2012

Une révolution dans l’édition se produit avec l’apparition du livre électronique. Connaissez-vous la publication sur le Kindle lancé par le célèbre site de commerce Amazon ? 

 

Je suis super excité à propos de ce truc que je m’apprête à faire. Un peu flippé aussi, parce que c’est m’exposer comme jamais. C’est prendre un risque encore plus grand que quand j’ai pris femme et enfant pour tout quitter et commencer à zéro dans une nouvelle ville.

C’est prendre un risque encore plus grand que de ne jamais suivre aucune formation professionnalisante autre que le CEEA.
Plus grand que mon obstination à ne jamais avoir de plan B dans la vie.

Parce qu’il y a en jeu mon image. Si j’échoue cette fois, ce sera publiquement et ça, ça me flippe.

Bon.

Je fais vite avant de changer d’avis. C’est totalement impulsif mais une fois que j’aurai lancé l’info il n’y aura plus de marche arrière possible alors je dois faire vite pour que la petite voix qui me dit: « arrête, t’es fou!!! » ne gagne pas.

Vous le savez sûrement, je crois en avoir parlé ici et si ce n’est pas le cas j’en ai parlé ailleurs, une révolution est en cours dans la manière dont les livres sont publiés.

Comme iTunes a révolutionné la manière dont on publie, consomme et vend de la musique, Amazon et son Kindle sont en train de révolutionner la manière dont on publie, consomme et vend des livres.

Vous ferez des recherches sur le Kindle plus tard si vous ne savez pas de quoi je parle, restez avec moi encore quelques lignes. L’info la plus importante à retenir c’est qu’Amazon a ouvert sa plateforme de publication à tout le monde. C’est-à-dire que peu importe que vous soyiez un éditeur ou un auteur isolé, vous pouvez publier sur Kindle vous-même. Et toucher jusqu’à 70% du produit des ventes de vos livres.

70%

Vous savez combien gagne un auteur dans le circuit de l’édition traditionnelle ? 6 à 12%

  • 6 à 12% dans l’édition traditionnelle
  • 70% dans la nouvelle édition

Je vous laisse digérer cette info.

C’est bon ?

Ok. Alors accrochez-vous, voilà la suite.

Quelque part en 2011 (je crois que c’était en avril), un type appelé John Locke, un ancien vendeur d’assurances de 60 ans, qui n’avait jamais écrit un roman de sa vie a vendu 1.000.000 de romans sur Kindle. Oui, UN MILLION. Et il a décidé d’écrire un livre sur la manière dont il s’y était pris pour le faire. Étape par étape.

Ok. Deuxième effet kiss kool, un paquet d’auteurs américains PUBLIÉS mais mid-list (ceux dont on n’entend jamais parler mais qui vendent assez pour que les éditeurs les gardent dans leurs écuries) ont décidé de lâcher leurs éditeurs et de se lancer à leur compte. « De toutes façons, disent-ils, on s’occupait déjà de trouver nos propres lecteurs, alors ça ne changera pas grand chose, sauf qu’on aura la vie plus facile ». Parmi ces auteurs, Holly Lisle, dont vous savez que je l’apprécie, mais elle n’est pas seule.

Moi, vous le savez peut-être, je veux être romancier depuis que je suis ado mais le milieu de l’édition et la manière dont les éditeurs traitent leurs auteurs et la manière dont les libraires traitent les livres, tout ça m’a pas mal dégoûté et fait passer l’envie. J’ai toujours gardé en tête cette envie, j’écris régulièrement des textes littéraires pour le plaisir, que je garde dans un coin sans vraiment chercher à en faire quoique ce soit.

Et je me suis toujours posé la question de savoir si le web serait un bon véhicule pour ces textes. En tous cas, à réfléchir à des solutions alternatives à l’édition traditionnelle.

Ça n’a pas été mon souci principal ces dernières années, juste un truc auquel je revenais régulièrement, vaguement frustré de ne rien faire mais pas assez convaincu par quelque option que ce soit pour vraiment passer à l’acte.

En septembre 2011, Amazon a sorti son kindle en France. J’en ai parlé sur un des blogs, mais sûrement pas ici (je vous le redis, j’écris ce message dans l’urgence, avant de changer d’avis sur ce que je m’apprête à annoncer, c’est pour ça que je ne vérifie pas ce que j’affirme).

J’attendais ça avec impatience, je savais que ce serait le début de la révolution en France. Il faudra un peu de temps pour que les gens adoptent vraiment la liseuse mais je sais que ça arrivera, autant que je savais que je finirais par vivre de l’écriture ou que cette fille rencontrée dans un cours de théâtre deviendrait la femme de ma vie. C’est ce genre de conviction que j’ai toujours suivi pour prendre mes décisions et ça a toujours plutôt bien marché pour moi alors je ne suis pas prêt de m’arrêter!

C’est pourquoi 2012 sera pour moi l’année du retour à la littérature, à l’écriture de romans plus précisément et l’année de l’autopublication.

J’ai décidé de me lancer. J’ai lu pas mal sur la question, j’ai suivi des séminaires sur la publication de livres sur Kindle et sur le moyen de communiquer sur leur existence auprès des lecteurs et je me sens paré. Le hic c’est qu’à part John Locke, aucun de ces formateurs ne parle de fiction. Ils écrivent des manuels, faciles à référencer et à trouver. Donc leurs techniques valent uniquement dans une certaine mesure pour les auteurs de fiction.

Je suis quand même convaincu qu’il est possible avec le Kindle et les outils d’Amazon, de toucher un public suffisant pour tirer un revenu confortable de l’écriture de romans.
J’en suis convaincu mais je ne le sais pas vraiment. Aucun fait ne me le prouve. Je ne l’ai pas (encore) fait. C’est tout l’enjeu de cette année : sauter le pas, tenter le tout pour le tout, et voir ce qui en ressort.

Je me suis fixé un objectif tout petit pour cette première année, parce que j’imagine que je vais faire pas mal d’erreurs et que je vais pas mal tâtonner : gagner 5000€ en vendant uniquement un, ou des, romans. Mais c’est une infime portion de ce que j’estime possible de gagner à terme en publiant moi-même mes romans (note: j’ai un certain nombre de règles auxquelles je tiens particulièrement, la première étant de ne publier que des romans de qualité, ce dont je m’assurerai en engageant des lecteurs professionnels pour avoir des retours éclairés sur les qualités et les défauts des différentes versions).
Ce n’est pas ça, le truc de fou. Le truc de fou c’est que je suis prêt à le faire publiquement.

Le « truc » c’est que ce ne sera pas gratuit. Je ne vais pas juste ouvrir un blog accessible à tous et montrer mes tentatives plus ou moins réussies de créer un revenu autonome à travers l’écriture et l’édition de romans.

Pourquoi pas ?

  • D’abord parce que je n’en ai pas envie, ce qui est une raison qui devrait se suffire à elle-même. Je n’ai pas envie de m’afficher en public en train d’apprendre. Je l’ai fait avec architecriture et je n’ai pas envie de revivre cette expérience.
  • Ensuite parce que je veux que seulement des gens motivés pour suivre le même chemin que moi suivent ce blog. Je préfère avoir 3 inscrits qui vont expérimenter en même temps que moi, avec qui je vais pouvoir partager des impressions, discuter de nos découvertes mutuelles, et progresser ensemble, 3 personnes qui veulent trouver un moyen de vivre de l’écriture plutôt que 100 personnes vaguement curieuses de voir ce qui arrive mais qui n’en tireront rien, qui commenteront le processus sans prendre la peine de l’expérimenter parce que de toutes façons ça ne les intéresse pas.
  • Enfin parce que je suis convaincu que ce que je vais apprendre va fonctionner et que ceux qui l’apprendront en même temps que moi auront tous les outils clefs en main pour construire une carrière dans l’écriture de romans, en se passant des intermédiaires. Je suis convaincu qu’ils pourront gagner beaucoup d’argent s’ils appliquent ce qu’ils apprendront en m’observant et je suis convaincu qu’il n’y a rien au monde qui ait plus de valeur que les connaissances. Je réinvestis 15% de ce que je gagne chaque mois dans l’apprentissage de nouvelles compétences et dans l’approfondissement de ce que je sais déjà. Je considère que c’est le meilleur placement possible pour mon argent, bien meilleur qu’un produit bancaire. Parce que ces connaissances, je peux les revaloriser et m’en servir pour mieux gagner ma vie, même en temps de crise. Je ne me contente jamais de ce que je sais déjà, je crois que vous le savez si vous me suivez depuis un moment, et je considère que c’est ce que tout le monde devrait faire. Donc par conviction personnelle, je vous demanderai d’investir dans ce que je considère comme une formation dans l’art de vivre de l’écriture.
  • En plus, je vous offrirai des tas de choses en cours de route qui recouvriront largement vos frais de départ.

Juste pour info, si je réussis aussi bien que je pense le faire, je synthétiserai cette année d’expérimentations en une formation clef en main que je vendrai 2500€ parce qu’elle rapportera le double à ceux qui la suivront.

Mais cette année, bien entendu, je ne peux pas décemment demander une telle somme. Je ne sais pas du tout combien je vais pouvoir gagner à la fin de mon expérience.

Depuis cet été je me forme à différentes techniques de valorisation de contenu sur le net, parce que j’aspire à ne plus dépendre des producteurs, des diffuseurs, ou des éditeurs. J’ai une grande estime de l’autonomie et je veux la partager avec vous. Grâce à ces techniques, qui n’ont rien à voir avec l’édition de livres sur Kindle mais y sont périphériques, j’ai déjà gagné plus de 500€ en janvier.

Je suis donc sûr de pouvoir vous faire gagner au moins quelques centaines d’euros grâce à l’application de ces techniques. De quoi, vous allez le voir tout de suite, largement rembourser l’investissement que je vous demande si vous voulez vivre mon année d’expérimentation avec moi.

Combien cela coûterait-il d’avoir accès au blog où je détaillerai tout:

  • les étapes par lesquelles je passe pour concevoir, écrire, et publier un roman sur Kindle…
  • les techniques que j’utilise et adapte à la publication de romans sur Kindle…
  • la manière dont je m’y prends pour cibler un public, écrire un roman qui lui plaira et lui faire part de l’existence de ce roman…
  • la manière dont je m’y prends pour fidéliser ce public et m’assurer qu’il voudra lire d’autres livres de ma main pour m’aider à vivre de l’écriture…
  • les techniques que prônent les créateurs de contenu non-fictionnel pour gagner plusieurs dizaines de milliers d’€ chaque mois sur Kindle…
  • un exemplaire GRATUIT de la méthode synthétisée à la fin de la période d’expérimentation…

Cela coûtera 150€

150€ c’est 12,5€ par mois, soit moins qu’une demi-baguette ou un demi-café par jour. C’est un cadeau. Et les lecteurs de ce blog bénéficient d’un tarif encore plus intéressant.

Si vous êtes déjà convaincu, n’attendez plus et inscrivez-vous MAINTENANT en cliquant ICI. Sinon, continuez à lire pour mieux comprendre ma démarche.

Dès l’année prochaine, si j’ai atteint les résultats que j’escompte, je vendrai cette même formation à 2500€ et limiterai considérablement le nombre de places.

Alors je sais ce que vous vous dites: c’est très pragmatique comme approche, la littérature c’est de l’art, l’écriture ça doit venir de l’âme. Mais dites-moi quelle est la différence entre un romancier qui cherche comment vivre de sa plume et un scénariste qui cherche à vendre un scénario à un producteur ?

Pensez-vous réellement que l’art devrait être gratuit ? Pensez-vous que nous devrions OFFRIR nos textes aux diffuseurs ? Sincèrement ?

Si c’est le cas, je me demande ce que vous faites sur un blog dédié au MÉTIER de scénariste et plus généralement aux MÉTIERS de l’écriture. Un métier, c’est une activité que l’on exerce de manière lucrative, c’est une activité qui est censée mettre un toit au-dessus de nos têtes et de la nourriture dans nos assiettes, à la différence d’un hobby, que l’on fait uniquement pour le plaisir.

La différence majeure du métier d’auteur avec un autre c’est qu’il est plus difficile de bien l’exercer sans y prendre du plaisir et que ce après quoi nous courons tous c’est le fantasme d’avoir notre propre série produite ou notre propre film réalisé. Peu de scénaristes écrivent par vocation des épisodes de séries créées par d’autres.

Alors s’il y a une possibilité que les romanciers puissent aujourd’hui écrire ce qu’ils veulent et trouver le public qui veut lire ce qu’ils veulent et que ce public leur donne avec plaisir de l’argent en échange de ces textes, et le leur donne directement au lieu d’engraisser un éditeur, quel est le mal ? Où est le problème ?

J’ai toujours prôné la responsabilité de l’auteur, le fait de prendre sa carrière en main. J’ai longtemps refusé de prendre un agent pour cette raison Aujourd’hui je vois se dessiner la possibilité d’exercer mon métier sous une autre forme, qui m’a toujours attiré et rendu curieux et séduit. Et ce sans passer par des intermédiaires à l’utilité discutable. Alors je saisis l’opportunité et je propose de vous emmener avec moi. Et je suis tellement convaincu de la valeur de ce que je m’apprête à faire que je vous demande un investissement financier dans le projet. Mais cet investissement est surtout un moyen pour moi de m’entourer de gens vraiment motivés. Je ne veux pas que vous vous inscriviez par curiosité. Je ne veux pas que vous lisiez mon expérience si vous ne comptez pas vous en servir comme d’un guide pour construire votre propre carrière. Parce que cela n’aurait aucun intérêt pour vous. Ce serait comme passer un an dans les cuisines d’un grand restaurant sans avoir l’intention de devenir cuisinier : vous perdriez votre temps.

Si je rends cette expérience publique, c’est pour m’entourer de gens qui veulent apprendre en même temps que moi et avec qui je puisse échanger sur le défi à l’oeuvre.

Alors si le défi vous intéresse, n’attendez pas, inscrivez-vous MAINTENANT en cliquant ici.

Pour vous remercier de me faire confiance, si vous vous inscrivez  AVANT LE 17 MARS, vous ne paierez que 57€ . A partir du 17 mars, le prix augmentera et ne redescendra plus jamais.

Agissez MAINTENANT.

Drôle d’idée: « Je ressemble à un écrivain »

3 février 2012

Petite réflexion sur un sujet aussi abstrait que commun à tous: d’où viennent les Idées ?

ce matin, comme (presque!) tous les matins depuis le mois de juin 2011, je me prends en photo avec Photobooth. C’est juste une expérience comme ça, parce que l’outil est simple, et que ça m’amusera dans 10 ans de voir l’évolution de mon visage. Rien de plus. Ce ne sont pas normalement des photos que je partagerais mais ce matin, en me voyant, les cheveux en vrac, un vieux pull sur une chemise sable, une barbe mal entretenue, je me suis dit: « là! Je ressemble à un romancier! »

Anael Verdier

C’est bizarre comme on se forge des images mentales en permanence. Qu’est-ce qu’il y a de plus dans mon apparence d’aujourd’hui, par rapport aux autres jours, qui me frappe et qui me fasse penser que ça y est, « j’ai le look » ?

Est-ce que c’est le fait d’avoir travaillé à mes projets littéraires ces derniers jours ?

Est-ce le fait de réfléchir au nouveau statut de l’auteur que permet le livre électronique ?

Et d’où vient cette image du romancier ? De mes rencontres avec des auteurs dans les salons, des idées que j’ai fabriquées au cours de mes lectures ?  Des films que j’ai vus ?

Sans doute un peu de tout ça.

Mais c’est quand même bizarre. D’où viennent les idées ? De quelle obscure portion de l’univers ? J’ai eu un début de débat sur la question avec un excellent ami à moi la dernière fois que je suis allé à Paris mais aucune réponse n’a paru satisfaisante. Les idées sont-elles immanentes ? Y a-t-il une « sphère des idées » comme le pensait Platon ? Ou viennent-elles de bizarres connexions au coeur de notre cerveau ? Les deux sont-ils antinomiques ?

Je n’en sais rien. Je ne suis même pas sûr que la technologie permettra un jour de trancher avec certitude cette question-là.

Ce que je sais c’est qu’on peut apprivoiser les idées et les exploiter pour en faire des histoires et c’est vraisemblablement quelque chose qui vous intéresse si j’en crois les réponses au sondage que j’ai reçues jusqu’à maintenant. Alors je vous prépare un post du tonnerre sur le sujet mais je ne commencerai pas à l’écrire avant au moins deux semaines.

D’abord parce que je veux prendre le temps de faire le meilleur post possible, celui qui vous sera le plus utile et qu’il faut pour cela que je le prépare soigneusement.

Ensuite parce que je ne veux pas noyer le blog sous les messages techniques comme j’ai pu le faire à ses débuts. C’était intéressant mais je suis certain que ce n’est pas le mieux pour vous. Je préfère poster un ou deux messages techniques par mois, des messages avec un contenu « actionnable », c’est-à-dire un contenu avec lequel vous puissiez expérimenter entre deux messages.

Enfin parce que je veux laisser le plus de chance possible au plus grand nombre de lecteurs de s’exprimer sur le sondage.

Je ne l’avais pas fait jusqu’à maintenant, parce que j’avais une mauvaise visibilité sur mon emploi du temps, mais j’ai décidé d’arrêter le sondage le 17 février. C’est-à-dire que si vous voulez vous exprimer et contribuer au choix du prochain article, n’attendez pas, VOTEZ.
(le formulaire de vote est dans la marge de droite, il suffit de deux clics et votre vote sera enregistré! –>)

20 ans d’écriture

13 janvier 2012

Le 19 janvier 2012 j’aurai 30 ans.

Un jour, quand j’avais 10 ans, j’ai pris un stylo et un cahier de brouillon et je me suis dit: « je vais écrire un livre ».

Je n’ai pas reposé ce stylo depuis 20 ans.

Mon écriture a pris maintes et maintes formes depuis cette première fois. Elle a évolué, elle a donné naissance à des nouvelles innombrables, à 5 ou 6 romans terminés et 3 ou 4 romans inachevés, un mémoire de philo, un nombre considérable de dissertations philosophiques, à des articles de magazine, à des articles de blog, à des scénarios, des bibles, des synopsis, des pitchs, des cours. Je n’ai pas regretté une seule fois de m’être acharné pour réussir à « vivre de l’écriture ».

Ce n’est pas un chemin que je conseillerais à tout le monde, parce que c’est long, laborieux, douloureux, éreintant. Pas à cause de l’écriture elle-même (l’écriture a globalement été joyeuse, lumineuse et relativement facile) mais à cause de tout ce qui l’entoure quand on veut en faire un business, un mode de vie. Je ne suis pas sûr que tout le monde ait envie de ça. Envie d’avoir les épaules pour aller au bout de cette folie furieuse.

Mais pour ceux qui le veulent, c’est un chemin plein de récompenses, de plaisir, d’opportunités de se surprendre et d’apprendre.

Même si je suis aujourd’hui à un tournant de ma vie professionnelle, où j’ai envie d’essayer d’autres choses, d’aller vers d’autres horizons, je n’abandonne pas l’écriture. Je ne pense pas que je pourrai arrêter un jour d’écrire, pour moi ou pour de l’argent, ou pour les deux. On ne passe pas vingt ans à pratiquer une activité sans qu’elle commence à faire partie de soi, à rentrer dans la définition que l’on fait de soi-même. Et c’est bien. J’aime être un « écrivain ». Je ne me considère pas tout à fait comme un auteur, à cause de tout le bagage que se trimballe ce mot, mais je crée du sens et des émotions avec des mots. Je raconte des histoires, je transmets des informations. Et je transforme ces mots en un toit et en nourriture pour ma famille.

Je suis un homme heureux.

J’ai 30 ans et j’ai réalisé mon rêve d’enfance. Je pourrais retourner vers le gamin insouciant que j’étais à 10 ans dans sa chambre lyonnaise, et lui dire « merci » et « je ne t’ai pas trahi, ce livre que tu voulais écrire, je l’ai transformé en une myriade d’autres textes et d’autres histoires, j’en ai fait mon premier métier ».

Je me souviens encore de cette histoire, celle d’un astronaute envoyé en mission secrète explorer un trou noir. De l’autre côté, il retrouve la Terre, mais au Moyen-Âge. Et petit à petit il découvre qu’il n’est pas le seul voyageur du futur à être là. C’était une bonne histoire. Je ne l’ai pas terminée et j’ignore si je recommencerai à l’écrire un jour. J’ai perdu le cahier et je ne suis pas sûr d’avoir envie de la raconter à nouveau. Mais je la garde en bonne place dans la liste des histoires qui ont changé ma vie. Après tout, sans elle, je ne serais pas le même aujourd’hui.

Aujourd’hui, à sept jour de mes 30 ans, je me lance de nouveaux défis, de nouveaux objectifs, très très très éloignés de l’écriture. J’ai besoin d’apprendre de nouvelles choses. Sinon je me sentirais mort.

Pour ceux d’entre vous qui débutez, pour ceux qui commencez tout juste à vous dire: « tiens, si j’écrivais un livre », continuez. C’est une des plus belles aventures que vous puissiez vivre.

Je serai là pour vous accompagner.

En attendant, je donne une nouvelle direction professionnelle à ma vie, plus entrepreunariale, parce que j’ai adoré apprendre l’autonomie et la responsabilité d’une carrière d’auteur indépendant. Je veux pousser ça plus loin. Je lancerai sûrement un nouveau blog sur mes explorations de ces nouveaux horizons pour ceux que cela intéressera.

Mais pour l’instant, j’ai une bible à terminer et un déménagement à préparer. 2012 marque le début d’une nouvelle nouvelle vie ! J’espère que vous serez là pour la partager avec moi.

Trust the Process

13 décembre 2011

Voici une vidéo qui vous présente la relation auteur-producteur/diffuseur. Priceless.

[youtube:http://youtu.be/V7ZmY2exj-I%5D