Archive for the ‘_Comment écrire un livre’ Category

Fiction = Émotion

23 avril 2012

L’écriture vit au dépens de celui qui la ressent. L’auteur peut songer et restituer son vécu personnel afin d’écrire des scènes touchantes  pour que l’émotion soit la plus sincère et communicative au possible.  Les créateurs de la série Mad Men ont bien compris ce concept.

 

« Le bonheur, c’est le dividende de vouloir ce que l’on a divisé par avoir ce que l’on veut »

C’est en tous cas ce que suggère Chip Conley, auteur de Emotional Equations : Simple Formulas to Help your Life Work Better. Dans son livre, Chip déconstruit les grandes émotions de l’existence : le désespoir, la déception, le regret, l’anxiété, la vocation, la curiosité, l’authenticité et bien d’autres. Il part surtout du postulat que émotion = vie, une équation dans laquelle je me retrouve et que j’adapte ici en émotion = dramaturgie. Parce qu’avant toute chose, ce qui nous importe en tant qu’auteurs quand nous créons des histoires, c’est de provoquer des émotions chez nos spectateurs/lecteurs. Or, quel meilleur moyen pour le faire que de mettre en scène des personnages en train de vivre eux-mêmes des émotions ?

Comprendre les émotions n’est pas chose aisée et je saute sur chaque opportunité d’approfondir mes connaissances en la matière. Savoir où elles trouvent leur origine, comment elles évoluent, leur influence sur la santé ou comment les modifier. J’emprunte aux sources les plus scientifiques comme aux plus new age. Le but de l’auteur de fiction n’est pas traduire le réel mais d’extrapoler à partir de lui, de poser des questions et d’explorer toutes les options possibles.

Ecrire, c’est ressentir

L’acte d’écriture est lui-même hautement chargé en émotions. Quand j’entre dans ma transe d’écriture, le monde disparaît et j’entre de plein fouet dans l’univers de mon histoire. J’observe les personnages mais en même temps, je suis eux. Je ressens ce qu’ils ressentent, je souffre avec eux, je ris avec eux, j’espère et désespère avec eux. Si cet échange est absent de l’écriture, ce que j’écris est moins bon, moins authentique.

Mais pour rendre l’expérience du spectateur/lecteur plus intense, rien n’empêche d’apprendre ce qui crée l’émotion. La maîtrise des émotions, la connaissance de leurs tenants et les aboutissants font partie de la boîte à outil nécessaire à tout auteur de fiction. Si vous voulez apprendre à devenir romancier ou scénariste, ou si votre but est de garder vos compétences intactes, lisez tout ce que vous pouvez sur le fonctionnement des émotions.

Ecrire est une action physique

Les émotions prennent racine dans le corps. Il faut donc se débarrasser de la représentation de l’écriture comme une activité purement intellectuelle, comme un sport de pure pensée. Ecrire de la fiction c’est d’abord faire partager une émotion et c’est la ressentir soi-même. Ecrire c’est prendre conscience des troubles affectifs et de leur manifestation dans nos corps. C’est vivre ça et le traduire en mots et en images.

Un exercice assez simple consiste à se replonger dans une scène de sa propre existence, cette scène doit être chargée de l’émotion que l’on veut faire vivre à nos personnages. Fermez les yeux, rappelez le souvenir de cette scène. Ca peut être un moment de joie intense, de peur, de tristesse, l’essentiel c’est que vous associez cette scène à l’émotion que vous cherchez à transmettre. Visualisez la scène. Plongez à l’intérieur de votre souvenir, rappelez les senteurs, les couleurs, les sons. Que ressentez-vous ? Où cela se situe-t-il ? Dans quelle partie de votre corps vivez-vous l’émotion ? Comment réagissez-vous ? Comment votre posture se modifie-t-elle ? Comment votre conscience évolue-t-elle ? Notre champ visuel, par exemple, a tendance à se réduire quand nous sommes en proie à la peur ou à la colère et à s’élargir dans les moments de joie intense. Prenez mentalement note de tout cela. Continuez à observer votre souvenir pendant une vingtaine de minutes. Vous écrirez une bien meilleure scène après ça.

Acquérir les connaissances pour créer de la vraisemblance

Plus vos personnages réagiront de manière vraisemblable, plus vos spectateurs/lecteurs seront pris par votre histoire et auront envie de connaître la suite. Je revois Mad Men en ce moment et c’est un rappel constant de cette simple vérité. Les réactions des personnages face aux événements sont justes, mesurées, cohérentes avec le reste de leurs actions.

La roue de Plutchik, un bon point de départ

Quand on parle d’émotions, il faut aussi penser aux émotions du spectateur. Or, connaître leur fonctionnement vous aidera à créer les enchaînements de situations qui vous permettront de manipuler votre spectateur pour lui faire ressentir les émotions que vous aurez choisies. Savoir, par exemple, que l’anxiété est le produit de l’incertitude et de l’impuissance vous permettra de construire vos scènes de manière à renforcer ces deux sentiments chez le spectateur pour le tenir en alerte… et de rendre l’expérience complète en soulageant son incertitude et en le libérant de son anxiété à la fin de l’histoire.

Si vous parvenez à maîtriser cela, votre structure peut être imparfaite, ça ne fait rien, tout le monde vous le pardonnera. Ce que nous voulons c’est que la fiction nous émeuve.

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Je m’apprête à faire un truc de fou, vous en êtes?

1 mars 2012

Une révolution dans l’édition se produit avec l’apparition du livre électronique. Connaissez-vous la publication sur le Kindle lancé par le célèbre site de commerce Amazon ? 

 

Je suis super excité à propos de ce truc que je m’apprête à faire. Un peu flippé aussi, parce que c’est m’exposer comme jamais. C’est prendre un risque encore plus grand que quand j’ai pris femme et enfant pour tout quitter et commencer à zéro dans une nouvelle ville.

C’est prendre un risque encore plus grand que de ne jamais suivre aucune formation professionnalisante autre que le CEEA.
Plus grand que mon obstination à ne jamais avoir de plan B dans la vie.

Parce qu’il y a en jeu mon image. Si j’échoue cette fois, ce sera publiquement et ça, ça me flippe.

Bon.

Je fais vite avant de changer d’avis. C’est totalement impulsif mais une fois que j’aurai lancé l’info il n’y aura plus de marche arrière possible alors je dois faire vite pour que la petite voix qui me dit: « arrête, t’es fou!!! » ne gagne pas.

Vous le savez sûrement, je crois en avoir parlé ici et si ce n’est pas le cas j’en ai parlé ailleurs, une révolution est en cours dans la manière dont les livres sont publiés.

Comme iTunes a révolutionné la manière dont on publie, consomme et vend de la musique, Amazon et son Kindle sont en train de révolutionner la manière dont on publie, consomme et vend des livres.

Vous ferez des recherches sur le Kindle plus tard si vous ne savez pas de quoi je parle, restez avec moi encore quelques lignes. L’info la plus importante à retenir c’est qu’Amazon a ouvert sa plateforme de publication à tout le monde. C’est-à-dire que peu importe que vous soyiez un éditeur ou un auteur isolé, vous pouvez publier sur Kindle vous-même. Et toucher jusqu’à 70% du produit des ventes de vos livres.

70%

Vous savez combien gagne un auteur dans le circuit de l’édition traditionnelle ? 6 à 12%

  • 6 à 12% dans l’édition traditionnelle
  • 70% dans la nouvelle édition

Je vous laisse digérer cette info.

C’est bon ?

Ok. Alors accrochez-vous, voilà la suite.

Quelque part en 2011 (je crois que c’était en avril), un type appelé John Locke, un ancien vendeur d’assurances de 60 ans, qui n’avait jamais écrit un roman de sa vie a vendu 1.000.000 de romans sur Kindle. Oui, UN MILLION. Et il a décidé d’écrire un livre sur la manière dont il s’y était pris pour le faire. Étape par étape.

Ok. Deuxième effet kiss kool, un paquet d’auteurs américains PUBLIÉS mais mid-list (ceux dont on n’entend jamais parler mais qui vendent assez pour que les éditeurs les gardent dans leurs écuries) ont décidé de lâcher leurs éditeurs et de se lancer à leur compte. « De toutes façons, disent-ils, on s’occupait déjà de trouver nos propres lecteurs, alors ça ne changera pas grand chose, sauf qu’on aura la vie plus facile ». Parmi ces auteurs, Holly Lisle, dont vous savez que je l’apprécie, mais elle n’est pas seule.

Moi, vous le savez peut-être, je veux être romancier depuis que je suis ado mais le milieu de l’édition et la manière dont les éditeurs traitent leurs auteurs et la manière dont les libraires traitent les livres, tout ça m’a pas mal dégoûté et fait passer l’envie. J’ai toujours gardé en tête cette envie, j’écris régulièrement des textes littéraires pour le plaisir, que je garde dans un coin sans vraiment chercher à en faire quoique ce soit.

Et je me suis toujours posé la question de savoir si le web serait un bon véhicule pour ces textes. En tous cas, à réfléchir à des solutions alternatives à l’édition traditionnelle.

Ça n’a pas été mon souci principal ces dernières années, juste un truc auquel je revenais régulièrement, vaguement frustré de ne rien faire mais pas assez convaincu par quelque option que ce soit pour vraiment passer à l’acte.

En septembre 2011, Amazon a sorti son kindle en France. J’en ai parlé sur un des blogs, mais sûrement pas ici (je vous le redis, j’écris ce message dans l’urgence, avant de changer d’avis sur ce que je m’apprête à annoncer, c’est pour ça que je ne vérifie pas ce que j’affirme).

J’attendais ça avec impatience, je savais que ce serait le début de la révolution en France. Il faudra un peu de temps pour que les gens adoptent vraiment la liseuse mais je sais que ça arrivera, autant que je savais que je finirais par vivre de l’écriture ou que cette fille rencontrée dans un cours de théâtre deviendrait la femme de ma vie. C’est ce genre de conviction que j’ai toujours suivi pour prendre mes décisions et ça a toujours plutôt bien marché pour moi alors je ne suis pas prêt de m’arrêter!

C’est pourquoi 2012 sera pour moi l’année du retour à la littérature, à l’écriture de romans plus précisément et l’année de l’autopublication.

J’ai décidé de me lancer. J’ai lu pas mal sur la question, j’ai suivi des séminaires sur la publication de livres sur Kindle et sur le moyen de communiquer sur leur existence auprès des lecteurs et je me sens paré. Le hic c’est qu’à part John Locke, aucun de ces formateurs ne parle de fiction. Ils écrivent des manuels, faciles à référencer et à trouver. Donc leurs techniques valent uniquement dans une certaine mesure pour les auteurs de fiction.

Je suis quand même convaincu qu’il est possible avec le Kindle et les outils d’Amazon, de toucher un public suffisant pour tirer un revenu confortable de l’écriture de romans.
J’en suis convaincu mais je ne le sais pas vraiment. Aucun fait ne me le prouve. Je ne l’ai pas (encore) fait. C’est tout l’enjeu de cette année : sauter le pas, tenter le tout pour le tout, et voir ce qui en ressort.

Je me suis fixé un objectif tout petit pour cette première année, parce que j’imagine que je vais faire pas mal d’erreurs et que je vais pas mal tâtonner : gagner 5000€ en vendant uniquement un, ou des, romans. Mais c’est une infime portion de ce que j’estime possible de gagner à terme en publiant moi-même mes romans (note: j’ai un certain nombre de règles auxquelles je tiens particulièrement, la première étant de ne publier que des romans de qualité, ce dont je m’assurerai en engageant des lecteurs professionnels pour avoir des retours éclairés sur les qualités et les défauts des différentes versions).
Ce n’est pas ça, le truc de fou. Le truc de fou c’est que je suis prêt à le faire publiquement.

Le « truc » c’est que ce ne sera pas gratuit. Je ne vais pas juste ouvrir un blog accessible à tous et montrer mes tentatives plus ou moins réussies de créer un revenu autonome à travers l’écriture et l’édition de romans.

Pourquoi pas ?

  • D’abord parce que je n’en ai pas envie, ce qui est une raison qui devrait se suffire à elle-même. Je n’ai pas envie de m’afficher en public en train d’apprendre. Je l’ai fait avec architecriture et je n’ai pas envie de revivre cette expérience.
  • Ensuite parce que je veux que seulement des gens motivés pour suivre le même chemin que moi suivent ce blog. Je préfère avoir 3 inscrits qui vont expérimenter en même temps que moi, avec qui je vais pouvoir partager des impressions, discuter de nos découvertes mutuelles, et progresser ensemble, 3 personnes qui veulent trouver un moyen de vivre de l’écriture plutôt que 100 personnes vaguement curieuses de voir ce qui arrive mais qui n’en tireront rien, qui commenteront le processus sans prendre la peine de l’expérimenter parce que de toutes façons ça ne les intéresse pas.
  • Enfin parce que je suis convaincu que ce que je vais apprendre va fonctionner et que ceux qui l’apprendront en même temps que moi auront tous les outils clefs en main pour construire une carrière dans l’écriture de romans, en se passant des intermédiaires. Je suis convaincu qu’ils pourront gagner beaucoup d’argent s’ils appliquent ce qu’ils apprendront en m’observant et je suis convaincu qu’il n’y a rien au monde qui ait plus de valeur que les connaissances. Je réinvestis 15% de ce que je gagne chaque mois dans l’apprentissage de nouvelles compétences et dans l’approfondissement de ce que je sais déjà. Je considère que c’est le meilleur placement possible pour mon argent, bien meilleur qu’un produit bancaire. Parce que ces connaissances, je peux les revaloriser et m’en servir pour mieux gagner ma vie, même en temps de crise. Je ne me contente jamais de ce que je sais déjà, je crois que vous le savez si vous me suivez depuis un moment, et je considère que c’est ce que tout le monde devrait faire. Donc par conviction personnelle, je vous demanderai d’investir dans ce que je considère comme une formation dans l’art de vivre de l’écriture.
  • En plus, je vous offrirai des tas de choses en cours de route qui recouvriront largement vos frais de départ.

Juste pour info, si je réussis aussi bien que je pense le faire, je synthétiserai cette année d’expérimentations en une formation clef en main que je vendrai 2500€ parce qu’elle rapportera le double à ceux qui la suivront.

Mais cette année, bien entendu, je ne peux pas décemment demander une telle somme. Je ne sais pas du tout combien je vais pouvoir gagner à la fin de mon expérience.

Depuis cet été je me forme à différentes techniques de valorisation de contenu sur le net, parce que j’aspire à ne plus dépendre des producteurs, des diffuseurs, ou des éditeurs. J’ai une grande estime de l’autonomie et je veux la partager avec vous. Grâce à ces techniques, qui n’ont rien à voir avec l’édition de livres sur Kindle mais y sont périphériques, j’ai déjà gagné plus de 500€ en janvier.

Je suis donc sûr de pouvoir vous faire gagner au moins quelques centaines d’euros grâce à l’application de ces techniques. De quoi, vous allez le voir tout de suite, largement rembourser l’investissement que je vous demande si vous voulez vivre mon année d’expérimentation avec moi.

Combien cela coûterait-il d’avoir accès au blog où je détaillerai tout:

  • les étapes par lesquelles je passe pour concevoir, écrire, et publier un roman sur Kindle…
  • les techniques que j’utilise et adapte à la publication de romans sur Kindle…
  • la manière dont je m’y prends pour cibler un public, écrire un roman qui lui plaira et lui faire part de l’existence de ce roman…
  • la manière dont je m’y prends pour fidéliser ce public et m’assurer qu’il voudra lire d’autres livres de ma main pour m’aider à vivre de l’écriture…
  • les techniques que prônent les créateurs de contenu non-fictionnel pour gagner plusieurs dizaines de milliers d’€ chaque mois sur Kindle…
  • un exemplaire GRATUIT de la méthode synthétisée à la fin de la période d’expérimentation…

Cela coûtera 150€

150€ c’est 12,5€ par mois, soit moins qu’une demi-baguette ou un demi-café par jour. C’est un cadeau. Et les lecteurs de ce blog bénéficient d’un tarif encore plus intéressant.

Si vous êtes déjà convaincu, n’attendez plus et inscrivez-vous MAINTENANT en cliquant ICI. Sinon, continuez à lire pour mieux comprendre ma démarche.

Dès l’année prochaine, si j’ai atteint les résultats que j’escompte, je vendrai cette même formation à 2500€ et limiterai considérablement le nombre de places.

Alors je sais ce que vous vous dites: c’est très pragmatique comme approche, la littérature c’est de l’art, l’écriture ça doit venir de l’âme. Mais dites-moi quelle est la différence entre un romancier qui cherche comment vivre de sa plume et un scénariste qui cherche à vendre un scénario à un producteur ?

Pensez-vous réellement que l’art devrait être gratuit ? Pensez-vous que nous devrions OFFRIR nos textes aux diffuseurs ? Sincèrement ?

Si c’est le cas, je me demande ce que vous faites sur un blog dédié au MÉTIER de scénariste et plus généralement aux MÉTIERS de l’écriture. Un métier, c’est une activité que l’on exerce de manière lucrative, c’est une activité qui est censée mettre un toit au-dessus de nos têtes et de la nourriture dans nos assiettes, à la différence d’un hobby, que l’on fait uniquement pour le plaisir.

La différence majeure du métier d’auteur avec un autre c’est qu’il est plus difficile de bien l’exercer sans y prendre du plaisir et que ce après quoi nous courons tous c’est le fantasme d’avoir notre propre série produite ou notre propre film réalisé. Peu de scénaristes écrivent par vocation des épisodes de séries créées par d’autres.

Alors s’il y a une possibilité que les romanciers puissent aujourd’hui écrire ce qu’ils veulent et trouver le public qui veut lire ce qu’ils veulent et que ce public leur donne avec plaisir de l’argent en échange de ces textes, et le leur donne directement au lieu d’engraisser un éditeur, quel est le mal ? Où est le problème ?

J’ai toujours prôné la responsabilité de l’auteur, le fait de prendre sa carrière en main. J’ai longtemps refusé de prendre un agent pour cette raison Aujourd’hui je vois se dessiner la possibilité d’exercer mon métier sous une autre forme, qui m’a toujours attiré et rendu curieux et séduit. Et ce sans passer par des intermédiaires à l’utilité discutable. Alors je saisis l’opportunité et je propose de vous emmener avec moi. Et je suis tellement convaincu de la valeur de ce que je m’apprête à faire que je vous demande un investissement financier dans le projet. Mais cet investissement est surtout un moyen pour moi de m’entourer de gens vraiment motivés. Je ne veux pas que vous vous inscriviez par curiosité. Je ne veux pas que vous lisiez mon expérience si vous ne comptez pas vous en servir comme d’un guide pour construire votre propre carrière. Parce que cela n’aurait aucun intérêt pour vous. Ce serait comme passer un an dans les cuisines d’un grand restaurant sans avoir l’intention de devenir cuisinier : vous perdriez votre temps.

Si je rends cette expérience publique, c’est pour m’entourer de gens qui veulent apprendre en même temps que moi et avec qui je puisse échanger sur le défi à l’oeuvre.

Alors si le défi vous intéresse, n’attendez pas, inscrivez-vous MAINTENANT en cliquant ici.

Pour vous remercier de me faire confiance, si vous vous inscrivez  AVANT LE 17 MARS, vous ne paierez que 57€ . A partir du 17 mars, le prix augmentera et ne redescendra plus jamais.

Agissez MAINTENANT.

7 armes contre le blocage de l’auteur

28 janvier 2012

Une page qui reste blanche sous vos yeux, vous êtes bloqué. Voici quelques astuces qui vous aideront. Stop la réflexion et l’angoisse, place à l’action et à la satisfaction personnelle. 

En feuilletant les pages du blog, je me suis rendu compte que je n’avais pas publié de vrais conseils d’écriture depuis longtemps. A force de m’entendre dire de rendre le blog plus « personnel », j’en ai oublié la raison première de sa création, à savoir aider de jeunes auteurs à comprendre un peu mieux les ficelles de cet art ou, comme j’aime à l’appeler, de cet artisanat.

Depuis que j’ai lancé mon atelier d’écriture, j’ai réalisé que beaucoup d’aspirants auteurs étaient victimes de blocages. J’ai surtout réalisé que pour un bon nombre, ce blocage ne correspondait pas du tout à l’image d’Épinal qu’on peut en avoir. Les auteurs bloqués (AB dans la suite du texte) ne se mettent pas les cheveux en bataille en froissant page après page. Les AB nagent au milieu des pages de notes plutôt qu’au milieu des boulettes de papier. Ce n’est pas tant la page blanche qui les bloque que la page trop noire.

Ce n’est pas le cas pour tous. Certains AB sont vraiment incapables d’écrire le premier mot et procrastinent autant que faire se peut pour ne pas avoir à se confronter à cette terrible page blanche.

Ces deux symptômes ont des racines communes, et surtout des solutions communes, que je vous propose d’étudier ensemble aujourd’hui. Après tout, si Charlie Kaufman en a fait un film (et a reçu un oscar pour son scénario!), cela vaut bien le coup d’en faire un article.

Regardez maintenant : Adaptation
un scénario de Charlie Kaufman sur le blocage

L’angoisse de la page blanche

L’angoisse de la page blanche est la plus connue des deux manifestations du blocage de l’écrivain. Elle se traduit par de longues minutes passées à contempler l’horizon, le mur ou le plafond (selon l’emplacement de votre bureau). Ou à écrire première ligne sur première ligne selon la célèbre danse du « j’écris une phrase, je la relis, j’efface lettre par lettre ».  A moins que vous ne trouviez des tas de bonnes raisons de ne pas commencer : la faim, un coup de fil soudainement urgent, un peu plus de recherche sur votre sujet, bref la procrastination.

tiré d’Adaptation

Peu importe le symptôme, le résultat est le même : votre scénario, votre livre, n’avance pas. Vous vous arrachez les cheveux, et moins vous écrivez, plus vous êtes bloqué. C’est une spirale qui vous entraîne vers l’enfer de l’écrivain : la certitude que vous ne valez rien, que vous n’écrirez jamais rien, que vous êtes bon pour une vie de frustration et d’aigreur.
Je sais ce que c’est, j’en suis passé par là. Même si j’ai réussi à vaincre le blocage à chaque fois, à chaque fois qu’il se représente j’en viens à la même conclusion : cette fois c’est foutu.

« C’est une spirale qui vous entraîne vers l’enfer de l’écrivain : la certitude que vous n’écrirez jamais rien »

L’incapacité à terminer

L’autre forme de blocage est plus fourbe, parce qu’il n’en a pas l’apparence et il faut une certaine expérience pour le repérer. Je l’appelle « l’angoisse de la page noire ». Celle-ci se traduit par une écriture trop prolifique, par des classeurs de notes et de recherches qui s’entassent les uns après les autres, par une créativité mal canalisée et dispersée. Vous vous passionnez tellement pour l’univers et les personnages que vous développez que vous n’arrêtez pas de leur ajouter des détails. Vous vous posez tellement de questions que vous n’arrivez plus à faire de choix.

tiré de Wonder Boys

Vous êtes comme Grady (joué par Michael Douglas) dans Wonder Boys, vous n’arrivez plus à vous arrêter. Résultat, vous ne finissez jamais rien. Le blocage le plus pernicieux n’est pas celui qui vous empêche de commencer, c’est celui qui vous empêche de terminer. Après tout, vous écrivez, alors où est le problème ? Mais vous avez beau essayer de vous rassurer, vous savez que vous êtes trop dispersé. Vous n’arrivez plus à prendre de décisions narratives et un auteur qui ne décide pas est un auteur foutu. On dit souvent qu’un écrivain écrit, c’est ce qui le définit. Mais c’est faux. Ce qui définit un écrivain, c’est qu’il écrit des histoires et qu’il les finit.

Fort heureusement, je rencontre rarement ce problème mais j’ai travaillé récemment avec un co-scénariste qui est tellement plongé dans ce blocage que cela fait 4 ans qu’il n’écrit plus rien. A la place, il théorise sur les projets qu’il pourrait écrire. S’il ne se ressaisit pas bientôt, sa carrière va lui passer à côté.

« Le blocage le plus pernicieux n’est pas celui qui vous empêche de commencer, c’est celui qui vous empêche de terminer »

Ne désespérez pas, tout n’est pas perdu!

Heureusement, comme tout auteur le sait, un problème n’est qu’une solution attendant d’être trouvée. Et à force de rencontrer ces deux formes de blocage, chez moi, chez mes collègues et chez mes étudiants, j’ai décidé de mettre au point des outils pour sortir de ces spirales infernales. Certains sont des classiques qu’il est toujours bon de réviser, d’autres sont inédits. Je vous en livre sept. Certains valent pour l’un des deux blocages, d’autres pour les deux.

NB: je pars du principe que vous n’êtes pas en train de procrastiner, que vous avez coupé le net et toutes les distractions, et que vous êtes concentré sur votre projet de livre ou de scénario.

1. Prenez une douche

Oui, vous avez bien lu. Quittez votre bureau, déshabillez-vous et plongez-vous sous un jet d’eau chaude. Non seulement cela vous permettra de bouger un peu et d’éviter de mourir de rester trop longtemps assis, mais surtout, vous allez vous changer les idées. Plus vous resterez fixé sur votre blocage moins vous parviendrez à en sortir. Vous avez besoin de changer de perspective sur votre histoire alors levez-vous, marchez. La douche a ceci de magique qu’elle a tendance à libérer les idées de manière assez spectaculaire. En plus, vous en sortirez plus détendu, moins stressé, et accompagné d’une bonne odeur de savon. Rien de tel pour repartir du bon pied et débloquer cette écriture grâce aux nouvelles idées qui auront germé pendant votre escapade aquatique. Si vous êtes du genre page noire, la douche vous permettra de revenir à la source de votre récit et vous aidera à redéfinir de vos intentions.

1. Donnez-vous une limite de temps

Une source de blocage commune c’est l’idée que parce qu’on écrit, qu’on le fait de chez soi, à l’heure de son choix, on a tout le temps du monde pour écrire. Du coup vous ne vous y mettez jamais. Après tout, vous pourrez le faire ce soir. Ou cette nuit. Ou demain matin. Et la page reste blanche. Inversement, si vous vous y mettez maintenant, rien ne vous obligera à arrêter et ça peut être stressant de se dire qu’on peut écrire pendant tout notre temps libre. Un sentiment assez pernicieux de culpabilité si vous ne le faites pas peut s’installer. Alors qu’au contraire, ce n’est pas recommandé d’y passer tout votre temps. Pas plus que vous ne devez penser que vous pouvez le faire n’importe quand. Donnez-vous des horaires pour l’écriture, balisez votre temps de travail comme vous le faites pour votre job alimentaire ou pour vos activités encadrées (cours de sport, de musique, etc.) Il y a un temps pour chaque chose et l’écriture n’y déroge pas. Si vous savez que vous n’avez qu’une heure pour écrire, vous serez moins enclin à vous disperser ou à procrastiner.
Si une heure n’est pas assez court pour vous lancer, commencez par des plages de temps encore plus restreintes : commencez par 5 ou 8 minutes. Vous serez surpris de voir ce que vous pourrez accomplir en écrivant uniquement en accumulant les très courtes sessions d’écriture. Et si vous avez tendance à la dispersion, vous aurez un cadre tellement restreint que vos tendances à la sur-productivité seront étouffées dans l’oeuf.

3. Lisez un manuel d’écriture

Les (bons) manuels d’écriture sont écrits de manière à vous donner envie d’écrire. Ne vous plongez pas dans les parties les plus techniques, qui ne feront que vous torturer davantage, mais errez du côté des conseils aux jeunes auteurs, des introductions où l’auteur vous décrit la vie que vous pourrez atteindre quand vous aurez écrit votre histoire, cherchez les anecdotes, les témoignages, tout ce qui peut alimenter votre envie de devenir écrivain et d’écrire votre livre ou votre scénario. Renouez avec les raisons pour lesquelles vous êtes là, devant votre feuille ou votre écran, à galérer comme un repris de justice romain. Vous retrouverez l’espoir et la motivation et pourrez repartir de plus belle. Et si vous êtes du genre à ne pas savoir vous arrêter, un manuel vous remettra sur le droit chemin en vous rappelant comment structure votre projet, et revenir dans les clous.

Note: marche aussi avec un roman d’un auteur que vous admirez, avec ce double risque, d’une part d’imiter son style, d’autre part de ne pas réussir à poser le bouquin. N’oubliez pas que votre but, c’est d’écrire.

4. Sachez ce que vous voulez dire

Un des problèmes récurrents chez les auteurs bloqués c’est l’absence de réflexion sur le thème. Sachez que quand vous écrivez, vous portez un discours sur le monde. Or, ce discours reste souvent inconscient ou, au mieux, vague. Pourtant, c’est lui qui vous aidera à savoir quoi raconter puisque votre récit est une illustration de votre point de vue. Prenez quelques minutes pour vous demander ce que votre histoire illustre et ce que vous voulez dire à travers elle. Ensuite, réfléchissez à la meilleure manière de raconter votre histoire pour servir votre discours le mieux possible. Plus vous aurez conscience de vos intentions, plus elles seront claires, plus vous saurez où vous allez et surtout pourquoi vous y aller. La conséquence directe de cette prise de conscience c’est que vous ne douterez plus de votre histoire (donc plus de page blanche) et que vous saurez ce qu’il faut que vous montriez (donc plus de dispersion).

5. Rangez votre bureau

Pour savoir quoi écrire, il faut avoir les idées claires. Or, travailler dans le désordre a plutôt tendance à encombrer la tête de parasites. Faites du tri dans vos notes. Jetez celles qui ne vous servent plus ou qui sont trop nébuleuses. Abandonnez les projets entamés que vous ne finirez jamais, ils sollicitent une partie de votre cerveau pour rien. Rangez vos papiers, jetez vos stylos vides, rechargez ceux qui peuvent l’être, taillez vos crayons… En vous concentrant sur ces petites actions, vous programmez votre cerveau pour, lui aussi, faire le tri dans ses idées, pour affiner son discours et pour vous transmettre une image claire et ciselée de ce qu’il veut que vous racontiez. Prenez le quart d’heure ou l’heure (selon votre niveau de bazar) pour mettre de l’ordre dans vos projets créatifs. Vous serez bien plus efficace une fois que ce sera fait.

6. Découpez, structurez, préparez vos scènes

Souvent ce qui vous empêche d’avancer ou ce qui vous pousse à vous disperser c’est que vous n’avez pas assez structuré votre projet dans le détail. Vous vous retrouvez avec une montagne immense à gravir et aucun équipement pour le faire (cas de la page blanche) ou au contraire vous partez en randonnée sans carte et sans itinéraire et vous changez de route à chaque embranchement (cas de la page noire). Dans les deux cas, revenez aux bases de votre histoire et découpez-la en unités les plus petites possibles, un peu comme si vous la scrutiez avec un microscope. Votre but est de l’observer au niveau moléculaire. Subdivisez votre livre en sections, puis en chapitre, puis en scènes et à l’intérieur des scènes en mouvements. Pareil pour un scénario, ne vous contentez pas de quelques actes, définissez à l’avance chacun des beats, ces unités de rythme qui font avancer votre histoire. Ils feront 1/4 de page, 1 page maximum. Tout à coup, la montagne deviendra une succession d’étapes à rejoindre en quelques heures. La randonnée suivra un sentier balisé qui vous empêchera de vous perdre.

7. Arrêtez de réflechir et Écrivez !

Cela peut sembler évident, formulé comme ça, mais le meilleur remède contre le blocage, c’est de vous lancer dans la rédaction de votre histoire. Quand vous n’arrivez pas à commencer, le simple fait de mettre un mot sur la page, puis un autre et un autre, permet souvent au blocage de s’envoler. La source du problème est souvent que vous réfléchissez trop, que vous voulez trop que tout soit parfait dès le début, chose qui n’arrivera pas. Alors vous êtes dans une analyse paralysante. Commencez par le plus simple : une description de votre protagoniste ou du décor, mais forcez-vous à commencer.
Si vraiment vous n’y arrivez pas, changez de support. Passez au papier si vous étiez sur votre ordinateur, essayez d’écrire sur une machine à écrire. Ou alors écrivez que vous êtes bloqué, que vous ne savez pas par où commencer. Quelque soit l’astuce que vous emploierez, l’important c’est de commencer.

Laissez des commentaires pour me dire si mes conseils vous ont aidés!

Le sujet du prochain post sera déterminé par les résultats du sondage. Alors votez.

Vivre pour créer / Créer pour vivre

27 novembre 2011

 Malcom de Chazal écrivait : « Créer est le seul domaine où il faut se déposséder pour s’enrichir. » Qu’est ce que la création pour vous?

Je regarde les interviews de Jean Leloup, probablement le plus grand artiste de mon panthéon d’artistes.

Il me rappelle les bases qu’il ne faut jamais oublier:

créer n’est pas un métier, c’est une vocation. Si tu en fais un métier, tu tues la création en toi et tu ne peux plus être fier de toi-même, tu perds ton intégrité.

l’argent n’a pas d’importance. Plutôt vivre pauvre que de sacrifier sa création. Ce n’est pas forcément antinomique mais si l’argent pervertit ton art, brûle-le. L’argent apporte des choses dans ta vie. L’art apporte du sens.

Créer c’est tripper. Si tu ne trippes pas, ne crée pas. Si tu ne trippes pas, c’est que tu ne fais pas ce que tu devrais.

Créer ce n’est pas dur, ce qui est dur c’est de faire quelque chose à partir de ta création. Ça demande du travail, de s’investir soi, à fond. Tu dois rester intègre. Tu dois faire du bon travail, être fier de ce que tu partages avec le public. C’est pas dur, ça prend juste du temps.

Créer ne répond à aucune autre règle que celles que tu choisis de t’imposer.

Plus qu’un mois à trimer et je pourrai me rouler sans interruption ni parasites  pendant 8 mois dans la création à l’état pur. Visqueuse, sanglante, vibrante création.

Putain, j’ai hâte!

Ne jamais arrêter

16 novembre 2011

Digne d’un hymne de guerre :  ne lâchez jamais rien, restez toujours actif dans votre intérêt !

Some part of you dies when you stop making art.

Je ne sais pas où j’ai entendu ou lu ça. Ni même si je l’ai vraiment lu (et pas rêvé!).

Hier je parlais avec un de mes amis producteur et il m’a gentiment vanné sur mes projets de roman au point mort. Avec le recul, je suis même pas sûr qu’il m’ait vraiment vanné mais je sais jamais trop avec lui. S’il fallait incarner l’expression “pince sans rire », ce serait lui.

(note à part, j’ai revu Wall Street hier, quelque chose que je voulais faire depuis 1 an et il y a son sosie dans le film)(à propos des sosies, ça m’a fait bizarre mais j’ai croisé un mec qui me ressemblait atrocement avant-hier, même blouson en cuir que celui que j’ai à la maison, même dégaine, ça m’a fait bizarre dans un sens creepy, pas cool, je me demande si lui aussi s’est vu en moi)

Sa remarque m’a frappé. « Touché » aurait dit un ricain.

Je suis assez fort pour me trouver des excuses, pour me dire qu’il me faut plus de ci, moins de ça, que demain ou dans trois mois, les étoiles seront mieux alignées.

Je crois pas l’avoir raconté ici mais il y a quelques années, un mec est venu me voir dans un rêve et m’a demandé de but en blanc pourquoi je n’avais toujours pas écrit de roman. Sans doute mon inconscient, lassé de m’envoyer des messages symboliques et que je ne réagisse pas, qui a décidé d’envoyer les gros bras pour me remuer.

En vain?

Pas sûr. J’ai avancé sur des choses. Je n’ai juste rien terminé. Mais c’est ce qui fait la différence entre les romanciers et les autres, non? Les romanciers, eux, finissent leurs romans.

Et puis c’est mois de novembre, le mois du Nano. Il y a quatre ans j’ai participé et fini un premier jet en 30 jours. Je l’ai jeté (symboliquement) depuis, parce  que les 70 dernières pages demandaient une refonte totale et que j’avais la flemme.

Mais depuis quatre ans, je n’ai pas été à sec, loin de là. J’ai eu au moins une idée assez solide pour faire un roman chaque année. Alors quoi?

Des excuses: des problèmes d’argent, l’arrivée d’un bébé, un déménagement, l’acclimatation à une nouvelle vie, des boulots de commande. Des excuses.

J’ai le temps. J’ai les moyens. J’ai l’esprit libre. (Tout ça en grande partie parce que je suis parti de Paris, qui, malgré tout l’amour que je lui porte, m’étouffait).

Alors hier, le déclic.

Il a raison, qu’est-ce que je fais là à ne pas écrire mes romans?

Je me suis remis dessus, « Interdit d’aller te coucher sans avoir avancer, ne serait-ce qu’un peu! ». J’étais fatigué alors ce n’est pas spectaculaire mais j’ai écrit à peu près 600 mots. C’est plus que je n’en ai écrit depuis juillet.

Et qu’est-ce que ça me manquait!!!!

J’avais la trouille de m’y remettre, de me rendre compte que j’avais tout oublié, tout perdu. Mais non, ça va, je me débrouille encore. J’ai envie d’essayer de rattraper le Nano. Il faudrait que je fasse 3300 mots par jour jusque fin novembre pour y arriver. Je ne pense pas que je le ferai, pour plein de raisons, mais j’ai envie d’essayer. Ecrire au moins 500 mots par jour sur ce projet là, qui comporte des sorcières, du sexe, de la comédie. Un projet très ado, vaguement adulte, que je porte depuis trèèèèès longtemps.

Ce que je voulais dire avec ce post, c’est surtout, de ne pas perdre de vue ce pour quoi vous êtes là.

C’est ok de prendre le chemin des écoliers, de tenter des trucs de temps en temps, de céder au chant des sirènes ici ou là sur la route. Simplement, revenez à votre motivation première, à votre envie de départ. C’est elle que vous devez nourrir et entretenir et chérir et cajoler. Le reste n’est que de la poudre aux yeux.

Je m’en suis rendu compte quand, malgré ma réussite en tant que scénariste, j’ai ressenti l’ennui, la lassitude et la frustration. J’ai trouvé différentes causes à tout ça mais au fond il n’y en avait qu’une: je ne faisais pas ce que je devais faire. Je n’étais pas où je devais être. Je ne peux pas savoir à votre place que vous devez écrire. Souvent c’est ce que nous remettons toujours au lendemain, ce qui nous effraie le plus, parce qu’il y a trop d’implication personnelle derrière ce projet. Je ne veux pas me laisser avoir par le confort de l’enseignement ou par les paillettes du métier de scénariste. C’est bien pour vivre, pour construire le cadre qui me permettra d’être romancier, mais c’est tout.

Ne cessez jamais de faire de l’art, de créer.

Martin Sheen dit quelque chose comme ça à son fils, dans Wall Street: « crée quelque chose, plutôt que de profiter des fruits du labeur de gens qui triment » (je paraphrase). J’y ai vu plus qu’un propos sur les pratiques des traders, j’y ai vu la conviction d’artiste d’Oliver Stone.

Kindle – Nouveau modèle pour les romanciers

22 octobre 2011

Réflexion sur la nouvelle plateforme d’édition : le livre électronique via le Kindle d’Amazon…

Wow, on se croirait sur la page d’accueil d’Apple ici. Je n’ai pas publié depuis si longtemps que ça?!

C’est que j’explore de nouveaux possibles. J’avais des réticences à en parler avant d’avoir vraiment pris le temps de bien étudier toutes les questions que je me pose, d’avoir fait des plans et pris des décisions mais plusieurs facteurs ont fait que les choses s’accélèrent. La première, c’est la sortie du Kindle en France la semaine dernière.

On est encore loin de l’offre américaine qui propose une version tactile et tablette de l’ereader d’Amazon mais c’est déjà un grand pas.

En moins de 4 ans, le kindle et d’autres ereaders ont reconfiguré le paysage de la littérature américaine. Amazon vend aujourd’hui plus de livres en version électronique qu’en version papier et les éditeurs peinent à suivre le mouvement. De manière générale, la manière dont le public consomme de la culture change et on n’est pas prêts de revenir aux modèles d’il y a dix ans. Sans parler de mort de l’édition, idée que je trouve largement exagérée, on est en plein coeur d’une révolution culturelle discrète mais impitoyable.

Le résultat de cette révolution: le pouvoir aux auteurs. L’offre des éditeurs n’est plus concurrentielle par rapport aux possibilités ouvertes par l’autoédition telle qu’elle peut se pratiquer aujourd’hui.

Plusieurs auteurs américains, constatant l’évolution des pratiques des lecteurs, ont décidé d’expérimenter avec l’autoédition. Certains nouveaux auteurs, d’autres déjà implantés dans le milieu de l’édition traditionnelle (pas de vendeurs de bestsellers, mais des gens avec une backlist et un lectorat suffisant pour être romanciers à temps plein), d’autres déjà autoédités. La plupart d’entre eux a décidé de franchir le pas et de se concentrer sur le livre électronique, plus accessible, plus flexible, moins cher pour l’auteur que de faire imprimer lui-même ses romans.

C’est ce phénomène que j’observe à distance depuis plusieurs années et si cela vous intéresse, voici quelques références pour aller plus loin:

John Locke: Comment j’ai vendu 1 mllion d’ebooks en 5 mois! (en anglais uniquement). Sous ce titre racoleur se cache l’histoire vraie d’un auteur néophyte qui a mis au point une stratégie commerciale de choc pour vendre 1 million de livres électroniques sur Amazon en cinq mois. Non seulement John Locke raconte-t-il son histoire mais il explique étape par étape comment il s’y est concrètement pris pour accumuler les ventes. Son système est déclinable à l’envi, utilisable par n’importe qui pour vendre 1 million de livres mais surtout pour en vendre assez pour en vivre.

Holly Lisle: How to think Sideways (cours en ligne. En anglais). J’ai déjà parlé de ce cours d’écriture créative il y a deux ou trois ans quand je m’y suis inscrit et que j’ai commencé à le suivre. Depuis, ce que j’y ai appris m’a énormément aidé à définir une méthodologie d’écriture plus rigoureuse et efficace. Depuis quelques mois et la sortie du livre de Locke, Holly a décidé d’abandonner les éditeurs traditionnels (c’est une femme qui a plus de quinze ans de métiers, une trentaine de titres en circulation et un lectorat fidèle) pour se concentrer sur l’autoédition. Et ce faisant, elle partage avec ses étudiants son processus, ses réflexions et le système qu’elle met en place.

Joe Konrath: Le guide de l’édition pour les débutants (en anglais) et son blog regorgent d’informations pratiques sur la manière dont cet auteur s’y est pris pour développer son activité de romancier et en vivre sans éditeur.

Pour ceux qui n’ont pas envie de tout lire, en substance, l’autoédition devient abordable, qualitative et concurrentielle par rapport à l’édition traditionnelle, de plus en plus frileuse, machine à marketing pour des auteurs déjà en place et de moins en moins ouverte à l’innovation. La contrepartie c’est que l’auteur doit endosser la casquette de vendeur et aller lui-même chercher son lectorat, le fidéliser, entretenir une relation avec lui, ce que l’Internet facilite grandement.

Il est largement temps pour moi de me lancer, d’expérimenter, de m’affranchir des soi-disant maîtres des clefs et de devenir responsable de ma carrière de A à Z.

J’arrête l’audiovisuel, j’arrête l’enseignement, et je fais ce que je repousse depuis trop longtemps: je deviens romancier!

Les cours m’occupent encore jusqu’à janvier. Ce printemps, tout commence enfin.

Atelier d’écriture en vrai

29 septembre 2011

Un atelier écriture à Bordeaux…la transmission et le partage : l’inspiration pour tous !

 

Après un an d’hésitation, de calculs, de tergiversations. Après avoir pesé le pour et le contre, j’ai décidé de lancer mon propre atelier d’écriture. J’enseigne déjà l’écriture depuis trois ans dans différentes écoles, il était temps de sauter le pas et de me mettre à mon compte. Je n’ai jamais supporté la condition du salarié, qui dépend d’un patron. C’est aussi sûrement pour ça que j’ai autant de mal avec la condition de scénariste: tous les désavantages du salariat sans aucun des bénéfices. Mise à part la liberté de travailler chez soi (mais est-ce vraiment un avantage?), je ne vois pas ce qui distingue le statut du scénariste de celui du salarié… à part l’absence d’un salaire fixe.

Non, me mettre à mon compte en tant qu’auteur, en tant que formateur, en tant qu’humain, c’est la direction que je donne à ma vie depuis un peu plus d’un an. C’est pourquoi cette année, j’ouvre l’atelier d’écriture de bordeaux, un atelier principalement destiné à des personnes avides d’aboutir des projets d’écriture d’envergure, avides de se libérer de leurs blocages créatifs et de devenir des auteurs plus conscients des processus à l’oeuvre dans la fiction et sa création, et pourquoi pas de se professionnaliser.

J’aspire pour cet atelier à un niveau d’exigence élevé. Amener des auteurs novices à s’armer pour affronter le métier d’écrivain (au sens large, peut-être qu' »écrivant » est moins connoté) de fiction. Ce sera une transposition de ce que je fais déjà en grande partie à l’université, où plusieurs des étudiants que je forme aspirent à devenir scénaristes mais n’ont aucun des outils pour et surtout des représentations très incomplètes du métier et de la manière dont il s’exerce.

L’idée d’un atelier d’écriture est de compléter ces représentations, de permettre à d’aspirants auteurs de se projeter dans une image juste de la réalité de ce métier, notre métier. Et pourquoi pas leur permettre de l’envisager à leur tour pour eux.

Je ne tiens pas à grossir et devenir une formation complète. J’ai trop à construire moi-même et j’ai trop rencontré de directeurs de formation pour comprendre que c’est incompatible. L’administratif prend vite trop de temps, les questions de programme, de pédagogie passent au premier plan au détriment de l’exercice de la créativité.

Mais quelques heures par semaine, suivre une demi douzaine d’apprenants, voir émerger des histoires, ça oui. Après tout, ce qui nous amène à choisir ce métier, est-ce autre chose que l’amour des histoires? Qu’elles soient lues, vues, entendues, ce qui nous pousse c’est que l’on veut toujours plus en découvrir et peut-être à un moment celles qui viennent de l’extérieur ne nous suffisent-elles plus et nous devient-il nécessaire de devenir conteurs à notre tour. En tous cas je crois que c’est ce qui m’anime, moi.

Pouvoir être présent au point d’origine des histoires, les voir évoluer, grandir, mûrir, c’est un peu comme voir son fils apprendre à marcher, à parler, gagner en autonomie, cela relève de la magie. Il y avait rien et soudain il y a quelque chose de vivant, de vibrant, de dense. L’atelier d’écriture n’a de sens pour moi que perçu de cette manière.

En attendant le 17 octobre, n’hésitez pas à vous promener sur le site, j’y transfèrerai petit à petit une partie de l’activité de ce blog, toute la partie théorique, pour me consacrer ici davantage au rapport de mes expérimentations professionnelles, et elles sont nombreuses!