Archive for the ‘_Marketing / Edition’ Category

L’importance du réseau

4 février 2009

Il est indéniable qu’avoir un bon « réseau » est primordial dans ce métier. Mais ça l’est aussi dans la vie. Combien de copains vous ont dépannés pour telle ou telle tâche pour laquelle vous étiez moins compétent qu’eux?

Le séminaire vers lequel j’ai récemment fait un lien parle de ça d’une manière très pertinente, alors regardez le.
Mais je vais apporter ma propre expérience du réseau. J’entends souvent dire: « je suis pas bon pour ça », « je sais pas utiliser les gens », et je ne sais quelle absurdité de ce genre. Si vous savez dire bonjour à quelqu’un et vous intéresser à vos confrères humains, vous savez bâtir un réseau. Regardez autour de vous: vos amis, ceux que vous invitez à vos soirées, vos collègues de travail avec qui vous allez prendre un pot après le boulot, votre famille, ce sont déjà des réseaux.
Nous sommes des animaux sociaux, nous sommes naturellement portés vers les autres. Construire un réseau, c’est se laisser porter par ce penchant naturel.
Rencontrez les gens, entretenez les contacts en leur rappelant régulièrement que vous existez, proposez-leur vos services, gratuitement, sans contrepartie, simplement parce que vous avez du temps à tuer et que vous voulez le tuer de manière constructive pour votre carrière.

Et c’est tout. Soyez généreux avec votre temps libre: plutôt que de le passer à glander, ayez un geste pour vos contacts, un petit mail, un coup de téléphone. Mais ne leur faites pas perdre leur temps: n’appelez que si vous avez quelque chose de pertinent à dire. Ce n’est pas parce que vous avez du temps libre qu’ils en ont. Soyez respectueux des autres et n’attendez rien en retour de ce que vous donnez. Soyez généreux et sincères.

Des relations humaines vont se créer et les liens professionnels s’en ressentiront. N’essayez pas à tout prix d’être amis avec les membres de votre réseau: ce n’est pas la peine d’inviter à votre anniversaire un producteur avec qui vous avez échangé 3 emails et un coup de téléphone. Sachez garder des limites claires pour que, le jour venu, les relations professionnelles ne soient pas parasitées. L’amitié naîtra peut-être mais comme toute amitié, ce sera une longue route et le fruit d’épreuves vécues en commun qui en seront la fondation.

Créer un réseau, ce n’est pas être avide, ce n’est pas « faire la pute » pour avoir du travail, c’est simplement aller à la rencontre des gens et faire savoir qu’on existe et qu’on a des intérêts en commun avec eux. Plaire est important mais on plaît surtout par son professionnalisme, par les promesses tenues, par son efficacité et par sa pertinence.

Et ne négligez personne: le gros producteur d’aujourd’hui sera le producteur retraité de demain, remplacé par le jeune stagiaire ou la secrétaire à qui vous avez à peine adressé un regard. Allez à la rencontre de l’humain, pas de la fonction. C’est ce qui fera toute la différence.

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L’importance du pitch

3 février 2009

Encore chez Epstein, il y avait hier un post sur le pitch et l’importance de bien le cerner. Je le paraphrase, mais décrire des personnages, leurs relations, la backstory, tout ça, c’est facile, c’est amusant, on sait tous le faire et c’est ce qui nous a amenés à ce métier en premier lieu.

Mais savoir cerner un concept, savoir transmettre en une phrase de quoi ça parle et comment ça fonctionne, cela relève de la prise de tête impossible à éviter. Vous n’avez pas de projet tant que vous ne savez pas résumer ce qu’il raconte et deux mots. Vous n’avez pas de projet de série tant que vous ne savez pas sur quoi va reposer la mécanique des épisodes: qui est le protagoniste, que veut-il et comment ça se résout, dans chaque épisode, déclinable à l’infini par une infinité d’auteurs. Parce que je vous souhaite de faire des séries qui dureront plus longtemps que 6 misérables épisodes mais pour y parvenir, il faut apprendre à déléguer et laisser d’autres scénaristes s’approprier votre bébé et jouer avec lui.

Mais pour ça, il faut une bible plus claire encore que l’eau de roche, et surtout une bible qui donne une structure d’épisode évidente et reproductible. C’est ce qu’écriront vos confrères mais c’est aussi ce que viendra chercher le public quand il allumera sa télé tous les soirs pour regarder vivre ses personnages préférés. Que ça feuilletonne ou pas.

Et pour les plus pressés, voilà le post original :

« Lisa and I are working on a written pitch. The two things we’re working hardest on are:

  • Making sure the first page grabs the reader; and
  • Making sure it’s clear what the show is.

It’s easy enough describing the characters, the world, the backstory. What’s tougher is crystallizing what the show is going to be. What’s the template? What’s the franchise? What happens every week? « 

Et pour ceux qui aiment la technique:
Commencez par définir qui est votre protagoniste,
Définissez son objectif, qu’il n’atteindra jamais,
Définissez pourquoi il ne l’atteindra jamais,
Définissez le type d’objectifs locaux qu’il peut poursuivre (i.e. les moyens qu’il utilise pour atteindre son objectif global).

Normalement, vous avez déjà quelques pistes pour définir le contenu des épisodes de votre série.

Le Branding ou l’art de s’auto-étiqueter

30 septembre 2008

J’ai déjà pointé vers un article de Denis McGrath concernant l’importance pour les chaînes de définir leur marque avec précision et de s’y tenir. C’est aujourd’hui Blake Snyder qui s’y colle en demandant aux lecteurs de son blog où ils se situent sur le marché, dans quelle niche et s’ils sont capables d’établir une marque claire qui réunisse un public précisément ciblé comme un film de Tarantino ou une comédie de Veber peuvent le faire.
Hier, j’y ai pensé en tombant sur Neuf Mois et je suis sûr d’avoir déjà abordé la question. A l’heure de Youtube et à la veille de la disparition de l’hertzien, il me semble important de se poser une question: où est-ce que je me situe dans tout ça?
A l’heure où j’écris ces lignes, je regarde les clips et me dis que les producteurs de musique l’ont déjà bien compris, en créant des produits homogènes, entièrement tournés vers leur cible. Amusez-vous, un matin, à regarder un top entier, et à noter paroles, mise en scène, traitement de l’image, musique… Tout vous semblera peut-être identique à l’oreille mais les différences sont signifiantes. Peut-être que j’en ferai une analyse plus poussée un jour.
Il me semble d’autant plus important de se poser ces questions que nos choix nous définissent aussi en tant qu’auteur. Quel sujet je choisis de traiter et comment? Ils orientent nos décisions d’accepter ou non une commande, permettent de se spécialiser dans un domaine et d’y devenir excellent plutôt que de tout essayer, de papillonner, et de n’être vraiment bon dans rien.

Alors, comment vous définissez-vous?

La micro-niche

4 août 2008

TimK, un romancier américain autopublié explique pourquoi il veut ne jamais être publié dans un assez long post de son blog.

Son exposé, assez intéressant, avance, études à l’appui, que le désir d’être publié vient du mécanisme psychologique qui nous pousse à être plus satisfait d’un travail ou à avoir plus confiance dans un groupe/une école s’il nous a fallu plus d’efforts pour l’accomplir/y entrer. La valeur serait proportionnelle à l’effort. Un raisonnement qui ne nous est pas étranger, à nous qui soumettons nos personnages aux pires adversités pour leur permettre de changer et de s’améliorer. Quelle meilleure métaphore du mécanisme en question que d’avancer l’idée que pour vraiment apprendre quelque chose, il faut en avoir chié un max ?

Partant de là, TimK ajoute qu’il se moque complètement de « faire partie du club », mais que cela ne l’empêche pas de chercher un modèle économique viable pour son écriture. D’où une étude du concept de micro-niche. Ou de marketing ciblé.
Le circuit classique repose sur d’énormes structures qui doivent vendre d’énormes volumes sur un marché ultraconcurrentiel où les livres passent rarement plus d’une semaine sur les étals des libraires. Ce système n’est viable pour personne, auteur ou éditeur, et n’est qu’une fuite en avant qui pousse les éditeurs à produire toujours plus, à ne plus penser en terme de qualité mais de rentabilité. Pour TimK, ce n’est pas un système intéressant et il préfère vendre à 400 lecteurs intéressés par le type précis de fiction qu’il écrit (d’où le concept de micro-niche) et fidèles (et fidélisés par un suivi comm., des goodies, un service personnalisé) tout en récupérant la totalité des marges qu’il génère sur chacun de ses livres.

La démarche n’est pas idiote et s’inscrit dans la logique actuelle de communautarisme (des communautés se créent autour des auteurs), d’individualisation de la culture, même de masse (qui a dit vod?), et de la recherche de services toujours plus nombreux, plus personnalisés, le consommateur ne veut plus n’être qu’une ligne dans le listing de son fournisseur, il veut inscrire sa consommation dans une relation qui ne soit pas impersonnelle.
En contrepartie, l’auteur devient sont propre éditeur, il doit développer des compétences de vendeur et d’entrepreneur, il doit consacrer une partie de son temps à fidéliser son public, parce que dans une logique de micro-niche, un lecteur qui n’achète pas votre dernier titre, c’est une proportion non-négligeable de vos revenus qui se fait la malle avec lui.

En attendant, plutôt que de jouer à la loterie sur le marché traditionnel, la micro-niche qui consiste à cibler son public à une échelle microscopique n’est pas une alternative dénuée de sens, d’autant plus à une époque où le public prend l’habitude de pouvoir choisir sa propre culture (merci Internet), de suivre le quotidien des artistes (blogs, sites officiels, sites de fans…).
Et si la réflexion vaut pour l’écrit, n’a-t-elle pas aussi sa pertinence dans l’audiovisuel?

Histoires très courtes

22 novembre 2007

J’ai toujours un train de retard.
Je découvre aujourd’hui que depuis cinq ans, un monsieur propose des histoires très courtes par mail, trois fois par mois, en échange de 10 malheureux dollars annuels.
Il s’appelle Bruce Holland Rogers et son site est là, avec quelques exemples des textes en question.
C’est une démarche super intéressante, il a 700 abonnés répartis dans le monde entier.

Encore un visionnaire qui a réfléchi à comment utiliser le net intelligemment.

TV vs Ciné

14 septembre 2007

John August (scénariste, notamment, de Big Fish) avance ici une hypothèse sur pourquoi les séries télé sont si bonnes aujourd’hui. C’est court et relativement peu ouvert à la discussion mais il y a, dans les commentaires, quelque chose qui me semble faire joliment écho aux inquiétudes de Takis:

« Most networks are beginning to realize their audience wants something intelligent to watch with exception to UPN. People are responding to that. The bar for entertainment is being raised across all mediums tv, films, Internet and games. So if you are going to produce something, aim high and don’t program to the least common denominator.

What brought me back to (some) TV are shows like Deadwood, Rome, The Office (UK version) and Battlestar. And all of these shows have a few things in common, great writing, wonderful acting and short runs. Don’t milk a good thing to death…tell a good story and kill it. Let us believe by watching we were part of something special. »

En gros, arrêtez de prendre la ménagère pour une conne.

De la clarté du titre

11 septembre 2007

Blake Snyder raconte sur son blog l’histoire d’un couple qui, ayant entendu parler d’un film (3:10 to Yuma, le dernier Wester sorti aux States) désire aller le voir mais ne se souvient pas du titre et se retrouve devant Shoot ‘Em up, un film de gangster limite cartoon d’après ce que j’ai pu lire. Conclusion de Snyder, quand vous cherchez le titre de votre film, rendez-le le plus explicite possible si vous voulez que votre public vienne le voir.

Et c’est pas faux qu’il est plus simple de se souvenir d’un titre quand il est lié au pitch du film, qu’il est courant de voir des gens se mélanger dans les titres incongrus que peuvent avoir certains films parfois. Là je n’ai pas le temps, je dois finir mon test pour une série diffusée sur une grande chaîne (nan, je vous dit pas quoi) mais il serait intéressant de faire une étude plus poussée de la question.

En attendez, considérez ça comme « le lien du jour » (et j’en ai un pour hier mais comme je veux le commenter, je ne l’ai pas encore posté, ce qui est une erreur).