Archive for the ‘_Réflexions’ Category

Drôle d’idée: « Je ressemble à un écrivain »

3 février 2012

Petite réflexion sur un sujet aussi abstrait que commun à tous: d’où viennent les Idées ?

ce matin, comme (presque!) tous les matins depuis le mois de juin 2011, je me prends en photo avec Photobooth. C’est juste une expérience comme ça, parce que l’outil est simple, et que ça m’amusera dans 10 ans de voir l’évolution de mon visage. Rien de plus. Ce ne sont pas normalement des photos que je partagerais mais ce matin, en me voyant, les cheveux en vrac, un vieux pull sur une chemise sable, une barbe mal entretenue, je me suis dit: « là! Je ressemble à un romancier! »

Anael Verdier

C’est bizarre comme on se forge des images mentales en permanence. Qu’est-ce qu’il y a de plus dans mon apparence d’aujourd’hui, par rapport aux autres jours, qui me frappe et qui me fasse penser que ça y est, « j’ai le look » ?

Est-ce que c’est le fait d’avoir travaillé à mes projets littéraires ces derniers jours ?

Est-ce le fait de réfléchir au nouveau statut de l’auteur que permet le livre électronique ?

Et d’où vient cette image du romancier ? De mes rencontres avec des auteurs dans les salons, des idées que j’ai fabriquées au cours de mes lectures ?  Des films que j’ai vus ?

Sans doute un peu de tout ça.

Mais c’est quand même bizarre. D’où viennent les idées ? De quelle obscure portion de l’univers ? J’ai eu un début de débat sur la question avec un excellent ami à moi la dernière fois que je suis allé à Paris mais aucune réponse n’a paru satisfaisante. Les idées sont-elles immanentes ? Y a-t-il une « sphère des idées » comme le pensait Platon ? Ou viennent-elles de bizarres connexions au coeur de notre cerveau ? Les deux sont-ils antinomiques ?

Je n’en sais rien. Je ne suis même pas sûr que la technologie permettra un jour de trancher avec certitude cette question-là.

Ce que je sais c’est qu’on peut apprivoiser les idées et les exploiter pour en faire des histoires et c’est vraisemblablement quelque chose qui vous intéresse si j’en crois les réponses au sondage que j’ai reçues jusqu’à maintenant. Alors je vous prépare un post du tonnerre sur le sujet mais je ne commencerai pas à l’écrire avant au moins deux semaines.

D’abord parce que je veux prendre le temps de faire le meilleur post possible, celui qui vous sera le plus utile et qu’il faut pour cela que je le prépare soigneusement.

Ensuite parce que je ne veux pas noyer le blog sous les messages techniques comme j’ai pu le faire à ses débuts. C’était intéressant mais je suis certain que ce n’est pas le mieux pour vous. Je préfère poster un ou deux messages techniques par mois, des messages avec un contenu « actionnable », c’est-à-dire un contenu avec lequel vous puissiez expérimenter entre deux messages.

Enfin parce que je veux laisser le plus de chance possible au plus grand nombre de lecteurs de s’exprimer sur le sondage.

Je ne l’avais pas fait jusqu’à maintenant, parce que j’avais une mauvaise visibilité sur mon emploi du temps, mais j’ai décidé d’arrêter le sondage le 17 février. C’est-à-dire que si vous voulez vous exprimer et contribuer au choix du prochain article, n’attendez pas, VOTEZ.
(le formulaire de vote est dans la marge de droite, il suffit de deux clics et votre vote sera enregistré! –>)

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Le plaisir comme boussole

16 juillet 2011

Il y a quelques années, une amie rencontrée grâce à ce blog, que je voyais régulièrement pour parler de scénario, de la vie, et de choses et d’autres m’a dit:

J’ai un ami à qui j’ai parlé de toi et qui m’a demandé: « mais qu’est-ce qu’il en tire? »

Sous entendu, qu’est-ce que ça lui rapporte de t’aider et de te rencontrer?

Je n’avais rien à répondre à ça. Je l’ai regardée avec les yeux écarquillés et je n’ai rien répondu.

Samedi, à nouveau, un ami banquier, musicien à ses heures, qui repousse le moment de monter son premier album depuis 10 ans, à qui je proposais de le faire ensemble, d’écrire quelques paroles pour lui, de l’aider à produire son album, m’a posé la même question:

Ok, mais qu’est-ce que tu as à en tirer?

Je n’avais rien à répondre mais j’étais bourré alors j’ai raconté n’importe quoi.

La vérité, c’est que je n’ai rien à en tirer. Ni de la première histoire ni de la seconde. Et que je m’en fous.
J’y ai réfléchi tout le weekend et je me suis retrouvé en CM2, face à une prof de maths estomaquée parce que je n’avais pas fait mes devoirs que je ne m’en cachais pas.

PROF: Pourquoi tu ne l’as pas fait?
MOI: Parce que j’avais pas envie

Silence tendu dans la classe et je comprends qu’il y a quelque chose qui m’échappe.

PROF: Mais on ne fait pas les choses parce qu’on en a envie!

Là c’est moi qui suis estomaqué. Quoi?!

En fait il y a quelque chose de cassé chez la plupart des gens. Quelque chose que l’école brise, comme un bully armé d’une batte de baseball, quelque chose que la société fait en sorte de faire oublier aux gens: le plaisir de vivre.

J’avais réussi à préserver mon plaisir de vivre et ma manière d’aborder les choses, aligné sur le Nord de mes envies. Si je suis devenu scénariste c’est parce qu’à aucun moment je n’ai fléchi. A aucun moment je n’ai accepté ce que tout le monde me disait: qu’il fallait faire des concessions pour survivre.
Survivre ne m’intéresse pas.
Je ne parle pas d’argent. Je pense qu’on peut se serrer la ceinture et vivre plus pleinement qu’en faisant bombance tous les soirs.
Je parle d’expériences et d’épanouissement.

Si j’agis c’est parce que j’en ai envie, parce que cela m’amuse, parce que je peux apprendre quelque chose de nouveau sur moi-même ou sur le monde ou apprendre à faire quelque chose de nouveau ou construire de nouvelles amitiés. Je n’ai pas d’autre motivation.

J’aime les défis. J’aime la contrainte. La difficulté de commencer quelque chose de nouveau sans savoir comment m’y prendre. J’aime le vertige que je ressens quand je commence à sentir que j’y arrive. J’aime la peur au début, quand je suis au maximum du doute et au maximum de l’excitation: « ce serait génial mais jamais je n’en serai capable ». C’est comme ça que tout commence. Et c’est le signe qu’il y a là quelque chose de fort à découvrir et à réaliser.

Quand le confort s’installe et quand l’ivresse d’accomplir une tâche impossible devient la lassitude de répéter une tâche difficile, quand l’excitation du défi fait place au déplaisir de la répétition, je change de voie. Ca a été le cas après six ans de journalisme. C’est en train d’être le cas après six ans d’écriture de scénario pour la télé. Le but de mon jeu c’est de déconstruire les processus et les représentations, c’est d’entrer dans un milieu et en faire partie. C’est arriver quelque part quand, quelques années plus tôt, je n’avais aucune idée du chemin à prendre. C’est de multiplier les expériences de vie.

En-dehors de ça, pas de bonheur possible, juste du confort. Le confort de l’argent, d’une position sociale, d’une certaine notoriété (fut-elle dérisoire).

Le confort ne m’intéresse pas.

Auteur à temps plein ou à temps partiel?

8 juillet 2011

Réflexion sur le temps réparti par un auteur dans son art…

De la manière dont je vois les choses aujourd’hui, nous (les scénaristes, romanciers, graphistes, musiciens…) faisons face à deux options. D’un côté tout faire pour ne vivre que de notre art, même si cela implique (et c’est inévitable, au moins au début), de développer des projets de commande. De l’autre, assurer un revenu par ailleurs et développer notre art sur notre temps libre, ce qui permet de ne pas développer de projets de commande mais de rester sur des projets à soi, personnels, et porteurs de sens pour nous. Les deux options ont leurs aléas.

Dans le premier cas, le risque principal c’est d’épuiser son énergie créative dans les projets de commande, d’être en permanence sur une corde raide qui nous pousse à chercher la prochaine commande sous peine de finir désargenté. C’est le risque à la fois de n’avoir plus rien à dire de personnel et de ne plus avoir le temps ou la force de le faire tant on s’épuise à travailler pour les autres, essayant de réunir les trois miettes du gateau qui nous éviteront de finir à la rue. C’est ce que j’ai fait pendant quatre ans et j’ai perdu tout le plaisir que l’écriture était censée apporter à ma vie. Or, quitte à faire un boulot qui n’apporte aucun plaisir, autant en choisir un qui s’accompagne d’un chèque mensuel plutôt que de la précarité et de l’incertitude permanente du métier d’auteur.
L’avantage c’est la satisfaction de pouvoir se dire qu’on est auteur à temps plein, remplir ses journées d’écriture et d’art, de déjeuners avec des producteurs, de cafés avec des collègues, de rester en phase avec le microcosme du milieu qui, nous reconnaissant comme l’un des siens, nous offre plus de travail de commande. Le problème bascule alors: de la course à la prochaine commande, on en vient à se demander comment on va répondre à toutes les commandes en même temps et à devoir en refuser certaines.

Dans l’autre cas, le risque est de se laisser endormir par le confort d’avoir son salaire à la fin de chaque mois, de pouvoir se payer des trucs, s’encombrer d’objets et perdre cette petite dose de frustration nécessaire à l’écriture de textes puissants, puisant au coeur de nos besoins les plus fondamentaux, besoins que l’on se masque en remplissant nos intérieurs de gadgets et en consacrant nos vies à la course à la consommation perpétuelle. C’est la voie que je teste depuis un an, tentant de gagner assez d’argent à droite à gauche pour maintenir un minimum de confort et de me libérer assez de temps pour écrire, des textes personnels cette fois, rien d’imposé par l’extérieur.
L’avantage de cette voie c’est qu’elle permet à l’auteur qui la poursuit de rester en phase avec le monde, avec les « vrais gens », de comprendre leurs problématiques, leurs questionnements, leurs doutes, leurs besoins et d’ainsi pouvoir y réagir avec notre fiction.

J’expérimente, je teste, je ne sais pas ce que cela donnera.
Et vous, quelle option privilégiez-vous

De l’importance de garder le cap

17 mai 2011

Il est facile de se perdre. Dans la vie comme dans le métier de scénariste. Je fais attention à ne pas oublier que c’est ma vie qui est en jeu dans les choix que je fais. J’ai des objectifs, plus ou moins clairs, comme devenir romancier, comme ne pas écrire de fiction pour TF1, comme ne pas (trop) vendre mon âme à la télé. Il est facile de se laisser séduire par des producteurs charismatiques qui annoncent des chiffres considérables d’achat des scénarios. Mais l’argent n’est pas tout.

Il est facile aussi de tout refuser sous prétexte qu’on est un artiste. Mais pour progresser il faut multiplier les expériences. Il faut tester pour savoir ce que l’on ne veut pas. Il faut se frotter à ce qui, de prime abord, ne semble pas nous convenir, pour être certain que cela ne nous convient vraiment pas.

Je m’efforce de ne pas oublier ça. Pourtant, régulièrement, je m’embarque dans des galères que je savais devoir éviter. Par amitié ou parce qu’un concept me plaît (même si je sens qu’il est foireux) ou par simple appât du gain. Ne pas avoir besoin d’argent aide à se prémunir. Pour ça, trouver des sources alternatives, ne pas faire reposer sa survie sur l’écriture. Monter un petit business, donner des cours, épouser un(e) héritier(e), gagner au loto. Cela permet de dire “non » plus facilement.

Depuis quelques mois j’ai une liste d’objectifs que je coche (si remplis) tous les jours. Je ne pensais pas que cela me motiverait autant mais le fait de se rendre des comptes et d’avoir une trace écrite de ce que l’on a fait ou non pour s’approcher de ce que l’on veut faire de sa vie, cela a un réel impact. J’utilise un outil tout simple mais un simple calendrier suffit.

Prendre le temps de se questionner régulièrement sur la vie que l’on veut mener, sur ses priorités et ses valeurs. Se donner des objectifs pour le plaisir, pour le défi, ou juste parce que la vie est plus marrante quand on tente l’impossible. Parce qu’une fois qu’on a réussi à être payé pour être scénariste, plus rien n’est impossible.

Jusque là, je suis plutôt satisfait de mes choix.

Important vs Urgent

8 mai 2011

Une notion essentielle dans le travail, que l’on soit salarié ou indépendant, scénariste ou jardinier, c’est la distinction entre l’important et l’urgent.

L’important c’est ce qui fait avancer l’individu sur son chemin personnel, ce qui le rapproche de ce qu’il veut être, d’une vie bien remplie, bien menée. C’est la boussole qui devrait déterminer les choix que l’on fait entre deux projets, deux chemins de vie, deux attitudes. L’important c’est ce qui ajoute de la valeur à une vie.

Que choisirez–vous? L’urgent…

L’urgent c’est ce qui s’impose de l’extérieur. Il est urgent de payer son loyer, de rendre dans les temps une commande, de combler son découvert. C’est ce qui n’apporte rien que de l’immédiat. Pas de valeur ajoutée, pas de sensation d’accomplissement, juste la résolution d’un impératif. L’urgent c’est ce que détermine la majorité des choix d’une majorité de gens.

Préférer l’urgent c’est avoir une vision à court-terme, c’est vivre malgré soi, c’est se projeter dans un avenir de frustration, de résignation et d’amertume.

L’urgent c’est l’outil de la pub qui nous fabrique de faux besoins. C’est la pression sociale qui nous culpabilise de ne pas rentrer dans le rang, de ne pas suivre le chemin le plus court et le plus facile, de ne pas prendre notre soma, c’est le produit en tête de gondole au supermarché ou la dernière vente flash d’un site de discount. L’urgent flatte l’appât du gain, l’urgent sollicite notre goût des endorphines. Pour réaliser l’urgent il suffit généralement de se laisser vivre, entrer dans le moule et remplir son compte en banque pour pouvoir le vider, ne surtout pas prendre de risque (on risquerait de rater la date limite).

… ou l’essentiel?

L’important exige de prendre le temps de s’écouter, l’important croît dans le silence et le calme, l’important nous est révélé au cours d’une séance de zazen. L’important c’est le calcul du long terme. C’est accepter de prendre deux, cinq, dix ans, pour atteindre un objectif de vie qui compte vraiment (être scénariste, publier un roman, rendre rentable une entreprise qui nous tient à coeur, construire une école au Népal). Pour réaliser l’important il est souvent nécessaire de sortir de notre zone de confort, de supporter pendant des mois voire des années l’incertitude, d’ignorer si oui ou non nos efforts et nos sacrifices porteront leurs fruits. L’important exige d’avoir foi en soi et dans le monde. L’important exige d’avancer en aveugle.

Réaliser l’urgent c’est s’assurer une vie paisible quoiqu’un peu stressée. Viser l’urgent c’est risquer d’avoir ce que l’on veut.

Réaliser l’important c’est s’assurer une vie d’incertitude et d’angoisse. Viser l’important c’est risquer d’être ce que l’on veut.

Là est toute la différence.

Énergie et écriture

6 mai 2011

Être auteur professionnel, c’est être indépendant, travailler en freelance, autrement dit être responsable de la gestion de son planning.

Si un jour de flemme vous choisissez de blogger toute la journée plutôt que de travailler sur la commande en cours dont la date limite arrive à grands pas, c’est vous qui en paierez les pots cassés (à savoir devoir travailler plus le lendemain, ou devoir faire autant en moins de temps).

J’ai découvert qu’une grande partie de ce qui fait que le boulot d’indépendant fonctionne, c’est la conscience de son propre rythme. Dans ma vision ultrasimplifiée des rythmes biologiques je fais le constat simple qu’à certaines heures de la journée mon corps est plus apte à certaines activités qu’à d’autres.

Organiser sa journée autour de ce constat permet d’atteindre une meilleure efficacité dans le travail. Par exemple, constatant que je suis plus créatif dans le calme du matin, plus agité l’après-midi, plus passif le soir. Je décide de me couper du monde le matin (je laisse mon téléphone éteint et je coupe l’internet sur mon ordi) et de ne pas décrocher de mon bureau tant que je n’ai pas exploité au maximum ma concentration matinale. Selon l’heure à laquelle je me lève et la qualité de mon petit déjeuner, cela me donne entre 3 et 5 heures de travail efficace. Je sais qu’après le déjeuner j’ai tendance à l’hypotension et à avoir besoin de dormir un peu. Je sais aussi qu’après cette pause, c’est quasiment impossible pour moi de rester assis sur ma chaise. J’ai besoin de sortir, de bouger, de me dépenser. Résultat: je prends mes rendez-vous à partir de 17h, heure à partir de laquelle je sais que de toutes façons c’est mort, je n’écrirai plus. Selon mon état de fatigue ou la qualité de mon travail du matin, je peux me remettre à écrire passé 20h, quand mon excitation de l’après-midi retombe.

Cela peut sembler évident mais ça a été long et laborieux pour que je l’accepte. J’ai longtemps lutté, espérant imposer à mon corps le rythme que mon cerveau voulait suivre. Je me suis longtemps acharné à essayer d’écrire en vain pendant l’après-midi. Accepter de suivre le rythme naturel de mon corps, de m’adapter à ses changements (j’ai longtemps écrit tard la nuit avec beaucoup de succès), m’aide à être plus régulier dans mon travail, dans sa qualité, à être moins frustré de ne pas atteindre mes objectifs quotidiens (en temps ou en quantité d’écriture), à faire la paix avec moi-même et à ne plus culpabiliser en me disant que là, je devrais être en train de bosser au lieu de courir dans tous les sens. Être à l’écoute de son corps et de soi-même est à mon sens essentiel à la poursuite d’une vie épanouie. Mais lorsqu’il s’agit du travail en indépendant, avoir conscience de ses rythmes m’apparaît comme une nécessité salvatrice capable de rendre le labeur moins douloureux, plus fluide et surtout plus efficace en évitant de passer trois heures sur une tâche qui pourrait être accomplie en une seule heure à un autre moment de la journée.

L’importance du réseau

4 février 2009

Il est indéniable qu’avoir un bon « réseau » est primordial dans ce métier. Mais ça l’est aussi dans la vie. Combien de copains vous ont dépannés pour telle ou telle tâche pour laquelle vous étiez moins compétent qu’eux?

Le séminaire vers lequel j’ai récemment fait un lien parle de ça d’une manière très pertinente, alors regardez le.
Mais je vais apporter ma propre expérience du réseau. J’entends souvent dire: « je suis pas bon pour ça », « je sais pas utiliser les gens », et je ne sais quelle absurdité de ce genre. Si vous savez dire bonjour à quelqu’un et vous intéresser à vos confrères humains, vous savez bâtir un réseau. Regardez autour de vous: vos amis, ceux que vous invitez à vos soirées, vos collègues de travail avec qui vous allez prendre un pot après le boulot, votre famille, ce sont déjà des réseaux.
Nous sommes des animaux sociaux, nous sommes naturellement portés vers les autres. Construire un réseau, c’est se laisser porter par ce penchant naturel.
Rencontrez les gens, entretenez les contacts en leur rappelant régulièrement que vous existez, proposez-leur vos services, gratuitement, sans contrepartie, simplement parce que vous avez du temps à tuer et que vous voulez le tuer de manière constructive pour votre carrière.

Et c’est tout. Soyez généreux avec votre temps libre: plutôt que de le passer à glander, ayez un geste pour vos contacts, un petit mail, un coup de téléphone. Mais ne leur faites pas perdre leur temps: n’appelez que si vous avez quelque chose de pertinent à dire. Ce n’est pas parce que vous avez du temps libre qu’ils en ont. Soyez respectueux des autres et n’attendez rien en retour de ce que vous donnez. Soyez généreux et sincères.

Des relations humaines vont se créer et les liens professionnels s’en ressentiront. N’essayez pas à tout prix d’être amis avec les membres de votre réseau: ce n’est pas la peine d’inviter à votre anniversaire un producteur avec qui vous avez échangé 3 emails et un coup de téléphone. Sachez garder des limites claires pour que, le jour venu, les relations professionnelles ne soient pas parasitées. L’amitié naîtra peut-être mais comme toute amitié, ce sera une longue route et le fruit d’épreuves vécues en commun qui en seront la fondation.

Créer un réseau, ce n’est pas être avide, ce n’est pas « faire la pute » pour avoir du travail, c’est simplement aller à la rencontre des gens et faire savoir qu’on existe et qu’on a des intérêts en commun avec eux. Plaire est important mais on plaît surtout par son professionnalisme, par les promesses tenues, par son efficacité et par sa pertinence.

Et ne négligez personne: le gros producteur d’aujourd’hui sera le producteur retraité de demain, remplacé par le jeune stagiaire ou la secrétaire à qui vous avez à peine adressé un regard. Allez à la rencontre de l’humain, pas de la fonction. C’est ce qui fera toute la différence.