Archive for the ‘Citations’ Category

Le secret d’une motivation en béton

22 février 2012

Les aptitudes sont ce que vous pouvez faire. La motivation détermine ce que vous faites. Votre attitude détermine votre degré de réussite.

Quand on cherche à devenir écrivain, le plus dur c’est souvent de garder sa motivation intacte. Il y a deux clefs pour ça: les mentors et mettre son cul dans la chaise. Le billet rapide d’aujourd’hui combine ces deux éléments.

Marie Forleo est une femme admirable, elle a commencé sa carrière de danseuse hiphop à 25 ans passés (l’âge de la retraite pour la plupart des danseurs) et elle a construit une série d’entreprises à succès avant de se lancer dans le coaching entrepreneurial. Tous les mardi, elle poste sur son blog (http://www.marieforleo.com) une vidéo pour répondre à la question d’un de ses lecteurs. Je suis au rendez-vous toutes les semaines pour regonfler mon énergie.

Aujourd’hui, je suis tombé sur cette phrase, qui me semble tout à fait appropriée : « Losers wait for motivation, Winners just get sh*t done » (« Les perdants attendent la motivation, les gagnant se contentent de faire les trucs »)

Marie Forleo sur la Motivation

Ce qui m’amène à mon deuxième point: quelque soit votre degré de motivation, le secret pour devenir écrivain (scénariste, romancier, essayiste, peu importe ce que vous choisissez), c’est de vous mettre au travail, de coller vos fesses sur votre chaise et de noircir des pages. Très vite, quand vous avez pris cette habitude, la question de la motivation disparaît d’elle-même.

Cette idée, cruciale, du passage à l’acte, vaut pour tous les niveaux de votre carrière : l’écriture, le développement, mais aussi la construction de votre réseau. Arrêtez de vous prendre la tête avec de fausses excuses, faites les choses. Ecrivez, concevez, envoyez vos projets à des producteurs, rencontrez des gens.

Si vous avez besoin de pistes pour constituer votre réseau, lisez « Never Eat Alone », de Keith Ferrazzi, vous y découvrirez l’art de nouer des liens sous un jour nouveau :

Lisez-le MAINTENANT

La vidéo, en bonus:

Les 10 règles de l’écriture de film, par Ed Zwick

29 janvier 2009

Piqué chez Epstein, qui l’a lui même piqué sur MovieMaker magazine. Désolé, je traduis pas, je suis à la bourre sur plein de trucs. Mais je suis impressionné (et heureusement surpris) de voir que mon dernier post ne date que de 8 jours!

« There are 10 simple rules to great moviemaking. Unfortunately, I never learned them. These are the best I could come up with on short notice…

1. Remember to breathe. You’ve probably worked for two years to get to this moment, and there’s no guarantee you’ll ever get to do it again. You might as well enjoy it.

2. The camera is a Buddha. It sees the world as it is. It doesn’t photograph your expectations or your fantasies. Try to see as the camera sees.

3. No plan survives contact with the enemy. [Note: Field-Marshall von Moltke.] Over-prepare and then be ready to throw it all away when the actor feels his character wouldn’t do it that way.

4. A good idea can come from anywhere. You might as well listen to what others have to say because you’re going to get the credit (and blame) anyway. The key grip has made six times as many movies as you have.

5. Life is messy. It doesn’t stop while you’re talking on the telephone. If it feels too comfortable, it’s probably wrong; if it feels right it’s probably too slow.

6. No movie can ever be funny enough. Surgeons, cops and priests need to laugh, too.

7. An audience’s attention span is even shorter than yours. Fill every moment, stick to the story and try not to shoot the parts you’re going to cut.

8. The actors move the camera, the camera doesn’t move the actors. Unless you have a style, don’t act as if you do.

9. Make your movie for one person at a time. Imagine your fourth grade teacher sitting alone in the dark.

10. Where there is no solution there is no problem. At some point in every production, the director loses faith in the movie and the crew loses faith in the director. Somehow it all works out. »

Pourquoi le pommier fait-il des pommes?

27 septembre 2008

Marcello Mastroianni was once asked how many films he had been in. The great actor thought a moment and said, « I’m not sure– over a hundred. » The interviewer then asked « How many of those films were any good? » Mastroianni said, « A few– ten maybe. » « But why would you spend years making bad films? Why not wait till a good script comes along and then make one that’s worthy? » Smiling and unaffected by the insult, Mastroianni asked the journalist, « Do you like what you do? Do you like writing? » The journalist said yes. « Well, I like acting. I would rather act than not act. Why should I sit around waiting for a good script when in the meantime I can be doing what I like now? Do you wait until only good article assignments come before you write? I doubt it. If you like to write then you write the best way you know how about everything. Some of it is good and some of it is bad. But all of it is what you want to do with your life. »

(source: http://jonathancarroll.com/blog/index.php)

« It’s vital that research enhances the story, not detracts from it. » Jeffrey Deaver

11 juillet 2007

S’il est essentiel d’être bien documenté quand on veut raconter une histoire, c’est toujours le récit qui doit être priviligié.

Trop souvent, les recherches vont prendre le pas sur la dramaturgie, l’auteur va être tenté de mettre tout ce qu’il a appris ou découvert sur son sujet, sur ses personnages et leur univers. Mais dites-vous bien que le travail du scénariste, c’est comme un iceberg: la majorité est invisible.

Le scénariste travaille dans l’ombre, son travail est invisible, c’est comme un ninja. Il n’y a que le résultat qui doit être vu et ce résultat doit être aussi parfait que possible, peu importe le nombre d’heures que vous y passerez.

Ne soyez pas avares de recherches parce qu’elle enrichiront forcément votre travail.

Maintenant, qu’est-ce qu’une recherche efficace:

* C’est d’abord se questionner sur le sujet de son histoire, lister au maximum les thèmes qu’il est possible d’aborder avec ce sujet et cerner ceux qui vous intéressent.

* C’est ensuite s’interroger sur les personnages: qui sont-ils? que veulent-ils? quels sont leurs objectifs? leurs motivations? Pas la peine d’en faire des tartines, quelques lignes suffisent. Non aux backstories interminables et imbuvables sur les petits traumatismes de l’enfance de votre personnage. On s’en fout, vous aussi, vous cherchez juste à gagner du temps pour ne pas rentrer tout de suite dans votre histoire. Quelques lignes pour commencer et vous y reviendrez quand ça deviendra nécessaire parce que l’histoire vous y pousse.

* C’est en même temps vous documenter sur votre sujet, quel qu’il soit ! Même si vous parlez de la vie de votre quartier, renseignez-vous sur les gens, sur leurs habitudes. L’important ici n’est pas de collecter des informations que vous ressortirez telles quelles dans votre scénario mais bien de vous imprégner d’une atmosphère, de sentiments, de l’aspect humain de votre sujet.

* Travaillez vos décors comme des personnages, c’est un point trop souvent négligé. Demandez-vous ce qui rend vos décors uniques, quelle est leur histoire, s’ils ont des secrets, les émotions qu’ils génèrent. Vous devriez être capable de visualiser chaque ruelle de votre récit et de vous sentir comme si vous y étiez. C’est un élément crucial, jamais abordé dans les livres ou en formation, mais qui apportera un vrai plus à votre histoire. Pensez à l’importance des lieux de votre histoire personnelle et vous verrez ce que je veux dire.

* Si vous travaillez sur un univers imaginaire, c’est à vous de créer votre propre documentation et comme vous êtes le seul à connaître ce monde, vous devez fournir un travail encore plus précis.

Maintenant que vous connaissez toutes les étapes du travail de recherche, oubliez-les. N’allez pas écrire des rapports de 30 pages sur votre sujet, vos personnages, vos décors. Concentrez-vous sur l’histoire et revenez à la documentation quand vous bloquez sur un point précis. La documentation doit toujours rester secondaire. Il y a tellement de choses passionnantes dans ce monde qu’il est facile de se laisser porter par les sujets que l’on aborde, de se laisser fasciner par la doc et de vouloir tout ingurgiter avant de commencer à écrire.

C’est une grande erreur. C’est très bien pour votre enrichissement personnel mais c’est ce qu’il y a de pire pour votre histoire. Votre histoire doit se concentrer sur les personnages, les objectifs, les obstacles, le conflit. Pas sur le background.

« Il n’y a pas de réponse, il n’y a que des choix »

11 juillet 2007

Cette citation, relevée hier dans la version de Soderbergh de Solaris, passée sur France 4, s’applique à merveille à l’écriture.

Il n’y a pas de personnage juste, d’intrigue juste. Il n’y a que des choix d’auteur.

La difficulté n’est pas de construire l’histoire, c’est de choisir une construction plutôt qu’une autre, une suite d’événements, une série d’interactions entre des personnages plutôt qu’une autre.

Le scénariste doit savoir restreindre le flux de ses idées, fermer la porte à celles qui semblaient pourtant bonnes pour ne garder que les meilleures. A ce titre, le scénariste est un joueur. Il doit faire le pari que ses choix seront bons et foncer sans regarder en arrière.

Une fois l’histoire écrite, il sera toujours temps de retravailler le détail pour la rendre meilleure. Mais une fois les commandes tournées dans une direction, plus question de tergiverser. Allez au bout de vos choix, exploitez les situations à fond, assumez les positions que vous avez adoptées.

Corollaire: faites-vous plaisir, soyez fiers de vos histoires et de vos choix.

La dramaturgie c’est pas pour les lâches

11 juillet 2007

« Since art is a trial-and-error process, free yourself to be your most creative. Pull out all the stops; writing drama is not for wimps. »
(in. Creative Screenwriting Weekly)

La plus grande difficulté ce n’est pas d’acquérir les techniques, ni de trouver des idées, ni de gérer des personnages, c’est de se jeter dans le travail en y mettant tout ce que l’on porte d’émotions, de vie, d’énergie. Arriver à faire sauter les barrières et ne pas considérer l’histoire ou les personnages comme étant distants ou différents de nous. C’est nous et en même temps c’est un autre.
Alain Layrac dit que les personnages de fiction doivent être uniques et universels.
L’unique vient de nous. L’universel relève de l’autre.

L’essentiel c’est de trouver la Vérité personnelle qui ressort de chaque élément du script, de chaque personnage, chaque détail. Rien ne peut être gratuit et rien n’aura de sens tant que moi, l’auteur, je ne me serai pas mis en face du miroir qu’est le texte et que je n’aurai pas compris ce qui, dans ce que j’écris, fait sens par rapport à mon expérience, ce qui est générateur d’émotion et de vie.

Parce qu’écrire c’est ça: mettre de sa vie sur le papier – et sur l’écran – donner à vivre au spectateur des émotions sincères. Le plaisir du film ne doit pas être intellectuel mais émotionnel, trippal. C’est pourquoi il faut se livrer sans craindre le jugement du spectateur. Il ne faut pas craindre ce que l’on va trouver en se lançant dans l’écriture mais écrire, écrire et écrire encore jusqu’à trouver le juste accord entre les personnages, leurs désirs et objectifs, les obstacles qu’ils rencontrent.