Archive for the ‘Devenir écrivain’ Category

Devenir écrivain, Denis et Anael en discutent

4 avril 2014

Si vous rêvez de devenir écrivain, d’apprendre à écrire livre ou de carrément vivre de l’écriture, les nouvelles discussions entre Denis Tison et Anael Verdier, tous les deux scénaristes diplômés du CEEA et coaches d’auteurs, vous préviendront contre les questionnements qui entourent la posture de l’auteur et son identité.

Quelle voix pour vous ?

3 août 2012

Vous lirez souvent qu’il faut trouver votre « voix » pour être un bon auteur, un style narratif et un style littéraire (le type d’histoire que vous allez raconter et la manière dont vous allez le faire).

Vous lirez aussi qu’un scénariste doit s’empêcher d’avoir un style littéraire, il doit au contraire disparaître derrière l’action. C’est le type d’histoire qu’il va raconter et sa manière de les construire qui va constituter son style.

Je dis que ces deux affirmations font partie des pires conseils que vous puissiez recevoir.

La suite de ce billet sur le nouveau blog où je vous apprends tout ce que vous avez besoin de savoir pour devenir scénariste.

vacances

2 août 2012

En 2012, j’ai:
– refondu une sitcom d’anim, écrit une nouvelle bible, et un pilote pour une prod qui est en recherche de partenariats
– publié deux nouvelles sur Kindle
– écrit, vendu, et publié un Manuel d’écriture de Romans
– lancé mon propre atelier d’écriture et y ai rencontré des gens merveilleux
– écrit et publié le premier épisode de mon roman-feuilleton Les Larmes Félines (suite à paraître en août, septembre et octobre)
– recommencé à faire du sport
– lancé mon nouveau site d’auteur
– lancé un programme de formation à l’autopublication
– tourné et publié plusieurs vidéos de conseils sur l’écriture de nouvelles
– ouvert les portes de mon « Laboratoire d’écriture » pour donner un regard sur les coulisses de mon métier et de mes techniques d’écriture

Tout cela m’a demandé tellement d’énergie que je suis vidé!

Et ce n’est pas le quart de ce que j’avais prévu!

Je prends un mois de vacances. Vous n’entendrez plus parler de moi jusqu’en septembre. Je republierai sans doute quelques vieux billets que les plus récemment arrivés d’entre vous ne connaissent peut-être pas.

Je ne répondrai pas à mes mails, ne décrocherai pas le téléphone. J’essaierai d’écrire mais je ne suis pas sûr de le faire. J’ai besoin de me recharger en énergie, en créativité, en endurance.

En septembre, je repars de plus belle, avec:

– le lancement d’un programme de formation à distance mêlant vidéos, cours écrits, livrets d’exercices, avec une option tout virtuel et une option où vous recevez le matos par la poste. Ce sera sur http://commentecrireunlivre.org/ (note: ne vous soyez pas troublé par le nom, ce sera aussi une formation d’écriture de scénario!)
– l’écriture et la publication de la suite des Larmes Félines
– des stages d’écriture de nouvelles, de séries, des stages sur le métier d’auteur. (un weekend par stage, un stage par mois ou tous les deux mois selon votre demande, à partir d’octobre)
– + de billets sur ce blog et son déménagement progressif vers http://secretsdescenariste.com/
– la réécriture et la publication de mon roman de SF de 2004: Projet Yama (pour Noël si tout va bien)
– + de sport
– + de vidéos
– L’écriture et la publication de nouveaux manuels d’écriture (comment écrire une nouvelle, comment écrire une série, comment créer un personnage…) (à raison d’un par mois à partir d’octobre)
– la mise en page et la commande d’une version papier de mon manuel sur l’écriture de romans pour ceux qui préfèrent (dispo pour Noël)

Et ce n’est que le début !

Je vous laisse, je vais aller m’effondrer et dormir trois jours! (mais seulement une fois que j’aurai fini l’épisode 2 des Larmes Félines)

Je vous retrouve en Septembre!

Comment écrire une nouvelle

20 juillet 2012

Si l’écriture littéraire vous intéresse, j’ai mis en ligne une vidéo de conseils méthodologiques pour l’écriture de nouvelles.

C’est là: Comment écrire une nouvelle.

Dans le billet qui l’accompagne, je parle de l’intérêt de participer à des concours d’écriture, surtout en début de carrière, parce qu’ils permettent de prendre de bonnes habitudes de travail et d’apprivoiser la technique.

Oui, parce qu’écrire est un travail, pas juste un art inspiré ou l’attente contemplative d’un soudain souffle divin venu nous dicter tout son génie.

J’ai écouté ce matin une table ronde sur cette question sur France Culture et une auteur était encore dans ce fantasme de l’écriture comme un truc qui ne s’explique pas, ne se partage pas, ne se transmets pas. C’est tellement à côté de la plaque comme vision, ça m’a agacé. Heureusement, les deux autres filles étaient de l’école où écrire s’apprend. D’ailleurs l’Université du Havre ouvre la première formation universitaire française pour les romanciers.

Je suis en train de chercher à les contacter pour proposer d’intégrer leur équipe, si quelqu’un a des contacts là-bas, qu’il me le dise!

Mon nouveau cheval de bataille (mais est-ce que ce n’a pas été le rôle de ce blog depuis sa création), c’est d’encourager les aspirants écrivants à reconnaître qu’écrire est un métier, avec ses techniques, sa part d’inconnu, ses contraintes, ses responsabilités, qu’il est possible de penser en termes de carrière et qu’on n’est pas obligé d’être précaire pour être écrivain, pas plus qu’on ne doit écrire de la fiction ultraformatée pour réussir en écriture.

Vous verrez davantage de billets sur cette question dans les mois à venir parce que c’est celle qui m’intéresse le plus aujourd’hui où j’accompagne deux aspirantes romancière et auteur dramatique dans leur apprentissage et leur devenir écrivains.

J’espère que ça vous plaira et surtout que ça vous aidera à construire la carrière dont vous rêvez et que vous méritez.

En attendant, vous pouvez venir discuter mes techniques d’écriture sur: Comment écrire une nouvelle en sept étapes clefs

Pourquoi vous n’êtes encore scénariste/romancier

9 juillet 2012
La liste qui suit répertorie la majeure partie des raisons que me donnent les aspirants scénaristes qui me contactent.
  1. Personne ne m’en a donné la permission
  2. J’ai peur
  3. Je ne maîtrise pas assez la technique
  4. Je n’ai jamais rien vendu
  5. Je n’ai jamais rien écrit
  6. Je n’ai pas de réseau
  7. Je n’ai pas le temps
  8. Je n’y crois pas assez
  9. Je me laisse trop d’options
  10. Je ne me laisse pas assez d’options
  11. Je ne veux pas faire de compromis
  12. Je fais les mauvais compromis
  13. Je manque d’expérience
  14. Je manque de confiance
  15. Je suis trop jeune
  16. Je suis trop vieux
  17. J’ai déjà un métier que je n’ose pas quitter
  18. Je n’ai pas de métier et j’ai besoin d’argent
  19. Je n’ai pas d’idée
  20. J’ai trop d’idées
  21. Je ne finis jamais rien
  22. Je ne commence jamais rien
  23. Je suis fatigué
  24. J’ai trop d’énergie et vous n’arrivez pas à rester assis
  25. J’ai mal à la tête
  26. J’ai faim
  27. Je ne me donne pas la permission
  28. Je ne serai jamais assez bon
  29. Tout a déjà été écrit
  30. Je n’aime pas la télé
  31. Mes enfants sont en vacances et sont dans mes pattes
  32. J’ai les pieds sur Terre
  33. Je n’ai pas reçu de formation en écriture
  34. Les producteurs/éditeurs ne voudront jamais me lire
  35. Je n’ai pas d’agent
  36. Je ne sais pas par où commencer
  37. Je dois finir Story
  38. et Anatomie du scénario
  39. et le Lavandier
  40. et…. les vingt-et-un livres de ma bibliographie pour apprenti scénariste
  41. Je n’arrive pas à travailler de chez vous
  42. Je n’arrive pas à travailler au bureau
  43. Je n’ai pas de bureau mais si j’en avais un…
  44. J’écris mieux la nuit mais Je n’ai pas l’énergie de veiller
  45. J’écris mieux le matin mais je n’arrive pas à me lever
  46. Je ne veux pas
  47. Je ne sais pas de quoi j’ai envie
  48. Je suis en retard sur les séries que je dois regarder
  49. Je n’ai pas trouvé ma voix
  50. Je n’arrive pas à me spécialiser
  51. Je suis trop spécialisé
  52. Mes parents n’apprécieraient pas
  53. Que vais-je dire à vos amis ?
  54. Et si ça ne marchait pas ?
  55. Je n’ai pas la bonne B.O.
  56. Je n’ai pas fini mes recherches
  57. J’ai fini mes recherches mais pas lu tous les livres
  58. J’ai fini mes recherches mais je dois trier mes notes
  59. Je ne veux pas montrer mon scénario (et s’il était mauvais?)
  60. J’ai montré mon scénario mais personne ne me comprend
  61. J’ai montré mon scénario et mes lecteurs sont unanimes: je suis nul
  62. Je suis génial, Coco, mais personne ne veut rien m’acheter
  63. Je refuse de faire de la commande
  64. Je rêve d’écrire de la commande mais ignore comment décrocher un contrat
  65. Je ne suis pas assez original
  66. Je suis trop original
  67. Je n’ai pas écrit depuis dix ans
  68. Je n’ai jamais rien écrit
  69. Je manque de courage
  70. Je ne connais personne dans le « milieu »
  71. J’ai besoin d’être encadré
  72. Je dois retravailler mon scénario
  73. Pourquoi moi ?
  74. C’est vraiment possible d’en vivre ?
  75. Je suis pas sûr…
  76. Je n’ai pas envie de manger des pâtes
  77. Je n’ai pas envie d’attendre cinq ans que ça démarre
  78. J’ai besoin de contraintes
  79. Je vais au séminaire de McKee et après je m’y mets
  80. Mon scénario n’est pas exactement « moi »
  81. Mon scénario est trop intime
  82. Qui ça va intéresser ?
  83. Je ne veux pas être à mon compte
  84. Et si ça marche ?
  85. Je ne sais pas travailler par moi-même
  86. Je suis malade
  87. Pas aujourd’hui, je peux vraiment pas
  88. J’ai besoin de repos, je commence après les vacances
  89. J’attends les vacances pour me lancer
  90. Ce n’est pas raisonnable
  91. J’ai une famille/un(e) petit(e) copain(ine)/un chien/un hamster qui dépend moi

A part 46, tout cela n’est qu’une longue liste d’excuses pour ne pas vous lancer et vous confronter au réel. Ce n’est pas dur de devenir scénariste. Cela demande de l’abnégation, un peu de courage, et beaucoup de travail.

Arrêtez de penser à toutes les raisons qui s’opposent à ce que vous viviez votre rêve et lancez-vous. Concluez un pacte avec vous-même aujourd’hui pour commencer/finir un scénario, le diffuser, appeler un producteur/éditeur par jour tant que vous n’aurez pas obtenu un rendez-vous, pour aller à un festival les rencontrer, pour contacter un confrère et commencer à constituer votre réseau, pour terminer vos livres de technique (vous n’en avez pas vraiment besoin), pour oser.

C’est l’été (je sais, on ne dirait pas), c’est le moment de faire des choses audacieuses.

Disparitions à Répétition

22 juin 2012

J’ai disparu.

Je fais ça régulièrement, quand j’entre en lutte avec un projet. J’ai un lieu d’évasion où je vais pour mener la bataille, en marge du monde.

J’ai disparu un mois complet. C’est long. Je ne suis pas parti physiquement, à part une semaine à Annecy comme tous les ans.

Le reste du temps, je me suis enfermé dans ma tour créative. Elle est perchée au sommet d’une montagne formée par les cadavres de mes oeuvres inachevées. C’est un donjon avec une lourde porte en fer forgé, hérissée de pointes. Pas d’entrée, pas d’antichambre, la porte donne sur un escalier. Au sommet, après avoir gravi les 797 marches, j’arrive dans un bureau. Il n’y a qu’une ouverture, percée dans l’épaisseur du mur d’obsidienne. Elle donne sur l’océan tourmenté, à l’Est.

L’ameublement de la pièce est austère. Un bureau et une lanterne coupe-vent. Une pile de feuilles inépuisables et un encrier avec ses plumes complètent le tableau. Quand j’arrive, je referme derrière moi la porte et je tire le loquet. Je m’installe à la table de travail, dans un fauteuil sculpté qui est mon seul luxe. Et j’écris.

Je vis là en totale autarcie, le temps de mener mon combat.

J’oublie la faim, j’oublie le sommeil. Parfois je me surprends à m’assoupir assis sur le fauteuil. Je n’ai pas conscience du temps qui passe. Je remarque parfois le soleil qui se lève en face de ma fenêtre. Cela me donne une idée des jours qui s’écoulent.

Quand enfin j’émerge de ma tour, je suis épuisé et grognon mais marqué d’un sourire de soulagement. Cette fois encore j’ai vaincu la Résistance. L’histoire a réussi à s’arracher à mon crâne, elle a écarté la membrane de mon front et a émergé dans le sang et la violence.

C’est à chaque fois une lutte terrible contre mes démons intérieurs, contre l’histoire et sa paresse, contre ma propre faiblesse. Je me jette contre les murs, je tente de m’enfuir, j’hurle par la fenêtre. Dehors, les éléments s’affolent, reflets de mon combat personnel, les océans bouillonnent, les vagues envoient des éléphants contre les parois de ma tour. Le vent la fait pencher, l’orage inonde la pièce par la fenêtre sans carreau. Je ne me rends compte de rien, trop occupé à plonger au plus profond du gouffre. Je cours à l’épuisement, je passe par les neuf cercles de mes enfers personnels, je contemple, caresse, convoite mes vices et mes tentations, m’y frotte, les abandonne pour aller jusqu’au bout de l’abîme et le contempler. Et être contemplé en retour. Là, dans l’intransigeance de l’extrême, je me trouve face à la vérité. Et j’apprends comment écrire l’histoire.

Quelque part je crois que c’est pour livrer cette bataille que j’écris.

Un jour sans doute j’échouerai. Un jour je serai vaincu et là seul le pire pourra arriver.

Mais pas cette fois. Cette fois je suis revenu indemne et l’histoire avance enfin.

J’ai écrit un billet ailleurs sur la peur d’entreprendre, qui parle à demi mots de la lutte. Je vous en parle ici un peu parce qu’on est entre nous. Mais je ne dis pas tout parce qu’il y a des choses qui ne sont pas pour tout le monde. Si vous venez m’espionner dans mon labo secret, vous verrez le monstre que je deviens. Vous saurez, concrètement, par quoi je passe.

Bonne nouvelle, mon roman avance et je publierai le premier épisode la semaine prochaine (probabilité de tenue des délais: 80%).

C’est une histoire de sorcières qui se voulait un hommage à Dangereuse Alliance mais qui lorgnera finalement plus du côté d’Updike (Les Sorcières d’Eastwick), d’Ann Rice (The Witching Hour) et de William Hjortsberg (Falling Angel, l’un de mes romans cultes).

Dangereuse Alliance, Injustement méconnu

Dites-moi. Et vous, l’abîme, vous le fréquentez ? Avez-vous une phase dans tous vos projets où vous devez pousser vos limites pour aller au bout de votre écriture, pour trouver le chemin qui vous fera éviter la route lourdement piétinée du cliché et de l’intrigue ratée ? Souffrez-vous parfois d’écrire ? Aimez-vous cela autant que moi ?

Partagez tout dans les commentaires!

L’écriture, entre magie et technique

30 avril 2012

Réflexion autour d’un livre de Linda Seger sur la maîtrise de la création et de l’innovation pendant l’écriture. Allier l’émotion à la technique, telle est la mission d’un bon auteur, qu’en pensez-vous?

Je suis en train de lire un livre de Linda Seger sorti en 1999 (Comment faire d’un bon auteur un auteur formidable, non traduit en français) et à côté duquel j’étais complètement passé jusqu’à présent, c’est un livre sur la créativité, qui est l’un de mes sujets favoris en écriture, parce que c’est le plus épineux. Apprendre la technique ce n’est pas compliqué mais trouver le bon angle pour apprivoiser la créativité c’est autre chose. C’est un délicat équilibre entre lui donner assez de mou pour qu’elle s’exprime librement et la contraindre suffisamment pour pouvoir l’exploiter.

Je vous dirais bien de tout lâcher pour lire ce livre, parce qu’il a vraiment un effet formidable sur moi, mais je vais faire mieux que ça puisqu’une fois que je l’aurai fini, je vous écrirai une chronique sur son contenu. Néanmoins, j’avais envie de partager avec vous l’une des premières réflexions que je me suis faite grâce à sa lecture. Elle concerne le côté « magique » de l’écriture.

Préparez vos livres de sorts, vous écrivez une histoire

J’entends toujours les auteurs amateurs parler d’inspiration, d’écrire « quand c’est le moment », qu’il n’y a pas de règles en écriture parce que chaque projet est différent. Ça m’horripile mais je comprends, j’en suis passé par là aussi et le pire c’est que je ne peux pas dire que ces affirmations soient complètement fausses. Je connais les moments magiques de l’écriture, cette sensation de transe dont je parlais la semaine dernière, ce flux dans lequel on entre et tout disparaît et le monde que l’on est en train de créer prend une vie qui lui est propre, les personnages s’envolent et on n’a qu’à les suivre et tout ce qui sort de nos doigts est de l’or et c’est vraiment formidable. Mais tout professionnel de l’écriture sait qu’on ne peut pas construire une carrière sur ça. Alors on se blinde de connaissances théoriques, on lit manuel d’écriture sur manuel d’écriture, à la recherche du système qui nous permettra d’être toujours créatif, toujours au top de l’inspiration, de pondre des structures parfaites à chaque fois.

Le résultat, au moins au début, ce sont des textes creux, dénués d’émotions, trop mécaniques. Et l’auteur se réfugie derrière l’argument d’autorité « c’est comme ça qu’il faut faire, c’est McKee/Snyder/Truby/Verdier qui l’a dit ». Pourtant on le sait, les textes qui marchent le mieux sont ceux qui parlent aux émotions des lecteurs et des spectateurs. Ils ont parfois une structure bancale (ou plutôt leur écriture est tellement bonne que leur structure disparaît derrière les émotions, les personnages, les situations). Est-ce parce qu’ils maîtrisent mieux les techniques ou parce qu’ils sont plus souvent touchés par la magie de l’écriture ?

Ma conviction c’est que c’est un mélange des deux. Quand l’auteur maîtrise parfaitement les techniques de l’écriture (structure, ironie dramatique, suspense, surprise, typologies des personnages, etc) ET qu’il sait lâcher prise pour laisser sa Muse s’exprimer à travers lui, c’est là que naissent les meilleures histoires. C’est sans doute pour cela que les grands mettent du temps entre deux films, deux livres. Pas parce que c’est long de les écrire mais parce qu’il faut arbitrer cette bataille entre l’intellect et l’instinct, que l’on penche tantôt trop d’un côté, tantôt trop de l’autre, et que trouver le juste milieu exige une patience et une minutie digne d’un bonze que peu d’auteurs se donnent la peine d’atteindre.

Il n’est finalement pas compliqué de devenir auteur. Lire quelques manuels pour comprendre les mécanismes d’une histoire qui marche suffit. Le manque de créativité est rarement un problème chez les jeunes auteurs et une fois que celle-ci est canalisée, que l’auteur a consenti un minimum d’efforts pour se constituer un réseau, à peu près n’importe qui avec une once de motivation est capable de devenir scénariste ou romancier. Mais laisser une marque, créer des oeuvres qui impactent vraiment le public, rejoindre les rangs des Audiard, Kaufman ou Weiner pour ne citer qu’eux, c’est  une autre paire de manche. Cela demande la rigueur d’un apprentissage perpétuel, un affinage à la fois de la maîtrise et du lâcher prise dont je parlais plus tôt, pour combiner technique et magie.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Trouvez-vous encore de la magie dans ce que vous écrivez ou êtes-vous noyé par la technique ? A moins que pour vous ce soit l’inverse, il n’y a que la magie et pas du tout de technique ? Partagez vos réactions avec moi dans les commentaires.
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