Archive for the ‘Dramaturgie et Scénario’ Category

Chronologie de l’histoire

26 octobre 2015

Sur écrire.tv, j’ai publié un long article sur la chronologie de l’histoire. J’y partage 6 astuces que j’ai découvertes en travaillant sur des romans et séries à plusieurs fils d’intrigue. Pour ne pas s’égarer dans la continuité dramatique de l’histoire, et pour assurer sa cohérence, il est bon pour l’auteur de se pencher sur l’enchaînement des événements de son récit… et sur ceux qui se déroulent en off.

Je recommande de séparer les axes du récit et de les faire apparaître physiquement sur un tableau ou dans un logiciel, en utilisant un code couleur qui vous permettra d’isoler les personnages et les niveaux d’intrigue, ainsi que les événements « invisibles » (backstory et off).

Vous verrez aussi quelques astuces concrètes, comme le fait de ne pas vous perdre dans les détails, sauf ceux qui ont de l’importance (ne vous en faites pas, j’explique lesquels développer et pourquoi). Je crois que le conseil le plus intéressant est celui qui explique que le travail de la chronologie n’est pas limité à la phase de recherche, mais que l’auteur y revient tout au long de son écriture.

A mesure que vous avancez dans les étapes du texte (intention, synopsis, séquencier, continuité) et leurs versions, votre chronologie s’affine, votre compréhension et votre connaissance des personnages et des événements se précise… et la chronologie aussi. S’installe alors un cercle vertueux qui nourrit le projet.

Lisez mon article détaillé sur la méthodologie de la chronologie et découvrez mon nouvel atelier d’écriture en ligne.

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Les trois points indispensables pour créer des personnages de roman

4 avril 2014

La création de personnages, en particulier de fiches personnages, est l’une phase qui pose le plus de question aux auteurs: jusqu’où développer le personnage ? Quoi dire, quoi ne pas dire.

Cette vidéo vous présente les trois points indispensables à tout personnage de fiction. Si vous réussissez à développer ces trois points de manière efficace, tout le reste devient optionnel.

personnages de roman

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Devenir écrivain, Denis et Anael en discutent

4 avril 2014

Si vous rêvez de devenir écrivain, d’apprendre à écrire livre ou de carrément vivre de l’écriture, les nouvelles discussions entre Denis Tison et Anael Verdier, tous les deux scénaristes diplômés du CEEA et coaches d’auteurs, vous préviendront contre les questionnements qui entourent la posture de l’auteur et son identité.

Comment Devenir Ecrivain par Anael Verdier

4 avril 2014

Dans cette conférence en direct, découvrez les principaux points sur lesquels vous devrez fournir des efforts pour:
– développer une meilleure qualité d’écriture
– vous positionner sur le marché comme un expert de l’écriture, quelque soit ce que vous écriviez
– rester maître de votre carrière

devenir écrivain

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J’ai besoin de votre avis. Déménagement prochain du site

23 juin 2012

WordPress.com atteint ses limites: personnalisation de l’apparence du site restreinte, optimisation pour les moteurs de recherche pas optimisée et autres options qui me font défaut. J’ai décidé de switcher vers une plateforme WordPress.org, plus ouverte.

Je ne vais pas vous embêter avec les détails techniques. Je suis en train de choisir les articles à basculer d’ici au nouveau site, son apparence, ses rubriques, etc.

Je voudrais votre avis sur ces choix, comme vous êtes quand même les premiers intéressés.

Alors je vous demande ce petit service: d’aller jeter un oeil sur http://secretsdescenariste.com et me dire ce que vous en pensez.

Rien n’est fini, c’est le chantier le plus total, mais les bases sont là.

Vous n’aurez qu’à revenir ici me dire ce que vous en avez pensé ou m’envoyer un mail à apprenti.scenariste(at)gmail.com

Merci merci merci pour les quelques minutes que vous allez y passer!

Anael

Ecriture projet scenario

22 juin 2012

Jeudi 21 Juin

Une amie m’a proposé de lui écrire la première partie de son scénario. Souvent les premières notes d’une composition mettent toujours du temps à noircir correctement le papier. Comment ai-je pris sa proposition? Comment vous dire….j’étais tout simplement…heureuse !!!! Heureuse qu’elle ait pensé à moi, qu’elle me fasse confiance et qu’elle me confie son projet. C’est pour moi une opportunité qui tombe à pic car je me trouve depuis plusieurs mois dans une dynamique d’écriture qui me permet de composer beaucoup. De plus, en ayant lu et chroniqué sur de nombreux auteurs : écrivains, théoriciens, scénaristes… je me surprends à me référer à certaines de leurs pensées, leurs méthodes…

Il est évident que je vais m’investir à bien dans ce projet; non pas parce qu’il s’agit de celui d’une amie; mais parce que c’est UN projet d’écriture. Ce n’est pas le mien et c’est ce qui peut me faire un peu appréhender la chose. Mais j’ai plutôt l’impression de ressentir un côté adrénaline – le fait de ne pas forcément contrôler l’appréciation du projet. Je me dis que se confronter aux exigences d’autrui, c’est un bon exercice car je vais devoir répondre à un besoin ce qui implique une écoute attentive, une compréhension de l’objet souhaité et ne surtout pas vouloir à tout prix mettre son touch / sa patte. C’est ce que j’ai pu observer dans le travail de tout auteur. La question du style se pose c’est une évidence et même en collaboration, comme il est question dans ce projet, il faut que l’écriture de l’unité du scénario soit homogène, cohérente.

Voyons comment je compte m’y prendre.

ETAPE 1 : Discerner le ou les personnages principaux

Dans l’élaboration de tout scénario, comme dans n’importe quelle autre activité, il existe un certain nombre d’outils à maîtriser et à respecter. Tout récit commence par une présentation des personnages. Roland Barthes disait dans son « Introduction à l’analyse structurale du Récit » :

« On peut bien dire qu’il n’existe pas un seul récit au monde sans « personnages » ».

Dans un scénario, le ou les personnages jouent l’essentiel de la transaction spectatorielle. Autant vous dire que c’est l’élément principal du projet. Pas d’histoire sans personnages. Il va donc falloir que je dresse un portrait très précis, concis et étoffé des personnages. Le début d’un scénario commence par leur exposition. Il est donc indispensable de bien cerner quelle est leur place, leur rôle, leur importance, leur fréquence, leur principaux atouts comme failles, leurs affinités, leurs objectifs… Je vais donc mener mon enquête. C’est une affaire d’introspection dans l’histoire. Plus on en sait, plus on peut manipuler sans trop d’extravagance et sans gros danger leur évolution au fil de l’histoire.

Le personnage est très important parce que c’est le premier individu, l’entité semblable à nous qui est soumis à l’oeil du spectateur ou du lecteur en premier. Ce dernier va chercher à s’identifier à lui, s’opère alors un transfert d’identité du spectateur au personnage qui lui est présenté.

C’est le vecteur de l’histoire. Le personnage est celui qui va se retrouver au centre de la dramaturgie (2nd élément qui va manipuler avec une grande perversité ou pas le personnage, je rappelle ici qu’il s’agit de fiction :), on est d’accord ). Il va subir, réagir, se découvrir…Il va être au milieu d’une tornade évènementielle pour le plus grand plaisir des spectateurs.

Il va falloir identifier dans un premier temps pour ce personnage sa mission, son but, son objectif. Ainsi, et en fonction de son tempérament, de ses traits de caractère et de tout ce qui le constitue, on pourra le soumettre à certaines difficultés afin que sa mission ne soit pas aisée si elle finit par aboutir. C’est l’art de la dramaturgie dans le but de satisfaire « la propension masochiste » du spectateur…

Pourquoi écrire une série

22 mai 2012

Vous êtes scénariste, vous voulez vous lancer dans l’écriture d’une série. Vous êtes-vous demandé pourquoi ?

 Si votre réponse est « parce que ça marche », vous feriez sans doute bien de revoir votre copie.

L‘écriture d’une série demande du temps, de l’énergie, de la patience… Si vous ne le faites que par effet de mode, vous foncez droit dans le mur et la réception risque d’être super douloureuse. Il y a plein d’excellentes raisons d’écrire une série. L’effet de mode n’en fait pas partie.

Finesse et niveau de détail dans la série

Une série est parfaite pour faire évoluer des personnages en toute finesse. Quand vous avez neuf heures (12×45′) au lieu d’une heure et demie pour développer vos arcs narratifs, forcément, vous pouvez créer davantage de densité et un plus grand niveau de détail pour vos personnages. Vous pouvez les accompagner dans leur évolution à travers de plus nombreuses étapes que dans un unitaire, ce qui donnera à l’arrivée une évolution plus subtile et plus proche de la réalité. Les personnages pourront plus facilement faire des allers-retours dans leur évolution, espérant puis rejetant puis acceptant leurs changements, comme cela se passe pour nous.

 Une série donne aussi le temps d’entrer dans les détails de son univers mais il est rare qu’un producteur ou un diffuseur s’engagent sur une série à l’univers trop complexe. Surtout si c’est votre première. J’ai fait cette erreur au début de ma carrière, en arrivant avec des projets exigeant de créer de nouveaux décors, de nouveaux personnages, quasiment à chaque épisode. Ce genre de projet n’a de chance d’exister que si vous avez déjà un solide bagage, que vous avez fait vos preuves et que votre univers est assez consensuel pour garantir un minimum d’audience à vos partenaires. Plus votre projet est complexe plus il est cher. Là où vous voyez de la richesse pour le spectateur, ils voient les chèques qu’ils vont devoir signer.

Si vous écrivez une série dans l’espoir d’enfin réussir à vendre votre saga de Space Opéra, dites-vous bien que pour un Stargate ou Battlestar, il y a vingt Experts.Vous n’aurez pas plus de facilité à vendre votre saga sous forme sérielle que sous forme d’unitaire. Vous en aurez même sûrement moins !

Ce qu’une série permet de faire au contraire, c’est de créer de la densité pour votre univers. Ne confondez pas densité et diversité. En développant votre univers sur un plus long terme vous pourrez plus facilement travailler le niveau de détail pas le nombre des détails. Vous pourrez être plus précis, pas plus varié. C’est-à-dire que vous pourrez passer plus de temps sur les personnages secondaires, sur les interactions fines entre les personnages, sur la culture intrinsèque au microcosme que vous mettrez en scène.

Prenez exemple sur les séries qui marchent. Combien de nouveaux personnages introduisent-elles et à quelle fréquence ? Souvent aucun dans la première saison. Pourquoi ? Parce que pour justifier de faire de votre projet une série, vous devez développer un univers qui se suffise à lui-même et qui porte en lui-même, c’est-à-dire sans ajout, la promesse d’une infinité d’histoire.

La série vue comme une sécurité pour l’auteur

Vous vous dites qu’une série bien menée est un excellent moyen de captiver les spectateurs et devient alors un moyen pour son auteur de sortir de la précarité. Tant que la série dure, (presque) plus besoin de faire la chasse aux nouveaux contrats, il y a du travail pour des années à venir. Une série, c’est un peu le CDI des auteurs. Dès que l’audience mord, vous êtes parti pour une durée qui dépendra de votre capacité à garder son attention en alerte. Pour autant, écrire une série dans l’espoir qu’elle vous apportera une stabilité financière, est-ce bien raisonnable ?

Surtout quand vous savez qu’entre le moment où vous vendez votre première option et le moment (pas garanti du tout) où le premier épisode est diffusé, il s’écoule en moyenne entre deux et cinq ans. Êtes-vous prêt à tout sacrifier pendant cette durée sur le seul espoir que votre série verra un jour la couleur d’un écran ?

Une série bien plus qu’un unitaire, c’est une histoire de passion, c’est quasiment un sacerdoce. Il faut des mois avant de créer un concept qui fonctionne vraiment, avant de trouver le bon équilibre entre les personnages, l’univers et la structure narrative. Il faut ensuite des mois pour écrire un pilote qui tienne la route. Des mois pour convaincre un producteur de s’engager sur le projet, des mois pour faire coïncider votre vision d’auteur avec sa vision de producteur et ensuite des mois voire des années avant qu’il réussisse à convaincre une chaîne de s’engager sur le projet. Et pendant tout ce temps, vous ne touchez généralement pas assez d’argent pour vivre. On vous dira que c’est mal et qu’il ne faut pas travailler gratuitement mais à moins d’avoir déjà pas mal d’asphalte sous vos roues, vous n’aurez pas le choix. Ou plutôt vous aurez le choix : ne jamais travailler gratuitement et toujours travailler sur les projets des autres, ou prendre votre mal en patience, travailler à perte, et un jour finir par faire votre place et vendre vos propres projets.

Parce qu’au final, dans ce métier comme dans tout métier d’indépendant, tout se résume à cette question : avez-vous fait vos preuves ou non ?

Si vous voulez prouver que vous êtes capable de développer une série, montrez que vous pouvez exploiter à l’infini le concept, les personnages et les situations de bases que vous avez mises en place dans la bible. Faites interagir vos personnages principaux entre eux en apportant chaque fois une nuance supplémentaire à leurs relations, à leurs rapports. Faites vivre le monde en appuyant chaque fois sur un détail différent mais sans jamais rien introduire de nouveau. Du moins pas avant d’avoir mené à bien votre première saison.

Si vous voulez écrire une série parce que vous êtes tellement amoureux de vos personnages et de leur microcosme que vous pouvez imaginer mille et une histoires les mettant en scène, alors allez-y, foncez !

Si vous voulez écrire une série parce que c’est ce que tout le monde fait, pour pouvoir développer un univers riche de dizaines de décors et de personnages, ou parce que vous pensez que c’est là qu’est l’argent, assurez-vous de bien comprendre le fonctionnement de l’industrie avant de vous lancer parce que vous vous exposez à de nombreuses désillusions si vous ne le faites pas.

N’oubliez pas que les producteurs et les diffuseurs investissent énormément d’argent, de temps et d’énergie dans les programmes qu’ils achètent. Ils veulent avoir un maximum de garantie que leur investissement sera réduit au minimum et qu’il en vaudra la peine. Votre job en tant qu’auteur c’est de les rassurer et d’aller au bout de votre engagement en tenant votre première saison sur un budget restreint. Une fois que la première saison sera un succès, vous pourrez allonger la note.

Mais indépendamment de tout cela, souvenez-vous que les meilleures séries naissent d’abord d’une histoire d’amour entre vous et vos personnages.

Si vous voulez en savoir plus sur la création d’une série, de l’idée initiale à la bible définitive et la manière de la pitcher pour la vendre, restez connecté sur le blog pendant tout le mois de juin et inscrivez-vous au séminaire que j’organise du 23 au 24 juin, à Bordeaux.