How to Write for Animation, Jeffrey Scott

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C’est cet excellent manuel de scénario qui m’a le premier familiarisé avec l’idée de « beats », ou « temps forts ».
Je l’ai lu dans sa version originale, importée via amazon. Il n’en existe pas de traduction à ce jour (je me demande si l’animation n’est pas le parent pauvre du scénario, en France).

Jeffrey Scott est un scénariste d’animation qui a commencé chez Hannah Barbera et a pas mal roulé sa bosse. Il a travaillé sur (ou créé, je ne suis pas sûr) Les Tortues Ninja et beaucoup d’autres séries.
Son livre guide le jeune scénariste à travers les quatre étapes de construction d’un scénario que sont la recherche d’idées, le synopsis, le séquencier et la continuité dialoguée. A chaque étape, Scott commence par exposer la théorie et lance le lecteur dans l’écriture. Si vous jouez le jeu, vous écrivez un épisode des Tortues Ninja à partir d’éléments qu’il vous donne. Une fois l’exercice fait, autrement dit, quand vous avez écrit votre synopsis, votre séquencier et votre continuité, vous pouvez le comparer avec ce que Scott a effectivement fait pour cet épisode.
Le gros avantage de ce manuel c’est qu’il vous encourage à mettre la main à la pâte, contrairement à des bouquins plus théoriques, celui-ci vous pousse à passer à l’acte et, ce qui n’est pas négligeable, vous sortez de la lecture avec un scénario rédigé qui vient s’ajouter à votre « book » de scénariste.

La particularité de la méthode Scott, donc, ce sont les « beats », des points de passage obligés de l’histoire qui sont dictés « par la logique et le bon sens ». Si, par exemple, vous racontez l’histoire d’une enquête sur un casse de bijouterie, vous devrez avoir une scène sur le casse, une scène où les enquêteurs découvrent le crime, une scène où ils découvrent qui sont les coupables (donc, une scène où ils découvrent des suspects, une autre où ils innoncentent certains suspects…), une scène de confrontation avec les coupables (interrogatoire ou course-poursuite, selon le registre du film), et une scène finale d’arrestation (ou d’évasion des suspects).
Ça paraît simple, c’est simple, mais c’est tellement évident que je n’y avais jamais pensé et ça permet de ne plus avoir peur du grand espace de vide entre le début et la fin du scénario, espace qui a une fâcheuse tendance à me bloquer. Après, il faut détailler les beats en fonction de l’histoire, des personnages, ajouter les beats de l’intrigue B, ajouter des beats pour introduire les personnages récurrents si c’est une série, etc.

Passée cette première étape où l’on jette sur le papier tout ce qui nous vient en tête par rapport au déroulé de l’histoire, il faut mettre les beats en ordre et les changer en scènes. Peut-être sera-t-il plus intéressant d’en combiner certains dans une seule scène ou d’en scinder d’autres en plusieurs scènes.
Après, le séquencier et la continuité sont classiques mais Scott apporte son regard dans un style très agréable à lire. Il apporte quelques conseils sur l’écriture de descriptions et de dialogues et sur comment écrire des « choses drôles », et là on entre dans une écriture un peu plus spécifique à l’animation.

Dans sa générosité, Jeffrey Scott propose même, dans le chapitre « comment créer une série d’animation », une bible complète, telle qu’il l’a développée, qui permet de se faire une idée de ce à quoi les bibles peuvent ressembler.
Le livre se conclue sur une dernière série de conseils, ceux-là ayant trait à l’aspect plus pratique du métier: comment se vendre, être lu, etc. Avec ce conseil qui n’a pas de prix: faites-vous connaître, rencontrez les gens, qu’ils sachent qui vous êtes avant même d’avoir lu vos textes. Comme ça, le jour où vous leur enverrez quelque chose, ils sauront à qui ils ont affaire et c’est toujours une bonne chose dans ce métier. Enfin, il paraît.

NOTE: Je ne saurais trop vous recommander le site de Jeffrey Scott où, entre autres choses, vous trouverez des scripts (lisez-en, lisez-en et relisez-en) et la possibilité de vous faire coacher par Mr. Scott lui-même sur l’écriture d’un script, ou juste bénéficier de son expérience pour vous script-doctorer.

Une Réponse to “How to Write for Animation, Jeffrey Scott”

  1. guillaume Says:

    Bonjour/soir,

    juste pour vous remercier d’avoir rédigé cette brève « critique ».

    Après hésitation, et lectures de quelques commentaires sur Amazon, je crois que je vais finalement me prendre le petit livre de Jeffrey Scott.

    En me fiant aux quelques lignes ci-dessus, l’ouvrage m’a en fait l’air plus qu’intéressant surtout s’il repose (en partie) sur les séries d’animation.

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