vacances

2 août 2012 by

En 2012, j’ai:
– refondu une sitcom d’anim, écrit une nouvelle bible, et un pilote pour une prod qui est en recherche de partenariats
– publié deux nouvelles sur Kindle
– écrit, vendu, et publié un Manuel d’écriture de Romans
– lancé mon propre atelier d’écriture et y ai rencontré des gens merveilleux
– écrit et publié le premier épisode de mon roman-feuilleton Les Larmes Félines (suite à paraître en août, septembre et octobre)
– recommencé à faire du sport
– lancé mon nouveau site d’auteur
– lancé un programme de formation à l’autopublication
– tourné et publié plusieurs vidéos de conseils sur l’écriture de nouvelles
– ouvert les portes de mon « Laboratoire d’écriture » pour donner un regard sur les coulisses de mon métier et de mes techniques d’écriture

Tout cela m’a demandé tellement d’énergie que je suis vidé!

Et ce n’est pas le quart de ce que j’avais prévu!

Je prends un mois de vacances. Vous n’entendrez plus parler de moi jusqu’en septembre. Je republierai sans doute quelques vieux billets que les plus récemment arrivés d’entre vous ne connaissent peut-être pas.

Je ne répondrai pas à mes mails, ne décrocherai pas le téléphone. J’essaierai d’écrire mais je ne suis pas sûr de le faire. J’ai besoin de me recharger en énergie, en créativité, en endurance.

En septembre, je repars de plus belle, avec:

– le lancement d’un programme de formation à distance mêlant vidéos, cours écrits, livrets d’exercices, avec une option tout virtuel et une option où vous recevez le matos par la poste. Ce sera sur http://commentecrireunlivre.org/ (note: ne vous soyez pas troublé par le nom, ce sera aussi une formation d’écriture de scénario!)
– l’écriture et la publication de la suite des Larmes Félines
– des stages d’écriture de nouvelles, de séries, des stages sur le métier d’auteur. (un weekend par stage, un stage par mois ou tous les deux mois selon votre demande, à partir d’octobre)
– + de billets sur ce blog et son déménagement progressif vers http://secretsdescenariste.com/
– la réécriture et la publication de mon roman de SF de 2004: Projet Yama (pour Noël si tout va bien)
– + de sport
– + de vidéos
– L’écriture et la publication de nouveaux manuels d’écriture (comment écrire une nouvelle, comment écrire une série, comment créer un personnage…) (à raison d’un par mois à partir d’octobre)
– la mise en page et la commande d’une version papier de mon manuel sur l’écriture de romans pour ceux qui préfèrent (dispo pour Noël)

Et ce n’est que le début !

Je vous laisse, je vais aller m’effondrer et dormir trois jours! (mais seulement une fois que j’aurai fini l’épisode 2 des Larmes Félines)

Je vous retrouve en Septembre!

Comment écrire une nouvelle

20 juillet 2012 by

Si l’écriture littéraire vous intéresse, j’ai mis en ligne une vidéo de conseils méthodologiques pour l’écriture de nouvelles.

C’est là: Comment écrire une nouvelle.

Dans le billet qui l’accompagne, je parle de l’intérêt de participer à des concours d’écriture, surtout en début de carrière, parce qu’ils permettent de prendre de bonnes habitudes de travail et d’apprivoiser la technique.

Oui, parce qu’écrire est un travail, pas juste un art inspiré ou l’attente contemplative d’un soudain souffle divin venu nous dicter tout son génie.

J’ai écouté ce matin une table ronde sur cette question sur France Culture et une auteur était encore dans ce fantasme de l’écriture comme un truc qui ne s’explique pas, ne se partage pas, ne se transmets pas. C’est tellement à côté de la plaque comme vision, ça m’a agacé. Heureusement, les deux autres filles étaient de l’école où écrire s’apprend. D’ailleurs l’Université du Havre ouvre la première formation universitaire française pour les romanciers.

Je suis en train de chercher à les contacter pour proposer d’intégrer leur équipe, si quelqu’un a des contacts là-bas, qu’il me le dise!

Mon nouveau cheval de bataille (mais est-ce que ce n’a pas été le rôle de ce blog depuis sa création), c’est d’encourager les aspirants écrivants à reconnaître qu’écrire est un métier, avec ses techniques, sa part d’inconnu, ses contraintes, ses responsabilités, qu’il est possible de penser en termes de carrière et qu’on n’est pas obligé d’être précaire pour être écrivain, pas plus qu’on ne doit écrire de la fiction ultraformatée pour réussir en écriture.

Vous verrez davantage de billets sur cette question dans les mois à venir parce que c’est celle qui m’intéresse le plus aujourd’hui où j’accompagne deux aspirantes romancière et auteur dramatique dans leur apprentissage et leur devenir écrivains.

J’espère que ça vous plaira et surtout que ça vous aidera à construire la carrière dont vous rêvez et que vous méritez.

En attendant, vous pouvez venir discuter mes techniques d’écriture sur: Comment écrire une nouvelle en sept étapes clefs

Pourquoi vous n’êtes encore scénariste/romancier

9 juillet 2012 by
La liste qui suit répertorie la majeure partie des raisons que me donnent les aspirants scénaristes qui me contactent.
  1. Personne ne m’en a donné la permission
  2. J’ai peur
  3. Je ne maîtrise pas assez la technique
  4. Je n’ai jamais rien vendu
  5. Je n’ai jamais rien écrit
  6. Je n’ai pas de réseau
  7. Je n’ai pas le temps
  8. Je n’y crois pas assez
  9. Je me laisse trop d’options
  10. Je ne me laisse pas assez d’options
  11. Je ne veux pas faire de compromis
  12. Je fais les mauvais compromis
  13. Je manque d’expérience
  14. Je manque de confiance
  15. Je suis trop jeune
  16. Je suis trop vieux
  17. J’ai déjà un métier que je n’ose pas quitter
  18. Je n’ai pas de métier et j’ai besoin d’argent
  19. Je n’ai pas d’idée
  20. J’ai trop d’idées
  21. Je ne finis jamais rien
  22. Je ne commence jamais rien
  23. Je suis fatigué
  24. J’ai trop d’énergie et vous n’arrivez pas à rester assis
  25. J’ai mal à la tête
  26. J’ai faim
  27. Je ne me donne pas la permission
  28. Je ne serai jamais assez bon
  29. Tout a déjà été écrit
  30. Je n’aime pas la télé
  31. Mes enfants sont en vacances et sont dans mes pattes
  32. J’ai les pieds sur Terre
  33. Je n’ai pas reçu de formation en écriture
  34. Les producteurs/éditeurs ne voudront jamais me lire
  35. Je n’ai pas d’agent
  36. Je ne sais pas par où commencer
  37. Je dois finir Story
  38. et Anatomie du scénario
  39. et le Lavandier
  40. et…. les vingt-et-un livres de ma bibliographie pour apprenti scénariste
  41. Je n’arrive pas à travailler de chez vous
  42. Je n’arrive pas à travailler au bureau
  43. Je n’ai pas de bureau mais si j’en avais un…
  44. J’écris mieux la nuit mais Je n’ai pas l’énergie de veiller
  45. J’écris mieux le matin mais je n’arrive pas à me lever
  46. Je ne veux pas
  47. Je ne sais pas de quoi j’ai envie
  48. Je suis en retard sur les séries que je dois regarder
  49. Je n’ai pas trouvé ma voix
  50. Je n’arrive pas à me spécialiser
  51. Je suis trop spécialisé
  52. Mes parents n’apprécieraient pas
  53. Que vais-je dire à vos amis ?
  54. Et si ça ne marchait pas ?
  55. Je n’ai pas la bonne B.O.
  56. Je n’ai pas fini mes recherches
  57. J’ai fini mes recherches mais pas lu tous les livres
  58. J’ai fini mes recherches mais je dois trier mes notes
  59. Je ne veux pas montrer mon scénario (et s’il était mauvais?)
  60. J’ai montré mon scénario mais personne ne me comprend
  61. J’ai montré mon scénario et mes lecteurs sont unanimes: je suis nul
  62. Je suis génial, Coco, mais personne ne veut rien m’acheter
  63. Je refuse de faire de la commande
  64. Je rêve d’écrire de la commande mais ignore comment décrocher un contrat
  65. Je ne suis pas assez original
  66. Je suis trop original
  67. Je n’ai pas écrit depuis dix ans
  68. Je n’ai jamais rien écrit
  69. Je manque de courage
  70. Je ne connais personne dans le « milieu »
  71. J’ai besoin d’être encadré
  72. Je dois retravailler mon scénario
  73. Pourquoi moi ?
  74. C’est vraiment possible d’en vivre ?
  75. Je suis pas sûr…
  76. Je n’ai pas envie de manger des pâtes
  77. Je n’ai pas envie d’attendre cinq ans que ça démarre
  78. J’ai besoin de contraintes
  79. Je vais au séminaire de McKee et après je m’y mets
  80. Mon scénario n’est pas exactement « moi »
  81. Mon scénario est trop intime
  82. Qui ça va intéresser ?
  83. Je ne veux pas être à mon compte
  84. Et si ça marche ?
  85. Je ne sais pas travailler par moi-même
  86. Je suis malade
  87. Pas aujourd’hui, je peux vraiment pas
  88. J’ai besoin de repos, je commence après les vacances
  89. J’attends les vacances pour me lancer
  90. Ce n’est pas raisonnable
  91. J’ai une famille/un(e) petit(e) copain(ine)/un chien/un hamster qui dépend moi

A part 46, tout cela n’est qu’une longue liste d’excuses pour ne pas vous lancer et vous confronter au réel. Ce n’est pas dur de devenir scénariste. Cela demande de l’abnégation, un peu de courage, et beaucoup de travail.

Arrêtez de penser à toutes les raisons qui s’opposent à ce que vous viviez votre rêve et lancez-vous. Concluez un pacte avec vous-même aujourd’hui pour commencer/finir un scénario, le diffuser, appeler un producteur/éditeur par jour tant que vous n’aurez pas obtenu un rendez-vous, pour aller à un festival les rencontrer, pour contacter un confrère et commencer à constituer votre réseau, pour terminer vos livres de technique (vous n’en avez pas vraiment besoin), pour oser.

C’est l’été (je sais, on ne dirait pas), c’est le moment de faire des choses audacieuses.

Le pivot secret

26 juin 2012 by

Je ne sais pas si l’idée vous a déjà effleuré mais après avoir parlé avec des dizaines de scénaristes, de romanciers, d’aspirants auteurs qui ont réussi ou échoué à atteindre leurs objectifs, il m’apparaît de plus en plus clairement que pour réaliser votre rêve de devenir auteur, la technique ne sert à rien.

Oh bien sûr la technique vous sera utile pour raconter de bonnes histoires (ou en tous cas de meilleures histoires), pour avoir un système à appliquer quand vous aurez besoin de produire des textes de commande dans des délais imposés. Mais ce n’est pas la technique qui fera de vous un scénariste ou un romancier à temps plein.

Réfléchissez-y. Tout autour de vous il n’y a que des gens qui partagent votre objectif et tous sont comme vous en train de se perfectionner, de lire et relire des manuels d’écriture et d’acquérir les bases de la technique. Bientôt vous ne pourrez plus vraiment avancer dans votre connaissance théorique. Il vous faudra de l’expérience pratique. Vous avez un niveau équivalent, pourtant seule une poignée va réussir. Alors si ce n’est pas la technique, qu’est-ce qui fait la différence ?

Est-ce la capacité à se constituer un réseau ? Non. Je connais plein de scénaristes qui détestent cette partie du boulot et qui la font sans gaieté de coeur. J’adore cette partie du boulot mais ils travaillent plus que moi. J’en connais aussi qui adorent être en société et qui travaillent moins que moi (sûrement parce qu’ils aiment plus être en société qu’écrire).

Alors si ce n’est ni la technique ni la capacité à se constituer un réseau qui font la différence ? Qu’est-ce que c’est ? La chance ? Si vous les écoutez, les auteurs vous raconteront comment ils ont eu leurs premiers contrats et ce sera un tel concours de circonstances que vous penserez : « wow, ce mec est super chanceux! » alors qu’il ne vous a pas raconté les centaines d’autres tentatives qui n’ont pas abouti. Si la chance joue un rôle ce n’est pas pour déterminer si vous réussirez ou non, mais pour les détails. Sur quels projets travaillerez-vous, avec qui, dans quelles conditions.

Le vrai point déterminant c’est votre état d’esprit, votre mindset pour le dire à l’américaine. Si je devais le traduire ça donnerait votre programmation d’esprit.

En gros: êtes-vous sûr que vous allez réussir ? Le sentez-vous dans vos tripes ? Savez-vous que vous ne lâcherez rien même si ça doit vous prendre trente ans d’y arriver (mais ça ne prendra pas trente ans, ça aussi vous le savez) ?

Le point commun entre tous les auteurs qui ont réussi c’est cette détermination indéfectible, cette certitude limite pathologique qui leur a fait supporter refus après refus, porte fermée après porte fermée, avec obstination.

Si vous n’avez pas cette détermination, pas la peine de ranger vos manuels d’écriture et vos manuscrits, rien n’est perdu pour vous. Cette programmation n’est pas innée, elle se construit à force de se frotter au regard des autres. Quand j’ai décidé que je vivrais de l’écriture j’ai dû supporter les « conseils bienveillants » d’à peu près tout le monde. Personne n’y croyait. Je n’étais pas prêt à me laisser décourager et tous ces doutes n’ont fait que renforcer ma détermination. Rien n’était plus important au monde que de réussir à vivre de l’écriture et à construire le mode de vie qui allait avec. Quand j’ai décidé de devenir écrivain, c’était une envie d’adolescent, rien ne me donnait plus de plaisir que l’écriture et je me voyais bien faire ça toute ma vie. Elle aurait pu être remplacée par autre chose. L’aurait-elle été si je n’avais pas eu à répondre aux doutes que me renvoyait l’extérieur ?

Aucune idée.

Ce que je sais aujourd’hui c’est qu’il existe des tas de techniques pour programmer son cerveau, pour le mettre en mode « succès » et vous devriez y jeter un oeil si vous ne pensez pas déjà être dans cet état d’esprit.

Avant de vous y mettre, posez-vous ces trois questions:

* Pourquoi voulez-vous devenir scénariste ?

* Qu’êtes-vous prêt à sacrifier pour devenir scénariste ?

* Comment imaginez-vous votre vie quand vous serez scénariste ?

* Quelle est votre stratégie pour devenir scénariste ?

Répondez-y aussi longuement que possible, par écrit. Observez chaque détail qui se met en place dans vos réponses.

Que pensez-vous de cette idée selon laquelle c’est votre état d’esprit qui détermine votre réussite plus que vos compétences ?

Partagez votre avis dans les commentaires.

J’ai besoin de votre avis. Déménagement prochain du site

23 juin 2012 by

WordPress.com atteint ses limites: personnalisation de l’apparence du site restreinte, optimisation pour les moteurs de recherche pas optimisée et autres options qui me font défaut. J’ai décidé de switcher vers une plateforme WordPress.org, plus ouverte.

Je ne vais pas vous embêter avec les détails techniques. Je suis en train de choisir les articles à basculer d’ici au nouveau site, son apparence, ses rubriques, etc.

Je voudrais votre avis sur ces choix, comme vous êtes quand même les premiers intéressés.

Alors je vous demande ce petit service: d’aller jeter un oeil sur http://secretsdescenariste.com et me dire ce que vous en pensez.

Rien n’est fini, c’est le chantier le plus total, mais les bases sont là.

Vous n’aurez qu’à revenir ici me dire ce que vous en avez pensé ou m’envoyer un mail à apprenti.scenariste(at)gmail.com

Merci merci merci pour les quelques minutes que vous allez y passer!

Anael

Disparitions à Répétition

22 juin 2012 by

J’ai disparu.

Je fais ça régulièrement, quand j’entre en lutte avec un projet. J’ai un lieu d’évasion où je vais pour mener la bataille, en marge du monde.

J’ai disparu un mois complet. C’est long. Je ne suis pas parti physiquement, à part une semaine à Annecy comme tous les ans.

Le reste du temps, je me suis enfermé dans ma tour créative. Elle est perchée au sommet d’une montagne formée par les cadavres de mes oeuvres inachevées. C’est un donjon avec une lourde porte en fer forgé, hérissée de pointes. Pas d’entrée, pas d’antichambre, la porte donne sur un escalier. Au sommet, après avoir gravi les 797 marches, j’arrive dans un bureau. Il n’y a qu’une ouverture, percée dans l’épaisseur du mur d’obsidienne. Elle donne sur l’océan tourmenté, à l’Est.

L’ameublement de la pièce est austère. Un bureau et une lanterne coupe-vent. Une pile de feuilles inépuisables et un encrier avec ses plumes complètent le tableau. Quand j’arrive, je referme derrière moi la porte et je tire le loquet. Je m’installe à la table de travail, dans un fauteuil sculpté qui est mon seul luxe. Et j’écris.

Je vis là en totale autarcie, le temps de mener mon combat.

J’oublie la faim, j’oublie le sommeil. Parfois je me surprends à m’assoupir assis sur le fauteuil. Je n’ai pas conscience du temps qui passe. Je remarque parfois le soleil qui se lève en face de ma fenêtre. Cela me donne une idée des jours qui s’écoulent.

Quand enfin j’émerge de ma tour, je suis épuisé et grognon mais marqué d’un sourire de soulagement. Cette fois encore j’ai vaincu la Résistance. L’histoire a réussi à s’arracher à mon crâne, elle a écarté la membrane de mon front et a émergé dans le sang et la violence.

C’est à chaque fois une lutte terrible contre mes démons intérieurs, contre l’histoire et sa paresse, contre ma propre faiblesse. Je me jette contre les murs, je tente de m’enfuir, j’hurle par la fenêtre. Dehors, les éléments s’affolent, reflets de mon combat personnel, les océans bouillonnent, les vagues envoient des éléphants contre les parois de ma tour. Le vent la fait pencher, l’orage inonde la pièce par la fenêtre sans carreau. Je ne me rends compte de rien, trop occupé à plonger au plus profond du gouffre. Je cours à l’épuisement, je passe par les neuf cercles de mes enfers personnels, je contemple, caresse, convoite mes vices et mes tentations, m’y frotte, les abandonne pour aller jusqu’au bout de l’abîme et le contempler. Et être contemplé en retour. Là, dans l’intransigeance de l’extrême, je me trouve face à la vérité. Et j’apprends comment écrire l’histoire.

Quelque part je crois que c’est pour livrer cette bataille que j’écris.

Un jour sans doute j’échouerai. Un jour je serai vaincu et là seul le pire pourra arriver.

Mais pas cette fois. Cette fois je suis revenu indemne et l’histoire avance enfin.

J’ai écrit un billet ailleurs sur la peur d’entreprendre, qui parle à demi mots de la lutte. Je vous en parle ici un peu parce qu’on est entre nous. Mais je ne dis pas tout parce qu’il y a des choses qui ne sont pas pour tout le monde. Si vous venez m’espionner dans mon labo secret, vous verrez le monstre que je deviens. Vous saurez, concrètement, par quoi je passe.

Bonne nouvelle, mon roman avance et je publierai le premier épisode la semaine prochaine (probabilité de tenue des délais: 80%).

C’est une histoire de sorcières qui se voulait un hommage à Dangereuse Alliance mais qui lorgnera finalement plus du côté d’Updike (Les Sorcières d’Eastwick), d’Ann Rice (The Witching Hour) et de William Hjortsberg (Falling Angel, l’un de mes romans cultes).

Dangereuse Alliance, Injustement méconnu

Dites-moi. Et vous, l’abîme, vous le fréquentez ? Avez-vous une phase dans tous vos projets où vous devez pousser vos limites pour aller au bout de votre écriture, pour trouver le chemin qui vous fera éviter la route lourdement piétinée du cliché et de l’intrigue ratée ? Souffrez-vous parfois d’écrire ? Aimez-vous cela autant que moi ?

Partagez tout dans les commentaires!

Ecriture projet scenario

22 juin 2012 by

Jeudi 21 Juin

Une amie m’a proposé de lui écrire la première partie de son scénario. Souvent les premières notes d’une composition mettent toujours du temps à noircir correctement le papier. Comment ai-je pris sa proposition? Comment vous dire….j’étais tout simplement…heureuse !!!! Heureuse qu’elle ait pensé à moi, qu’elle me fasse confiance et qu’elle me confie son projet. C’est pour moi une opportunité qui tombe à pic car je me trouve depuis plusieurs mois dans une dynamique d’écriture qui me permet de composer beaucoup. De plus, en ayant lu et chroniqué sur de nombreux auteurs : écrivains, théoriciens, scénaristes… je me surprends à me référer à certaines de leurs pensées, leurs méthodes…

Il est évident que je vais m’investir à bien dans ce projet; non pas parce qu’il s’agit de celui d’une amie; mais parce que c’est UN projet d’écriture. Ce n’est pas le mien et c’est ce qui peut me faire un peu appréhender la chose. Mais j’ai plutôt l’impression de ressentir un côté adrénaline – le fait de ne pas forcément contrôler l’appréciation du projet. Je me dis que se confronter aux exigences d’autrui, c’est un bon exercice car je vais devoir répondre à un besoin ce qui implique une écoute attentive, une compréhension de l’objet souhaité et ne surtout pas vouloir à tout prix mettre son touch / sa patte. C’est ce que j’ai pu observer dans le travail de tout auteur. La question du style se pose c’est une évidence et même en collaboration, comme il est question dans ce projet, il faut que l’écriture de l’unité du scénario soit homogène, cohérente.

Voyons comment je compte m’y prendre.

ETAPE 1 : Discerner le ou les personnages principaux

Dans l’élaboration de tout scénario, comme dans n’importe quelle autre activité, il existe un certain nombre d’outils à maîtriser et à respecter. Tout récit commence par une présentation des personnages. Roland Barthes disait dans son « Introduction à l’analyse structurale du Récit » :

« On peut bien dire qu’il n’existe pas un seul récit au monde sans « personnages » ».

Dans un scénario, le ou les personnages jouent l’essentiel de la transaction spectatorielle. Autant vous dire que c’est l’élément principal du projet. Pas d’histoire sans personnages. Il va donc falloir que je dresse un portrait très précis, concis et étoffé des personnages. Le début d’un scénario commence par leur exposition. Il est donc indispensable de bien cerner quelle est leur place, leur rôle, leur importance, leur fréquence, leur principaux atouts comme failles, leurs affinités, leurs objectifs… Je vais donc mener mon enquête. C’est une affaire d’introspection dans l’histoire. Plus on en sait, plus on peut manipuler sans trop d’extravagance et sans gros danger leur évolution au fil de l’histoire.

Le personnage est très important parce que c’est le premier individu, l’entité semblable à nous qui est soumis à l’oeil du spectateur ou du lecteur en premier. Ce dernier va chercher à s’identifier à lui, s’opère alors un transfert d’identité du spectateur au personnage qui lui est présenté.

C’est le vecteur de l’histoire. Le personnage est celui qui va se retrouver au centre de la dramaturgie (2nd élément qui va manipuler avec une grande perversité ou pas le personnage, je rappelle ici qu’il s’agit de fiction :), on est d’accord ). Il va subir, réagir, se découvrir…Il va être au milieu d’une tornade évènementielle pour le plus grand plaisir des spectateurs.

Il va falloir identifier dans un premier temps pour ce personnage sa mission, son but, son objectif. Ainsi, et en fonction de son tempérament, de ses traits de caractère et de tout ce qui le constitue, on pourra le soumettre à certaines difficultés afin que sa mission ne soit pas aisée si elle finit par aboutir. C’est l’art de la dramaturgie dans le but de satisfaire « la propension masochiste » du spectateur…