Posts Tagged ‘anael verdier’

Pourquoi écrire une série

22 mai 2012

Vous êtes scénariste, vous voulez vous lancer dans l’écriture d’une série. Vous êtes-vous demandé pourquoi ?

 Si votre réponse est « parce que ça marche », vous feriez sans doute bien de revoir votre copie.

L‘écriture d’une série demande du temps, de l’énergie, de la patience… Si vous ne le faites que par effet de mode, vous foncez droit dans le mur et la réception risque d’être super douloureuse. Il y a plein d’excellentes raisons d’écrire une série. L’effet de mode n’en fait pas partie.

Finesse et niveau de détail dans la série

Une série est parfaite pour faire évoluer des personnages en toute finesse. Quand vous avez neuf heures (12×45′) au lieu d’une heure et demie pour développer vos arcs narratifs, forcément, vous pouvez créer davantage de densité et un plus grand niveau de détail pour vos personnages. Vous pouvez les accompagner dans leur évolution à travers de plus nombreuses étapes que dans un unitaire, ce qui donnera à l’arrivée une évolution plus subtile et plus proche de la réalité. Les personnages pourront plus facilement faire des allers-retours dans leur évolution, espérant puis rejetant puis acceptant leurs changements, comme cela se passe pour nous.

 Une série donne aussi le temps d’entrer dans les détails de son univers mais il est rare qu’un producteur ou un diffuseur s’engagent sur une série à l’univers trop complexe. Surtout si c’est votre première. J’ai fait cette erreur au début de ma carrière, en arrivant avec des projets exigeant de créer de nouveaux décors, de nouveaux personnages, quasiment à chaque épisode. Ce genre de projet n’a de chance d’exister que si vous avez déjà un solide bagage, que vous avez fait vos preuves et que votre univers est assez consensuel pour garantir un minimum d’audience à vos partenaires. Plus votre projet est complexe plus il est cher. Là où vous voyez de la richesse pour le spectateur, ils voient les chèques qu’ils vont devoir signer.

Si vous écrivez une série dans l’espoir d’enfin réussir à vendre votre saga de Space Opéra, dites-vous bien que pour un Stargate ou Battlestar, il y a vingt Experts.Vous n’aurez pas plus de facilité à vendre votre saga sous forme sérielle que sous forme d’unitaire. Vous en aurez même sûrement moins !

Ce qu’une série permet de faire au contraire, c’est de créer de la densité pour votre univers. Ne confondez pas densité et diversité. En développant votre univers sur un plus long terme vous pourrez plus facilement travailler le niveau de détail pas le nombre des détails. Vous pourrez être plus précis, pas plus varié. C’est-à-dire que vous pourrez passer plus de temps sur les personnages secondaires, sur les interactions fines entre les personnages, sur la culture intrinsèque au microcosme que vous mettrez en scène.

Prenez exemple sur les séries qui marchent. Combien de nouveaux personnages introduisent-elles et à quelle fréquence ? Souvent aucun dans la première saison. Pourquoi ? Parce que pour justifier de faire de votre projet une série, vous devez développer un univers qui se suffise à lui-même et qui porte en lui-même, c’est-à-dire sans ajout, la promesse d’une infinité d’histoire.

La série vue comme une sécurité pour l’auteur

Vous vous dites qu’une série bien menée est un excellent moyen de captiver les spectateurs et devient alors un moyen pour son auteur de sortir de la précarité. Tant que la série dure, (presque) plus besoin de faire la chasse aux nouveaux contrats, il y a du travail pour des années à venir. Une série, c’est un peu le CDI des auteurs. Dès que l’audience mord, vous êtes parti pour une durée qui dépendra de votre capacité à garder son attention en alerte. Pour autant, écrire une série dans l’espoir qu’elle vous apportera une stabilité financière, est-ce bien raisonnable ?

Surtout quand vous savez qu’entre le moment où vous vendez votre première option et le moment (pas garanti du tout) où le premier épisode est diffusé, il s’écoule en moyenne entre deux et cinq ans. Êtes-vous prêt à tout sacrifier pendant cette durée sur le seul espoir que votre série verra un jour la couleur d’un écran ?

Une série bien plus qu’un unitaire, c’est une histoire de passion, c’est quasiment un sacerdoce. Il faut des mois avant de créer un concept qui fonctionne vraiment, avant de trouver le bon équilibre entre les personnages, l’univers et la structure narrative. Il faut ensuite des mois pour écrire un pilote qui tienne la route. Des mois pour convaincre un producteur de s’engager sur le projet, des mois pour faire coïncider votre vision d’auteur avec sa vision de producteur et ensuite des mois voire des années avant qu’il réussisse à convaincre une chaîne de s’engager sur le projet. Et pendant tout ce temps, vous ne touchez généralement pas assez d’argent pour vivre. On vous dira que c’est mal et qu’il ne faut pas travailler gratuitement mais à moins d’avoir déjà pas mal d’asphalte sous vos roues, vous n’aurez pas le choix. Ou plutôt vous aurez le choix : ne jamais travailler gratuitement et toujours travailler sur les projets des autres, ou prendre votre mal en patience, travailler à perte, et un jour finir par faire votre place et vendre vos propres projets.

Parce qu’au final, dans ce métier comme dans tout métier d’indépendant, tout se résume à cette question : avez-vous fait vos preuves ou non ?

Si vous voulez prouver que vous êtes capable de développer une série, montrez que vous pouvez exploiter à l’infini le concept, les personnages et les situations de bases que vous avez mises en place dans la bible. Faites interagir vos personnages principaux entre eux en apportant chaque fois une nuance supplémentaire à leurs relations, à leurs rapports. Faites vivre le monde en appuyant chaque fois sur un détail différent mais sans jamais rien introduire de nouveau. Du moins pas avant d’avoir mené à bien votre première saison.

Si vous voulez écrire une série parce que vous êtes tellement amoureux de vos personnages et de leur microcosme que vous pouvez imaginer mille et une histoires les mettant en scène, alors allez-y, foncez !

Si vous voulez écrire une série parce que c’est ce que tout le monde fait, pour pouvoir développer un univers riche de dizaines de décors et de personnages, ou parce que vous pensez que c’est là qu’est l’argent, assurez-vous de bien comprendre le fonctionnement de l’industrie avant de vous lancer parce que vous vous exposez à de nombreuses désillusions si vous ne le faites pas.

N’oubliez pas que les producteurs et les diffuseurs investissent énormément d’argent, de temps et d’énergie dans les programmes qu’ils achètent. Ils veulent avoir un maximum de garantie que leur investissement sera réduit au minimum et qu’il en vaudra la peine. Votre job en tant qu’auteur c’est de les rassurer et d’aller au bout de votre engagement en tenant votre première saison sur un budget restreint. Une fois que la première saison sera un succès, vous pourrez allonger la note.

Mais indépendamment de tout cela, souvenez-vous que les meilleures séries naissent d’abord d’une histoire d’amour entre vous et vos personnages.

Si vous voulez en savoir plus sur la création d’une série, de l’idée initiale à la bible définitive et la manière de la pitcher pour la vendre, restez connecté sur le blog pendant tout le mois de juin et inscrivez-vous au séminaire que j’organise du 23 au 24 juin, à Bordeaux.

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La série, la plus grande école de l’écriture

14 mai 2012

Écrire sur une série, pas écrire une série, entrer dans le détail du processus de production, dans les arcanes de la validation, sentir la frustration d’un concept qui nous échappe, faire tenir une intrigue dans la durée impartie, ne pas déborder, couper ce qui est en trop, tout ce qui est en trop, respecter un concept et des personnages, créer du rythme, véhiculer du sens, tenir des deadlines, réécrire, réécrire, réécrire, putain! réécrire encore, trouver d’autres idées d’épisodes, valider le syno enfin! passer au séquencier, recommencer, valider, continuité, recommencer, valider, célébrer.

Recommencer un autre épisode, de préférence sur une série, avec une autre équipe.

Faire ça pendant cinq ans, minimum.

La télévision, et l’écriture sérielle encore plus, est la meilleure des écoles pour peu que vous échouiez lamentablement, régulièrement, et que vous en profitiez pour comprendre comment fonctionne le milieu.

Quand vous travaillez sur une série en conditions réelles, vous vous confrontez à des problèmes désagréables tels que « comment répondre à la commande dans les temps tout en racontant une histoire exaltante dans laquelle j’insufflerai mon propre style ? »

ou

« comment être créatif sans trahir le concept ? Comment éviter de passer pour un débutant en proposant une histoire qui rentre dans les cases posées par la série tout en étant original ? Comment ne pas changer le protagoniste, respecter les contraintes de personnages et de décors tout en étant créatif ? »

La vraie créativité, celle qui fait une différence, celle qui est capable de toucher le public, naît des cadres. C’est la manière futée de ne pas détourner une contrainte mais d’en tirer l’essence, d’aller trouver la faille du protagoniste qui n’a pas encore exploitée, le potentiel d’une relation qui ne s’est pas encore révélé et de traiter le conflit jusqu’au bout sans jamais éclater les limites de la commande. Cette créativité est la marque d’un grand auteur et la série est la meilleure des écoles pour la développer parce qu’elle ne permet aucun écart, aucune paresse.

Proposez de détourner le concept et vous ferez malgré vous l’étalage de votre incompétence.

A l’inverse, si vous êtes capable de vous approprier un concept, d’aller au bout d’une situation dramatique et d’apporter un point de vue unique à une série sans en changer le sens, la dynamique ou l’équilibre, alors vous serez reconnu comme un vrai scénariste. Faites-le de manière systématique et rien ne vous résistera.

Quand vous en serez là, faites l’impensable, quittez la profession, et développez vos propres projets. Qui sait, vous pourriez être le prochain Georges R.R. Martin ou Wong Kar Wai.

 

Comment mes mentors m’ont aidé à devenir écrivain

16 avril 2012

Un aspirant écrivain se crée son entourage; il s’inspire de l’expérience d’autres avant lui qui deviennent ses mentors. La lecture de leurs ouvrages est formatrice, elle vous pousse et améliore votre écriture. Peut être connaissez vous déjà Marie Forleo, Tony Robbins ou encore Tim Ferris?

Quand vous décidez de devenir écrivain, il est important de bien vous entourer. L’impact des autres peut être décisif dans le succès ou l’échec de votre projet.  Si vous avez comme moi la chance de trouver des mentors bienveillants, vous mettez toutes les chances de votre côté de devenir l’écrivain que vous rêvez d’être. Un bon mentor vous permettra de conserver votre motivation intacte, il vous aidera à acquérir les bons outils, les habitudes qui feront de vous le meilleur des écrivains possibles. C’est grâce à la rencontre des bons mentors que j’ai réussi à construire ma propre carrière et que je peux continuer à progresser et devenir meilleur, plus autonome et plus riche, émotionnellement et financièrement. Je vais vous raconter comment j’ai rencontré mes mentors et l’impact qu’ils ont eu sur moi.

Le premier mentor de ma carrière a été Yves Simon. J’ai écrit à Yves Simon de but en blanc un matin, à Montréal, après avoir trouvé son adresse mail sur son site internet. Sa littérature m’avait déjà touché et avait renforcé mon envie d’écrire et de devenir un écrivain professionnel. Quand j’ai vu que je pouvais entrer en relation directe avec lui, j’ai sauté sur l’occasion. Je l’ai noyé sous les questions. J’avais 15 ans, peut-être 16, je n’avais aucune limite (je n’en ai d’ailleurs toujours pas). Il m’a donné mon premier aperçu sur du métier de romancier. Je lisais son blog avec assiduité et dans nos échanges, il me confiait que oui, cela pouvait être difficile mais qu’il fallait persister. De cette correspondance, je garde le souvenir de sa générosité, de la simplicité avec laquelle il répondait à mes questions souvent naïves. C’est cette attitude d’ouverture et de partage que je m’efforce de conserver aujourd’hui dans mes échanges avec mes propres lecteurs.

Mon second mentor a été Christian Biegalski. Notre relation a été très différente. Il était le directeur du CEEA à l’époque de ma formation et son caractère impossible, sa difficulté à communiquer, le rendaient peu accessible. Il était dur, exigeant, souvent cassant. Je ne lui ai jamais dit l’estime que j’avais de lui mais je puisais dans sa présence l’énergie d’aller plus loin. Je voulais lui prouver que j’étais digne de son école et de son enseignement et recevoir sa validation. La  conversation que l’on a eue quand j’ai envisagé arrêter le conservatoire pour me consacrer à nouveau à l’écriture de romans a été l’une des plus importantes de ma vie. Le respect dont il m’a fait part, sa bienveillance, ont été déterminants dans mon choix de rester au conservatoire mais surtout dans ma représentation de moi-même en tant qu’auteur. C’est la première fois que je sentais que j’étais un auteur légitime, que j’étais reconnu par un pair et encouragé à faire ce qui me semblait le mieux pour moi et ma carrière. Même maintenant qu’il n’est plus là, son souvenir m’habite et il me suffit de me le remémorer pour retrouver le sentiment qui m’habitait à cette époque.

Les mentors suivants ne sont pas des mentors d’écriture mais des mentors de business et de développement personnel. Cela peut sembler paradoxal mais c’est quelque chose dont on ne parle pas assez : la nécessité pour un auteur de savoir entrer en relation avec son public et avec lui-même. Il y a peu d’ouvrages sur la question dans la littérature spécialisée en écriture. On y parle de pitch, un peu de la relation avec les producteurs, mais tout cela reste très anecdotique, alors que c’est essentiel pour construire une carrière. J’ai donc dû chercher ailleurs et tout apprendre par moi-même. Ces mentors, je ne les ai jamais rencontrés, je n’ai même jamais communiqué avec eux. Je lis leurs livres, leurs blogs, je regarde leurs vidéos et je m’approprie leurs idées. J’en tire des connaissances mais surtout de l’inspiration, une énergie qui me pousse à créer et à produire. Vous pouvez vous inspirer d’eux, vous aussi : Marie Forleo, Jonathan Fields, Tim Ferris, Tony Robbins sont parmi les plus importants.

Bradbury sur l'écriture: un livre mentor

Bradbury sur l'écriture: un livre mentor

Sans ces mentors, je ne serais pas le quart de l’auteur que je suis devenu. Leurs idées, leur démarche, leur attitude, leurs encouragements, m’ont permis de persévérer et de m’améliorer. Ils ont été des soutiens dans les périodes de doute et des guides dans la construction de mon identité d’écrivain. Vos mentors n’ont pas besoin de savoir qu’ils le sont, vous n’avez pas besoin d’entrer en contact direct avec eux mais ils doivent vous motiver et vous aider à avancer. Choisissez-les parmi les individus qui vous inspirent le plus dans leurs idées, leur attitude, leur philosophie. Mieux vous vous entourerez plus loin vous irez. Et quand vous serez prêt, devenez vous-même un mentor pour ceux qui vous suivent. Partagez avec nous vos propres histoires dans les commentaires. Quels sont les mentors qui vous ont aidé ou vous aident encore à construire votre carrière ? Que vous ont-ils apporté ?

Pour aller plus loin:

Comment les bonnes rencontres m’ont aidé à reprendre du poil de la bête

Qu’est-ce qu’un mentor

Être un mentor (en anglais)

Comment je m’organise quand je dois écrire

31 mars 2012

Un auteur se doit d’être un minimum organisé. A chacun sa méthode bien sur, qu’on acquiert à force de lecture en s’inspirant d’autres auteurs comme Julia Cameron.

Wahouh! Quel mois! La série sur laquelle je travaille depuis novembre avec Bobby Prod est sur le point d’être envoyée aux diffuseurs. Il reste quelques modifications à apporter au scénario pour rendre le concept encore plus lisible. Et après ce sera l’attente. De leur lecture, de leur retour… et d’une convention de développement (on croise les doigts!). Ce qui est cool, c’est que j’ai déjà un projet pour l’après Bobby. Je ne déteste rien plus que de rester les bras ballants entre deux contrats et là, même si c’est un projet que je vais développer « on spec », c’est surtout un projet qui m’éclate, l’adaptation d’une BD en étroite coécriture avec un mec que j’adore (mais chut, je n’en dis pas plus pour l’instant).  Il nous reste deux mois avant Annecy, c’est pile poil le temps qu’il nous faudra pour développer un concept béton et un dossier à présenter sur le festival.

Je profite d’un moment de calme pour écrire (enfin!!!) le billet que vous avez choisi sur la manière dont je m’organise quand je dois écrire. Avec un peu de chance mon organisation vous inspirera pour trouver votre propre système. Sachez avant tout que je m’apprête à vous donner les grandes lignes essentielles de ma méthode. J’en modifie constamment les détails pour améliorer l’efficacité de ce processus donc j’aurai l’occasion de vous donner d’autres aperçus de ma méthode au fur et à mesure de son évolution. Les cinq grandes lignes que je suis sont les suivantes:

  • couper les distractions
  • bien choisir le moment d’écrire
  • organiser mon écriture en amont
  • m’accorder de grandes pauses
  • écrire vite et réécrire, beaucoup

Ce sont les cinq points que je vais détailler dans ce post.

1. Couper les distractions

Quand j’écris, rien ne doit pouvoir m’interrompre, ni l’extérieur, ni ma propre Résistance intérieure. Le but pour moi, c’est de tout faire pour entrer dans un état de concentration intense. Mon objectif en coupant toutes les interruptions, c’est de créer un environnement qui me permette de rester concentrer pendant des blocs d’au moins deux heures (je m’octroie plusieurs blocs de deux heures chaque jour). Cela veut dire: aucun coup de téléphone, aucun mail, ne pas répondre à la sonnette, ne prendre aucun rendez-vous pendant ce laps de temps.

Pour m’assurer de tout cela, je coupe mon téléphone, que je mets généralement simplement en mode avion pour avoir accès à l’heure. Je quitte mes programmes de réception de mail, et si je sens que la session de la journée va être particulièrement laborieuse, je coupe même internet en utilisant un petit programme appelé Freedom. Le téléphone et les mails sont pour éviter les coupures venues de l’extérieur. La coupure d’Internet pour les coupures venues de l’intérieur (le pire ennemi de l’auteur c’est sa propre Résistance, pour reprendre le terme de Steven Pressfield).

Si je dois travailler le week-end (ça m’arrive souvent dans les dernières phases d’une commande), je trouve le moyen de m’isoler de la famille. Soit en allant travailler à l’extérieur (bibliothèque, café, …) soit en travaillant à des heures où la maisonnée dort, tôt le matin ou tard la nuit.

2. Choisir son moment

Toute ma méthode vise à optimiser le temps que je passe à écrire. Dans mon expérience, si j’écris au mauvais moment, je peux y passer des heures laborieuses, souffrir en écrivant pour, au final, jeter tout ce que j’ai écrit durant ce temps. C’est d’autant plus bête qu’en choisissant le bon moment j’écris sans grande difficulté et le résultat est bon. Pour écrire mieux (plus vite et de meilleure qualité), suivez votre rythme interne.

Mais différentes phases d’écriture font appel à différentes parties du cerveau. Le matin je suis plus efficace pour organiser ma structure, par exemple, le soir pour la créativité pure. Selon que je suis au début ou à la fin d’un projet, que je dois écrire ou réécrire, j’écris plutôt au réveil ou plutôt la nuit, quand toute la ville dort.

Ma créativité est d’autant meilleure le soir que la journée, je serai sorti, je me serai soumis à une avalanche de stimuli que mon cerveau, dans l’état semi hypnotique de l’écriture nocturne, pourra traduire en idées neuves.

Le matin, au contraire, une bonne nuit de sommeil aura permis à mon cerveau d’ordonner mes idées et les problèmes se résoudront d’eux-mêmes.

N’hésitez pas à utiliser votre cerveau quand il est à son plus fort potentiel. Lisez sur la créativité, les rêves, le cerveau, l’inconscient, le mentalisme (sic), la manipulation, pour voir ce qui influence nos pensées et nos idées. Ensuite expérimentez, voyez ce qui fonctionne pour vous, et n’allez surtout pas à contre courant. Je n’écris quasiment jamais l’après-midi, parce que je suis incapable de me concentrer pendant de longues plages de temps. J’en profite pour gérer mes tâches administratives, pour tenir le blog à jour ou pour apprendre de nouvelles choses en lisant ou en regardant des vidéos de formation.

3. Organiser son écriture en amont

Je prends le temps, chaque matin, de faire le point sur ce que j’ai fait et appris la veille et ce que je dois faire dans le jour en cours. Avant cela, je pratique les Pages du Matin, que j’ai apprises de Julia Cameron. Plusieurs de mes collègues utilisent aussi cette technique, par exemple Nathalie Lenoir ou Cédric Salmon. Cela consiste pour moi à m’assoir 15 minutes à 1h au café en bas de chez moi après avoir déposé mon fils chez sa nounou. J’y note tout ce qui me passe par la tête sur au moins trois pages. Parfois, j’avoue, je dépasse. Il m’a fallu un certain nombre d’années pour vraiment sentir que les pages du matin avaient un impact sur la clarté de mes pensées mais maintenant, je ne peux plus m’en passer et le week end est terrible pour moi parce que qui dit pas de nounou dit pas de café et pas de pages matinales (même si j’arrive parfois à les glisser dans ma matinée). Les rituels sont très importants dans ma pratique de l’écriture. Celui de tout organiser en amont occupe une place importante.

Cela me permet de commencer ma journée de travail avec une vision claire de ce qui a besoin d’être fait et pourquoi. Je m’évite de me disperser, je vais plus vite et mon travail est de meilleure qualité. J’organise mon temps en fonction de mes rythmes naturels, comme je l’ai expliqué, et je cherche à rester concentré le plus longtemps possible.

Je découpe ma « mission » en blocs d’écriture pouvant chacun rentrer dans un des laps de deux heures dont est constituée ma journée de travail. Je fonctionne rarement par scène, plutôt par tâches. Par exemple, si je dois retravailler un personnage, je le fais d’un bloc. Si je dois renforcer l’enjeu d’une histoire, j’identifie tous les éléments du scénario qui me permettront de le faire et je les traite d’un bloc, etc. Idem pour le brainstorm. Je vais me donner une heure pour réfléchir à tel personnage, ou à tel niveau d’intrigue. L’idée étant ensuite de ne faire que ça pendant le bloc de temps que j’aurai assigné à la tâche.

J’aimerais pouvoir vous dire que tout ça trouve sa place dans un joli calendrier bien organisé et léché mais, franchement, ce n’est pas le cas. Je fonctionne mieux avec des choses organiques, chaotiques. Je note en vrac sur une page de Moleskine ce que je dois faire dans la journée, je trace des flèches, j’identifie la priorité de chaque tâche, j’estime la durée qu’elle va me prendre, et je m’y attaque, par ordre de priorité et par blocs de concentration ininterrompue jusqu’à ce que j’aie fini la liste. Il m’arrive de travailler tard pour finir une liste, ou d’étaler les tâches sur plusieurs journées. Dans ce cas, je fonctionne par thématique avant de fonctionner par priorité. D’abord les personnages, ensuite les concepts, enfin les pitchs, par exemple, si je suis en phase de développement.


Libérez votre créativité, de Julia Cameron

4. Prendre de longues pauses

Quand je parle de longues pauses, c’est qu’avant chaque mission d’écriture, je prends au moins une journée où je ne fais rien. Je vais me promener, je flâne dans les librairies, je m’installe à une terrasse de café sans prendre de notes. Cela me permet d’utiliser tout le pouvoir de mon inconscient, de le laisser travailler à ma place. Je pense à tout sauf au projet sur lequel je dois travailler. Je me détends le plus possible. Cette détente me permet d’aborder dès le lendemain ma mission avec un esprit dégagé de tout parasite, avec sérénité et efficacité. Je ne laisse jamais un contrat m’arracher au rythme dans lequel j’étais avant la commande. Je crois à la loi de Parkison qui dit qu’une tâche prendra le temps que l’on s’alloue pour l’accomplir. Peu importe que vous ayez trois jours ou trois heures pour écrire une carte postale, vous prendrez toujours l’intégralité du temps dont vous disposez. Un jour de moins ne nuira pas à ma capacité à répondre à une deadline. C’est même le contraire qui se passe. En me donnant cette journée de préparation avant de m’atteler à la tâche, je permet à mon cerveau d’organiser le travail à ma place. Comme ça, le lendemain, quand je prépare mon organisation de la journée, tout est déjà prêt. Je n’ai qu’à cueillir les fruits de la veille.

Pour que cela fonctionne vraiment bien, je lis une première fois les documents sur lesquels je dois travailler avant de prendre ma journée de pause. Je ne prends pas de notes, sauf pour coucher sur le papier les premières idées qui me viennent. Mais je ne cherche pas à avoir des idées. La seule chose que je fais volontairement, c’est noter sur une page de Moleskine le contenu de la commande. Je jette quelques notes qui sont comme des instructions données à mon inconscient pour lui dire: « travaille là-dessus ».

Je fais la même chose si je rencontre un blocage trop important. Je sors, je flâne, je fais le ménage. Mon inconscient trouve immanquablement une solution pour moi.

Faire des pauses | Dramaturgie et Scénario

Non, ça ne ressemble pas toujours à ça!

5. Écrire vite et réécrire, beaucoup

La dernière grande règle méthodologique que je suis, c’est celle d’écrire vite, le plus vite possible, et de réécrire beaucoup. Je préfère faire trois versions qu’une seule. Le but pour moi c’est de faire mes trois versions dans le même laps de temps qu’il faudrait à quelqu’un qui cherche à faire bien du premier coup pour en faire une seule. Je souscris à l’idée selon laquelle la quantité engendre la qualité. Dans mon idée, plus on fait de versions d’un texte meilleure est chacune des versions suivantes. Je travaille bien par groupe de trois. Une première version va dans une direction, une seconde dans une autre direction et la troisième opère la synthèse des deux premières et des notes qu’elles ont générées. C’est pour moi la meilleure manière d’arriver à un excellent résultat. Si je ne peux pas tester toutes les options, même celles qui ne fonctionnent pas, comment puis-je savoir que ce que j’ai écrit était la meilleure version possible de mon histoire ?

Dans un monde idéal, les producteurs, directeurs d’écriture et diffuseurs comprennent ce phénomène et sont prêts à accompagner l’auteur dans sa recherche de la meilleure version possible. C’est parfois le cas, comme dans ma dernière commande, et le plus souvent en phase de développement. Mais souvent, les non-créatifs de la chaîne de production veulent la meilleure version possible tout de suite, ce qui oblige les auteurs à passer – à mon avis – trop de temps à essayer de faire mouche du premier coup plutôt que de s’autoriser les tâtonnements nécessaires à la création de la meilleure histoire possible.

Quand je réponds à une commande il n’est pas rare que je dépasse les dix versions d’un même texte, mais j’ai appris à écrire vite et à rechercher l’erreur. Mon but quand je fais ces versions c’est d’essayer le plus de choses possibles et de voir, dans les faits, ce qui marche ou non. Je n’envoie pas toutes les versions à mes interlocuteurs, juste les meilleures… sauf quand j’ai la chance de pouvoir partager mes tâtonnements avec eux, ce qui permet des échanges plus riches et des histoires au final bien meilleure.

Conclusion

Voilà, les grandes lignes de mon processus. J’espère que vous y aurez trouvé des idées intéressantes que vous pourrez adapter à votre propre pratique de l’écriture.

Comment procédez-vous quand vous écrivez ? Laissez les trois grandes étapes de votre processus en commentaire pour lancer la discussion!

Le secret d’une motivation en béton

22 février 2012

Les aptitudes sont ce que vous pouvez faire. La motivation détermine ce que vous faites. Votre attitude détermine votre degré de réussite.

Quand on cherche à devenir écrivain, le plus dur c’est souvent de garder sa motivation intacte. Il y a deux clefs pour ça: les mentors et mettre son cul dans la chaise. Le billet rapide d’aujourd’hui combine ces deux éléments.

Marie Forleo est une femme admirable, elle a commencé sa carrière de danseuse hiphop à 25 ans passés (l’âge de la retraite pour la plupart des danseurs) et elle a construit une série d’entreprises à succès avant de se lancer dans le coaching entrepreneurial. Tous les mardi, elle poste sur son blog (http://www.marieforleo.com) une vidéo pour répondre à la question d’un de ses lecteurs. Je suis au rendez-vous toutes les semaines pour regonfler mon énergie.

Aujourd’hui, je suis tombé sur cette phrase, qui me semble tout à fait appropriée : « Losers wait for motivation, Winners just get sh*t done » (« Les perdants attendent la motivation, les gagnant se contentent de faire les trucs »)

Marie Forleo sur la Motivation

Ce qui m’amène à mon deuxième point: quelque soit votre degré de motivation, le secret pour devenir écrivain (scénariste, romancier, essayiste, peu importe ce que vous choisissez), c’est de vous mettre au travail, de coller vos fesses sur votre chaise et de noircir des pages. Très vite, quand vous avez pris cette habitude, la question de la motivation disparaît d’elle-même.

Cette idée, cruciale, du passage à l’acte, vaut pour tous les niveaux de votre carrière : l’écriture, le développement, mais aussi la construction de votre réseau. Arrêtez de vous prendre la tête avec de fausses excuses, faites les choses. Ecrivez, concevez, envoyez vos projets à des producteurs, rencontrez des gens.

Si vous avez besoin de pistes pour constituer votre réseau, lisez « Never Eat Alone », de Keith Ferrazzi, vous y découvrirez l’art de nouer des liens sous un jour nouveau :

Lisez-le MAINTENANT

La vidéo, en bonus:

La procrastination, c’est vraiment grave ?

16 février 2012

La tendance à remettre à plus tard ce que vous aviez prévu de faire vous agace? Comment percevez-vous la procrastination?

 

La procrastination est-elle un mal moderne, comme on veut bien nous le faire croire ? J’en doute.

J’ai lu quelque part, il y a quelques temps, qu’un auteur du XVIIIe siècle avait déjà du mal à se concentrer sur ses romans, qu’il écrivait sa correspondance au lieu d’écrire sa fiction et que cela le perturbait. Internet n’a fait que changer la nature des distractions disponibles.

La mode est à la lutte contre cette tendance à toujours remettre à plus tard. Moi je suis partagé. D’un côté je me dis qu’effectivement, souvent, j’ai tendance à vouloir glander plutôt que bosser, à tester de nouveaux jeux stupides en flash qu’à construire ma prochaine histoire.

D’un autre côté, je me rends compte qu’il y a des activités que je ne rechigne jamais à faire et qui ne sont pourtant pas forcément folichonnes.

Et je me demande si la procrastination, plutôt qu’un mal, ne serait pas un moyen pour l’esprit, le corps, tout notre être, de nous guider vers ce que l’on devrait faire.

Steven Pressfield, qui a écrit ce bouquin formidable qu’est The War of Art, affirme que le cerveau a gardé des instincts de l’époque où nous n’étions encore que des reptiles. Or, les reptiles ne pensent qu’à économiser leur énergie et à glander, en gros.


La Guerre de L’Art
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D’après lui, la procrastination c’est le symptôme que nous nous apprêtons à faire quelque chose de crucial pour le développement de notre âme et que si nous avons tendance à procrastiner, c’est parce que nous avons peur, à un niveau cellulaire, instinctif, du changement que cela impliquera de réussir cette nouvelle entreprise.

D’autres auteurs abondent dans ce sens, ajoutant que quand l’esprit change, c’est la structure synaptique du cerveau qui se reconfigure, et que nous sommes physiquement différents dès lors que nous devenons psychiquement différents.

J’ai quelques doutes à ce sujet et, même si j’ai tendance à penser qu’on remet au lendemain, je crois que c’est plus par confort que par instinct de préservation. J’adhère à la théorie de la limite haute, qui veut que l’on tombe malade ou que l’on s’inonde de pensées négatives dès que l’on s’apprête à dépasser les limites de ce que l’on croyait capables dans nos vies. Mais je pense que c’est très différent de la procrastination quotidienne.

 The Big Leap, le livre qui parle de la Limite Haute
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Pour moi la procrastination trouve ses racines dans trois sources. La difficulté étant de savoir à chaque fois laquelle.

1) Vous êtes comme un enfant incapable d’anticipation.
Quand j’étais petit et que les parents proposaient d’aller passer l’après-midi dans les bois (oui on faisait ça, pas vous?), je ne voulais jamais. J’étais bien à la maison, avec mes jouets. J’étais incapable de me projeter dans autre chose. Tout ce que je voyais, c’est que ce que j’allais arrêter de faire, pas les options qui s’offraient à moi. C’est le cas quand vous trouvez un plaisir immédiat à un jeu en flash, à un film sur YouTube ou à un épisode de votre série préférée. Vous pensez à la route qui vous sépare de la forêt et ça vous saoule d’avance. Vous n’avez pas envie de faire l’effort de bosser, même si votre satisfaction sera plus profonde quand vous aurez commencé à travailler.

La solution: souvenez-vous de l’état émotionnel dans lequel vous vous êtes trouvé la dernière fois que vous avez trouvé la concentration nécessaire à l’écriture. Souvenez-vous de la satisfaction ressentie la dernière fois que vous avez atteint votre objectif d’écriture de la journée.

2) Vous n’avez aucune envie de faire ce que vous devriez faire et vous êtes légitimement en train de faire autre chose.
Mais une petite voix vous culpabilise. Soit que vous deviez impérativement remplir votre déclaration d’impôt soit que vous pensiez devoir appeler grand-tatie, vous êtes en train de repousser le moment de faire un truc franchement désagréable. Dans ce cas, on peut se demander si la procrastination en est vraiment. En effet, procrastiner a une connotation négative, du genre vous devriez faire un truc et à la place, vous êtes improductif. Si vous terminez l’écriture de votre roman pour évitez de faire vos impôts, parle-t-on encore de procrastination ?

La solution: posez-vous la question en toute franchise: le devoir que vous fuyez vous est-il vraiment imposé ? Si c’est vous qui vous l’imposez, faites-vous une fleur et oubliez. Grand-Tatie s’en remettra si vous ne l’appelez pas. Pas la peine de vous torturer avec ça. Sinon, faites-le le plus vite possible. Vous devrez remplir votre déclaration dans tous les cas, alors finissez-en et oubliez-la. Mieux, si vous pouvez déléguer (à un comptable, à votre femme, à grand-tatie…), faites-le.

3) Vous pensez devoir faire un truc et vous vous plantez.
Ça ressemble à la cause précédente mais celle-ci est bien plus insidieuse et dangereuse pour vous en termes d’épanouissement personnel. On craint tous de se réveiller à 60 ans et de se rendre compte qu’on a raté notre vie. Le truc c’est que des fois, pour éviter ça, on se donne des objectifs qui ne correspondent pas avec ce dont on a besoin. C’est le cas aussi pour nos personnages, qui ont des besoins et des objectifs et la dramaturgie nous apprend beaucoup de chose sur nous-mêmes à ce niveau. On peut croire que le jour où on sera enfin un scénariste accompli, qu’on aura vendu notre long-métrage, la vie nous sourira, on sera enfin heureux. Et on essaye d’écrire ce long-métrage. Sauf qu’à chaque fois qu’on s’y met, on procrastine. Si vous lisez Pressfield, vous accuserez votre cerveau reptilien, vous vous culpabiliserez et vous vous acharnerez… jusqu’au jour où vous vendrez votre long-métrage pour vous rendre compte qu’en fait c’était pas ça du tout que vous aviez besoin de faire.
Dans ce cas, la procrastination est plutôt comme un avertissement que non, vous n’êtes pas sur la bonne voie. Je le vois quand je me lance dans des activités pour lesquelles je ne manque jamais de motivation, qui sont plaisantes, faciles, évidentes. La procrastination n’est pas un problème pour celles-ci. La question c’est comment identifier la « bonne » de la « mauvaise » procrastination.

La solution: faites des choses. Allez au bout des étapes et questionnez-vous sur ce que vous en retirez comme satisfaction personnelle à long-terme. Oubliez le court-terme, c’est un mauvais guide. Construisez votre vie sur des choses pérennes. Vendre des épisodes de série peut vous payer à manger pour quelques temps mais cela vous comble-t-il, artistiquement, créativement ? A vous de voir. C’est vous qui portez la solution.

Mais arrêtons de culpabiliser chaque fois qu’on se met à glander.
PS: tout n’est pas toujours aussi noir et blanc. Des fois vous avez juste besoin de mûrir un peu plus longtemps votre projet avant de vous mettre à écrire. Dans ce cas, allez faire un tour, restez au calme, ne surchargez pas votre cerveau d’informations en regardant trop de vidéos.

PPS: Plus qu’un jour pour choisir le sujet de mon prochain post. Pour l’instant, deux ex-aequo en première place. Le suspense est à son comble. Le sondage est dans la marge. VOTEZ MAINTENANT –>

Réflexions sur ce blog

8 février 2012

Fin janvier, je me suis donné comme objectif d’avoir 100 visites par jour.

C’est arbitraire mais c’est une manière pour moi de voir si les changements que j’apporte au blog vous plaisent. Je pars du principe que s’il y a plus de lecteurs chaque jour c’est que le contenu a de la valeur à leurs yeux, qu’il vaut le temps qu’ils passent à le lire.

Je ne partais pas de très loin mais comme je ne passe pas beaucoup de temps sur le blog chaque semaine, je voulais me fixer des objectifs simples. Je suis content de voir que depuis le 31 janvier j’ai atteint et régulièrement dépassé cet objectif (entre 99 et 135 vues/jour). J’atteint que 30 jours soient écoulés pour vérifier que j’ai bien 3000 pages vues dans ce laps de temps et si c’est le cas, je me donnerai un objectif plus élevé pour mars. C’est un jeu sans conséquence et sans vraiment de sens, mais qui m’amuse et qui me flatte.

La fréquentation du blog n’a pas cessé d’augmenter depuis sa création en 2007, à part quelques chutes pendant les périodes de creux, et je suis flatté et honoré de l’intérêt que vous manifestez pour mes réflexions sur les métiers de l’écriture (puisque je dérive de plus en plus du scénario pur pour m’aventurer dans de nouveaux domaines).

Je vous avouerai que j’ai ressenti une petite pointe de jalousie quand j’ai lu que Nathalie Lenoir recevait 2500 visites par jour. Mais elle a vite disparu quand j’ai appris qu’elle passait 25 heures par semaine sur son blog!

J’ai réalisé qu’on ne jouait pas dans la même catégorie.

Je n’ai aucune envie de passer 25 heures par semaine sur mon blog, pas même 10 heures, peut-être pas même 4h. Quand j’ai créé ce blog en 2007 c’était pour me libérer d’une partie de la pression que je ressentais dans les derniers mois du CEEA. J’avais besoin d’un espace de liberté, de respiration, de réflexion, un espace de jeu. Je n’ai pas l’intention que cela change.

Ma vie personnelle a été pas mal mouvementée ces dernières années, l’activité sur le blog s’en est ressentie et j’en suis très heureux. Je ne voudrais pas que le blog prenne le pas sur ma vie privée. Aujourd’hui, je sais à nouveau ce que je veux, où je veux aller et où j’en suis et j’ai envie d’alimenter ces pages d’articles plus mûrs, plus en adéquation avec mon évolution. J’ai plus de facilités à publier des articles, à trouver des sujets, à savoir ce que j’ai envie de partager avec vous.

Je pense, si vous me suivez depuis quelques temps, que vous avez ressenti ces changements, et si j’en crois les statistiques, vous les appréciez.

J’ai (enfin!) trouvé un rythme de publication qui me convient, qui me permet de publier des articles d’une meilleure qualité tout en conservant une activité constante sur le blog.

Une dernière note là-dessus:  Je ne parle pas beaucoup des projets sur lesquels je travaille parce que le propre d’un projet est d’être incertain et que 80% d’entre les projets que je démarre ne déboucheront sur rien et j’aurais tendance à douter de l’intérêt pour vous de suivre des projets dont la majorité est vouée à disparaître. Mais peut-être que je me trompe. Peut-être que le processus même de construction d’un projet, le choix de l’arrêter ou de le continuer, ce qui le constitue et les éléments qui permettent de le juger, peut-être que cela vous intéresse ?
Dites-moi ce que vous en pensez dans les commentaires ou par mail: apprenti[point]scenariste [at] gmail[point]com.