Posts Tagged ‘comment écrire un scénario’

Comment je m’organise quand je dois écrire

31 mars 2012

Un auteur se doit d’être un minimum organisé. A chacun sa méthode bien sur, qu’on acquiert à force de lecture en s’inspirant d’autres auteurs comme Julia Cameron.

Wahouh! Quel mois! La série sur laquelle je travaille depuis novembre avec Bobby Prod est sur le point d’être envoyée aux diffuseurs. Il reste quelques modifications à apporter au scénario pour rendre le concept encore plus lisible. Et après ce sera l’attente. De leur lecture, de leur retour… et d’une convention de développement (on croise les doigts!). Ce qui est cool, c’est que j’ai déjà un projet pour l’après Bobby. Je ne déteste rien plus que de rester les bras ballants entre deux contrats et là, même si c’est un projet que je vais développer « on spec », c’est surtout un projet qui m’éclate, l’adaptation d’une BD en étroite coécriture avec un mec que j’adore (mais chut, je n’en dis pas plus pour l’instant).  Il nous reste deux mois avant Annecy, c’est pile poil le temps qu’il nous faudra pour développer un concept béton et un dossier à présenter sur le festival.

Je profite d’un moment de calme pour écrire (enfin!!!) le billet que vous avez choisi sur la manière dont je m’organise quand je dois écrire. Avec un peu de chance mon organisation vous inspirera pour trouver votre propre système. Sachez avant tout que je m’apprête à vous donner les grandes lignes essentielles de ma méthode. J’en modifie constamment les détails pour améliorer l’efficacité de ce processus donc j’aurai l’occasion de vous donner d’autres aperçus de ma méthode au fur et à mesure de son évolution. Les cinq grandes lignes que je suis sont les suivantes:

  • couper les distractions
  • bien choisir le moment d’écrire
  • organiser mon écriture en amont
  • m’accorder de grandes pauses
  • écrire vite et réécrire, beaucoup

Ce sont les cinq points que je vais détailler dans ce post.

1. Couper les distractions

Quand j’écris, rien ne doit pouvoir m’interrompre, ni l’extérieur, ni ma propre Résistance intérieure. Le but pour moi, c’est de tout faire pour entrer dans un état de concentration intense. Mon objectif en coupant toutes les interruptions, c’est de créer un environnement qui me permette de rester concentrer pendant des blocs d’au moins deux heures (je m’octroie plusieurs blocs de deux heures chaque jour). Cela veut dire: aucun coup de téléphone, aucun mail, ne pas répondre à la sonnette, ne prendre aucun rendez-vous pendant ce laps de temps.

Pour m’assurer de tout cela, je coupe mon téléphone, que je mets généralement simplement en mode avion pour avoir accès à l’heure. Je quitte mes programmes de réception de mail, et si je sens que la session de la journée va être particulièrement laborieuse, je coupe même internet en utilisant un petit programme appelé Freedom. Le téléphone et les mails sont pour éviter les coupures venues de l’extérieur. La coupure d’Internet pour les coupures venues de l’intérieur (le pire ennemi de l’auteur c’est sa propre Résistance, pour reprendre le terme de Steven Pressfield).

Si je dois travailler le week-end (ça m’arrive souvent dans les dernières phases d’une commande), je trouve le moyen de m’isoler de la famille. Soit en allant travailler à l’extérieur (bibliothèque, café, …) soit en travaillant à des heures où la maisonnée dort, tôt le matin ou tard la nuit.

2. Choisir son moment

Toute ma méthode vise à optimiser le temps que je passe à écrire. Dans mon expérience, si j’écris au mauvais moment, je peux y passer des heures laborieuses, souffrir en écrivant pour, au final, jeter tout ce que j’ai écrit durant ce temps. C’est d’autant plus bête qu’en choisissant le bon moment j’écris sans grande difficulté et le résultat est bon. Pour écrire mieux (plus vite et de meilleure qualité), suivez votre rythme interne.

Mais différentes phases d’écriture font appel à différentes parties du cerveau. Le matin je suis plus efficace pour organiser ma structure, par exemple, le soir pour la créativité pure. Selon que je suis au début ou à la fin d’un projet, que je dois écrire ou réécrire, j’écris plutôt au réveil ou plutôt la nuit, quand toute la ville dort.

Ma créativité est d’autant meilleure le soir que la journée, je serai sorti, je me serai soumis à une avalanche de stimuli que mon cerveau, dans l’état semi hypnotique de l’écriture nocturne, pourra traduire en idées neuves.

Le matin, au contraire, une bonne nuit de sommeil aura permis à mon cerveau d’ordonner mes idées et les problèmes se résoudront d’eux-mêmes.

N’hésitez pas à utiliser votre cerveau quand il est à son plus fort potentiel. Lisez sur la créativité, les rêves, le cerveau, l’inconscient, le mentalisme (sic), la manipulation, pour voir ce qui influence nos pensées et nos idées. Ensuite expérimentez, voyez ce qui fonctionne pour vous, et n’allez surtout pas à contre courant. Je n’écris quasiment jamais l’après-midi, parce que je suis incapable de me concentrer pendant de longues plages de temps. J’en profite pour gérer mes tâches administratives, pour tenir le blog à jour ou pour apprendre de nouvelles choses en lisant ou en regardant des vidéos de formation.

3. Organiser son écriture en amont

Je prends le temps, chaque matin, de faire le point sur ce que j’ai fait et appris la veille et ce que je dois faire dans le jour en cours. Avant cela, je pratique les Pages du Matin, que j’ai apprises de Julia Cameron. Plusieurs de mes collègues utilisent aussi cette technique, par exemple Nathalie Lenoir ou Cédric Salmon. Cela consiste pour moi à m’assoir 15 minutes à 1h au café en bas de chez moi après avoir déposé mon fils chez sa nounou. J’y note tout ce qui me passe par la tête sur au moins trois pages. Parfois, j’avoue, je dépasse. Il m’a fallu un certain nombre d’années pour vraiment sentir que les pages du matin avaient un impact sur la clarté de mes pensées mais maintenant, je ne peux plus m’en passer et le week end est terrible pour moi parce que qui dit pas de nounou dit pas de café et pas de pages matinales (même si j’arrive parfois à les glisser dans ma matinée). Les rituels sont très importants dans ma pratique de l’écriture. Celui de tout organiser en amont occupe une place importante.

Cela me permet de commencer ma journée de travail avec une vision claire de ce qui a besoin d’être fait et pourquoi. Je m’évite de me disperser, je vais plus vite et mon travail est de meilleure qualité. J’organise mon temps en fonction de mes rythmes naturels, comme je l’ai expliqué, et je cherche à rester concentré le plus longtemps possible.

Je découpe ma « mission » en blocs d’écriture pouvant chacun rentrer dans un des laps de deux heures dont est constituée ma journée de travail. Je fonctionne rarement par scène, plutôt par tâches. Par exemple, si je dois retravailler un personnage, je le fais d’un bloc. Si je dois renforcer l’enjeu d’une histoire, j’identifie tous les éléments du scénario qui me permettront de le faire et je les traite d’un bloc, etc. Idem pour le brainstorm. Je vais me donner une heure pour réfléchir à tel personnage, ou à tel niveau d’intrigue. L’idée étant ensuite de ne faire que ça pendant le bloc de temps que j’aurai assigné à la tâche.

J’aimerais pouvoir vous dire que tout ça trouve sa place dans un joli calendrier bien organisé et léché mais, franchement, ce n’est pas le cas. Je fonctionne mieux avec des choses organiques, chaotiques. Je note en vrac sur une page de Moleskine ce que je dois faire dans la journée, je trace des flèches, j’identifie la priorité de chaque tâche, j’estime la durée qu’elle va me prendre, et je m’y attaque, par ordre de priorité et par blocs de concentration ininterrompue jusqu’à ce que j’aie fini la liste. Il m’arrive de travailler tard pour finir une liste, ou d’étaler les tâches sur plusieurs journées. Dans ce cas, je fonctionne par thématique avant de fonctionner par priorité. D’abord les personnages, ensuite les concepts, enfin les pitchs, par exemple, si je suis en phase de développement.


Libérez votre créativité, de Julia Cameron

4. Prendre de longues pauses

Quand je parle de longues pauses, c’est qu’avant chaque mission d’écriture, je prends au moins une journée où je ne fais rien. Je vais me promener, je flâne dans les librairies, je m’installe à une terrasse de café sans prendre de notes. Cela me permet d’utiliser tout le pouvoir de mon inconscient, de le laisser travailler à ma place. Je pense à tout sauf au projet sur lequel je dois travailler. Je me détends le plus possible. Cette détente me permet d’aborder dès le lendemain ma mission avec un esprit dégagé de tout parasite, avec sérénité et efficacité. Je ne laisse jamais un contrat m’arracher au rythme dans lequel j’étais avant la commande. Je crois à la loi de Parkison qui dit qu’une tâche prendra le temps que l’on s’alloue pour l’accomplir. Peu importe que vous ayez trois jours ou trois heures pour écrire une carte postale, vous prendrez toujours l’intégralité du temps dont vous disposez. Un jour de moins ne nuira pas à ma capacité à répondre à une deadline. C’est même le contraire qui se passe. En me donnant cette journée de préparation avant de m’atteler à la tâche, je permet à mon cerveau d’organiser le travail à ma place. Comme ça, le lendemain, quand je prépare mon organisation de la journée, tout est déjà prêt. Je n’ai qu’à cueillir les fruits de la veille.

Pour que cela fonctionne vraiment bien, je lis une première fois les documents sur lesquels je dois travailler avant de prendre ma journée de pause. Je ne prends pas de notes, sauf pour coucher sur le papier les premières idées qui me viennent. Mais je ne cherche pas à avoir des idées. La seule chose que je fais volontairement, c’est noter sur une page de Moleskine le contenu de la commande. Je jette quelques notes qui sont comme des instructions données à mon inconscient pour lui dire: « travaille là-dessus ».

Je fais la même chose si je rencontre un blocage trop important. Je sors, je flâne, je fais le ménage. Mon inconscient trouve immanquablement une solution pour moi.

Faire des pauses | Dramaturgie et Scénario

Non, ça ne ressemble pas toujours à ça!

5. Écrire vite et réécrire, beaucoup

La dernière grande règle méthodologique que je suis, c’est celle d’écrire vite, le plus vite possible, et de réécrire beaucoup. Je préfère faire trois versions qu’une seule. Le but pour moi c’est de faire mes trois versions dans le même laps de temps qu’il faudrait à quelqu’un qui cherche à faire bien du premier coup pour en faire une seule. Je souscris à l’idée selon laquelle la quantité engendre la qualité. Dans mon idée, plus on fait de versions d’un texte meilleure est chacune des versions suivantes. Je travaille bien par groupe de trois. Une première version va dans une direction, une seconde dans une autre direction et la troisième opère la synthèse des deux premières et des notes qu’elles ont générées. C’est pour moi la meilleure manière d’arriver à un excellent résultat. Si je ne peux pas tester toutes les options, même celles qui ne fonctionnent pas, comment puis-je savoir que ce que j’ai écrit était la meilleure version possible de mon histoire ?

Dans un monde idéal, les producteurs, directeurs d’écriture et diffuseurs comprennent ce phénomène et sont prêts à accompagner l’auteur dans sa recherche de la meilleure version possible. C’est parfois le cas, comme dans ma dernière commande, et le plus souvent en phase de développement. Mais souvent, les non-créatifs de la chaîne de production veulent la meilleure version possible tout de suite, ce qui oblige les auteurs à passer – à mon avis – trop de temps à essayer de faire mouche du premier coup plutôt que de s’autoriser les tâtonnements nécessaires à la création de la meilleure histoire possible.

Quand je réponds à une commande il n’est pas rare que je dépasse les dix versions d’un même texte, mais j’ai appris à écrire vite et à rechercher l’erreur. Mon but quand je fais ces versions c’est d’essayer le plus de choses possibles et de voir, dans les faits, ce qui marche ou non. Je n’envoie pas toutes les versions à mes interlocuteurs, juste les meilleures… sauf quand j’ai la chance de pouvoir partager mes tâtonnements avec eux, ce qui permet des échanges plus riches et des histoires au final bien meilleure.

Conclusion

Voilà, les grandes lignes de mon processus. J’espère que vous y aurez trouvé des idées intéressantes que vous pourrez adapter à votre propre pratique de l’écriture.

Comment procédez-vous quand vous écrivez ? Laissez les trois grandes étapes de votre processus en commentaire pour lancer la discussion!

Publicités

Le secret d’une motivation en béton

22 février 2012

Les aptitudes sont ce que vous pouvez faire. La motivation détermine ce que vous faites. Votre attitude détermine votre degré de réussite.

Quand on cherche à devenir écrivain, le plus dur c’est souvent de garder sa motivation intacte. Il y a deux clefs pour ça: les mentors et mettre son cul dans la chaise. Le billet rapide d’aujourd’hui combine ces deux éléments.

Marie Forleo est une femme admirable, elle a commencé sa carrière de danseuse hiphop à 25 ans passés (l’âge de la retraite pour la plupart des danseurs) et elle a construit une série d’entreprises à succès avant de se lancer dans le coaching entrepreneurial. Tous les mardi, elle poste sur son blog (http://www.marieforleo.com) une vidéo pour répondre à la question d’un de ses lecteurs. Je suis au rendez-vous toutes les semaines pour regonfler mon énergie.

Aujourd’hui, je suis tombé sur cette phrase, qui me semble tout à fait appropriée : « Losers wait for motivation, Winners just get sh*t done » (« Les perdants attendent la motivation, les gagnant se contentent de faire les trucs »)

Marie Forleo sur la Motivation

Ce qui m’amène à mon deuxième point: quelque soit votre degré de motivation, le secret pour devenir écrivain (scénariste, romancier, essayiste, peu importe ce que vous choisissez), c’est de vous mettre au travail, de coller vos fesses sur votre chaise et de noircir des pages. Très vite, quand vous avez pris cette habitude, la question de la motivation disparaît d’elle-même.

Cette idée, cruciale, du passage à l’acte, vaut pour tous les niveaux de votre carrière : l’écriture, le développement, mais aussi la construction de votre réseau. Arrêtez de vous prendre la tête avec de fausses excuses, faites les choses. Ecrivez, concevez, envoyez vos projets à des producteurs, rencontrez des gens.

Si vous avez besoin de pistes pour constituer votre réseau, lisez « Never Eat Alone », de Keith Ferrazzi, vous y découvrirez l’art de nouer des liens sous un jour nouveau :

Lisez-le MAINTENANT

La vidéo, en bonus:

Drôle d’idée: « Je ressemble à un écrivain »

3 février 2012

Petite réflexion sur un sujet aussi abstrait que commun à tous: d’où viennent les Idées ?

ce matin, comme (presque!) tous les matins depuis le mois de juin 2011, je me prends en photo avec Photobooth. C’est juste une expérience comme ça, parce que l’outil est simple, et que ça m’amusera dans 10 ans de voir l’évolution de mon visage. Rien de plus. Ce ne sont pas normalement des photos que je partagerais mais ce matin, en me voyant, les cheveux en vrac, un vieux pull sur une chemise sable, une barbe mal entretenue, je me suis dit: « là! Je ressemble à un romancier! »

Anael Verdier

C’est bizarre comme on se forge des images mentales en permanence. Qu’est-ce qu’il y a de plus dans mon apparence d’aujourd’hui, par rapport aux autres jours, qui me frappe et qui me fasse penser que ça y est, « j’ai le look » ?

Est-ce que c’est le fait d’avoir travaillé à mes projets littéraires ces derniers jours ?

Est-ce le fait de réfléchir au nouveau statut de l’auteur que permet le livre électronique ?

Et d’où vient cette image du romancier ? De mes rencontres avec des auteurs dans les salons, des idées que j’ai fabriquées au cours de mes lectures ?  Des films que j’ai vus ?

Sans doute un peu de tout ça.

Mais c’est quand même bizarre. D’où viennent les idées ? De quelle obscure portion de l’univers ? J’ai eu un début de débat sur la question avec un excellent ami à moi la dernière fois que je suis allé à Paris mais aucune réponse n’a paru satisfaisante. Les idées sont-elles immanentes ? Y a-t-il une « sphère des idées » comme le pensait Platon ? Ou viennent-elles de bizarres connexions au coeur de notre cerveau ? Les deux sont-ils antinomiques ?

Je n’en sais rien. Je ne suis même pas sûr que la technologie permettra un jour de trancher avec certitude cette question-là.

Ce que je sais c’est qu’on peut apprivoiser les idées et les exploiter pour en faire des histoires et c’est vraisemblablement quelque chose qui vous intéresse si j’en crois les réponses au sondage que j’ai reçues jusqu’à maintenant. Alors je vous prépare un post du tonnerre sur le sujet mais je ne commencerai pas à l’écrire avant au moins deux semaines.

D’abord parce que je veux prendre le temps de faire le meilleur post possible, celui qui vous sera le plus utile et qu’il faut pour cela que je le prépare soigneusement.

Ensuite parce que je ne veux pas noyer le blog sous les messages techniques comme j’ai pu le faire à ses débuts. C’était intéressant mais je suis certain que ce n’est pas le mieux pour vous. Je préfère poster un ou deux messages techniques par mois, des messages avec un contenu « actionnable », c’est-à-dire un contenu avec lequel vous puissiez expérimenter entre deux messages.

Enfin parce que je veux laisser le plus de chance possible au plus grand nombre de lecteurs de s’exprimer sur le sondage.

Je ne l’avais pas fait jusqu’à maintenant, parce que j’avais une mauvaise visibilité sur mon emploi du temps, mais j’ai décidé d’arrêter le sondage le 17 février. C’est-à-dire que si vous voulez vous exprimer et contribuer au choix du prochain article, n’attendez pas, VOTEZ.
(le formulaire de vote est dans la marge de droite, il suffit de deux clics et votre vote sera enregistré! –>)

Atelier d’écriture en vrai

29 septembre 2011

Un atelier écriture à Bordeaux…la transmission et le partage : l’inspiration pour tous !

 

Après un an d’hésitation, de calculs, de tergiversations. Après avoir pesé le pour et le contre, j’ai décidé de lancer mon propre atelier d’écriture. J’enseigne déjà l’écriture depuis trois ans dans différentes écoles, il était temps de sauter le pas et de me mettre à mon compte. Je n’ai jamais supporté la condition du salarié, qui dépend d’un patron. C’est aussi sûrement pour ça que j’ai autant de mal avec la condition de scénariste: tous les désavantages du salariat sans aucun des bénéfices. Mise à part la liberté de travailler chez soi (mais est-ce vraiment un avantage?), je ne vois pas ce qui distingue le statut du scénariste de celui du salarié… à part l’absence d’un salaire fixe.

Non, me mettre à mon compte en tant qu’auteur, en tant que formateur, en tant qu’humain, c’est la direction que je donne à ma vie depuis un peu plus d’un an. C’est pourquoi cette année, j’ouvre l’atelier d’écriture de bordeaux, un atelier principalement destiné à des personnes avides d’aboutir des projets d’écriture d’envergure, avides de se libérer de leurs blocages créatifs et de devenir des auteurs plus conscients des processus à l’oeuvre dans la fiction et sa création, et pourquoi pas de se professionnaliser.

J’aspire pour cet atelier à un niveau d’exigence élevé. Amener des auteurs novices à s’armer pour affronter le métier d’écrivain (au sens large, peut-être qu' »écrivant » est moins connoté) de fiction. Ce sera une transposition de ce que je fais déjà en grande partie à l’université, où plusieurs des étudiants que je forme aspirent à devenir scénaristes mais n’ont aucun des outils pour et surtout des représentations très incomplètes du métier et de la manière dont il s’exerce.

L’idée d’un atelier d’écriture est de compléter ces représentations, de permettre à d’aspirants auteurs de se projeter dans une image juste de la réalité de ce métier, notre métier. Et pourquoi pas leur permettre de l’envisager à leur tour pour eux.

Je ne tiens pas à grossir et devenir une formation complète. J’ai trop à construire moi-même et j’ai trop rencontré de directeurs de formation pour comprendre que c’est incompatible. L’administratif prend vite trop de temps, les questions de programme, de pédagogie passent au premier plan au détriment de l’exercice de la créativité.

Mais quelques heures par semaine, suivre une demi douzaine d’apprenants, voir émerger des histoires, ça oui. Après tout, ce qui nous amène à choisir ce métier, est-ce autre chose que l’amour des histoires? Qu’elles soient lues, vues, entendues, ce qui nous pousse c’est que l’on veut toujours plus en découvrir et peut-être à un moment celles qui viennent de l’extérieur ne nous suffisent-elles plus et nous devient-il nécessaire de devenir conteurs à notre tour. En tous cas je crois que c’est ce qui m’anime, moi.

Pouvoir être présent au point d’origine des histoires, les voir évoluer, grandir, mûrir, c’est un peu comme voir son fils apprendre à marcher, à parler, gagner en autonomie, cela relève de la magie. Il y avait rien et soudain il y a quelque chose de vivant, de vibrant, de dense. L’atelier d’écriture n’a de sens pour moi que perçu de cette manière.

En attendant le 17 octobre, n’hésitez pas à vous promener sur le site, j’y transfèrerai petit à petit une partie de l’activité de ce blog, toute la partie théorique, pour me consacrer ici davantage au rapport de mes expérimentations professionnelles, et elles sont nombreuses!