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Devenir écrivain, Denis et Anael en discutent

4 avril 2014

Si vous rêvez de devenir écrivain, d’apprendre à écrire livre ou de carrément vivre de l’écriture, les nouvelles discussions entre Denis Tison et Anael Verdier, tous les deux scénaristes diplômés du CEEA et coaches d’auteurs, vous préviendront contre les questionnements qui entourent la posture de l’auteur et son identité.

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Je m’apprête à faire un truc de fou, vous en êtes?

1 mars 2012

Une révolution dans l’édition se produit avec l’apparition du livre électronique. Connaissez-vous la publication sur le Kindle lancé par le célèbre site de commerce Amazon ? 

 

Je suis super excité à propos de ce truc que je m’apprête à faire. Un peu flippé aussi, parce que c’est m’exposer comme jamais. C’est prendre un risque encore plus grand que quand j’ai pris femme et enfant pour tout quitter et commencer à zéro dans une nouvelle ville.

C’est prendre un risque encore plus grand que de ne jamais suivre aucune formation professionnalisante autre que le CEEA.
Plus grand que mon obstination à ne jamais avoir de plan B dans la vie.

Parce qu’il y a en jeu mon image. Si j’échoue cette fois, ce sera publiquement et ça, ça me flippe.

Bon.

Je fais vite avant de changer d’avis. C’est totalement impulsif mais une fois que j’aurai lancé l’info il n’y aura plus de marche arrière possible alors je dois faire vite pour que la petite voix qui me dit: « arrête, t’es fou!!! » ne gagne pas.

Vous le savez sûrement, je crois en avoir parlé ici et si ce n’est pas le cas j’en ai parlé ailleurs, une révolution est en cours dans la manière dont les livres sont publiés.

Comme iTunes a révolutionné la manière dont on publie, consomme et vend de la musique, Amazon et son Kindle sont en train de révolutionner la manière dont on publie, consomme et vend des livres.

Vous ferez des recherches sur le Kindle plus tard si vous ne savez pas de quoi je parle, restez avec moi encore quelques lignes. L’info la plus importante à retenir c’est qu’Amazon a ouvert sa plateforme de publication à tout le monde. C’est-à-dire que peu importe que vous soyiez un éditeur ou un auteur isolé, vous pouvez publier sur Kindle vous-même. Et toucher jusqu’à 70% du produit des ventes de vos livres.

70%

Vous savez combien gagne un auteur dans le circuit de l’édition traditionnelle ? 6 à 12%

  • 6 à 12% dans l’édition traditionnelle
  • 70% dans la nouvelle édition

Je vous laisse digérer cette info.

C’est bon ?

Ok. Alors accrochez-vous, voilà la suite.

Quelque part en 2011 (je crois que c’était en avril), un type appelé John Locke, un ancien vendeur d’assurances de 60 ans, qui n’avait jamais écrit un roman de sa vie a vendu 1.000.000 de romans sur Kindle. Oui, UN MILLION. Et il a décidé d’écrire un livre sur la manière dont il s’y était pris pour le faire. Étape par étape.

Ok. Deuxième effet kiss kool, un paquet d’auteurs américains PUBLIÉS mais mid-list (ceux dont on n’entend jamais parler mais qui vendent assez pour que les éditeurs les gardent dans leurs écuries) ont décidé de lâcher leurs éditeurs et de se lancer à leur compte. « De toutes façons, disent-ils, on s’occupait déjà de trouver nos propres lecteurs, alors ça ne changera pas grand chose, sauf qu’on aura la vie plus facile ». Parmi ces auteurs, Holly Lisle, dont vous savez que je l’apprécie, mais elle n’est pas seule.

Moi, vous le savez peut-être, je veux être romancier depuis que je suis ado mais le milieu de l’édition et la manière dont les éditeurs traitent leurs auteurs et la manière dont les libraires traitent les livres, tout ça m’a pas mal dégoûté et fait passer l’envie. J’ai toujours gardé en tête cette envie, j’écris régulièrement des textes littéraires pour le plaisir, que je garde dans un coin sans vraiment chercher à en faire quoique ce soit.

Et je me suis toujours posé la question de savoir si le web serait un bon véhicule pour ces textes. En tous cas, à réfléchir à des solutions alternatives à l’édition traditionnelle.

Ça n’a pas été mon souci principal ces dernières années, juste un truc auquel je revenais régulièrement, vaguement frustré de ne rien faire mais pas assez convaincu par quelque option que ce soit pour vraiment passer à l’acte.

En septembre 2011, Amazon a sorti son kindle en France. J’en ai parlé sur un des blogs, mais sûrement pas ici (je vous le redis, j’écris ce message dans l’urgence, avant de changer d’avis sur ce que je m’apprête à annoncer, c’est pour ça que je ne vérifie pas ce que j’affirme).

J’attendais ça avec impatience, je savais que ce serait le début de la révolution en France. Il faudra un peu de temps pour que les gens adoptent vraiment la liseuse mais je sais que ça arrivera, autant que je savais que je finirais par vivre de l’écriture ou que cette fille rencontrée dans un cours de théâtre deviendrait la femme de ma vie. C’est ce genre de conviction que j’ai toujours suivi pour prendre mes décisions et ça a toujours plutôt bien marché pour moi alors je ne suis pas prêt de m’arrêter!

C’est pourquoi 2012 sera pour moi l’année du retour à la littérature, à l’écriture de romans plus précisément et l’année de l’autopublication.

J’ai décidé de me lancer. J’ai lu pas mal sur la question, j’ai suivi des séminaires sur la publication de livres sur Kindle et sur le moyen de communiquer sur leur existence auprès des lecteurs et je me sens paré. Le hic c’est qu’à part John Locke, aucun de ces formateurs ne parle de fiction. Ils écrivent des manuels, faciles à référencer et à trouver. Donc leurs techniques valent uniquement dans une certaine mesure pour les auteurs de fiction.

Je suis quand même convaincu qu’il est possible avec le Kindle et les outils d’Amazon, de toucher un public suffisant pour tirer un revenu confortable de l’écriture de romans.
J’en suis convaincu mais je ne le sais pas vraiment. Aucun fait ne me le prouve. Je ne l’ai pas (encore) fait. C’est tout l’enjeu de cette année : sauter le pas, tenter le tout pour le tout, et voir ce qui en ressort.

Je me suis fixé un objectif tout petit pour cette première année, parce que j’imagine que je vais faire pas mal d’erreurs et que je vais pas mal tâtonner : gagner 5000€ en vendant uniquement un, ou des, romans. Mais c’est une infime portion de ce que j’estime possible de gagner à terme en publiant moi-même mes romans (note: j’ai un certain nombre de règles auxquelles je tiens particulièrement, la première étant de ne publier que des romans de qualité, ce dont je m’assurerai en engageant des lecteurs professionnels pour avoir des retours éclairés sur les qualités et les défauts des différentes versions).
Ce n’est pas ça, le truc de fou. Le truc de fou c’est que je suis prêt à le faire publiquement.

Le « truc » c’est que ce ne sera pas gratuit. Je ne vais pas juste ouvrir un blog accessible à tous et montrer mes tentatives plus ou moins réussies de créer un revenu autonome à travers l’écriture et l’édition de romans.

Pourquoi pas ?

  • D’abord parce que je n’en ai pas envie, ce qui est une raison qui devrait se suffire à elle-même. Je n’ai pas envie de m’afficher en public en train d’apprendre. Je l’ai fait avec architecriture et je n’ai pas envie de revivre cette expérience.
  • Ensuite parce que je veux que seulement des gens motivés pour suivre le même chemin que moi suivent ce blog. Je préfère avoir 3 inscrits qui vont expérimenter en même temps que moi, avec qui je vais pouvoir partager des impressions, discuter de nos découvertes mutuelles, et progresser ensemble, 3 personnes qui veulent trouver un moyen de vivre de l’écriture plutôt que 100 personnes vaguement curieuses de voir ce qui arrive mais qui n’en tireront rien, qui commenteront le processus sans prendre la peine de l’expérimenter parce que de toutes façons ça ne les intéresse pas.
  • Enfin parce que je suis convaincu que ce que je vais apprendre va fonctionner et que ceux qui l’apprendront en même temps que moi auront tous les outils clefs en main pour construire une carrière dans l’écriture de romans, en se passant des intermédiaires. Je suis convaincu qu’ils pourront gagner beaucoup d’argent s’ils appliquent ce qu’ils apprendront en m’observant et je suis convaincu qu’il n’y a rien au monde qui ait plus de valeur que les connaissances. Je réinvestis 15% de ce que je gagne chaque mois dans l’apprentissage de nouvelles compétences et dans l’approfondissement de ce que je sais déjà. Je considère que c’est le meilleur placement possible pour mon argent, bien meilleur qu’un produit bancaire. Parce que ces connaissances, je peux les revaloriser et m’en servir pour mieux gagner ma vie, même en temps de crise. Je ne me contente jamais de ce que je sais déjà, je crois que vous le savez si vous me suivez depuis un moment, et je considère que c’est ce que tout le monde devrait faire. Donc par conviction personnelle, je vous demanderai d’investir dans ce que je considère comme une formation dans l’art de vivre de l’écriture.
  • En plus, je vous offrirai des tas de choses en cours de route qui recouvriront largement vos frais de départ.

Juste pour info, si je réussis aussi bien que je pense le faire, je synthétiserai cette année d’expérimentations en une formation clef en main que je vendrai 2500€ parce qu’elle rapportera le double à ceux qui la suivront.

Mais cette année, bien entendu, je ne peux pas décemment demander une telle somme. Je ne sais pas du tout combien je vais pouvoir gagner à la fin de mon expérience.

Depuis cet été je me forme à différentes techniques de valorisation de contenu sur le net, parce que j’aspire à ne plus dépendre des producteurs, des diffuseurs, ou des éditeurs. J’ai une grande estime de l’autonomie et je veux la partager avec vous. Grâce à ces techniques, qui n’ont rien à voir avec l’édition de livres sur Kindle mais y sont périphériques, j’ai déjà gagné plus de 500€ en janvier.

Je suis donc sûr de pouvoir vous faire gagner au moins quelques centaines d’euros grâce à l’application de ces techniques. De quoi, vous allez le voir tout de suite, largement rembourser l’investissement que je vous demande si vous voulez vivre mon année d’expérimentation avec moi.

Combien cela coûterait-il d’avoir accès au blog où je détaillerai tout:

  • les étapes par lesquelles je passe pour concevoir, écrire, et publier un roman sur Kindle…
  • les techniques que j’utilise et adapte à la publication de romans sur Kindle…
  • la manière dont je m’y prends pour cibler un public, écrire un roman qui lui plaira et lui faire part de l’existence de ce roman…
  • la manière dont je m’y prends pour fidéliser ce public et m’assurer qu’il voudra lire d’autres livres de ma main pour m’aider à vivre de l’écriture…
  • les techniques que prônent les créateurs de contenu non-fictionnel pour gagner plusieurs dizaines de milliers d’€ chaque mois sur Kindle…
  • un exemplaire GRATUIT de la méthode synthétisée à la fin de la période d’expérimentation…

Cela coûtera 150€

150€ c’est 12,5€ par mois, soit moins qu’une demi-baguette ou un demi-café par jour. C’est un cadeau. Et les lecteurs de ce blog bénéficient d’un tarif encore plus intéressant.

Si vous êtes déjà convaincu, n’attendez plus et inscrivez-vous MAINTENANT en cliquant ICI. Sinon, continuez à lire pour mieux comprendre ma démarche.

Dès l’année prochaine, si j’ai atteint les résultats que j’escompte, je vendrai cette même formation à 2500€ et limiterai considérablement le nombre de places.

Alors je sais ce que vous vous dites: c’est très pragmatique comme approche, la littérature c’est de l’art, l’écriture ça doit venir de l’âme. Mais dites-moi quelle est la différence entre un romancier qui cherche comment vivre de sa plume et un scénariste qui cherche à vendre un scénario à un producteur ?

Pensez-vous réellement que l’art devrait être gratuit ? Pensez-vous que nous devrions OFFRIR nos textes aux diffuseurs ? Sincèrement ?

Si c’est le cas, je me demande ce que vous faites sur un blog dédié au MÉTIER de scénariste et plus généralement aux MÉTIERS de l’écriture. Un métier, c’est une activité que l’on exerce de manière lucrative, c’est une activité qui est censée mettre un toit au-dessus de nos têtes et de la nourriture dans nos assiettes, à la différence d’un hobby, que l’on fait uniquement pour le plaisir.

La différence majeure du métier d’auteur avec un autre c’est qu’il est plus difficile de bien l’exercer sans y prendre du plaisir et que ce après quoi nous courons tous c’est le fantasme d’avoir notre propre série produite ou notre propre film réalisé. Peu de scénaristes écrivent par vocation des épisodes de séries créées par d’autres.

Alors s’il y a une possibilité que les romanciers puissent aujourd’hui écrire ce qu’ils veulent et trouver le public qui veut lire ce qu’ils veulent et que ce public leur donne avec plaisir de l’argent en échange de ces textes, et le leur donne directement au lieu d’engraisser un éditeur, quel est le mal ? Où est le problème ?

J’ai toujours prôné la responsabilité de l’auteur, le fait de prendre sa carrière en main. J’ai longtemps refusé de prendre un agent pour cette raison Aujourd’hui je vois se dessiner la possibilité d’exercer mon métier sous une autre forme, qui m’a toujours attiré et rendu curieux et séduit. Et ce sans passer par des intermédiaires à l’utilité discutable. Alors je saisis l’opportunité et je propose de vous emmener avec moi. Et je suis tellement convaincu de la valeur de ce que je m’apprête à faire que je vous demande un investissement financier dans le projet. Mais cet investissement est surtout un moyen pour moi de m’entourer de gens vraiment motivés. Je ne veux pas que vous vous inscriviez par curiosité. Je ne veux pas que vous lisiez mon expérience si vous ne comptez pas vous en servir comme d’un guide pour construire votre propre carrière. Parce que cela n’aurait aucun intérêt pour vous. Ce serait comme passer un an dans les cuisines d’un grand restaurant sans avoir l’intention de devenir cuisinier : vous perdriez votre temps.

Si je rends cette expérience publique, c’est pour m’entourer de gens qui veulent apprendre en même temps que moi et avec qui je puisse échanger sur le défi à l’oeuvre.

Alors si le défi vous intéresse, n’attendez pas, inscrivez-vous MAINTENANT en cliquant ici.

Pour vous remercier de me faire confiance, si vous vous inscrivez  AVANT LE 17 MARS, vous ne paierez que 57€ . A partir du 17 mars, le prix augmentera et ne redescendra plus jamais.

Agissez MAINTENANT.

Le secret d’une motivation en béton

22 février 2012

Les aptitudes sont ce que vous pouvez faire. La motivation détermine ce que vous faites. Votre attitude détermine votre degré de réussite.

Quand on cherche à devenir écrivain, le plus dur c’est souvent de garder sa motivation intacte. Il y a deux clefs pour ça: les mentors et mettre son cul dans la chaise. Le billet rapide d’aujourd’hui combine ces deux éléments.

Marie Forleo est une femme admirable, elle a commencé sa carrière de danseuse hiphop à 25 ans passés (l’âge de la retraite pour la plupart des danseurs) et elle a construit une série d’entreprises à succès avant de se lancer dans le coaching entrepreneurial. Tous les mardi, elle poste sur son blog (http://www.marieforleo.com) une vidéo pour répondre à la question d’un de ses lecteurs. Je suis au rendez-vous toutes les semaines pour regonfler mon énergie.

Aujourd’hui, je suis tombé sur cette phrase, qui me semble tout à fait appropriée : « Losers wait for motivation, Winners just get sh*t done » (« Les perdants attendent la motivation, les gagnant se contentent de faire les trucs »)

Marie Forleo sur la Motivation

Ce qui m’amène à mon deuxième point: quelque soit votre degré de motivation, le secret pour devenir écrivain (scénariste, romancier, essayiste, peu importe ce que vous choisissez), c’est de vous mettre au travail, de coller vos fesses sur votre chaise et de noircir des pages. Très vite, quand vous avez pris cette habitude, la question de la motivation disparaît d’elle-même.

Cette idée, cruciale, du passage à l’acte, vaut pour tous les niveaux de votre carrière : l’écriture, le développement, mais aussi la construction de votre réseau. Arrêtez de vous prendre la tête avec de fausses excuses, faites les choses. Ecrivez, concevez, envoyez vos projets à des producteurs, rencontrez des gens.

Si vous avez besoin de pistes pour constituer votre réseau, lisez « Never Eat Alone », de Keith Ferrazzi, vous y découvrirez l’art de nouer des liens sous un jour nouveau :

Lisez-le MAINTENANT

La vidéo, en bonus:

La procrastination, c’est vraiment grave ?

16 février 2012

La tendance à remettre à plus tard ce que vous aviez prévu de faire vous agace? Comment percevez-vous la procrastination?

 

La procrastination est-elle un mal moderne, comme on veut bien nous le faire croire ? J’en doute.

J’ai lu quelque part, il y a quelques temps, qu’un auteur du XVIIIe siècle avait déjà du mal à se concentrer sur ses romans, qu’il écrivait sa correspondance au lieu d’écrire sa fiction et que cela le perturbait. Internet n’a fait que changer la nature des distractions disponibles.

La mode est à la lutte contre cette tendance à toujours remettre à plus tard. Moi je suis partagé. D’un côté je me dis qu’effectivement, souvent, j’ai tendance à vouloir glander plutôt que bosser, à tester de nouveaux jeux stupides en flash qu’à construire ma prochaine histoire.

D’un autre côté, je me rends compte qu’il y a des activités que je ne rechigne jamais à faire et qui ne sont pourtant pas forcément folichonnes.

Et je me demande si la procrastination, plutôt qu’un mal, ne serait pas un moyen pour l’esprit, le corps, tout notre être, de nous guider vers ce que l’on devrait faire.

Steven Pressfield, qui a écrit ce bouquin formidable qu’est The War of Art, affirme que le cerveau a gardé des instincts de l’époque où nous n’étions encore que des reptiles. Or, les reptiles ne pensent qu’à économiser leur énergie et à glander, en gros.


La Guerre de L’Art
(lisez-le MAINTENANT en CLQUANT ICI)
(et sur Kindle en cliquant ICI)

D’après lui, la procrastination c’est le symptôme que nous nous apprêtons à faire quelque chose de crucial pour le développement de notre âme et que si nous avons tendance à procrastiner, c’est parce que nous avons peur, à un niveau cellulaire, instinctif, du changement que cela impliquera de réussir cette nouvelle entreprise.

D’autres auteurs abondent dans ce sens, ajoutant que quand l’esprit change, c’est la structure synaptique du cerveau qui se reconfigure, et que nous sommes physiquement différents dès lors que nous devenons psychiquement différents.

J’ai quelques doutes à ce sujet et, même si j’ai tendance à penser qu’on remet au lendemain, je crois que c’est plus par confort que par instinct de préservation. J’adhère à la théorie de la limite haute, qui veut que l’on tombe malade ou que l’on s’inonde de pensées négatives dès que l’on s’apprête à dépasser les limites de ce que l’on croyait capables dans nos vies. Mais je pense que c’est très différent de la procrastination quotidienne.

 The Big Leap, le livre qui parle de la Limite Haute
(lisez-le MAINTENANT en cliquant ICI)
(En format Kindle en cliquant ICI)

Pour moi la procrastination trouve ses racines dans trois sources. La difficulté étant de savoir à chaque fois laquelle.

1) Vous êtes comme un enfant incapable d’anticipation.
Quand j’étais petit et que les parents proposaient d’aller passer l’après-midi dans les bois (oui on faisait ça, pas vous?), je ne voulais jamais. J’étais bien à la maison, avec mes jouets. J’étais incapable de me projeter dans autre chose. Tout ce que je voyais, c’est que ce que j’allais arrêter de faire, pas les options qui s’offraient à moi. C’est le cas quand vous trouvez un plaisir immédiat à un jeu en flash, à un film sur YouTube ou à un épisode de votre série préférée. Vous pensez à la route qui vous sépare de la forêt et ça vous saoule d’avance. Vous n’avez pas envie de faire l’effort de bosser, même si votre satisfaction sera plus profonde quand vous aurez commencé à travailler.

La solution: souvenez-vous de l’état émotionnel dans lequel vous vous êtes trouvé la dernière fois que vous avez trouvé la concentration nécessaire à l’écriture. Souvenez-vous de la satisfaction ressentie la dernière fois que vous avez atteint votre objectif d’écriture de la journée.

2) Vous n’avez aucune envie de faire ce que vous devriez faire et vous êtes légitimement en train de faire autre chose.
Mais une petite voix vous culpabilise. Soit que vous deviez impérativement remplir votre déclaration d’impôt soit que vous pensiez devoir appeler grand-tatie, vous êtes en train de repousser le moment de faire un truc franchement désagréable. Dans ce cas, on peut se demander si la procrastination en est vraiment. En effet, procrastiner a une connotation négative, du genre vous devriez faire un truc et à la place, vous êtes improductif. Si vous terminez l’écriture de votre roman pour évitez de faire vos impôts, parle-t-on encore de procrastination ?

La solution: posez-vous la question en toute franchise: le devoir que vous fuyez vous est-il vraiment imposé ? Si c’est vous qui vous l’imposez, faites-vous une fleur et oubliez. Grand-Tatie s’en remettra si vous ne l’appelez pas. Pas la peine de vous torturer avec ça. Sinon, faites-le le plus vite possible. Vous devrez remplir votre déclaration dans tous les cas, alors finissez-en et oubliez-la. Mieux, si vous pouvez déléguer (à un comptable, à votre femme, à grand-tatie…), faites-le.

3) Vous pensez devoir faire un truc et vous vous plantez.
Ça ressemble à la cause précédente mais celle-ci est bien plus insidieuse et dangereuse pour vous en termes d’épanouissement personnel. On craint tous de se réveiller à 60 ans et de se rendre compte qu’on a raté notre vie. Le truc c’est que des fois, pour éviter ça, on se donne des objectifs qui ne correspondent pas avec ce dont on a besoin. C’est le cas aussi pour nos personnages, qui ont des besoins et des objectifs et la dramaturgie nous apprend beaucoup de chose sur nous-mêmes à ce niveau. On peut croire que le jour où on sera enfin un scénariste accompli, qu’on aura vendu notre long-métrage, la vie nous sourira, on sera enfin heureux. Et on essaye d’écrire ce long-métrage. Sauf qu’à chaque fois qu’on s’y met, on procrastine. Si vous lisez Pressfield, vous accuserez votre cerveau reptilien, vous vous culpabiliserez et vous vous acharnerez… jusqu’au jour où vous vendrez votre long-métrage pour vous rendre compte qu’en fait c’était pas ça du tout que vous aviez besoin de faire.
Dans ce cas, la procrastination est plutôt comme un avertissement que non, vous n’êtes pas sur la bonne voie. Je le vois quand je me lance dans des activités pour lesquelles je ne manque jamais de motivation, qui sont plaisantes, faciles, évidentes. La procrastination n’est pas un problème pour celles-ci. La question c’est comment identifier la « bonne » de la « mauvaise » procrastination.

La solution: faites des choses. Allez au bout des étapes et questionnez-vous sur ce que vous en retirez comme satisfaction personnelle à long-terme. Oubliez le court-terme, c’est un mauvais guide. Construisez votre vie sur des choses pérennes. Vendre des épisodes de série peut vous payer à manger pour quelques temps mais cela vous comble-t-il, artistiquement, créativement ? A vous de voir. C’est vous qui portez la solution.

Mais arrêtons de culpabiliser chaque fois qu’on se met à glander.
PS: tout n’est pas toujours aussi noir et blanc. Des fois vous avez juste besoin de mûrir un peu plus longtemps votre projet avant de vous mettre à écrire. Dans ce cas, allez faire un tour, restez au calme, ne surchargez pas votre cerveau d’informations en regardant trop de vidéos.

PPS: Plus qu’un jour pour choisir le sujet de mon prochain post. Pour l’instant, deux ex-aequo en première place. Le suspense est à son comble. Le sondage est dans la marge. VOTEZ MAINTENANT –>

Drôle d’idée: « Je ressemble à un écrivain »

3 février 2012

Petite réflexion sur un sujet aussi abstrait que commun à tous: d’où viennent les Idées ?

ce matin, comme (presque!) tous les matins depuis le mois de juin 2011, je me prends en photo avec Photobooth. C’est juste une expérience comme ça, parce que l’outil est simple, et que ça m’amusera dans 10 ans de voir l’évolution de mon visage. Rien de plus. Ce ne sont pas normalement des photos que je partagerais mais ce matin, en me voyant, les cheveux en vrac, un vieux pull sur une chemise sable, une barbe mal entretenue, je me suis dit: « là! Je ressemble à un romancier! »

Anael Verdier

C’est bizarre comme on se forge des images mentales en permanence. Qu’est-ce qu’il y a de plus dans mon apparence d’aujourd’hui, par rapport aux autres jours, qui me frappe et qui me fasse penser que ça y est, « j’ai le look » ?

Est-ce que c’est le fait d’avoir travaillé à mes projets littéraires ces derniers jours ?

Est-ce le fait de réfléchir au nouveau statut de l’auteur que permet le livre électronique ?

Et d’où vient cette image du romancier ? De mes rencontres avec des auteurs dans les salons, des idées que j’ai fabriquées au cours de mes lectures ?  Des films que j’ai vus ?

Sans doute un peu de tout ça.

Mais c’est quand même bizarre. D’où viennent les idées ? De quelle obscure portion de l’univers ? J’ai eu un début de débat sur la question avec un excellent ami à moi la dernière fois que je suis allé à Paris mais aucune réponse n’a paru satisfaisante. Les idées sont-elles immanentes ? Y a-t-il une « sphère des idées » comme le pensait Platon ? Ou viennent-elles de bizarres connexions au coeur de notre cerveau ? Les deux sont-ils antinomiques ?

Je n’en sais rien. Je ne suis même pas sûr que la technologie permettra un jour de trancher avec certitude cette question-là.

Ce que je sais c’est qu’on peut apprivoiser les idées et les exploiter pour en faire des histoires et c’est vraisemblablement quelque chose qui vous intéresse si j’en crois les réponses au sondage que j’ai reçues jusqu’à maintenant. Alors je vous prépare un post du tonnerre sur le sujet mais je ne commencerai pas à l’écrire avant au moins deux semaines.

D’abord parce que je veux prendre le temps de faire le meilleur post possible, celui qui vous sera le plus utile et qu’il faut pour cela que je le prépare soigneusement.

Ensuite parce que je ne veux pas noyer le blog sous les messages techniques comme j’ai pu le faire à ses débuts. C’était intéressant mais je suis certain que ce n’est pas le mieux pour vous. Je préfère poster un ou deux messages techniques par mois, des messages avec un contenu « actionnable », c’est-à-dire un contenu avec lequel vous puissiez expérimenter entre deux messages.

Enfin parce que je veux laisser le plus de chance possible au plus grand nombre de lecteurs de s’exprimer sur le sondage.

Je ne l’avais pas fait jusqu’à maintenant, parce que j’avais une mauvaise visibilité sur mon emploi du temps, mais j’ai décidé d’arrêter le sondage le 17 février. C’est-à-dire que si vous voulez vous exprimer et contribuer au choix du prochain article, n’attendez pas, VOTEZ.
(le formulaire de vote est dans la marge de droite, il suffit de deux clics et votre vote sera enregistré! –>)

7 armes contre le blocage de l’auteur

28 janvier 2012

Une page qui reste blanche sous vos yeux, vous êtes bloqué. Voici quelques astuces qui vous aideront. Stop la réflexion et l’angoisse, place à l’action et à la satisfaction personnelle. 

En feuilletant les pages du blog, je me suis rendu compte que je n’avais pas publié de vrais conseils d’écriture depuis longtemps. A force de m’entendre dire de rendre le blog plus « personnel », j’en ai oublié la raison première de sa création, à savoir aider de jeunes auteurs à comprendre un peu mieux les ficelles de cet art ou, comme j’aime à l’appeler, de cet artisanat.

Depuis que j’ai lancé mon atelier d’écriture, j’ai réalisé que beaucoup d’aspirants auteurs étaient victimes de blocages. J’ai surtout réalisé que pour un bon nombre, ce blocage ne correspondait pas du tout à l’image d’Épinal qu’on peut en avoir. Les auteurs bloqués (AB dans la suite du texte) ne se mettent pas les cheveux en bataille en froissant page après page. Les AB nagent au milieu des pages de notes plutôt qu’au milieu des boulettes de papier. Ce n’est pas tant la page blanche qui les bloque que la page trop noire.

Ce n’est pas le cas pour tous. Certains AB sont vraiment incapables d’écrire le premier mot et procrastinent autant que faire se peut pour ne pas avoir à se confronter à cette terrible page blanche.

Ces deux symptômes ont des racines communes, et surtout des solutions communes, que je vous propose d’étudier ensemble aujourd’hui. Après tout, si Charlie Kaufman en a fait un film (et a reçu un oscar pour son scénario!), cela vaut bien le coup d’en faire un article.

Regardez maintenant : Adaptation
un scénario de Charlie Kaufman sur le blocage

L’angoisse de la page blanche

L’angoisse de la page blanche est la plus connue des deux manifestations du blocage de l’écrivain. Elle se traduit par de longues minutes passées à contempler l’horizon, le mur ou le plafond (selon l’emplacement de votre bureau). Ou à écrire première ligne sur première ligne selon la célèbre danse du « j’écris une phrase, je la relis, j’efface lettre par lettre ».  A moins que vous ne trouviez des tas de bonnes raisons de ne pas commencer : la faim, un coup de fil soudainement urgent, un peu plus de recherche sur votre sujet, bref la procrastination.

tiré d’Adaptation

Peu importe le symptôme, le résultat est le même : votre scénario, votre livre, n’avance pas. Vous vous arrachez les cheveux, et moins vous écrivez, plus vous êtes bloqué. C’est une spirale qui vous entraîne vers l’enfer de l’écrivain : la certitude que vous ne valez rien, que vous n’écrirez jamais rien, que vous êtes bon pour une vie de frustration et d’aigreur.
Je sais ce que c’est, j’en suis passé par là. Même si j’ai réussi à vaincre le blocage à chaque fois, à chaque fois qu’il se représente j’en viens à la même conclusion : cette fois c’est foutu.

« C’est une spirale qui vous entraîne vers l’enfer de l’écrivain : la certitude que vous n’écrirez jamais rien »

L’incapacité à terminer

L’autre forme de blocage est plus fourbe, parce qu’il n’en a pas l’apparence et il faut une certaine expérience pour le repérer. Je l’appelle « l’angoisse de la page noire ». Celle-ci se traduit par une écriture trop prolifique, par des classeurs de notes et de recherches qui s’entassent les uns après les autres, par une créativité mal canalisée et dispersée. Vous vous passionnez tellement pour l’univers et les personnages que vous développez que vous n’arrêtez pas de leur ajouter des détails. Vous vous posez tellement de questions que vous n’arrivez plus à faire de choix.

tiré de Wonder Boys

Vous êtes comme Grady (joué par Michael Douglas) dans Wonder Boys, vous n’arrivez plus à vous arrêter. Résultat, vous ne finissez jamais rien. Le blocage le plus pernicieux n’est pas celui qui vous empêche de commencer, c’est celui qui vous empêche de terminer. Après tout, vous écrivez, alors où est le problème ? Mais vous avez beau essayer de vous rassurer, vous savez que vous êtes trop dispersé. Vous n’arrivez plus à prendre de décisions narratives et un auteur qui ne décide pas est un auteur foutu. On dit souvent qu’un écrivain écrit, c’est ce qui le définit. Mais c’est faux. Ce qui définit un écrivain, c’est qu’il écrit des histoires et qu’il les finit.

Fort heureusement, je rencontre rarement ce problème mais j’ai travaillé récemment avec un co-scénariste qui est tellement plongé dans ce blocage que cela fait 4 ans qu’il n’écrit plus rien. A la place, il théorise sur les projets qu’il pourrait écrire. S’il ne se ressaisit pas bientôt, sa carrière va lui passer à côté.

« Le blocage le plus pernicieux n’est pas celui qui vous empêche de commencer, c’est celui qui vous empêche de terminer »

Ne désespérez pas, tout n’est pas perdu!

Heureusement, comme tout auteur le sait, un problème n’est qu’une solution attendant d’être trouvée. Et à force de rencontrer ces deux formes de blocage, chez moi, chez mes collègues et chez mes étudiants, j’ai décidé de mettre au point des outils pour sortir de ces spirales infernales. Certains sont des classiques qu’il est toujours bon de réviser, d’autres sont inédits. Je vous en livre sept. Certains valent pour l’un des deux blocages, d’autres pour les deux.

NB: je pars du principe que vous n’êtes pas en train de procrastiner, que vous avez coupé le net et toutes les distractions, et que vous êtes concentré sur votre projet de livre ou de scénario.

1. Prenez une douche

Oui, vous avez bien lu. Quittez votre bureau, déshabillez-vous et plongez-vous sous un jet d’eau chaude. Non seulement cela vous permettra de bouger un peu et d’éviter de mourir de rester trop longtemps assis, mais surtout, vous allez vous changer les idées. Plus vous resterez fixé sur votre blocage moins vous parviendrez à en sortir. Vous avez besoin de changer de perspective sur votre histoire alors levez-vous, marchez. La douche a ceci de magique qu’elle a tendance à libérer les idées de manière assez spectaculaire. En plus, vous en sortirez plus détendu, moins stressé, et accompagné d’une bonne odeur de savon. Rien de tel pour repartir du bon pied et débloquer cette écriture grâce aux nouvelles idées qui auront germé pendant votre escapade aquatique. Si vous êtes du genre page noire, la douche vous permettra de revenir à la source de votre récit et vous aidera à redéfinir de vos intentions.

1. Donnez-vous une limite de temps

Une source de blocage commune c’est l’idée que parce qu’on écrit, qu’on le fait de chez soi, à l’heure de son choix, on a tout le temps du monde pour écrire. Du coup vous ne vous y mettez jamais. Après tout, vous pourrez le faire ce soir. Ou cette nuit. Ou demain matin. Et la page reste blanche. Inversement, si vous vous y mettez maintenant, rien ne vous obligera à arrêter et ça peut être stressant de se dire qu’on peut écrire pendant tout notre temps libre. Un sentiment assez pernicieux de culpabilité si vous ne le faites pas peut s’installer. Alors qu’au contraire, ce n’est pas recommandé d’y passer tout votre temps. Pas plus que vous ne devez penser que vous pouvez le faire n’importe quand. Donnez-vous des horaires pour l’écriture, balisez votre temps de travail comme vous le faites pour votre job alimentaire ou pour vos activités encadrées (cours de sport, de musique, etc.) Il y a un temps pour chaque chose et l’écriture n’y déroge pas. Si vous savez que vous n’avez qu’une heure pour écrire, vous serez moins enclin à vous disperser ou à procrastiner.
Si une heure n’est pas assez court pour vous lancer, commencez par des plages de temps encore plus restreintes : commencez par 5 ou 8 minutes. Vous serez surpris de voir ce que vous pourrez accomplir en écrivant uniquement en accumulant les très courtes sessions d’écriture. Et si vous avez tendance à la dispersion, vous aurez un cadre tellement restreint que vos tendances à la sur-productivité seront étouffées dans l’oeuf.

3. Lisez un manuel d’écriture

Les (bons) manuels d’écriture sont écrits de manière à vous donner envie d’écrire. Ne vous plongez pas dans les parties les plus techniques, qui ne feront que vous torturer davantage, mais errez du côté des conseils aux jeunes auteurs, des introductions où l’auteur vous décrit la vie que vous pourrez atteindre quand vous aurez écrit votre histoire, cherchez les anecdotes, les témoignages, tout ce qui peut alimenter votre envie de devenir écrivain et d’écrire votre livre ou votre scénario. Renouez avec les raisons pour lesquelles vous êtes là, devant votre feuille ou votre écran, à galérer comme un repris de justice romain. Vous retrouverez l’espoir et la motivation et pourrez repartir de plus belle. Et si vous êtes du genre à ne pas savoir vous arrêter, un manuel vous remettra sur le droit chemin en vous rappelant comment structure votre projet, et revenir dans les clous.

Note: marche aussi avec un roman d’un auteur que vous admirez, avec ce double risque, d’une part d’imiter son style, d’autre part de ne pas réussir à poser le bouquin. N’oubliez pas que votre but, c’est d’écrire.

4. Sachez ce que vous voulez dire

Un des problèmes récurrents chez les auteurs bloqués c’est l’absence de réflexion sur le thème. Sachez que quand vous écrivez, vous portez un discours sur le monde. Or, ce discours reste souvent inconscient ou, au mieux, vague. Pourtant, c’est lui qui vous aidera à savoir quoi raconter puisque votre récit est une illustration de votre point de vue. Prenez quelques minutes pour vous demander ce que votre histoire illustre et ce que vous voulez dire à travers elle. Ensuite, réfléchissez à la meilleure manière de raconter votre histoire pour servir votre discours le mieux possible. Plus vous aurez conscience de vos intentions, plus elles seront claires, plus vous saurez où vous allez et surtout pourquoi vous y aller. La conséquence directe de cette prise de conscience c’est que vous ne douterez plus de votre histoire (donc plus de page blanche) et que vous saurez ce qu’il faut que vous montriez (donc plus de dispersion).

5. Rangez votre bureau

Pour savoir quoi écrire, il faut avoir les idées claires. Or, travailler dans le désordre a plutôt tendance à encombrer la tête de parasites. Faites du tri dans vos notes. Jetez celles qui ne vous servent plus ou qui sont trop nébuleuses. Abandonnez les projets entamés que vous ne finirez jamais, ils sollicitent une partie de votre cerveau pour rien. Rangez vos papiers, jetez vos stylos vides, rechargez ceux qui peuvent l’être, taillez vos crayons… En vous concentrant sur ces petites actions, vous programmez votre cerveau pour, lui aussi, faire le tri dans ses idées, pour affiner son discours et pour vous transmettre une image claire et ciselée de ce qu’il veut que vous racontiez. Prenez le quart d’heure ou l’heure (selon votre niveau de bazar) pour mettre de l’ordre dans vos projets créatifs. Vous serez bien plus efficace une fois que ce sera fait.

6. Découpez, structurez, préparez vos scènes

Souvent ce qui vous empêche d’avancer ou ce qui vous pousse à vous disperser c’est que vous n’avez pas assez structuré votre projet dans le détail. Vous vous retrouvez avec une montagne immense à gravir et aucun équipement pour le faire (cas de la page blanche) ou au contraire vous partez en randonnée sans carte et sans itinéraire et vous changez de route à chaque embranchement (cas de la page noire). Dans les deux cas, revenez aux bases de votre histoire et découpez-la en unités les plus petites possibles, un peu comme si vous la scrutiez avec un microscope. Votre but est de l’observer au niveau moléculaire. Subdivisez votre livre en sections, puis en chapitre, puis en scènes et à l’intérieur des scènes en mouvements. Pareil pour un scénario, ne vous contentez pas de quelques actes, définissez à l’avance chacun des beats, ces unités de rythme qui font avancer votre histoire. Ils feront 1/4 de page, 1 page maximum. Tout à coup, la montagne deviendra une succession d’étapes à rejoindre en quelques heures. La randonnée suivra un sentier balisé qui vous empêchera de vous perdre.

7. Arrêtez de réflechir et Écrivez !

Cela peut sembler évident, formulé comme ça, mais le meilleur remède contre le blocage, c’est de vous lancer dans la rédaction de votre histoire. Quand vous n’arrivez pas à commencer, le simple fait de mettre un mot sur la page, puis un autre et un autre, permet souvent au blocage de s’envoler. La source du problème est souvent que vous réfléchissez trop, que vous voulez trop que tout soit parfait dès le début, chose qui n’arrivera pas. Alors vous êtes dans une analyse paralysante. Commencez par le plus simple : une description de votre protagoniste ou du décor, mais forcez-vous à commencer.
Si vraiment vous n’y arrivez pas, changez de support. Passez au papier si vous étiez sur votre ordinateur, essayez d’écrire sur une machine à écrire. Ou alors écrivez que vous êtes bloqué, que vous ne savez pas par où commencer. Quelque soit l’astuce que vous emploierez, l’important c’est de commencer.

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C’est pas ma faute c’est celle de…

30 mai 2011

Un auteur c’est un combattant, écrire est son moyen d’exister mais ce n’est pas toujours aisé de le démontrer à autrui…

D’habitude je me contente de partager les articles de Seth Godin via twitter mais celui d’aujourd’hui m’a donné envie de m’étendre davantage parce que c’est l’un des aspects les plus récurrents de la lutte pour devenir auteur. La lutte non pas contre les autres mais contre soi-même. La lutte qui, quand elle échoue, fait que l’on reste sur le plancher des vaches, dans des boulots temporaires qui s’éternisent, à empiler les romans et les scénarios inachevés dans un tiroir du bureau.
L’article de Seth dit (je paraphrase) : « quand on se surprend à chercher des excuses, c’est le symptôme que le projet va mal ». Autrement dit, plutôt que de se prendre en main et de se lancer dans son projet, de surmonter un obstacle, de s’adapter à une situation inattendue, l’aspirant scénariste, l’aspirant romancier, l’aspirant entrepreneur, cherche quelqu’un ou quelque chose à rendre responsable pour son échec (avéré ou à venir). « Ce n’est pas de ma faute si mon scénario ne se vend pas, c’est parce que le producteur ne sait pas ce qu’il veut » (ma préférée). « Ce n’est pas de ma faute si je n’ai pas de contact dans le milieu, c’est parce que le milieu est fermé aux nouveaux venus ». « Ce n’est pas de ma faute si mon texte est en retard, c’est parce que j’ai eu la grippe ».

Et si, dit Seth, plutôt que de chercher des excuses pour tout, nous nous obligions à ne pas chercher d’excuses. Si nous prenions la responsabilité de nos réussites et de nos échecs? Est-ce que ce n’est pas la route vers le succès?

Plus concrètement. De mon point de vue c’est de notre faute si nous ne vendons pas, si nous n’avons pas de contacts dans le milieu et si nous sommes en retard. Les autres, ceux qui réussissent, ne sont pas des miraculés de la vie qui ne tombent jamais malades ou qui tombent toujours sur des producteurs super organisés. Ce sont simplement des gens qui font ce qu’il faut pour y arriver, qui endossent la responsabilité de leurs actes.
Quand j’ai débuté dans le milieu de l’animation je ne connaissais personne. Le CEEA ne m’a pas ouvert de porte. En fait ça a même été le contraire. Quand j’ai demandé des contacts, on m’a dit de me débrouiller et c’est la meilleure chose qui pouvait m’arriver. Ce que j’ai fait pour trouver des contacts c’est aller là où ils sont: le festival d’Annecy. D’autres festivals existent pour la fiction, le documentaire, la littérature, la BD. L’essentiel est de trouver un endroit où les gens viennent de manière à la fois professionnelle et détendue, un endroit qui est une sorte de vacance travaillée. Le rapport est plus humain, moins crispé. Le cadre facilite la prise de contacts. J’avais avec moi des projets, de petites bibles de 5 pages, agrafées à la va-vite et mal découpées, qu’une amie illustratrice avait eu la bienveillance d’illustrer. En mêlant séduction humaine et séduction du projet, j’ai décroché mes premiers contacts.
A côté de ça, mon cousin, un jeune illustrateur avide de travailler dans le milieu, se faisait dessus. Il n’osait pas y aller. Il trouvait des excuses: il n’avait pas besoin d’un stage cette année – « c’est juste une prise de contact, montrer que tu existes, sortir de la masse anonyme » – imprimer son book coûterait trop cher – « je te le paye » Il y avait trop de monde, il ne savait pas par où commencer – « le premier c’est le plus dur, prends n’importe lequel ». Finalement il n’y est pas allé. Il a essayé mais n’a pas osé. Peut-être que ça n’aurait rien changé à sa vie. Pour moi, ça a débouché sur mes premières commandes et sur une collaboration qui dure encore.

Sûr, on se fait tous dessus quand il s’agit de mettre en oeuvre les actions qui ont un vrai sens dans notre chemin de vie. Les raisons d’avoir peur sont innombrables et la plus pernicieuse est la peur de réussir, du vide derrière, du « et si ça ne me convenait pas »? Il faut faire abstraction de cette peur et s’en servir de boussole. Pas de frein mais d’accélérateur. Ce truc qui nous effraie jusqu’à nous paralyser, c’est celui qui a le plus d’importance dans notre vie, qui nous rapprochera le plus de celui que nous devons devenir. Alors il faut foncer. L’option la plus flippante est aussi la plus sensée.
La différence entre ceux qui réussissent et les autres c’est que les premiers surmontent leur peur plutôt que de la masquer par des excuses bidon.