Quelques définitions

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Sur les pas d’une histoire :

Une histoire démarre toujours par un soupçon d’idée, qui parait bien abstrait au début. C’est comme un itinéraire autoroutier, la destination est plus claire que le parcours. Et pourtant, il nous arrive de partir à l’aventure et de passer par des petites routes. Reste à savoir si tous les chemins mènent à Rome.

« L’histoire est un perpétuel recommencement » de Thucydide. Lorsque nous nous mettons à écrire, une phase de développement s’installe. Voici quelques petits repères dans la construction narrative d’une histoire…bonne route.

Construction classique en 3 actes:

La construction la plus classique pour un récit repose sur trois actes:

  • un acte de mise en place dans lequel sont présentés les personnages de l’histoire, posée la question dramatique, installée la motivation du personnage et la majeure partie de ses obstacles. Ce premier acte se clôt par un noeud dramatique, moment où les tensions sont telles que le protagoniste est obligé de réagir et de se lancer dans l’histoire.  [en savoir plus…]
  • L’acte deux est le véritable déroulement de l’histoire. C’est le plus dur à écrire. C’est celui où toutes les résolutions de conflits sont installées, développées et montées à leur paroxysme. L’acte deux est souvent le théâtre d’un ventre mou à éviter à tout prix. Là encore, un noeud dramatique, où toutes les tensions sont à leur comble, clôt l’acte. En fin d’acte 2, le protagoniste est prêt à baisser les bras. Il a tout essayé, tout semble perdu, il a essayé sans succès toutes les options. Mais un nouvel évènement vient redonner espoir, c’est la relance de l’acte 3. [en savoir plus…]
  • L’acte trois est celui de la résolution. Souvent très court, il fait éclater les tensions. C’est là qu’a lieu le climax, pendant lequel tous les conflits sont résolus et à l’issue duquel la réponse à la question dramatique est donnée. C’est là que l’on sait si oui ou non le héros a atteint son objectif.  [en savoir plus…]
Vocabulaire scénaristique :

Action :  Regroupement des actes du protagoniste pour atteindre son objectif.

Les Adjuvants: Les adjuvants sont les personnages qui aident le protagoniste dans la poursuite de son objectif. Ce peut être l’épicier qui lui vient une carte de la région ou le compagnon qui l’aide du début à la fin du récit. Dans Robin Hood, ou d’autres adaptations de la légende de Robin de Lockslay, le protagoniste est entouré de nombreux autres personnages qui le soutiennent et sont avec lui; à l’image de Petit Jean par exemple : [en savoir plus…]

Backstory : L’historique de vos personnages, du monde que vous créez, le “fantôme” de votre histoire, ce qui est arrivé avant que l’intrigue ne commence. On parle aussi de background.

Caractérisation : Mise en valeur des personnages. Il est important et surtout nécessaire pour la construction de votre récit et sa cohérence, de bien connaître vos personnages.

Climax : Apparait au troisième acte. Point fort de la structure qui provoque un nœud dramatique provoquant la résolution.

Climax médian : Selon certaines structures d’action où le deuxième acte serait divisé en deux parties, il peut y avoir un nœud dramatique particulier appelé le climax médian qui sépare les deux parties distinctes de l’action (par exemple : vol + fuite, évasion + vengeance…) Généralement au milieu du deuxième acte, le climax médian relance l’action. L’objectif du protagoniste ne change absolument pas.

Conflit : Le conflit réside dans l’opposition entre l’objectif et les obstacles qui compliquent l’itinéraire pour atteindre le but du protagoniste. Il existe différentes sortes de conflits [en savoir plus…] :

  • statique : le personnage reste passif. L’action ne dépend pas de lui

exemple: positionnée en tant que victime d’un kidnapping.

  • dynamique : le conflit qu’il faut privilégier pour donner du rythme à votre histoire.

exemple: Dans Alexandre le Grand, le roi déclare la guerre à Darius à Gaugamèles. Bataille historique.

  • interne : L’obstacle le plus fort car il est engagé par le protagoniste lui même. Il est intéressant car il donne l’opportunité au personnage de se surpasser et de dépasser ses limites ce qui crée de l’action.
  • externe: ne provient pas du protagoniste. D’autres personnages ou des catastrophes naturelles surviennent peuvent engendrer du conflit.

Coup de théâtre : Le nœud dramatique qui surprend à la fois le spectateur et les personnages. On ne doit pas s’y attendre.

Crescendo : Les obstacles surviennent d’une manière croissante dans la vie du protagoniste.

Deus ex machina : Elément inattendu et injustifié, qui aide le protagoniste à surmonter les obstacles. C’est à éviter car c’est un manque de préparation dans la construction du récit.

  • Un exemple classique de deus ex machina est à la fin de Lord JRR Tolkien des Anneaux. Elle se produit lorsque Sam et Frodon, inévitablement dans le milieu des armées de Sauron au sommet de la Montagne du Destin, sont miraculeusement sauvés par des aigles géants.

Diabolus ex machina : Même utilité que le Deus ex machina à l’inverse, il apporte du conflit, un obstacle supplémentaire. C’est pour cela qu’il est davantage toléré que le Deus Ex Machina.

Enjeu : Ce que l’on met en commençant à jouer et qui sera le prix du gagnant. Ce que l’on peut gagner ou perdre. IL faut faire en sorte que le gain potentiel soit plus fort que la perte estimée. Ce ratio doit être suffisant pour que le spectateur reste attentif à l’histoire.

  • Exemple: Une victoire à une course de voiture entrainerait la gloire, la récompense, la reconnaissance des proches, d’une femme convoitée, l’argent, la notoriété…

Fantôme : traumatisme passé qui hante le protagoniste. Emprunté à John Truby, le terme renvoie à la charge du passé que porte le protagoniste.

  • Exemple: Dans la série Grey’s Anatomy, Owen est hanté par son expérience en tant que  chirurgien de l’armée américaine ayant servi en Irak.

Incident déclencheur : Le nœud dramatique le plus important qui va contraindre le protagoniste à changer son fusil d’épaule pour réagir à l’obstacle qui lui est imposé. Il provoque l’entrée dans le deuxième acte et définit l’objectif du personnage.  C’est l’évènement sans lequel il n’y aurait pas d’histoire. Il doit survenir dans les cinq premières minutes d’un film ou dans les deux premières pages d’un album de BD. Prenons l’exemple d’une comédie française de Francis Weber : le Dîner de cons. Pierre Brochan, un éditeur chic et bon genre du XVIème arrondissement de Paris organise tous les mercredis un dîner réunissant des individus dits « cons » afin d’amuser les convives. Sa femme, Christine, qui en est lassée, décide de le quitter. De nombreuses péripéties, baignées dans le quiproquo vont des lors s’enchainer :  [en savoir plus…]

Intrigue: trame d’une succession d’actions où interagissent des personnages.

Intrigue secondaire: histoire construite en parallèle de l’intrigue principale.

Ironie dramatique : le spectateur sait quelque chose que l’un des personnages ignore. Cette avance d’information du spectateur est source d’anticipation. Cette ironie dramatique peut être standard (nous avons clairement été informés de l’élément qu’ignore la victime) ou diffuse. En effet, nous n’avons pas été explicitement informés dans le récit, mais étant nous-mêmes en dehors de celui-ci, nous nous doutons de quelque chose que la victime ne peut pas, elle, deviner. [en savoir plus…]

Love interest: désigne un personnage qui porte un intérêt romantique dans l’histoire. C’est le cas de Jane dans Tarzan (personnage secondaire) ou Pocahontas (héroïne) ou encore un couple à l’image de M. & Mrs Smith.

Motivations : La force qui anime le personnage. Le pourquoi de son objectif et sa force. C’est cette motivation qui pousse le personnage à se dépasser pour atteindre son objectif. Plus la motivation est justifiée et plus elle renvoie à quelque chose de fort dans le personnage, plus l’objectif est admis par le lecteur/spectateur et plus l’histoire est poignante. Dans le péplum franco-américain d’Oliver Stone, le film s’emploie à montrer la personnalité et l’ambition de ce personnage emblématique qu’a été Alexandre le Grand. Il a réussi à 32 ans à établir le plus vaste empire jamais unifié avant lui : la civilisation hellénistique[en savoir plus…]

Nœuds dramatiques : Manifestation d’un conflit entre les forces participantes à l’action. Ils indiquent les actions, les changements d’attitude du protagoniste dans le récit.

Objectif : Le but du protagoniste, ce pourquoi il va surmonter monts et marées. Ce que cherche le personnage, vers quoi il tend. Quelle est sa mission? Dans l’âge de glace, l’objectif du trio peu ordinaire est de ramener l’enfant perdu à sa famille esquimau chasseuse de tigres.  [en savoir plus…]

Obstacle : Incertitude sur le fait que le protagoniste parvienne à son objectif.

Les opposants: Les opposants sont ceux qui gênent l’atteinte de son objectif par le protagoniste. C’est aussi bien la femme aimante qui empêche son mari de partir en voyage que le grand méchant qui envoie tous ses sbires aux trousses du héros. Le royaume du Mordor dirigé par Sauron va donner du fil à retordre à nos amis originaire de la Comté… [en savoir plus…]

Personnage secondaire: Personnage qui intervient dans l’histoire mais n’est pas le personnage principal, quelque soit son niveau d’intervention dans l’histoire. Le compagnon du protagoniste, même s’il est là du début à la fin du récit, est un personnage secondaire. Dans le Seigneur des Anneaux, Frodo est le protagoniste et Sam est un personnage secondaire. [en savoir plus…]

Pitch: Résumé très bref de l’histoire d’une œuvre de fiction en une phrase, ou un petit paragraphe.

  • Exemple : voici le pitch du prochain James Bond ou Skyfall signé Sam Mendes : la loyauté de Bond est mise à l’épreuve quand le passé de M refait surface. Le MI6 est menacé et James Bond doit trouver d’où vient cette menace pour y mettre fin.

Pivot: Impasse qui oblige le protagoniste à changer de situation par la découverte d’une nouvelle option.

Préparation Paiement : Technique « d’écriture à rebours » qui consiste à placer en amont une information nécessaire au développement de l’histoire.

Proactif: Le protagoniste doit l’être, il est celui qui agit le plus.

Protagoniste: Aussi appelé héros ou personnage principal ou central. C’est le personnage duquel on raconte l’histoire. [en savoir plus…]

Point de non-retour : C’est un nœud dramatique particulier du deuxième acte, il entraine le personnage dans une situation à laquelle un retour en arrière, à une situation initiale, un reset n’est pas possible.

  • Exemple: Bienvenue à Gattaca où les transformations génétiques opérées sur Vincent Freeman sont sans-retour.
  • ou plus communément un meurtre.

Question dramatique :  Question fermée posée par l’opposition de l’objectif du protagoniste aux obstacles qu’il rencontre, soit venant du monde – obstacles externes –, soit venant de lui – obstacles internes. La question dramatique peut se formuler simplement: le protagoniste atteindra-t-il son objectif?  Cette interrogation est au coeur de tout récit. Sans elle, pas d’histoire. Reprenons l’exemple du Dîner de cons de Francis Weber : la question dramatique est la suivante: Pierre Brochan retrouvera t’il sa femme?la question fermée sur laquelle repose toute la construction du récit. Le protagoniste parviendra-t-il à atteindre son objectif ?

Réponse dramatique : réponse à la question dramatique.

Séquencier: Après la rédaction du synopsis, faites un document descriptif des scènes sans les dialogues. [en savoir plus…]

Statique : type de conflit qui place le protagoniste dans un état passif.

  • Exemple : le deuil de Walt dans Gran Torino au début du film.

Structure en trois actes : cf. schéma. Elle nous vient tout droit d’Aristote.

Suspense :  tension générée chez le spectateur quant à l’incertitude de la réponse dramatique.

Synopsis: résumé condensé d’un scénario destiné à présenter un projet de film aux producteurs. Il retrace les grandes lignes de l’histoire en mettant en avant le ou les personnages principaux. Il peut aller d’une demi-page pour un court-métrage à 5 pages pour un long. Aucun dialogue ne doit être inséré.

Tension dramatique: La tension dramatique est ce qui maintient l’intérêt du spectateur pour une histoire. Souvent confondue avec le suspense ou la mise en danger du protagoniste, la tension dramatique repose en réalité sur l’incertitude de la réponse à la question dramatique. En définissant bien l’objectif du personnage et en mettant en place de bons obstacles (de préférence internes), l’auteur s’assure une bonne tension dramatique. Toute scène qui n’est porteuse de tension est à bannir du récit: elle est génératrice d’ennui. [en savoir plus…]

Thème: répond à la question : de quoi parle l’histoire?

V.def ou version définitive: selon le stade de développement où vous en êtes, la version que vous/le producteur/l’éditeur/la chaîne valide comme aboutie et ne nécessitant plus d’être retravaillée.

3 Réponses to “Quelques définitions”

  1. bob Says:

    pas asser de details

  2. hugo Says:

    c’est très bien si on a déjà des notions. Petite suggestion pour s’ouvrir à ceux qui n’en auraient pas : commencer par le dernier titre ‘construction en 3 actes’ et vérifier qu’aucune définition n’utilise des termes non définis, comme ‘obstacles internes’ et ‘externes’ par exemple. Bon courage.

  3. rachem Says:

    je suis en formation en dramaturgie ;je veut avoir d’iformtion plus presises a propos de la tonsion et la progression dramatique ! merci

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